Introduction
Nada Surf, groupe de rock américain formé par Matthew Caws et Daniel Lorca, a marqué la scène indie pop rock avec ses mélodies accrocheuses et ses textes introspectifs. Cet article se penche sur la biographie de Daniel Lorca, bassiste du groupe, et retrace le parcours de Nada Surf, de ses débuts difficiles à son succès international.
Les débuts du groupe
C'est au Lycée Français de New York que Matthew Caws et Daniel Lorca se rencontrent et attrapent le virus du rock. Ils font leurs premières armes au sein de nombreux groupes locaux sans lendemain. Après quelques tentatives infructueuses, Nada Surf enregistre un disque pour un label européen, mais celui-ci ne sortira jamais en raison de la faillite de la maison de disques.
La rencontre avec Ric Ocasek et le succès de "High/Low"
Le hasard fait bien les choses : les maquettes de cet album tombent entre les mains de Ric Ocasek, ex-leader des Cars et producteur prisé. Ocasek propose de réenregistrer le disque, ce qui permet à Nada Surf de décrocher un contrat discographique avec Elektra. En 1996, le groupe sort "High/Low", un album qui rencontre un succès immédiat grâce au single "Popular".
Les couplets de la chanson "Popular" sont tirés du livre "Penny's Guide To Teen-Age Charm And Popularity" (1964), qui explique aux jeunes filles comment devenir populaire. Matthew Caws explique qu'il écoutait beaucoup Sonic Youth et qu'il a essayé de copier leur style d'accord au début de la chanson.
La maturité musicale et les difficultés contractuelles
Fort de ce succès, Nada Surf prend le temps de peaufiner son deuxième album, "The Proximity Effect", qui paraît en 1998. Cet album révèle une maturité étonnante et un talent pour composer des morceaux délicieusement accrocheurs. Cependant, le groupe rencontre des difficultés avec sa maison de disques, Elektra Records, qui trouve que l'album manque de singles à la hauteur de "Popular".
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Elektra Records demande au trio d'enregistrer plusieurs reprises, dont "Black & White" des dB's et "Why Are You So mean to Me?" de Vitreous Humor, pour les utiliser comme singles. Lassé des demandes du directeur artistique, Nada Surf décide de rompre son contrat avec le label. En conséquence, Elektra Records ne sort pas le disque aux Etats-Unis et lâche le groupe alors qu'il est en pleine tournée promotionnelle en Europe.
Nada Surf bataille pour récupérer les droits de ses albums et connait une période délicate.
Le retour en force avec "Let Go" et "The Weight Is A Gift"
Après une période difficile, Nada Surf revient à la musique en 2001 avec "Let Go", un album qui reçoit un accueil favorable. En 2005, "The Weight Is A Gift" confirme le retour en grâce du groupe, rencontrant un succès des deux côtés de l'Atlantique. La sincérité de leur démarche artistique est récompensée, et le titre "Always Love" leur apporte un succès radio qui entérine leur retour dans la cour des grands.
Nada Surf a payé la production de son troisième album "Let Go" (2002) uniquement avec des billets de 1 et 5 dollars.
Les projets parallèles et "The Stars Are Indifferent to Astronomy"
De 1999 à 2002, les membres de Nada Surf ont exercé des petits boulots en marge de leur carrière. Matthew Caws a travaillé chez le disquaire Earwax à Brooklyn, tandis que Daniel Lorca a collaboré à des projets informatiques.
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Quatre ans après "Lucky", Nada Surf sort "The Stars Are Indifferent to Astronomy" en janvier 2012. Composé de dix nouveaux titres (plus cinq versions acoustiques dans l'édition Deluxe), cet album est le prélude à une tournée européenne qui n'oublie pas la France et l'Espagne, considérées comme les secondes patries du groupe.
Anecdotes et faits marquants
- Les fondateurs de Nada Surf, Matthew Caws et Daniel Lorca, se sont rencontrés au Lycée Français de New York.
- Ric Ocasek, leader des Cars, a joué un rôle important dans le démarrage de la carrière de Nada Surf. Après avoir écouté une démo du groupe que lui avait donnée Matthew Caws, il l'a invité chez lui à Gramecy Park et lui a proposé de produire l'album.
- En 1995, le batteur Aaron Conte a été remplacé par Ira Elliot, assurant ainsi la stabilité du groupe.
- En 2010, Nada Surf a sorti l'album de reprises "If I Had a Hi-Fi" composé de chansons de Depeche Mode, Kate Bush, Spoon ou encore The Go-Betweens.
- En l'an 2000, deux ans après l'Europe, Nada Surf a sorti son deuxième album "The Proximity Effect" aux Etats-Unis via son propre label MarDev.
- Selon Matthew Caws, le nom Nada Surf fait référence à quelque chose de bien plus existentiel que le simple fait de surfer. C’est « être perdu dans votre tête ou dans votre imagination. Chaque fois que j’écoute de la musique, je me retrouve toujours quelque part. Quelque part dans l’espace.
- Matthew Caws vit entre Cambridge (Angleterre) et Williamsburg à Brooklyn (New York). Selon lui, son empreinte carbone est « folle » du fait de ses allers-retours fréquents entre ses deux résidences.
- La première audition passée en 1995 par Nada Surf chez Maverick Records à Los Angeles (Californie) a été calamiteuse.
Nada Surf en concert : une expérience inoubliable
Très populaire en France et francophile, Nada Surf a foulé les scènes de nombreux festivals et salles de concert à travers le pays. Leurs concerts sont réputés pour leur énergie communicative et leur capacité à alterner entre leurs morceaux les plus connus et des titres plus confidentiels.
Après une longue tournée à travers toute la France, Nada Surf faisait halte le 10 à Paris pour présenter son excellent troisième album, Let Go. Un concert qui, malgré quelques surprises, se révéla décevant. Si au fond nos c’urs, on gardait depuis longtemps une place au chaud pour le trio power-pop Nada Surf, il faut bien reconnaître que cette année 2002 les a vus revenir au premier plan. Pourtant, en 1998, Nada Surf avait sorti un album étonnant, The Proximity Effect, à mille lieues des dérives punk de son premier album High/Low. C’est donc fort impatiemment que l’on attendait le passage de Nada Surf à Paris, après une longue tournée aux échos fort élogieux. Dès le début en solitaire de Matthew sur Blizzard of 77, on comprendra que le son ne sera pas à la hauteur, la voix trop en avant, les guitares docilement reléguées en arrière plan. L’idée n’était pas foncièrement mauvaise mais le résultat prêtait plus à l’agacement. Ce concert décevant d’un groupe que l’on avait déjà vu dans de bien meilleures conditions ne saurait cependant nous faire oublier que Let Go est un des tout meilleurs album de cette année finissante et que désormais, l’avenir leur appartient.
Lors de leur passage au Festival Polyrock de Landerneau, Nada Surf a prouvé sa capacité à composer des titres pop aux mélodies immédiates et dont la simplicité n'a d'égal que la luminosité. Pendant près d'une heure et demi, les américains alternent sans faute de goût quelques unes des perles, principalement issues de leurs trois derniers disques. Pop mélodieuse et raffinée (« Inside Of Love », « See These Bones », « Concrete Bed », « What Is Your Secret »), pop hypnotique et sidérale (« Killian's Red », « Treading Water » ) et power pop-rock (« High Speed Soul », « No QuickFix », « Happy Kid », « Whose Authority » ), tout y est pour enlever le public certes hétéroclite (ado, rastas, junkies, fans, ) mais à priori convaincu. Sans rancune ni complexe, Nada Surf dépoussière quelques vieux titres couillus avant de faire sonner « Popular » dont ils confirment « avoir toujours autant de plaisir à le jouer ». Ca c'est bon ! Matthew Caws impressionne par la netteté et la régularité de sa voix, parfois soutenue par les choeurs de Daniel Lorca, le bassiste posé sur sa chaise (peut-être blessé à la jambe ?), clope au bec. Ira Elliot donne l'impulsion et le coup de fouet ad hoc derrière les fûts putain d'batteur. Le rappel du groupe confirme une setlist de goût et parfaitement maîtrisée La brillantissime « Blonde On Blonde » introduit le rappel, toute en subtilité. Une version enflammée du single « Always Love » incendie le public qui finira par s'égosiller sur l'ultime titre, « Fuck It ». Conquis, ravi et heureux.
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