Guide complet et stratégies de sécurité pour le mouillage des voiliers

Le mouillage est une manœuvre nautique qui consiste à immobiliser un bateau par différents moyens, notamment en mouillant l'ancre. Le comportement des navires à l'ancre est classique : essuie-glace autour de la position nominale face au vent. Pour réussir cette opération, il existe plusieurs techniques et règles à respecter. On fait la distinction entre deux variantes de mouillage : le mouillage dit “forain” ou “libre”, lorsqu'il est effectué avec l'équipement à bord du bateau, et le mouillage dit “fixe” ou “sur corps-mort”, lorsqu'il est effectué avec un équipement publiquement accessible comme une bouée par exemple. On distingue mouillage et amarrage, deux termes qui ne sont pas synonymes. Quand on procède à l'amarrage, on utilise nécessairement un cordage, en particulier l'amarre, qui donne leur nom à la manœuvre, et ce sur un point fixe, comme un quai au port, un ponton, ou une bouée. Ce n'est pas le cas du mouillage, qui peut utiliser un système d'ancrage pour immobiliser le bateau. Seule exception : l'utilisation d'un coffre ou bouée, qui est à la fois un mouillage et un amarrage.

Réglementation et fondamentaux du mouillage

Toutes les zones de navigation ne sont pas soumises à la même réglementation, mais pour chacune, la priorité reste identique : respecter et protéger l'écosystème marin. Vous devez donc consulter une carte des mouillages de la région dans laquelle vous naviguez pour vous assurer que vous êtes légalement autorisé à mouiller là où vous voulez. Vous pouvez également télécharger une application gratuite pour la navigation en bateau, comme Navily. Le jour, faites flotter une bouée noire près de votre navire pour signaler que votre bateau est à l'arrêt. La nuit, allumez un feu blanc, visible à 360°, pour signaler votre présence aux autres navires. Évitez à tout prix tout type de pollution marine et privilégiez l'utilisation d'un cordage pour s'amarrer à un coffre ou au port. À noter que certaines interdictions de mouillage peuvent exister pour votre propre sécurité, comme la présence de câbles sous-marins, et que certains mouillages sont payants. Pour ce qui est des durées maximales du mouillage, elles sont variables selon la région ; en Méditerranée par exemple, elle est de 72 heures maximum. Dernier point important : il existe des zones particulières appelées ZMEL (zones de mouillage et d'équipements légers) où vous pouvez disposer de bouées mises à disposition, toutefois, l'ancrage y est interdit.

Choix de la zone et du matériel d'ancrage

Une fois la théorie assimilée, la première étape sur mer est de trouver une bonne zone pour mouiller. Le lieu doit répondre à plusieurs critères : la profondeur de l'eau, à adapter selon votre tirant d'eau ; la marée, qui influencera la profondeur de l'eau et doit être prise en compte pour ne pas s'échouer ; la nature des fonds marins, car les fonds de vase et de sable offrent généralement une meilleure tenue pour la plupart des ancres, sauf les ancres grappin conçues pour les fonds rocheux ; l'espace disponible, notamment si d'autres bateaux mouillent déjà sur place (vous devez pouvoir vous déplacer à 360° autour de votre ancre) ; et la protection par rapport au vent. Il faut commencer par bien choisir son lieu, et cette réflexion débute à la table à cartes. Les cartouches du SHOM indiquent notamment la nature des fonds, une information essentielle pour bien mouiller. Penchez-vous aussi sur la forme du littoral, vous en déduirez les zones de courants et de contre-courants.

Il existe six catégories d'ancres principales :

  1. L'ancre à jas : La plus célèbre, traditionnelle, mais encombrante et difficile à stocker sur les bateaux modernes.
  2. L'ancre cuillère lestée : Reconnue pour sa bonne capacité de tenue, particulièrement dans les zones à fond meuble.
  3. L'ancre grappin : Particulièrement efficace sur fond rocheux grce à ses branches, mais moins adaptée aux conditions de forte houle.
  4. L'ancre charrue : Polyvalente, elle offre une excellente tenue dans le sable et les zones à fond meuble ; sa conception favorise une meilleure tenue avec le temps.
  5. L'ancre bruce : Conçue pour s'enfoncer rapidement dans les fonds meubles, bien qu'elle puisse se décrocher plus facilement lors de changements de direction importants.
  6. L'ancre plate : Couramment utilisée sur les bateaux de plaisance, elle est efficace dans le sable ou la vase.

Techniques avancées de maintien au mouillage

Pour optimiser la tenue de votre navire, cinq techniques principales s'offrent à vous :

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  • Le mouillage simple : Facile à réaliser avec une seule ancre jetée depuis la proue. Il convient dans la plupart des situations.
  • L'affourchage : Utilise deux ancres mouillées depuis la proue pour former un "V". Cela limite l'évitage du bateau.
  • L'empennelage : Aligne deux ancres sur le même axe. Cela améliore significativement la stabilité, mais nécessite une préparation minutieuse pour éviter l'enchevêtrement des chaînes.
  • L'embossage : Utilise une ancre principale à la proue et une secondaire à la poupe. Cela réduit considérablement l'évitage, utile dans les zones étroites, mais déconseillé par gros temps.
  • Le mouillage en barbe : Similaire à l'empennelage, il consiste à mouiller deux ancres sur le même axe sans les relier entre elles.

Pour améliorer la stabilité, certains plaisanciers explorent des solutions innovantes. Un voilier NZ, magnifique 45 pieds cockpit central, a été observé utilisant une voile spéciale mouillage : 3 triangles reliés par un côté, 1 petit vers l'avant, les 2 autres plus grands en arrière sur chaque bord. D'autres évoquent le plan de la FinDelta pour stabiliser le navire. L'amortisseur à plat pont est également un élément souvent cité comme indispensable pour le confort et la sécurité du mouillage.

Sécurité et prévention des risques d'agression

Si le mouillage est une manœuvre technique, il comporte aussi des enjeux de sécurité humaine. Aux Caraïbes, des agressions ont été signalées. Par exemple, à l'Anse Canaries, un plaisancier a été ligoté par des voleurs. Il est recommandé de consulter le site du Safety and Security Net (CSSN) avant toute croisière. Il est très regrettable que de telles agressions se produisent, mais il faut garder à l'esprit que de nombreux États insulaires des Caraïbes sont des pays très pauvres où le vol est tentant. Toutefois, la plupart des croisières se déroulent sans problème.

Pour se protéger, les conseils des habitués sont unanimes :

  • Fermez le bateau à clé lorsque vous le quittez.
  • Ne laissez pas d'objets de valeur en évidence.
  • Attachez l'annexe avec des câbles métalliques et un cadenas.
  • La nuit, remontez l'annexe sur le pont et branchez le moteur.
  • Soyez vigilants dans certains mouillages réputés plus risqués, comme la côte ouest de Saint-Vincent.
  • Utilisez des outils de communication comme le Garmin inReach en cas d'urgence.

En règle générale, les zones de navigation comme les îles Vierges britanniques ou les îles françaises (Guadeloupe, Martinique, Marie-Galante, Les Saintes) sont considérées comme nettement plus sûres. Certains plaisanciers vivent à bord depuis des années sans jamais fermer leur carré, soulignant que malgré des incidents isolés, les Antilles restent des zones de navigation calmes. Il n'y a pas de règle absolue, mais une vigilance raisonnable et le partage d'informations entre plaisanciers permettent de minimiser les risques. La police des ports a, dans certains secteurs comme à Sainte-Lucie, grandement amélioré la situation par des patrouilles régulières.

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