Guide complet : Formalités et étapes pour arriver à Cuba en voilier

La navigation vers Cuba représente une aventure exceptionnelle, mais elle nécessite une préparation rigoureuse et une connaissance précise des contraintes administratives locales. Cet article a pour vocation d'accompagner les plaisanciers dans la compréhension des formalités, de la logistique et de la réalité quotidienne d'une croisière dans les eaux cubaines.

Les prérequis administratifs pour le voilier et son équipage

L'entrée dans les eaux territoriales cubaines est strictement réglementée. Pour les plaisanciers, le processus débute par une planification administrative préalable indispensable. Le visa de tourisme est obligatoire pour la majorité des ressortissants étrangers. Si vous faites votre demande de visa avant d’arriver à Cuba auprès d’une agence de voyage par internet, votre visa vous coûtera environ 25 $ (+ éventuels frais de port). Une autre option consiste à solliciter les autorités consulaires : si vous êtes déjà aux Antilles au moment de demander votre visa, nous vous conseillons de prendre rendez-vous dans l’une des nombreuses ambassades cubaines des îles anglaises (Grenade, Saint-Vincent, Sainte-Lucie, Dominique, Antigua…) pour obtenir ce visa. Le visa qu’on vous délivre est nominatif mais n’est pas pré-daté.

Une fois arrivé, le cœur des formalités réside dans l'obtention du « Despacho ». À l’issue des formalités d’entrée, vous recevez un document renseignant l’identité du bateau et de son équipage : le DESPACHO. Il faudra le présenter et le laisser en « dépôt » à chaque nouvelle escale au bureau de la Guarda Frontera. Vous le récupérez au moment de votre départ vers un nouveau port. Cette opération vous sera en moyenne facturée 15 CUC par personne à l’arrivée et 15 CUC par personne au départ.

Il est important de noter que le visa est valable 1 mois et est renouvelable 1 fois. Cependant, la gestion locale de ces renouvellements peut varier considérablement selon les ports. Nous avons fait validé la prolongation de notre visa à Trinidad, sans difficulté. En revanche, un bateau-copain a rencontré des difficultés à faire renouveler leurs visas à Santiago en raison de personnels soit absents soit peu coopératifs (« revenez demain avec un pantalon à manches longues sinon nous ne pouvons rien faire pour vous… »). Dans un blog, nous avons également lu qu’à Nueva Gerona (île de la Juventud), on avait exigé pour le renouvellement du visa la preuve d’une attestation santé.

Ports d’entrée et logistique portuaire

La plupart des ports d’entrée sont dotés d’une « marina » (qui n’ont parfois de marina que le nom tant leurs équipements sont spartiates voire inexistants). Contrairement à certaines idées reçues, nous n’avons pas rencontré de corruption. Aucun officiel n’a essayé de nous soutirer quoique ce soit en dehors des tarifs contractuels.

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L'accès aux ports est souvent soumis à un contrôle strict. Par exemple, à Santiago de Cuba, en provenance de Port Antonio en Jamaïque, la marina est constituée de 2 quais qui sentent la fiente de piaf le long desquels on s’amarre. Très peu de place car les fonds plongent très vite dès qu’on s’éloigne des quais et car les bouées rouges du chenal pour les cargos vous empêchent d’aller plus à l’Ouest.

Sur NOONSITE, il est dit que vous n’avez le droit de vous déplacer que dans des ports équipés d’une marina. Dans la réalité, cela est un peu plus souple. Cependant, les autorités restent vigilantes sur vos déplacements. Nous avons mouillé à la position 21°44’66 N 080°00’01W car notre tirant d’eau d’1,90 m ne nous permettait pas de rentrer dans le lagon. Le lendemain au moment de faire les formalités la Guarda Frontera nous a interdit de rester au mouillage. Pour débarquer et aller visiter la ville, il fallait rentrer dans le lagon de la marina. Comme nous avions des amis à débarquer, nous avons essayé de négocier mais le mieux qu’on ait obtenu c’est d’être autorisés à débarquer a condition de laisser quelqu’un à bord, pour des conditions de sécurité soit-disant.

Conditions de navigation et vie à bord

La navigation à Cuba est beaucoup moins agréable que dans les Petites Antilles. D’un bout à l’autre de l’île de Cuba, il y a au moins 1200 kilomètres en ligne droite, mais comme chacun sait, en voilier on fait durer le plaisir en avançant en zig zag. Le long des côtes cubaines, on avance parfois à deux à l’heure, sans vent et à contre-courant. Bien que nous ayons navigué en hiver à Cuba, nous avons plusieurs fois manqué de vent ce qui nous a obligé à consommer pas mal de carburant, les distances à parcourir étant assez importantes.

La navigation comporte de nombreux interdits et restrictions. Nous ne pouvons faire escale et descendre à terre que dans les marinas officielles ou dans certaines cayes, ces îles désertes où l’on ne dialogue qu’avec les insectes. Nous ne devons indiquer aux autorités chacun de nos déplacements, en précisant d’où nous venons et où nous allons.

Les contrôles sont fréquents. À Cienfuegos, nous avons assisté à un véritable ballet de Cubains en civil ou en uniforme qui venaient à tour de rôle noter le nom des voiliers amarrés aux pontons pour comparer avec la liste inscrite dans leur registre, contrôler que notre annexe était toujours là, s’assurer que nous avions notre radeau de survie à bord et que la composition de notre équipage n’avait pas changé. Il existe une règle stricte : nous n’avons surtout pas le droit de laisser monter un Cubain à bord, même pour lui faire visiter le carré. De toute façon aucun d’eux ne s’y risquerait. Heureusement, tous ces gens qui nous surveillent le font avec beaucoup de discrétion et de gentillesse. Ils sont toujours aimables, souriants et conciliants, comme l’ensemble de la population.

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Avitaillement et monnaie

L'économie cubaine présente des spécificités importantes pour le plaisancier. Il convient de distinguer les magasins d’Etat réservés aux Cubains qui peuvent s’y approvisionner selon un système de rationnement, en remplissant un carnet, et les marchés, halles, étals ambulants, moins bien achalandés que ce à quoi on est habitué mais qui permettent dans la plupart des villes de trouver des fruits et légumes à des tarifs intéressants.

Les œufs sont par endroit une denrée rare, qu’on vous proposera à la sauvette ou qu’on ira vous chercher par derrière. Il ne faut donc pas hésiter à les demander même si vous ne les voyez pas sur les étals. Sur l’île principale, pas de difficultés majeures (outre la variété de l’offre) pour avitailler. Concernant la monnaie, certains guides de voyage mentionnent que les distributeurs ne prennent pas les cartes MasterCard. C’est faux. Vous ne pouvez retirer que des CUC au distributeur (1 CUC = 0,93 €).

Connectivité et communication

Le fournisseur national d’internet s’appelle ETECSA. Soit dans une boutique ETECSA, soit parfois dans une agence de voyage ou dans des hôtels, vous trouverez à acheter des cartes d’internet : 1 CUC pour 1h ou 5 CUC pour 5h. Sur cette carte internet se trouvent un identifiant et un mot de passe qui vous seront demandés au moment de vous connecter à un réseau WIFI public. Les points WIFI se situent généralement en centre ville, sur une place, près d’un hôtel. Pour les trouver, il suffit de repérer les gens attroupés au même endroit en train de consulter leur téléphone. Le réseau est souvent assez bon mais ne permet pas l’accès à tous les sites (restrictions sur les sites marchands, certains blogs, téléchargements ou mises a jour).

Précautions de sécurité et environnementales

La situation actuelle à Cuba est marquée par des pénuries chroniques de carburant, d'électricité et de produits de première nécessité. Ces pénuries peuvent affecter les services dans les stations balnéaires et perturber le transport routier. Le réseau de télécommunications est déficient. Les connexions sont peu fiables et souvent interrompues en cas de coupure de courant.

En ce qui concerne la navigation, les eaux cubaines sont particulièrement poissonneuses et nous n’y avons pas trouvé de sargasses lors de notre passage entre décembre 2019 et février 2020. Dans l’archipel de Los Canarreos, nous avons croisé de nombreux bateaux de pêche qui nous ont chaque fois offert énormément de langoustes. Aucune contrepartie financière n’est réclamée, seulement un petit « regalito » (cadeau), à votre convenance.

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Il est impératif de rester vigilant. Les vols dans les chambres d’hôtel, en particulier dans les logements privés (« casas particulares »), et dans les voitures sont fréquents. Rangez toujours en lieu sûr vos effets personnels, y compris votre passeport et vos autres documents de voyage. Si vous êtes menacé par des voleurs, restez calme et ne résistez pas.

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