L'univers de la course au large a été secoué par un événement inattendu qui a contraint une équipe majeure à se retirer d'une compétition prestigieuse. Le skipper d’Oman Fahad Al Hasni, une figure emblématique de la voile omanaise, s'est retrouvé au cœur d'une affaire judiciaire ayant mené à son arrestation, sa mise en examen et sa détention provisoire, entraînant par ricochet le retrait de son équipe, Oman Sail, de la Transat Jacques Vabre. Ce fait divers, survenu juste avant le départ de la course, a mis en lumière les répercussions d'une affaire personnelle sur une ambition sportive et nationale.
L'Interpellation et la Prolongation de la Garde à Vue
Les faits à l'origine de cette affaire ont commencé à se dérouler dans la soirée du vendredi précédent le départ de la course. Fahad Al Hasni, qui devait prendre le départ dimanche à 13h35 de la Transat Jacques-Vabre, course transatlantique en double qui relie le Havre à Salvador de Bahia (Brésil), a été interpellé peu après 20h30. Le navigateur d’Oman Sail a été placé en garde à vue au Havre, suite à des accusations d'agression sexuelle. Selon les informations communiquées, les faits se sont déroulés « dans un hôtel du centre-ville du Havre vendredi soir ». La garde à vue a été prolongée samedi en début de soirée, a précisé le procureur du Havre François Gosselin. Cette décision de prolonger la garde à vue était due « en raison des contradictions entre le mis en cause et la victime », comme l'a indiqué le magistrat. Une enquête de flagrance était alors en cours et les auditions se poursuivaient. D’après des témoins, une femme a été retrouvée en pleurs dans le couloir d'un hôtel affirmant avoir subi une agression sexuelle. Le personnel de l'établissement a alerté les pompiers, qui l'ont transportée à l'hôpital.
Les Accusations de Viol et la Mise en Examen
L'affaire a pris une tournure plus grave lorsque les accusations ont été formalisées. Le navigateur Fahad Al Hasni d'Oman Sail a été mis en examen pour viol dimanche 5 novembre 2017. Le skipper a été placé en détention provisoire. Cette mise en examen est intervenue à l’issue de sa garde à vue, dimanche 5 novembre 2017, comme l'a indiqué à Normandie-actu le procureur du Havre (Seine-Maritime), François Gosselin. L'accusatrice, qui connaissait le skipper, présentait des traces de coups au visage et a déposé plainte pour viol, a-t-on appris de sources policières. Ces accusations ont été démenties par le navigateur.
Selon une source policière, « la victime supposée, qui connaissait le skipper, présentait plusieurs traces de coups au visage ». Cette même source a poursuivi en détaillant le témoignage de la plaignante : « D’après son témoignage, elle aurait été contrainte de pratiquer une fellation au skipper ». La femme est une ex-petite amie de Fahad Al Hasni qui a insisté pour le rejoindre au Novotel du Havre, d’après les échanges de sms récupérés par les enquêteurs. Une confrontation entre les deux a eu lieu vendredi 3 novembre au soir. Au cours de cette confrontation, le skipper a reconnu la fellation, mais a réfuté la contrainte, toujours selon une source policière. Le procureur du Havre, François Gosselin, a souligné que « les deux s’opposent toujours quant au consentement de cet acte sexuel ».
La victime, une Française d'une quarantaine d'années, est l'amie française du skipper, avec laquelle il a eu une relation suivie pendant plusieurs années, comme l'a confirmé son avocat, Maître Jean-Benoît Lhomme. Elle aurait été contrainte de pratiquer une fellation au skipper et aurait ensuite été violemment poussée hors de la chambre d'hôtel où il séjournait, selon les sources policières.
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Le Retrait d'Oman Sail de la Transat Jacques Vabre
La prolongation de la garde à vue de Fahad Al Hasni a eu des conséquences immédiates et majeures sur sa participation à la Transat Jacques Vabre. À quelques heures seulement du départ, son équipe, Oman Sail, a pris la décision de se retirer de la course. « Oman Sail a annoncé à l'organisation qu'il se retirait de la Transat Jacques Vabre », ont affirmé les organisateurs dans un communiqué de presse. Cette décision faisait suite à la prolongation de la garde à vue du navigateur Fahad Al Hasni, soupçonné d'agression sexuelle.
Dimanche matin, 5 novembre, bien avant que la flotte ne prenne le large, le bateau Oman Sail a quitté le ponton. Un photographe de l'AFP a constaté que le bateau Oman Sail avait quitté le ponton bien avant le départ de la flotte vers la ligne de départ. Le navire Oman Sail Class 40, était retiré des quais ce dimanche matin vers 8h30, pour éviter l'image désastreuse d'un navire resté seul à quai après le départ de la course.
L'équipe Oman Sail, contactée par l'AFP dimanche matin, s'est refusée à tout commentaire immédiat. Cependant, dans un autre communiqué, l’équipe Oman Sail a déclaré avoir « confiance dans le système judiciaire français » et a promis sa « complète coopération pour les investigations qui seront menées ». Ce retrait a signifié que lorsque les concurrents de la Transat Jacques-Vabre se sont élancés à la conquête de l’océan Atlantique, dimanche 5 novembre, ils n’étaient que 37 navires, un de moins que prévu.
La Détention Provisoire Confirmée
L'aspect judiciaire de l'affaire s'est poursuivi au-delà de la mise en examen. La juge des libertés et de la détention a statué ce mercredi matin au tribunal du Havre, décidant que le skipper du bateau Oman Sail sur la Transat Jacques Vabre allait rester en détention. La juge des libertés et de la détention l'a décidé ce mercredi matin. Elle a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de garantie de représentation de Fahad Al Hasni, celui-ci étant étranger et n'ayant pas d'adresse en France.
Une incarcération provisoire de quatre jours, en attente d'une demande de délai pour préparer sa défense, avait été imposée par le juge d'instruction. Son avocat, Maître Jean-Benoît Lhomme, a annoncé qu'il allait faire en sorte de lui trouver une adresse en France et qu'il allait refaire une demande de mise en liberté. Il n'y a pas eu de débat contradictoire ce matin, la plaignante n'ayant pas encore d'avocat.
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