La genèse d’une passion : l’architecte Juan Kouyoumdjian
La voile est une passion qui anime Juan Kouyoumdjian depuis son plus jeune âge. Il vit en Argentine jusqu'à ses 17 ans et y tire ses premiers bords, notamment en Optimist. En parallèle de quoi, il navigue avec son père, qui participe à de nombreuses régates offshores. "La voile a toujours été quelque chose qui m'a passionné. J'ai toujours voulu devenir architecte naval. Je n'ai jamais pensé à faire autre chose. La voile, c'est encore un des derniers domaines qui nous permet d'être libres sur cette planète. On a une certaine liberté d'expression."
Après un premier semestre dans un institut de technologie argentin, Juan Kouyoumdjian s'envole pour l'université de Southampton en Angleterre où il décrochera quelques années plus tard son diplôme d'ingénieur. Pendant ses études, il effectue un stage chez Philippe Briand à La Rochelle, qu'il a rencontré auparavant sur l'Admiral's Cup. Peu de temps avant d'être diplômé, il est à nouveau contacté par le designer pour intégrer ses équipes en France en pleine campagne. Ce parcours académique rigoureux, doublé d'une immersion précoce dans la compétition de haut niveau, définit la signature technique de l’architecte : une quête constante de performance alliée à une compréhension intime des forces hydrodynamiques.
L’approche méthodologique et la singularité du projet
Chaque unité conçue est unique. Proche du constructeur et de ses partenaires, nous adaptons nos dossiers d’exécution aux méthodes du chantier naval et apportons réactivité et disponibilité aux différents acteurs du projet. La toute première réalisation de notre atelier d’architecture illustre cette volonté de dialogue constant entre le bureau d’études et l’atelier de construction. La célèbre marque aux deux quilles nous a confié la conception de son bateau amiral ! Notre plus grand sloop jamais conçu et l’un de nos plus belles fiertés.
Nous sommes souvent confrontés à des projets hors normes. Les matériaux avec lesquels nous travaillons sont principalement l’aluminium, le bois et les composites. Cette polyvalence dans le choix des matériaux permet de répondre à des cahiers des charges variés, allant de la croisière hauturière au yachting de luxe, tout en garantissant une structure adaptée aux contraintes spécifiques de chaque navigation. Nous utilisons des cookies sur notre site Web pour vous offrir l'expérience la plus pertinente en mémorisant vos préférences et les visites répétées.
L’héritage et la transmission : le modèle belge
Sujet du bon Royaume de Belgique, je réside en France depuis plus de 40 ans. C’est à Bruxelles que j'ai terminé mes études d'architecture DPLG à l'Académie des Beaux-Arts. Parallèlement je passais mes nuits à bosser chez un architecte naval belge de renom, Pierre Marique, qui m'apprenait le métier ou du moins sa manière originale de le pratiquer. D'un âge respectable, un peu philosophe, ne se prenant certainement pas trop au sérieux, ce père notamment du Moth Europe et de nombreux dériveurs habitables a bien marqué mes débuts.
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Un peu plus tard, un autre belge, un cyclone nommé Patrick Van God va orienter de façon décisive ma carrière vers le dériveur habitable de voyage. Pour commercialiser le dossier de plans de TRISMUS II réactualisé en collaboration avec Patrick, nous avons créé le Bureau d'Etudes TRISMUS pour lequel j'ai dessiné d'autres bateaux, TRISBAL, TRISALU, TRISINOX, TRISWOOD, etc… Les années ont passé, Patrick a disparu en mer, mais de temps en temps un nostalgique me demande encore un dossier de plans de TRISMUS. Cette transmission, faite de rigueur technique et de philosophie de vie, continue d’influencer la manière dont les nouveaux projets sont appréhendés, plaçant l’humain et l’usage au cœur de la réflexion architecturale.
De l’ancrage territorial à la mobilité numérique
En 1983, après deux années passées au bord de l’eau dans le Var, nous nous installons en Ardèche, dans l'idée de "retaper" un ancien presbytère, avant de continuer à migrer. En fait, nous y sommes restés ! La première unité de voyage que j'ai dessinée au creux de ces belles collines est l'HALIOTIS. Ensuite, les relations avec le chantier META se resserrant, une gamme de bateaux de voyages, voiliers, Trawlers ou « Troller » et autres unités en Strongall® a vu le jour.
Pourquoi l'Ardèche et pas Paris comme la majorité de mes confrères ? Simplement parce que ce pays est beau et m'a bien accueilli. De plus, je commençais déjà à croire dans les moyens informatiques de communication. La suite des événements m'a conforté dans cette idée. Ceci me permet aujourd'hui, de faire partager en l'espace de quelques heures l'évolution de la conception de certains plans, tant à mes clients, qu’au(x) chantier(s) chargé(s) de la mise en œuvre. Bien souvent, je suis "en charrette", c'est-à-dire débordé. Cependant, ce n'est aucunement la distance qui en est la cause. C'est pourquoi, pour être disponible auprès de vous comme je le souhaite, je vous demande de m'éviter de longs et fastidieux courriers ! Téléphone mobile et courriel sont tellement plus rapides.
L’influence de la culture méditerranéenne
De famille franco (Lyon)-italienne, je suis né à Trieste, port adriatique où la voile de plaisance est toujours très active. Vous m’avez peut-être croisé à la "Barcolana" ; régate qui, à Trieste, présente sur la même ligne de départ plus de 2000 monocoques, de la barque à voile aux derniers 70 pieds de courses ! Pour fêter la fin des études d'ingénieur, je fais le tour de la côte atlantique française avec deux amis de promotion sur un petit catamaran de sport (Hobie Cat 16). Après ces navigations rase-cailloux, pleines de sensations de glisse et de sel, nous concevons un chantier nautique dévolu à un trimaran de raid côtier. Le trimaran est bien né et glisse toujours aujourd’hui sur ses foils mais sa commercialisation fût sans suite.
Je travaille ensuite à l’international en tant qu'ingénieur informaticien tout en naviguant (Méditerranée, Transat, Manche, Mer du Nord et Arctique, chef de bord en club et moniteur Glénans). Je replonge enfin dans le nautisme coté conception via un troisième cycle d’architecture navale à Nantes et rejoins, en 2006, Jean-Pierre Brouns. Le premier projet sur lequel nous coopérons est le Globe Troller 40, bateau personnel de Jean-Pierre, sur lequel j’ai pu naviguer à maintes reprises, comme sur le Petit Monde, le Nouveau Monde et l’Ecotroll. C’est sur ce dernier, conçu avec le chantier Meta, que j’ai navigué de la côte Est du Groenland jusqu’au Grand Pavois de la Rochelle.
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