La navigation de plaisance impose un entretien rigoureux, au cœur duquel le carénage occupe une place prépondérante. Choisir et appliquer une peinture antifouling, qu'elle soit grise ou d'une autre teinte, est une étape déterminante pour la préservation de votre voilier. L'antifouling, souvent appelé peinture de coque, est un revêtement spécialisé appliqué sur la partie immergée de la coque d'un bateau afin d'empêcher la prolifération d'organismes marins. Ce processus, connu sous le nom de biofouling, implique la fixation de balanes, d'algues, de vase et d'algues sur la coque. Sans protection, cette prolifération marine crée une importante résistance à l'eau, ce qui réduit considérablement la vitesse et les performances de votre bateau tout en augmentant sa consommation de carburant. À terme, cela peut même endommager la structure de la coque.
L'importance de la protection de la carène
Une carène propre, c’est d’abord une maîtrise de votre consommation de carburant et un maintien de la glisse de votre bateau. Une carène avec salissures augmente la résistance hydrodynamique de la coque ce qui génère une augmentation de la traînée de votre bateau. Vous générez alors une surconsommation de carburant entre +5 et +20% (ce pourcentage varie en fonction de votre bateau et de votre style de navigation). Les peintures antifouling Nautix permettent donc d’éviter l’usure précoce des moteurs. De plus, les salissures peuvent endommager votre protection de coque et favoriser indirectement les phénomènes d’osmose.
Une carène propre, c’est aussi une affaire de sécurité. Les algues et mollusques, en augmentant la traînée, réduisent la manœuvrabilité. Les salissures vont rajouter du poids et peuvent affecter de façon significative la réactivité de votre bateau, ce qui est potentiellement dangereux par météo capricieuse ou dans les ports. C’est enfin une responsabilité environnementale pour éviter la dissémination d’espèces invasives dans les différents écosystèmes traversés par les bateaux.
Les mécanismes des peintures antisalissures
Le mécanisme principal derrière la plupart des peintures antisalissure est la libération contrôlée d’ingrédients actifs appelés biocides. Le biocide le plus courant et le plus efficace utilisé dans les peintures pour bateaux de plaisance est l'oxyde cuivreux. Ce composé à base de cuivre est toxique pour les larves microscopiques de balanes et autres organismes. Lorsque la peinture est immergée, elle libère lentement ces biocides dans l'eau, à quelques millimètres seulement de la surface de la coque. Ceci crée une fine couche limite toxique qui empêche les organismes de se fixer ou les tue avant qu'ils ne puissent s'y accrocher.
Il est important de noter que le cuivre et ses dérivés sont des substances actives et font parties intégrantes du règlement biocide européen. Même si le cuivre est un élément naturel, il n’en demeure pas moins impactant. L’article R522-39 du Code de l’Environnement précise que “La publicité pour un produit biocide ne peut en aucun cas porter les mentions : » Produit biocide à faible risque « , » non toxique « , » ne nuit pas à la santé » ou toute autre indication similaire. La référence à un produit biocide ne doit pas être de nature à induire en erreur quant aux risques du produit pour l’homme ou l’environnement.”
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Sélectionner le type d'antifouling adapté
Les peintures antifouling dures, également appelées peintures époxy modifiées ou à lixiviation de contact, durcissent en formant une couche dure et poreuse. Les biocides pénètrent dans les pores et s'infiltrent au contact de l'eau. Comme leur nom l'indique, cette finition est très résistante et peut être frottée et nettoyée sans endommager une quantité importante de peinture. C'est donc un excellent choix pour les bateaux à moteur rapides, les voiliers de course ou tout bateau régulièrement remisé et nettoyé en milieu de saison. L’antifouling matrice dure YACHTCARE PRO contient une résine acrylique spéciale et des éléments organiques bioactifs lui conférant d’excellentes propriétés de dureté et de résistance.
Les peintures ablatives ou auto-polissantes sont conçues pour s'user, ou « s'ablater », sous l'effet du frottement de l'eau sur la coque. Cette érosion expose constamment une nouvelle couche de peinture et de biocide, assurant ainsi une protection continue. Ce mécanisme évite l'accumulation d'une épaisse couche de vieille peinture, et la préparation pour la saison suivante se résume à un simple lavage et à une nouvelle application. Des produits comme les peintures érodables YACHTCARE sont conçus pour une protection durable et fiable, sans accumulation de peinture.
Les revêtements sans biocide représentent l’avenir : ils offrent une surface ultra-lisse à laquelle les salissures n’adhèrent pas. Ces peintures à base de silicone ou de fluoropolymère sont idéales pour les zones écologiquement sensibles et pour les bateaux hautes performances, où une surface hydrodynamiquement lisse est primordiale. Cependant, leur efficacité dépend souvent d’une utilisation régulière du bateau.
Préparation de la surface : une étape cruciale
Préparer la surface à peindre représente 80% de l’intervention. Cette étape permet de faire tenir l’antifouling, d’éviter les craquelures, défauts et décollements de la peinture antisalissure. Avant de commencer, il faut savoir que la manipulation d’antifouling n’est pas anodine. La peinture antifouling contient des biocides actifs. Il est obligatoire de se protéger correctement avec un masque à solvants, une combinaison de protection, des gants ainsi que des lunettes de sécurité. Les travaux d’antifouling sont très nocifs, en particulier face aux particules de poussières émises et aux vapeurs des produits chimiques.
Dès la sortie de l’eau, il est obligatoire de nettoyer et d’ôter sans attendre les coquillages et les algues fixés sur la carène à l’aide d’un nettoyeur haute pression à l’eau douce. Une fois la carène sèche, il faut masquer la zone se situant au-dessus de la ligne de flottaison afin de délimiter la zone à traiter avec un adhésif. Pour finir, vérifiez et masquez ou changez l’arbre d’hélice, les anodes, l’embase, la chaise. Éliminez préalablement toute imperfection ou défaut de surface. Une mise à nue de la coque peut être nécessaire selon les cas.
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Application sur couche existante ou support neuf
Sur un antifouling existant, il est important d’appliquer une à deux nouvelles couches tous les ans, au printemps, même si l'ancien antifouling est en bon état. Nous recommandons d’éliminer les salissures au nettoyeur haute pression afin d’obtenir de meilleurs résultats et d'éliminer toutes les particules d’antifouling qui se détachent. Par la suite, il est indispensable de poncer à l’abrasif à l’eau P120 la surface, afin de la rayer et d’établir une accroche mécanique. Il est important de nettoyer le bateau à l’eau puis de réaliser un dégraissage afin de ne pas risquer d'altérer l’efficacité du nouvel antifouling. C’est à ce moment-là que vous pourrez réparer les petites imperfections au gelcoat.
Pour éviter une incompatibilité entre matrices, nous vous recommandons de nettoyer votre coque au nettoyeur haute pression puis d’appliquer une couche de primaire afin d’isoler les anciennes couches d’antifouling, comme le mono-composant PRIMOCON. Si vous partez d’un bateau neuf, dégraissez la coque, rincez à l’eau douce, laissez sécher puis égrenez la surface avec un abrasif à l’eau. Appliquez ensuite deux couches de primaire d'accroche, de préférence Epoxy, compatible avec votre coque, puis appliquez deux couches de l'antifouling choisi.
Techniques d'application et matériel
L'utilisation du rouleau est la méthode la plus simple sur des grandes surfaces. Nous recommandons l’application de la peinture avec un rouleau à patte de lapin (manchon polyamide) qui ne va pas laisser de poils, à la différence d’un manchon acrylique. Attention, avec un rouleau laqueur velours, on n'applique que 25 microns d'épaisseur par couche, contre 50 microns pour un manchon polyamide. Le laqueur mousse ne permet, quant à lui, d'appliquer seulement une épaisseur de 15 microns. Ainsi, avec ce dernier outil, il vous faudrait appliquer 6 à 7 couches pour obtenir l'épaisseur de 100 microns recommandée par le fabricant pour une durée d'efficacité d'un an.
Pour appliquer la peinture, homogénéisez-la à l’aide d’un mélangeur afin d’obtenir un mélange fluide et homogène. Diluez l’antifouling si besoin (maximum 5%) en respectant les instructions du fabricant. Appliquez l’antifouling en croisant les passages pour assurer une application uniforme de la couleur et obtenir le meilleur résultat possible. Laissez sécher environ 4 heures à 6 heures à 20°C pour la première couche, puis répétez l’opération. Appliquez une troisième couche d'antifouling sur les parties à risques, zones d’usure et bord d’attaque.
Gestion du matériel et sécurité
Il est important d’éviter d’appliquer l’antifouling si les conditions climatiques sont défavorables (vent, exposition directe au soleil, pluie…). La température idéale pour l’application d’antifouling est de 19° mais les plages de température sont généralement entre 5 et 35 °C. Il est également important de respecter le taux d’humidité dans l’air, inférieur à 85%, afin de ne pas affecter le temps de séchage ni d'enfermer de l'humidité, source de décollements.
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Concernant les risques chimiques, les mentions de danger incluent H226 (Liquide et vapeurs inflammables), H318 (Provoque des lésions oculaires graves), H335 (Peut irriter les voies respiratoires), H317 (Peut provoquer une allergie cutanée) et H410 (Très toxique pour les organismes aquatiques). Les conseils de prudence imposent de tenir le produit hors de portée des enfants, de le tenir à l’écart de toute source d’inflammation et d’éliminer les contenants dans un centre agréé. En cas de contact avec les yeux, rincez avec précaution à l'eau pendant plusieurs minutes.
Remise à nue de la carène
Au fil des années, en particulier lorsque l’on utilise des antifoulings à matrice dure, les couches s’accumulent sous la coque du bateau, donnant à la carène un aspect granuleux pas vraiment propice à une bonne glisse. Au fil du temps, cela risque d'altérer l'efficacité des couches récentes et surtout, d’alourdir le bateau. Pour lui redonner son aspect d’origine, plusieurs solutions sont envisageables : le grattoir, le sablage et l’aérogommage.
Le grattage est une solution efficace et économique, bien que physique. Le grattoir à peinture reste la méthode la moins onéreuse pour enlever rapidement plusieurs couches d’antifouling et de primaire de manière régulière. Il existe aussi des décapants ramollissant les dernières couches appliquées et facilitant le grattage. Le sablage et l'aérogommage consistent à pulvériser sur la coque de l’eau mélangée à du sable afin de la décaper entièrement. Cette solution est idéale avant une peinture Epoxy, pour lutter contre l’osmose du navire et rendre le bateau plus léger. Une fois propre, il est nécessaire d’appliquer deux couches d'un primaire bi-composant époxy. Cet apprêt permet de créer une couche de protection étanche entre la coque et l'environnement humide extérieur.
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