L'aspiration à devenir skipper professionnel, que ce soit pour des convoyages occasionnels, du charter, ou pour "pratiquer la voile à moindre coût" en montant une "petite structure", est un projet qui, bien que passionnant, soulève de nombreuses questions, notamment en matière de financement et d'organisation. La transition du statut de salarié vers celui d'entrepreneur dans le domaine maritime implique une série de démarches, de formations et de considérations administratives et financières. Heureusement, divers dispositifs d'aide, qu'ils soient nationaux, régionaux ou issus d'organismes spécifiques, sont disponibles pour soutenir les individus dans cette voie, depuis l'acquisition des compétences jusqu'à la création et le développement d'une activité. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour construire un projet solide et naviguer avec succès dans les méandres administratifs et financiers.
Les Parcours de Formation Maritimes : Financer l'Acquisition des Compétences Indispensables
L'obtention des qualifications nécessaires est la première étape cruciale pour tout futur skipper professionnel. Qu'il s'agisse de permis de navigation de base ou de certifications professionnelles avancées, des soutiens sont disponibles pour faciliter l'accès à ces formations. L’obtention du permis côtier est indispensable pour la navigation en mer, elle peut être facilitée par divers dispositifs d’aide financière offerts par les entreprises et l’État. Ces soutiens visent à encourager la formation maritime et à promouvoir l’activité nautique.
Des Aides Généralistes pour la Formation Initiale
Plusieurs aides nationales et locales peuvent être mobilisées pour couvrir les frais de formation :
- L’Aide Individuelle à la Formation (AIF) : Ce dispositif est une aide au financement de votre formation. Pour y prétendre, votre conseiller examinera la demande en cohérence avec votre Projet de retour à l’emploi. Cette aide est particulièrement pertinente pour les demandeurs d'emploi qui souhaitent se reconvertir ou approfondir leurs compétences maritimes.
- Le Compte Personnel de Formation (CPF) : Contrairement à certaines idées reçues, le CPF constitue un levier majeur. Il permet à toute personne active, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à sa retraite, de cumuler des droits à la formation utilisables tout au long de sa vie professionnelle. Il est donc fondamental de vérifier l'éligibilité des formations maritimes visées au CPF.
- Les Bourses de la Fédération Française de Voile (FFVoile) : La FFVoile propose des bourses pour encourager la pratique de la voile et des sports nautiques. Ces aides financières peuvent être utilisées pour couvrir une partie des frais liés à l’obtention de certifications ou à des stages spécifiques.
- Le Plan de Développement des Compétences : Les entreprises peuvent intégrer le financement de formations, y compris le permis côtier ou d'autres compétences maritimes, dans le Plan de Développement des Compétences de leurs salariés. Ce dispositif permet de financer des formations visant à développer les compétences professionnelles des employés, potentiellement en lien avec un projet de reconversion ou d'évolution interne.
- Les Aides des Comités d’Entreprise (CE) ou Comités Sociaux et Économiques (CSE) : Ces instances peuvent proposer des aides financières pour le permis côtier ou d'autres formations. Ces subventions sont souvent accessibles via les activités sociales et culturelles des CE/CSE, favorisant l’accès des salariés à des formations non directement liées à leur activité professionnelle, mais participant à leur développement personnel ou professionnel.
- Les Associations et Clubs Nautiques : De nombreuses associations et clubs nautiques offrent des aides financières ou des facilités de paiement pour l’obtention du permis côtier ou pour des formations plus avancées. Ils sont souvent des acteurs clés de la promotion de l'activité nautique et de l'accès à la formation.
- Les Conseils Régionaux et Départementaux : À l'échelle locale, ces collectivités proposent parfois des aides spécifiques pour la formation nautique. La Région Hauts-de-France, par exemple, met en place des plateformes en lien avec les entreprises dans les territoires pour des offres de formation et d'accompagnement.
Le Financement des Certifications Professionnelles Spécifiques au Skipper
Au-delà des permis de base, le chemin vers le statut de skipper professionnel implique l'obtention de certifications reconnues telles que le Cap200 ou le YachtMaster Offshore. Ces qualifications demandent un investissement significatif en temps et en argent, et des contraintes spécifiques peuvent apparaître.
Le Cap200, par exemple, requiert un pré-requis de "12 mois de nav nécessaires". Pour un salarié, cette exigence peut être un frein important. Dans ce contexte, il est pertinent d'explorer des dispositifs comme le congé création d’entreprise ou des arrangements avec l'employeur si la formation peut être intégrée dans un plan de développement des compétences, bien que ces solutions soient complexes à mettre en œuvre pour des périodes aussi longues. Le Compte Personnel de Formation (CPF) peut également être mobilisé pour financer une partie de la formation théorique et pratique, allégeant ainsi la charge financière. De plus, des besoins exceptionnels d'apprentis en difficulté financière relevant des champs tels que le logement, la santé, l'alimentation, le déplacement et l'équipement professionnel peuvent être pris en charge par certains dispositifs. Un skipper en formation longue durée pourrait potentiellement bénéficier d'aides similaires, bien que le terme "apprentis" vise spécifiquement les contrats d'apprentissage.
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Le YachtMaster Offshore Commercial Endorsed britannique est une autre voie envisagée pour sa "très bonne accessibilité". Cependant, sa "reconnaissance en France ne semble pas gagnée d'avance", bien qu'il existe "une procédure pour cette reconnaissance". Il est mentionné que, même sans une reconnaissance française pleine et entière, cette certification pourrait "permettre quand même de pouvoir travailler sur des navires battant pavillon étranger et ce même en France". Cette dualité soulève des questions sur la "déclaration de la société" et l'obligation de "s'immatriculer aux affaires maritimes", des aspects cruciaux pour tout professionnel souhaitant opérer légalement. Les conseils régionaux et départementaux, ainsi que les associations professionnelles, pourraient être des ressources pour obtenir des informations précises sur ces procédures de reconnaissance et d'immatriculation.
L'Émergence du Skipper Indépendant : Aides à la Création et à la Reprise d'Entreprise
Une fois les compétences acquises ou en cours d'acquisition, l'étape suivante pour de nombreux aspirants skippers professionnels est la création de leur propre structure, souvent sous la forme d'une micro-entreprise, pour des activités comme le convoyage ou le charter. Cette démarche d'entrepreneuriat est soutenue par un éventail d'aides nationales, régionales et spécifiques.
Le Cadre de la Micro-Entreprise et les Premiers Pas
En lançant votre micro-entreprise, vous vous posez sûrement de nombreuses questions sur les aides existantes et les financements disponibles. L'un des avantages du statut de micro-entrepreneur est la simplicité de sa création et la possibilité de cumuler cette activité avec d'autres sources de revenus ou d'aides.
Une des questions fondamentales pour ceux qui passent du salariat à l'indépendance est la gestion des allocations chômage. En créant votre micro-entreprise, vous pouvez continuer à percevoir vos allocations d’aide à l’emploi (ARE), ce qui offre une sécurité financière pendant la phase de démarrage. Pour aller plus loin, l'Aide à la reprise et à la création d'entreprise (Arce) est une aide financière versée par France Travail (anciennement Pôle emploi) aux créateurs ou repreneurs d'entreprise. Elle consiste à recevoir une partie de ses allocations chômage sous la forme d'un capital et sous conditions. Ce dispositif permet de toucher en deux versements 60 % des droits à l'ARE restants. Le premier versement de l'Arce a lieu au moment où l'activité débute, offrant un capital de départ précieux.
Pour les travailleurs indépendants dont les revenus sont modestes, la prime d’activité est une prestation sociale versée par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF). L’objectif de ce dispositif est de favoriser l’exercice d’une activité salariée ou indépendante. C’est également un encouragement à la reprise d’une activité professionnelle, complétant ainsi les revenus de démarrage d'un skipper indépendant.
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Soutiens Spécifiques et Avantages Fiscaux pour les Créateurs
Au-delà des aides générales, des dispositifs ciblent des profils ou des situations particulières, et des avantages fiscaux sont prévus pour faciliter les débuts :
- Congé pour Création d'Entreprise : Pour les salariés souhaitant se lancer, il est possible de bénéficier d’un congé création d’entreprise dès lors que vous justifiez de 24 mois d’ancienneté. Ce congé permet de se consacrer pleinement à son projet sans rompre immédiatement son contrat de travail.
- Aides pour les Femmes Entrepreneuses : Si vous êtes une femme et que vous souhaitez vous lancer dans l'aventure entrepreneuriale, sachez que des dispositifs existent pour vous aider financièrement ou vous accompagner dans votre projet. Parmi eux, le Fonds de Garantie à l'Initiative des Femmes (FGIF) peut garantir un prêt bancaire jusqu'à 45 000 €, facilitant l'accès au financement pour des projets maritimes.
- Accompagnement pour les Personnes en Situation de Handicap : Si vous êtes en situation de handicap et avez un projet de création ou de reprise d’entreprise, l'Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées (Agefiph) peut vous accompagner, offrant un soutien adapté à vos besoins spécifiques.
- Avantages Fiscaux pour la Micro-Entreprise : Le statut de micro-entrepreneur présente des atouts fiscaux non négligeables. Saviez-vous qu'il est possible d'être exonéré de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sous un certain seuil de chiffre d'affaires ? De plus, le micro-entrepreneur est exonéré de CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) au titre de sa première année d'activité, allégeant d'autant les charges fixes au démarrage.
- Allégements Fiscaux et Aides Publiques Générales : Plus largement, si vous souhaitez créer une entreprise, embaucher ou faire des dépenses pour innover, vous pouvez peut-être bénéficier d'allégements fiscaux ou d'une aide publique. Ces aides peuvent varier considérablement en fonction du lieu d'implantation et de la nature du projet.
Le Rôle des Acteurs Locaux, Régionaux et Européens
Les collectivités territoriales et les organismes supranationaux jouent un rôle essentiel dans le soutien à la création d'entreprise :
- Soutiens Locaux et Régionaux : En fonction du lieu où vous habitez et de votre projet, votre conseil régional, votre département, des associations ou d’autres acteurs, peuvent proposer des aides et des contrats d'accompagnement (ex-dispositif Nacre) à la création et à la reprise d'entreprise. Par exemple, la Région Hauts-de-France a mis en place 23 plateformes en lien avec les entreprises dans les territoires pour faciliter le recrutement et l'accompagnement. Proch'Emploi propose un accompagnement aux demandeurs d'emplois qui sollicitent le dispositif, ainsi que des offres disponibles dans la région ou une formation pour y accéder. C'est également un point d'entrée pour les entreprises qui cherchent à recruter, ce qui pourrait être utile pour un skipper cherchant à développer son réseau ou trouver des missions.
- Le Dispositif Local d'Accompagnement (DLA) : Il a pour objectif de soutenir les entreprises d'utilité sociale de l'Économie sociale et solidaire (ESS), créatrices d'emploi, dans leur démarche de développement et de consolidation. Si l'activité du skipper s'inscrit dans une logique d'utilité sociale (par exemple, à travers des activités éducatives, de réinsertion, ou de promotion du patrimoine maritime), ce dispositif pourrait être pertinent.
- Aides Européennes : Selon votre secteur d’activité et votre situation géographique, vous pouvez peut-être obtenir une aide européenne. Ces fonds sont souvent gérés au niveau régional et visent des objectifs spécifiques de développement économique, d'innovation ou de transition écologique.
Soutien à l'Emploi et aux Compétences dans le Secteur Maritime : Des Exemples Régionaux aux Perspectives Globales
Au-delà des aides directes à la création d'entreprise et à la formation, il existe des dynamiques territoriales et des initiatives plus larges qui peuvent indirectement ou directement soutenir l'activité d'un skipper professionnel, en particulier dans un secteur comme le maritime. Ces aides peuvent concerner le développement des compétences, la structuration du secteur ou l'investissement.
Des Plateformes d'Accompagnement et de Développement de l'Emploi
Des dispositifs comme Proch'Emploi dans la région Hauts-de-France illustrent la volonté des collectivités de fournir un accompagnement structuré aux demandeurs d'emploi. Ce type de service propose un accompagnement aux demandeurs d'emplois qui sollicitent le dispositif, ainsi que des offres disponibles dans la région ou une formation pour y accéder. La formation est un levier essentiel pour accéder à l'emploi. Pour un skipper, cela peut se traduire par un soutien dans la recherche de clients, l'optimisation de son offre ou la mise en relation avec des partenaires potentiels. La Région Hauts-de-France s'est associée à la mise en œuvre de plusieurs initiatives pour renforcer l'employabilité et le développement des compétences. Une offre de formation comme « S'engager vers l'emploi » permet de faire le point sur ses compétences et de découvrir les métiers qui recrutent dans la région.
Les Initiatives Régionales de Soutien au Secteur Maritime et de l'ESS
Certaines régions mettent spécifiquement l'accent sur le soutien aux entreprises maritimes et à l'économie sociale et solidaire (ESS). Par exemple, Haut de France Littoral Invest est une marque de la société Normandie Littoral, une société de capital-investissement au service des entreprises de la mer et de l'activité fluviale. Ce type d'acteur peut être une source de financement ou de partenariat pour des projets de développement plus ambitieux pour un skipper qui souhaite agrandir sa flotte ou investir dans des équipements spécifiques.
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Le Dispositif local d'accompagnement (DLA), déjà mentionné pour les créateurs, vise également à renforcer et amplifier le rôle des collectivités locales dans le développement de l'ESS. Si une activité de skipper peut s'inscrire dans une démarche d'utilité sociale, par exemple en proposant des activités d'insertion, d'éducation à l'environnement marin, ou de tourisme solidaire, elle pourrait bénéficier de ce type d'accompagnement pour sa consolidation et son développement. De plus, la Région Hauts-de-France maintient son soutien aux associations qui souhaitent créer un emploi pérenne, une opportunité pour un skipper de s'intégrer dans une structure associative et d'y trouver une stabilité professionnelle.
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