L'Excellence Polynésienne : O'Neill Massin et le HIC Pro à Hawaï
La Polynésie a toujours été une terre de surf, et ses athlètes démontrent régulièrement leur talent sur la scène internationale. En témoigne la compétition WQS qui se déroulait à Sunset Beach, sur le North Shore de Hawaii, où des surfeurs tahitiens se sont distingués. Ils étaient trois surfeurs tahitiens présents lors de cette compétition - Eliot Napias, Mihimana Braye et O'Neill Massin - et ils ont bien représenté le Pays. O'Neill Massin est arrivé sur la 2e marche du podium du HIC Pro à Hawaii, ce qui lui a permis, dans le même temps, de terminer 1er de la ligue Hawaii-Tahiti Nui de la WSL.
La finale, d'une durée de 30 minutes, a mis à rude épreuve la patience des athlètes. O'Neill Massin a frappé le premier avec de belles manœuvres sur une vague notée 6. Cependant, son adversaire, Kiron Jabour, a trouvé juste derrière une meilleure vague, sur laquelle il a obtenu un excellent 8, lui permettant de prendre la tête. La bataille entre les deux surfeurs fut intense, mais c'est l'Hawaïen qui en est sorti vainqueur. Sur ses deux vagues en finale, O'Neill a obtenu un total de 11,40 points. Le finaliste Kiron Jabour a remporté la compétition avec 2,60 points de plus que le Tahitien, scorant un total de 14. On retiendra néanmoins l'excellente performance de ce surfeur qui a su porter haut les couleurs de la Polynésie. Disposant de sa propre fédération, Tahiti est considéré comme un « pays » par la World Surf League ; la Fédération Française de Surf n’enregistre donc que les résultats et statistiques des surfeurs licenciés à la FFSurf.
Le Pipe Masters à Hawaï : Climax du Championship Tour et Nouveau Barème de Points
Situé sur la mythique North Shore d’Oahu, à Hawaii, le Banzai Pipeline est la vague la plus célèbre et la plus intimidante du monde. Ce spot emblématique est devenu le théâtre du Pipe Masters, une épreuve qui non seulement conclut la saison du Championship Tour, mais revêt également une importance capitale pour l'attribution du titre mondial. Des légendes du surf telles que Kelly Slater, John John Florence, Jack Robinson et Caity Simmers font partie des surfeurs du Championship Tour qui ont goûté au succès à Pipeline. L'attachement des surfeurs à ce lieu est profond, comme l'exprime l'un d'eux : « Je pense que les locaux voient le temps que je passe ici en dehors des contests, et ils respectent vraiment ça. Je passe des semaines entières au Volcom Pipe House à surfer sur la North Shore, à m’imprégner de l’énergie des îles. »
En 2025, Tyler Wright a remporté le Pipe Pro féminin, tandis que l’Hawaïen Barron Mamiya, à seulement 25 ans, s’est hissé parmi les grands noms de la North Shore avec un doublé historique : il est le premier surfeur à s’imposer deux années de suite à Pipeline depuis Andy Irons, 19 ans plus tôt. Pour 2026, les enjeux seront à leur paroxysme : hommes et femmes du Championship Tour débarqueront à Hawaii avec des titres mondiaux en jeu, alors que de grosses houles hivernales s’aligneront jusqu’à l’horizon.
Le Pipe Masters est désormais au cœur d'une stratégie novatrice de la World Surf League. Si la logique derrière le concept des WSL Finals se tenait - organiser la saison de façon à ce que le titre mondial soit décidé lors de la dernière série de l’année -, il n’a jamais vraiment convaincu ni les surfeurs, ni le noyau dur des fans. Malgré les titres décernés devant des foules, le spectacle n’avait plus tout à fait la même saveur. Cinq ans plus tard, surfeurs et spectateurs ont tranché, et le retour à un calendrier “classique” a été largement applaudi. La solution trouvée par la WSL cette fois-ci est brillante : le Pipe Masters vaudra 1,5 fois plus de points qu’un event CT classique, ce qui signifie qu’une fois les “mauvais” résultats retirés, les chances que le titre soit décidé avant Hawaii deviennent infimes. Cette décision marque une volonté affirmée de redonner au berceau spirituel du surf son rôle central dans la course au titre mondial, validant ainsi la place unique d'Hawaï dans le calendrier professionnel.
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Le Championship Tour (CT) de la World Surf League : Une Élite en Pleine Mutation
La World Surf League (WSL), est une entreprise américaine chargée de l'organisation de toutes les compétitions professionnelles de surf à travers le monde. Créée en 1976 sous le nom de IPS (International Professional Surfers) puis renommée ASP (Association of Surfing Professionals) en 1983, et WSL en 2015, elle est notamment responsable de l'organisation des épreuves constituant le championnat du monde de surf (Championship Tour ou CT) ainsi que celles de la ligue d'accès à l'élite (Challenger Series et Qualifying Series). Elle gère également le circuit Pro Junior (- 18 ans) et Longboard Pro.
Le Championship Tour de la World Surf League constitue la division d'élite du championnat du monde professionnel. Seuls les 32 meilleurs surfeurs mondiaux sont qualifiés chaque saison pour y disputer la dizaine d’étapes du circuit. Ce tableau est constitué des 22 meilleurs surfeurs du CT de la saison précédente rejoints par les 10 meilleurs surfeurs du circuit Challenger Series de la saison précédente. Ce Top 32 est complété par deux wild cards attribuées à l’année par la WSL à deux surfeurs méritants. Deux autres wild cards sont décernées lors de chaque compétition. Traditionnellement, toutes les compétitions du CT ont le même grade de points et de prize money, mais cette dynamique est en évolution avec les nouvelles règles, notamment pour le Pipe Masters.
Ce calendrier en 12 étapes marque une nouvelle évolution du CT, réimaginé pour être à la hauteur des ambitions et de la dynamique de la prochaine ère du surf. Parmi les nouveautés, le nombre de femmes engagées sur chaque event du CT passe de 18 à 24, une avancée significative pour le surf féminin. Grâce à un nouveau format de tableau, il n’y aura plus de séries non-éliminatoires ni pour les hommes ni pour les femmes, ce qui permettra de boucler les compétitions plus rapidement, et théoriquement sur de meilleures vagues, offrant un spectacle plus intense et prévisible. Enfin, même si le Mid-Year Cut disparaît, une réduction du nombre de surfeurs (à 24 hommes et 16 femmes) aura lieu sur les 10e et 11e events de la saison, pour finaliser les têtes de série avant le Pipe Masters. Le World Surf League Championship Tour est diffusé sur Red Bull TV, en streaming sur navigateur web, applis mobiles et Smart TV, rendant ce spectacle accessible à un public mondial.
La Saison 2026 du Championship Tour : Un Calendrier de 12 Étapes Essentielles
Le Championship Tour 2026 se jouera en trois temps, offrant une structure dynamique et exigeante pour les meilleurs surfeurs du monde.
La première phase est une saison régulière de 9 étapes, qui verra s'affronter un plateau complet de 36 hommes et 24 femmes. Pour accéder à la suite de la compétition, les surfeurs devront retenir leurs 7 meilleurs résultats sur ces 9 étapes. Toutes les séries se disputent en duel (man-on-man) avec élimination directe, garantissant des confrontations intenses. Un premier tour est réservé aux moins bien classés : chez les hommes, les seeds 29-36 passent par le Round 1, et chez les femmes, les seeds 9-24 passent également par le Round 1.
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Vient ensuite une post-season de 2 étapes, avec un plateau réduit à 24 hommes et 16 femmes, où la pression monte à l'approche de la finale.
Enfin, la saison se conclut au Pipe Masters, à Hawaii, où l’on retrouve à nouveau le plateau complet (36 hommes et 24 femmes) pour une dernière épreuve d’une importance capitale. Comme mentionné précédemment, cette étape attribue 50 % de points supplémentaires (une victoire rapporte 15 000 points contre 10 000 points pour un event classique), assurant que le titre mondial soit disputé jusqu'à la dernière vague. Le classement final de la saison se calcule sur les 9 meilleurs résultats sur les 12 étapes au total.
Le calendrier du Championship Tour 2026 est le suivant :
- 1-11 avril : Rip Curl Pro Bells Beach, Torquay, Victoria, Australie
- 16-26 avril : Margaret River Pro, Margaret River, Western Australia, Australie
- 1-11 mai : Gold Coast pro, Snapper Rocks, Queensland, Australie
- 15-25 mai : Raglan Pro, Nouvelle-Zélande
- 5-15 juin : Surf City Pro, Salvador
- 19-27 juin : Vivo Rio Pro, Brésil
- 8-18 août : Tahiti Pro, Tahiti
- 25 août - 4 septembre : Fiji Pro, Tavarua, Fidji
- 11-20 septembre : Lexus Trestles Pro, États-Unis
- 14-18 octobre : Surf Abu Dhabi, île de Hudayriat, Abou Dabi, Émirats arabes unis
- 22 octobre - 1er novembre : Peniche Pro, Peniche, Portugal
- 8-20 décembre : Pipe Masters, Oahu, Hawaii, États-Unis
Rétrospective et Faits Marquants des Épreuves Récentes du CT (2025)
La saison 2025 du Championship Tour a été riche en rebondissements et en performances mémorables sur des vagues mythiques à travers le globe.
Événement 1 : Bells Beach - 1er-11 avril, Torquay, Victoria, AustralieLa plus ancienne compétition de surf au monde, le Rip Curl Pro Bells Beach, est accompagnée du dictamen : « Il faut gagner pour la faire sonner ». L’event se tient tous les ans à Pâques depuis 1962, dans la petite ville australienne de Torquay, et le tableau d’honneur gravé dans l’escalier réunit toutes les légendes de ce sport. Caity Simmers, après sa première victoire à Bells en 2024, a lancé sa conquête d’un premier titre mondial en soulevant le trophée le plus célèbre du surf. En 2025, Jack Robinson et Isabella Nicholls ont réalisé un doublé 100 % australien sur l’épreuve la plus historique du pays, écrivant un nouveau chapitre de la légende de Bells.
Événement 2 : Margaret River - 17-27 avril, Margaret River, Western Australia, AustralieConcernant les vagues de la région de Margaret River, on entend souvent : « The West is best ». Michel Bourez a signé sa première victoire en CT à Margaret River en 2015, tandis que le nom de Carissa Moore figure trois fois sur le tableau d’honneur gravé sur les escaliers de la plage. En 2025, Griffin Colapinto a offert une mixtape parfaite avec un 10 à Mainbreak et une vague à 9 points complètement folle à The Box. C'est finalement Jordy Smith qui a inscrit son nom au tableau d’honneur et est reparti au volant d’une nouvelle voiture, avec un trophée sur le siège passager.
Événement 3 : Snapper Rocks - 2-12 mai, Snapper Rocks, Queensland, AustralieQuand la WSL a dévoilé la liste des events du Championship Tour 2025, les fans ont exulté en découvrant le retour du Bonsoy Gold Coast Pro après cinq ans d’absence. De son côté, Molly Picklum s’est imposée comme la femme à battre aux Fidji, en redéfinissant les standards du tube backside féminin, sur le chemin d’une victoire historique à Teahupo’o.
Événement 8 : Cloudbreak - 25 août-4 septembre, Tavarua, FidjiL’une des annonces les plus réjouissantes de la WSL ces dernières années a été le retour des Fidji au calendrier du CT en 2024, après sept ans d’absence. Les meilleurs moments du WSL 2025 aux Fidji ont marqué les esprits. Il est également à noter qu'en 2025, Lowers a retrouvé son statut d'événement « classique » du Championship Tour, avec Bettylou Sakura Johnson et Yago Dora repartant avec les trophées.
Événement 10 : Surf Abu Dhabi - 14-18 octobre, île de Hudayriat, Abou Dabi, Émirats arabes unisMême si le Surf Abu Dhabi Pro n’a fait ses débuts sur le calendrier du Championship Tour qu’en 2025, il a rapidement marqué son empreinte. Les lignes de Simmers ont déclenché une vague d’enthousiasme à travers le monde, tandis que l’énergie incroyable de Ferreira l’a porté vers un succès ne laissant aucune place au doute, pour la grande première des Émirats arabes unis sur le Championship Tour.
Événement 11 : Peniche - 22 octobre-1er novembre, Peniche, PortugalEn 2025, Yago Dora a posé les bases de son titre mondial avec un succès à Supertubos, tandis que Caroline Marks annonçait une nouvelle saison XXL en repartant de Lisbonne avec le trophée à ses côtés.
Hawaï, Berceau et Cœur Battant du Surf Mondial
Hawaï est un rêve suspendu entre ciel et mer, un archipel où la nature murmure d'anciennes légendes et où le vent porte le parfum du Pacifique. Ici, l'horizon s'estompe en nuances de bleu, tandis que les vagues s'écrasent contre les rivages volcaniques, comme pour raconter des histoires de dieux océaniques. Né dans ces eaux, le surf est bien plus qu'une activité récréative : c'est un art de vivre, une danse avec l'océan. Profondément ancrée dans la culture hawaïenne, cette pratique ancestrale trouve son origine au XVe siècle et revêt un caractère spirituel. Les surfeurs qui maîtrisaient les vagues étaient alors considérés comme bénis par Kanaloa, le dieu de la mer. Autrefois réservé aux membres de la noblesse, le sport des rois s’est progressivement démocratisé jusqu’à l’arrivée des missionnaires européens qui y ont vu une activité frivole et païenne, en contradiction avec les valeurs qu'ils cherchaient à imposer. Menacé de disparition, le surf doit sa renaissance à l’athlète Duke Kahanamoku qui en a fait la promotion en Californie et en Australie au début du XXe siècle, lui conférant sa reconnaissance internationale actuelle.
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Spots emblématiques d'Hawaï au-delà des circuits professionnels
L'archipel hawaïen regorge de spots légendaires, certains étant des terrains de jeu pour les professionnels, d'autres offrant des conditions idéales pour tous les niveaux. Surnommé Seven Mile Miracle, la North Shore d’Oahu regroupe quelques-uns des plus beaux spots de l’archipel. À seulement 2 km de Banzai Pipeline, la baie de Waimea est considérée comme le berceau du surf sur les grandes vagues, nécessitant une longue planche appelée gun, taillée pour dompter ces monstres. Posée au pied du volcan Diamond Head à Honolulu, la plage de Waikiki offre, quant à elle, des conditions optimales pour s’initier ou progresser au surf grâce à ses vagues plus accessibles.
Sur la côte nord-ouest de Maui, on trouve des baies voyant déferler des vagues puissantes, notamment durant la saison hivernale. Situé dans le North Shore de Maui, Jaws (Pe’ahi en hawaïen) est incontestablement l’un des spots les plus spectaculaires du monde. La topographie particulière des fonds marins amplifie l'énergie de la houle entrante et crée des vagues impressionnantes, pouvant atteindre 25 mètres de hauteur et déferler à 48 Km/h. Sur la côte ouest de Maui, Ma’alaea est connu pour être le théâtre de Freight Trains, l’une des vagues les plus rapides du monde. Ce reef break est caractérisé par des tubes droits et parfaitement striés, créés par une houle venant du sud.
Dans le North Shore de Kauai, la baie d’Hanalei bénéficie d’une grande variété de vagues offrant un surf régulier tout au long de l’année. Enfin, situé dans la région de Kailua-Kona, sur la côte ouest de Big Island, Banyans est un reef break en forme de A très populaire auprès des locaux. Captant les houles du sud en été et celles du nord-ouest en hiver, ses vagues déferlent toute l’année.
Savoir-vivre et Sécurité sur les Vagues Hawaïennes
À Hawaï plus qu’ailleurs, le surf est avant tout une question de savoir-vivre. Sur la vague comme sur la route, il est primordial de respecter la priorité, qui appartient au surfeur debout sur sa planche ou à celui qui est le mieux positionné. Il est également essentiel de ne pas vous introduire dans les zones réservées aux baigneurs. Maintenir une distance de sécurité avec les autres surfeurs et leur indiquer la direction que vous comptez prendre sont des règles fondamentales pour une pratique harmonieuse et sécurisée. Il est également important de bien vous équiper en choisissant la bonne combinaison et une planche adaptée à votre niveau et aux conditions. Cette dernière doit obligatoirement être attachée avec un leash afin d’éviter qu’elle ne vous échappe et heurte un autre surfeur, protégeant ainsi la sécurité de tous.