La Hongrie, bien que pays enclavé, se distingue avec une constance remarquable sur la scène mondiale des sports aquatiques. Son héritage, forgé par des athlètes d'exception et une histoire riche, continue de produire des performances qui captivent l'attention et raflent les médailles, que ce soit dans les bassins de natation ou les terrains de water-polo. Les championnats internationaux et les compétitions prestigieuses sont régulièrement le théâtre des prouesses hongroises, s'inscrivant dans une tradition d'excellence qui traverse les époques.
Les Maîtres des Bassins : Katinka Hosszu et Laszlo Cseh, Légendes de la Natation Hongroise
L'histoire récente de la natation hongroise est indissociable des noms de Katinka Hosszu et Laszlo Cseh, deux athlètes dont les palmarès parlent d'eux-mêmes. Leurs exploits ont marqué et continuent de marquer les compétitions, affirmant la puissance de la Hongrie dans les disciplines aquatiques.
Lors de la troisième journée de l'Euro-2015 en petit bassin, qui s'est déroulée à Netanya (Israël), ces deux nageurs hongrois ont particulièrement affolé les compteurs. L'Italien Gregorio Paltrinieri, champion du monde du 1500 m nage libre l'été dernier en grand bassin, a certes battu le record du monde de la distance durant cet événement, améliorant de plus de deux secondes le record détenu auparavant par l'Australien Grant Hackett avec un temps de 14 min 08 sec 06, devançant son compatriote Gabriele Detti de près de dix secondes (14:18.00). Toutefois, les performances de Hosszu et Cseh ont été tout aussi spectaculaires.
Laszlo Cseh, sacré champion du monde sur 200 m papillon l'été dernier en grand bassin, a démontré sa polyvalence et sa maîtrise en s'imposant sur le 200 m 4 nages, et ce, avec un nouveau record d'Europe à la clé. Cet athlète accompli, qui s'était offert la veille une médaille d'or le jour de ses trente ans en remportant le 100 m papillon, a une fois de plus prouvé son statut d'icône. Sur le 200 m 4 nages, il l'a emporté en 1 min 51 sec 36 devant l'Allemand Philip Heintz (1:53.21), améliorant ainsi le record anciennement détenu par l'Autrichien Markus Rogan (1:51.72).
Sa compatriote Katinka Hosszu, surnommée "Iron Lady", a fait encore mieux, démontrant une domination écrasante. Déjà victorieuse la veille sur 400 m 4 nages avec un record du monde à la clé, elle a récidivé par deux fois lors de cette même journée. Hosszu a d'abord enlevé le 200 m dos avec un temps de 1:59.84, avant de confirmer sa suprématie sur le 100 m 4 nages en 56 sec 67, signant là un nouveau record du monde. La Hongroise a ainsi amélioré son propre chrono de trois centièmes, une prouesse qui souligne sa recherche constante de l'excellence. Ces résultats ont également été l'occasion de voir d'autres performances notables, comme la deuxième place de la Française Lara Grangeon sur 200 m papillon, devancée de 84/100 par l'Allemande Franziska Hentke (2:03.01).
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Les podiums de cette 3e journée ont illustré l'intensité de la compétition. Chez les dames, Sarah Sjoestroem (SWE) a triomphé au 100 m nage libre en 51.37, suivie par Ranomi Kromowidjojo (NED) en 51.59 et Veronika Popova (RUS) en 52.02. Au 200 m dos, Katinka Hosszu (HUN) s'est imposée en 1:59.84, devançant Daria Ustinova (RUS) en 2:01.57 et Eyglo Osk Gustafdottir (ISL) en 2:03.53. Le 200 m papillon a vu la victoire de Franziska Hentke (GER) en 2:03.01, suivie de Lara Grangeon (FRA) en 2:03.85 et Alessia Poleri (ITA) en 2:04.37. Enfin, au 100 m 4 nages, Katinka Hosszu (HUN) a brillé en 56.67, précédant Siobhan-Marie O'Connor (GBR) en 57.65 et Marrit Steenbergen (NED) en 59.00. Le relais 4x50 m nage libre a été remporté par l'Italie en 1:36.05, devant les Pays-Bas (1:36.20) et la Russie (1:36.62).
Côté messieurs, Laszlo Cseh (HUN) a dominé le 200 m 4 nages en 1:51.36, suivi par Philip Heintz (GER) en 1:53.21 et Diogo Filipe Carvalho (POR) en 1:53.45. Au 100 m dos, Radoslaw Kawecki (POL) a gagné en 49.64, devant Stanislav Donets (RUS) en 50.30 et Christoph Walker-Hebborn en 50.35. Le 1500 m nage libre a été la scène du record mondial de Gregorio Paltrinieri (ITA) en 14:08.06, avec Gabriele Detti (ITA) en 14:18.00 et Henrik Chistiansen (NOR) en 14:23.60 complétant le podium. Enfin, le 50 m nage libre a été remporté par Evgeny Sedov (RUS) en 20.87, devant Marco Orsi (ITA) en 20.92.
La Hongrie, Épicentre des Événements Aquatiques et des Nouvelles Réalisations
La Hongrie ne se contente pas de former des champions ; elle se positionne également comme un acteur majeur dans l'organisation et l'accueil d'événements sportifs aquatiques d'envergure. Ses infrastructures et sa passion pour la natation en font une terre fertile pour les records et les compétitions internationales.
Les championnats du monde en petit bassin se sont ouverts un mardi de décembre à Budapest, en Hongrie, soulignant le rôle central du pays dans le calendrier de la natation mondiale. Cette compétition a été le théâtre de performances exceptionnelles. Par exemple, sur le 50 m dos, les Françaises Gastaldello et Hénique se sont illustrées en se qualifiant pour la finale. Le 100 m dos a été moins favorable pour la délégation française, avec les éliminations de Mahieu, Ndoye-Brouard et Tomac. Damien Joly a quant à lui terminé au pied du podium sur le 1 500 m nage libre, s'offrant une jolie 4e place en 14’22’’12, mais insuffisante pour monter sur le podium.
Les bassins de Budapest ont résonné des records du monde établis par de nombreux nageurs. Les Françaises Béryl Gastaldello et Mélanie Hénique se sont qualifiées pour la finale du 50 m papillon, Gastaldello réalisant son meilleur temps personnel en remportant sa série en 24’’67. Cette journée a également été marquée par la stupéfiante performance de l'Américaine Gretchen Walsh, qui a battu deux fois un nouveau record du monde dans la même journée (une première fois le matin, puis de nouveau en soirée), passant sous la barre des 24 secondes avec un temps de 23,94. Elle tentera ainsi de décrocher une première médaille d’or individuelle dans une grande compétition internationale, et il sera sans doute difficile de la déloger lors de la finale.
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La Hongrie brille également par ses distinctions. À la suite des championnats du monde de natation en petit bassin à Huangzhou, la cérémonie de remise des prix de la Fédération Internationale de Natation (FINA) a vu quatre distinctions être remportées par des Hongrois, témoignant de leur reconnaissance au plus haut niveau mondial. Par ailleurs, à l'occasion de la première édition des championnats d’Europe multisports, rassemblant sept disciplines, la délégation hongroise a décroché un total impressionnant de 15 médailles, dont 7 titres. La majorité de ces succès provient des épreuves de natation, permettant à la Hongrie de terminer à la dixième place du tableau final. Le bilan global pour la Hongrie lors des championnats européens s'est élevé à 10 médailles d’or, 4 en argent et 5 en bronze, une preuve supplémentaire de sa compétitivité.
Le pays continue aussi d'innover avec des événements populaires comme la 38e édition de la traversée du Balaton à la nage. Cette manifestation a rassemblé plus de 8 700 participants, et le nageur le plus rapide a été Rasovszky Kristóf, champion du monde de nage en eau libre, qui a établi un nouveau record, consolidant ainsi la tradition hongroise dans les épreuves d'endurance aquatique. Alors que les bains thermaux de Budapest font le plein de touristes, le bassin olympique de Saint-Denis et celui de Nanterre, aménagé entre deux saisons de Top 14, se préparent à accueillir, entre autres, les nageurs hongrois, soulignant la portée internationale de ces athlètes.
Le Water-Polo Hongrois : Une Identité Forgée dans l'Eau et l'Histoire
Au-delà de la natation individuelle, le water-polo occupe une place à part entière dans le cœur des Hongrois et dans l'histoire sportive mondiale. Ce sport, décrit comme "la plus guerrière" des disciplines aquatiques, est profondément enraciné dans l'identité nationale, bien au-delà de la simple performance athlétique.
La Hongrie affiche quarante ans de domination incontestée dans le water-polo, avec un historique de douze podiums en douze Jeux Olympiques entre 1928 et 1980. Après une période plus discrète, le pays a effectué un retour triomphal avec un triplé olympique mémorable en 2000, 2004 et 2008, confirmant son statut de superpuissance de la discipline. Il y a trois ans, les poloïstes, hommes et femmes, de ce pays enclavé aux presque dix millions d’habitants, sont revenus de Tokyo avec la médaille de bronze de leurs compétitions olympiques respectives, deux classements égaux fruits de deux histoires radicalement différentes, mais témoignant d'une excellence durable.
L'histoire de cette suprématie est fascinante. La Hongrie, sans accès à la mer et soumise à une chaleur estivale intense, a toujours eu une tradition de "bains publics conviviaux". Cette culture a naturellement favorisé l'adhésion des habitants au water-polo dès son introduction à la toute fin du XIXe siècle. Le succès populaire a rapidement été doublé de résultats spectaculaires de l'équipe nationale, notamment grâce à des figures emblématiques comme Bela Komjadi. Coach de la première victoire olympique en 1932, il a apporté des innovations techniques cruciales à ce sport et a structuré un système éducatif autour de la discipline, jetant les bases d'une excellence pérenne.
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Une autre explication de cette passion nationale réside dans la perception du sport comme un moyen d'affirmer l'identité hongroise. Vaincue lors de la Première Guerre mondiale, la Hongrie a vu dans le water-polo une façon de défendre ses couleurs et de restaurer sa fierté. Le match est devenu un symbole, comme en témoigne la demi-finale contre l'URSS aux JO de 1956. Un mois seulement après l'entrée des Soviétiques pour mater l'insurrection de Budapest, le match fut un tel pugilat que l'eau de la piscine se colora en rouge, un événement qui restera à jamais gravé sous le nom de "bain de sang de Melbourne", illustrant la charge émotionnelle et politique que le water-polo pouvait revêtir.
Cette tradition perdure, comme l'illustrent les rencontres récentes. L'équipe de France de water-polo a été éliminée des championnats du monde après une troisième défaite, contre la Hongrie (13-7), lors des Mondiaux-2017 à Budapest. L'équipe de France masculine, de retour aux Championnats du monde après vingt-six ans d'absence, a subi cette défaite dans le bassin historique de l'île Marguerite, sur le Danube, dès le premier quart-temps (6-1) face au pays hôte. Les Bleus, onzièmes des JO-2016, ont terminé à la quatrième et dernière place de leur groupe B, ne leur restant que deux matches de classement pour déterminer leur position finale, entre la 13e et la 16e place. Avant ce revers face aux Hongrois, les Français s'étaient inclinés d'entrée contre les Italiens (18-9), puis les Australiens (11-10). Les quatre équipes qui ont terminé en tête de leur poule respective - Monténégro, Hongrie, Serbie et Croatie - furent elles directement qualifiées pour les quarts de finale, confirmant la force des nations d'Europe de l'Est dans cette discipline.
Le Contexte International : Performances Éclatantes et Records Globalisés
L'actualité de la natation ne se limite pas aux seuls exploits hongrois, mais s'inscrit dans un cadre international où de nombreux athlètes repoussent constamment les limites de la performance humaine. Les compétitions, qu'elles soient européennes ou mondiales, sont des lieux d'émulation où les records tombent et les talents émergent de toutes les nations.
Au-delà des médailles hongroises, la scène internationale est rythmée par les prouesses d'athlètes venus des quatre coins du globe. Les championnats du monde en petit bassin, par exemple, sont régulièrement le théâtre de records et de performances exceptionnelles. L'Américaine Gretchen Walsh a, par exemple, démontré sa domination en établissant un nouveau record du monde sur une distance spécifique, une prouesse qu'elle a rééditée à deux reprises dans la même journée, un fait rare qui souligne l'intensité de la compétition. En passant sous la barre des 24 secondes avec un temps de 23,94, elle s'est positionnée comme une sérieuse prétendante à la médaille d'or individuelle, un objectif qu'elle cherchera à concrétiser.
D'autres nageurs ont également marqué les esprits. La Canadienne Summer McIntosh, déjà triple championne olympique à Paris (sur 200 et 400 m 4 nages, ainsi que 200 m papillon), continue d'écrire l'histoire en s’offrant un nouveau record du monde en 200 m 4 nages, démontrant une polyvalence et une constance au plus haut niveau. La finale du 200 m 4 nages a également vu un doublé américain, avec Kate Douglass s’illustrant en 2’01’’63 devant sa compatriote Alex Walsh en 2’02’’65. Kate Douglass a elle aussi signé un nouveau record du monde dans la discipline, confirmant la profondeur du talent américain.
Les nageurs français, tout en étant parfois confrontés à l'élite mondiale, participent activement à ces compétitions. Sur le 100 m dos, Pauline Mahieu, demi-finaliste aux Jeux olympiques sur le 200 m dos, a terminé 4e de sa série en 56’’36. Chez les hommes, Yohann Ndoye-Brouard a été éliminé à l’issue de sa série, signant le 7e temps en 50’’33. Mewen Tomac a subi le même sort, son 4e temps en série en 50’’06 n'étant pas suffisant pour intégrer le top 8 qualificatif pour la finale. Damien Joly, nouveau co-capitaine, n’a pas réussi à offrir une première médaille à la délégation tricolore sur le 1 500 m nage libre, se classant 4ème. Ces participations, même sans médaille immédiate, sont essentielles pour le développement et l'expérience des athlètes français face à une concurrence de plus en plus relevée.