À quel âge peut-on : comprendre les étapes de l'autonomie, de la responsabilité et de la loi

La question « à quel âge peut-on » traverse l'ensemble de notre vie sociale, familiale et juridique. Qu'il s'agisse de laisser un enfant seul à la maison, de l'autoriser à sortir avec ses amis ou de lui permettre d'intégrer le monde du travail, il n'existe pas de réponse unique ou de norme universelle figée. La compréhension de ces seuils nécessite une analyse croisée entre les cadres légaux, les étapes du développement psychologique et la maturité individuelle.

Définitions et cadres de développement : de l'enfant à l'adolescent

Il n’existe pas de norme spécifique définissant les tranches d’âge pour les enfants, les pré-adolescents et les adolescents. En général, on associe ces périodes au parcours scolaire et on les classe en fonction du processus de maturité jusqu’à l’atteinte de la majorité qui est fixée par la loi à 17 ans accomplis. En suivant le parcours scolaire, on parle normalement d’enfance (« Bambini/bambine » - petits garçons/petites filles) pour la période depuis la naissance jusqu’à 10 ans (petite ou « première » enfance, de 0 à 6 ans, « deuxième enfance » de 6 à 10 ans); la pré-adolescence (« ragazzi/ragazze » - les garçons/filles préadolescent(e)s) de 11 à 13 ans et l’adolescence (même terme en italien « ragazzi/ragazze » - les « ados ») allant de 14 à 17 ans.

Dans le code civil italien, on ne trouve pas de définition du mineur, mais on trouve les concepts de la capacité de jouissance des droits et de la capacité d’exercer des droits ou d’assumer des obligations dans les articles 1 et 2 du code civil précité. Comme beaucoup d’autres langues mondiales, le français fait la distinction entre un « bébé » et un « enfant ». D’un point de vue littéral, le mot « enfant » désigne un être humain qui n’a pas atteint l’adolescence. Des « catégories » qui guident notre évolution, à travers les calendriers de vaccination, les établissements d’accueil (crèche, maternelle, école, collège…). Chaque période présente ses propres caractéristiques, que ce soit au niveau de la nutrition, du sommeil, des expériences sensorielles et motrices ou encore de la socialisation.

Le mot « bébé » est en réalité un abus de langage. Il renvoie à la petite enfance. Les publications grand public estiment que la période propice pour employer ce terme se situe entre la naissance jusqu’à 2 ans, voire 3 ans si la motricité, le langage ou la propreté ne sont pas stabilisés. A contrario, en crèche, on considère un « bébé » pour les plus jeunes sections. La réflexion se base principalement sur l’autonomie des enfants. Si ce dernier reste très dépendant, le mot « bébé » s’applique parfaitement. En moyenne, un enfant en bas âge demeure bébé jusqu’à 24 mois. Mais chaque enfant à sa propre période de développement et celle-ci peut durer jusqu’à 36 comme évoqué plus haut. Au-delà, les termes « petit enfant » ou « petit » sont plus adaptés. Des repères pratiques qui s’appliquent dans la vie quotidienne.

La question de la solitude domestique : un jugement parental

C'est la grande question que bien des parents se posent : quand est-ce qu'on commence à donner un peu de jeu à nos enfants ? À quel âge, précisément, on les laisse prendre leur envol ? Nulle part, il n'existe de loi précisant à quel âge on peut, ou pas, légalement laisser un enfant seul chez soi. C'est une question de jugement parental. Si dans le code pénal l’âge de la maturité civile est fixé à 18 ans révolus, il n’y a pas vraiment de textes parlant de l’âge à partir duquel vous pouvez laisser votre enfant seul à la maison. Ainsi, la décision de laisser votre enfant seul reposera beaucoup plus sur des critères liés à sa personnalité et à son niveau de maturité.

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Est donc passible de négligence tout parent ne « fournissant pas une surveillance ou un encadrement appropriés ». Mais il ne faut pas être rigide. Ainsi, avant d'intervenir, en cas de signalement, la DPJ va suivre une «grille d'analyse» pour bien comprendre la situation. C'est au parent de regarder les caractéristiques de son enfant : est-il mature, en cas d'urgence, sait-il quoi faire ? L'autonomie, ça s'acquiert. Avec le temps, les années et l'expérience. Il faut que l'enfant ait le temps d'accueillir cette autonomie. Il faut y aller de façon progressive ! Ça se prépare ! C'est une question de relation parent-enfant.

L’âge de discernement chez un enfant tourne autour de 12 ans. S’il est possible pour un enfant de rester seul à la maison à cet âge quelques heures dans la journée (après l’école par exemple), il sera beaucoup plus difficile à cet âge de lui donner de grandes responsabilités, comme de garder ses jeunes frères et sœurs ou de se préparer à manger. Avant 7 ans : un enfant ne doit jamais rester seul. Entre 8 et 10 ans : votre enfant peut rester seul très brièvement (15 à 30 minutes), uniquement la journée. Dès 13 ans : un adolescent peut rester seul plusieurs heures et gérer certaines responsabilités. Il est fortement déconseillé de laisser un enfant de moins de 8 ou 10 ans seul chez vous. Tout dépend également de la maturité de votre enfant et des responsabilités qui lui ont déjà été confiées.

Gestion des sorties et autonomie sociale

À l'adolescence, votre enfant va commencer à vous demander s'il peut sortir avec ses amis. Comment gérer ses premières sorties et à quel âge l'autoriser à rejoindre ses copains après l'école ou le week-end ? Comment être sûr qu'il est assez autonome ? Pendant l'enfance, on ne se pose même pas la question : les sorties sont avec nous ou avec d'autres adultes. Mais en devenant adolescent, vers 13-14 ans, votre enfant va commencer à vouloir sortir seul, avec des amis pour aller au cinéma, à la piscine, à des soirées… C'est là que tout semble se compliquer pour les parents.

D'un point de vue clinique, on considère que la pré-adolescence commence entre 10 et 12 ans, et l'adolescence vers 13-14 ans. C'est plutôt à partir de cette deuxième phase que votre enfant va commencer à sortir. Et forcément, la première interrogation qui vient à l'esprit c'est : à quel âge autoriser mon ado à sortir ? Pour Aline Nativel Id Hammou, ce n'est pas forcément une question d'"âge réel". "C'est la maturité émotionnelle qu'il faut prendre en compte en tant que parent ou adulte référent", précise la psy. Car la maturité ne relève pas de l'âge, mais du profil de chaque individu, et tous les adolescents ne seront pas prêts à sortir au même moment !

Quand il commence à demander à sortir sans adulte, "ce qui est recommandé, c'est que ce soit progressif au niveau des accords, des autorisations de sortie". Ainsi, on peut d'abord accepter que son ado aille au cinéma en début d'après-midi avant de le laisser assister à une séance en début de soirée. Par ailleurs, s'il est évident qu'on ne va pas laisser un adolescent de 13 ans aller en discothèque, on peut se demander à quel âge lui autoriser tel ou tel type de sortie. Là encore, la décision devra être prise en fonction de la maturité de l'adolescent. Si on prend l'exemple d'une sortie pour aller faire un football avec des amis, on ne le laisse pas y aller seul s'il ne sait pas se débrouiller sans compagnie dans les transports en commun.

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La première fois qu'un adolescent demande à sortir, c'est forcément un petit choc pour les parents. Résultat, "ils posent beaucoup de questions, ce n'est pas toujours recommandé", explique la psychologue. Il est normal d'avoir des interrogations, le tout est de bien les formuler et de ne pas toutes les laisser sortir en même temps. Votre enfant risquerait alors de se braquer. Le mieux est de discuter calmement avec lui de l'activité prévue, de lui demander comme il a prévu de s'organiser pour le transport et éventuellement le budget… Cela vous rassurera, et il pourra vous montrer qu'il est autonome. "Après, il y a la question de la négociation. Il ne faut pas tout interdire, mais pas lâcher trop de leste non plus."

La confiance et la sécurité : les fondements de la relation

La confiance est différente selon les familles. Cela dépend du lien parent-enfant, de la perception que l'on a de son ado, et du style parental plus ou moins autoritaire que l'on a. Il faut donc trouver l'équilibre, même si "la question de l'adaptation les uns aux autres n'est pas toujours éveidente". Par ailleurs, en consultation, Aline Nativel Id Hammou entend souvent les parents dire : "j'ai confiance en mon ado, ce sont les autres qui me font peur". Il faut alors l'expliquer à l'adolescent. "Ils doivent expliquer leurs craintes, ne pas donner un 'non' franc sans expliquer leur décision. L'ado pourra alors les rassurer en donnant des informations supplémentaires".

En outre, notre experte avertit les parents de ne pas avoir une "approche stéréotypée". Les violences faites aux femmes sont très présentes dans les médias, mais il ne faut pour autant pas confiner son adolescente à la maison quand son frère à le droit de sortir. "Cela donne aux parents une perception conditionnée du genre", mais cela peut être perçu comme une injustice, à juste titre. Si cela vous inquiète particulièrement, proposez à votre fille de l'emmener et de venir la chercher, apprenez-lui à avoir les bons réflexes (appeler une personne proche qui peut venir l'aider, par exemple). Vous pouvez également penser à prendre des cours de self-défense parent-ado.

Savoir que son adolescent est autonome quand il sort est essentiel pour les parents. Pour cela, de nombreuses solutions existent selon son âge. "On peut faire des simulations de parcours avec les applications de transport en commun, lui proposer de faire le trajet avec lui une première fois, éventuellement aborder la question du VTC si besoin, proposer de l'emmener et de venir le chercher quand cela est possible…", suggère Aline Nativel Id Hammou. Elle souligne l'importance d'atteindre le consensus : "le parent doit être plus dans le 'je propose' que dans le 'j'impose' pour que l'ado soit plus réceptif".

Accès au monde du travail et responsabilités professionnelles

Il est possible de travailler à partir de l'âge de 16 ans, quel que soit le type de contrat (DTA, CDD, contrat temporaire). Tout mineur doit être autorisé par son représentant légal (ex: père ou mère), sauf s'il est émancipé. Toutefois, dans certains secteurs, il est possible de commencer à travailler avant l'âge de 16 ans. Certaines activités professionnelles sont interdites avant 18 ans. L'employeur ne peut pas assigner un mineur à des travaux impliquant des risques pour sa santé (ex: vibrations mécaniques) ou sa sécurité (ex: travail en hauteur).

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Avant l'âge de 14 ans, un enfant ou un adolescent peut travailler uniquement : dans une entreprise de spectacles, cinéma, radio, télévision ou enregistrements sonores ; en tant que modèle ; dans une entreprise ou association dont le but est de participer à des compétitions de jeux vidéo. Le représentant légal du mineur doit adresser une demande d'autorisation administrative à l'inspection du travail. Veuillez noter qu'il est possible d'effectuer des visites d'information et des périodes d'observation en entreprise.

Avec l'accord de l'inspection du travail, un mineur âgé de 14 ou 15 ans peut travailler uniquement pendant les vacances scolaires sous les conditions suivantes : les vacances scolaires doivent durer au moins 14 jours ; le mineur doit bénéficier d'un repos continu d'au moins la moitié de la durée totale des vacances (par exemple, pour une période de vacances de 2 semaines, le mineur ne peut pas travailler plus d'une semaine) ; il est affecté à des travaux légers sans risque pour sa sécurité, sa santé ou son développement (par exemple, travail exposant à des actes ou représentations pornographiques ou violentes). Le mineur ne doit pas travailler plus de 35 heures par semaine, ni plus de 7 heures par jour. Sa rémunération doit être au moins égale à 80 % du salaire minimum.

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