En ski de randonnée, l'équipement de sécurité passif des skis est un sujet d'importance capitale pour prévenir la perte de matériel et les accidents potentiels. Que vous ayez déjà cassé le vôtre ou que vous recherchiez simplement à optimiser votre configuration, le choix entre un frein de ski, communément appelé stop ski, et un leash, une lanière reliant le ski à la chaussure, est une décision qui impacte directement le confort d'utilisation et la sécurité de votre pratique. Longtemps dominé par les stop skis, ce domaine voit l'émergence croissante des leashs, chacun présentant des avantages et des inconvénients distincts que tout randonneur se doit de comprendre.
Le frein de ski (stop ski) : Le gardien discret de vos lattes
Sur un ski de randonnée, le frein, aussi appelé stop ski, est bien le dernier élément auquel on pense lors de l'acquisition du matériel, pourtant c’est bien lui qui empêche nos lattes de filer à toute vitesse dans la pente lorsqu’on déchausse par inadvertance. Sans cet équipement, chaque chute se transformerait en une belle randonnée jusqu’en bas de la montagne, car c’est bien le frein d’un ski, aussi appelé stop ski, qui enraye votre latte dans la pente après un déchaussage imprévu et qui vous permet de repartir en skiant comme si de rien n’était. Ce mécanisme assure une immobilisation rapide du ski, facilitant ainsi la récupération et permettant de repartir en glissant et non comme un piéton après un incident.
Généralement livré de série et monté en même temps que la fixation, il arrive parfois de devoir le changer suite à une casse matérielle, ou simplement pour l'adapter à une nouvelle paire de skis plus larges. Les freins Marker Alpinist Brake 105mm ou les Marker Alpinist Brake 90mm, par exemple, sont des options qui permettent de gagner en confort d’utilisation et en sécurité avec vos fixations de ski de randonnée Alpinist, et ce, en se passant de leash sur les fixations Low Tech Alpinist. Le principe de fonctionnement du stop ski est très simple : deux leviers se déploient dans la neige quand on déchausse et stabilisent le ski dans la pente. Ces leviers se replient ensuite automatiquement quand on rechausse le ski.
Un des avantages majeurs du stop ski réside dans sa praticité. C’est la solution idéale pour tous les skieurs de randonnée néophytes qui veulent aller au plus facile. Le ski se bloque automatiquement dès le déchaussage. Cette fonctionnalité est particulièrement appréciée lorsqu'on arrive au sommet et qu'il faut dépeauter. On peut prendre son temps et retirer les peaux sans devoir gérer en plus ses skis, qui sont maintenus en place par les freins. Idem en cas de chute, on rechausse dans la pente avec la même facilité que les skis alpins. Autre avantage, et non des moindres, on ne risque pas de s’accrocher à une branche qui dépasse de la surface de la neige et qui a toujours tendance à venir se prendre dans les leashs.
Cependant, les inconditionnels des leashs mettent en avant le poids excessif des stop skis par rapport à une simple lanière. Ne nous voilons pas la face, ils ont raison. Un stop ski va chercher dans les 100 g alors qu’un leash ne pèse que quelques grammes. Cette différence de poids est significative pour les free randonneurs qui recherchent la performance et s’orienteront donc naturellement sur la solution la plus légère pour avaler les dénivelés le plus rapidement possible. Bien que plus lourd, le stop ski se révèle tout de même bien plus pratique si on ne fait que quelques sorties rando dans l’hiver et que l'on privilégie le confort.
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Le stop ski étant un élément assez basique, il est nécessaire de choisir le stop ski le plus adapté au patin de vos lattes, avec la multiplication des largeurs de ski et l’augmentation des lignes de cotes. Que vous vouliez remplacer votre stop ski endommagé ou bien changer pour un modèle plus large suite à l’achat de nouveaux fat, il est primordial de s'assurer de la compatibilité et de la largeur adéquate du frein.
Le leash de ski : La connexion légère et directe
De plus en plus concurrencé par les leashs, des sortes de lanières reliant directement le ski à la chaussure, les stop skis tiennent encore le cap et ne se laissent pas détrôner si facilement. Toutefois, en ski de randonnée, la plupart des fixations ne sont pas équipées de freins, et les skis peuvent ainsi glisser et se perdre lorsqu’ils ne sont pas fixés à une chaussure. C'est là que le leash prend tout son sens. Pour plus de sécurité, nous vous conseillons d'utiliser un leash. Le leash va relier votre ski à votre chaussure de ski. En cas de déchaussage en descente, ça vous permettra de ne pas perdre votre ski dans la poudreuse, ou de le voir partir dans la pente.
L'installation d'un leash est une opération facile et rapide. Il vous suffit simplement de l'accrocher à la butée avant de votre fixation grâce à la boucle de fil métallique prévue à cet effet, et en repassant le crochet dans la boucle du leash. Vous pouvez ensuite le relier à votre chaussure en fixant le crochet à la boucle présente sur l'avant de votre chaussure de ski de randonnée. Le leash livré par Dynafit avec les Radical est très pratique avec son mousqueton en alu (encore plus que les courroies), vu que le petit anneau en câble peut se passer sous la languette de vos chaussures Dynafit et rester à demeure. Un petit truc consiste à le lier en forme de 8 avec un petit strap en nylon pour qu'il ne s'accroche pas avec le levier montée/descente, ce qui démontre la flexibilité et la personnalisation possibles avec ce système. Certains randonneurs optent même pour des leashs "maison" : un anneau de porte-clés et un mousqueton porte-clés, une solution économique, légère et pratique.
L'atout principal du leash est son poids plume. Pour les randonneurs soucieux du moindre gramme, le gain est indéniable, permettant d'optimiser la légèreté de l'ensemble de l'équipement pour les montées exigeantes. Je suis à 100% contre les stop skis, pour le poids bien sûr mais surtout à cause du risque de perte quasi certaine du ski en neige dure et grande pente. Le leash aide grandement à chausser et déchausser sur des zones exiguës et/ou pentues en neige dure, genre arête étroite, ou pour mettre les couteaux en pleine pente car le ski reste sécurisé au pied. Ce choix semble tellement évident pour certains skieurs. Il me semble s'imposer logiquement, d'autant qu'il offre une sécurité psychologique en sachant que le ski est toujours attaché, même dans les conditions les plus délicates.
Cependant, l'utilisation du leash soulève des questions de sécurité, notamment en cas d'avalanche. Le leash peut potentiellement retenir le skieur au ski et l'entraîner vers le fond de la coulée. Cette préoccupation est légitime et a conduit à des discussions parmi les pratiquants. Par exemple, de retour d'un stage initiation avec le CAF, des discussions avec d'autres randonneurs à ski ont mis en lumière le fait que les "leashs" (noir & jaune) de mes fixations Plum pouvaient entraîner le skieur vers le fond en cas d'avalanche. La question d'un "leash" qui casserait en cas de prise dans une avalanche, mais pas forcément lors d'une "gamelle", est un point de débat important. Certains utilisateurs trouvent que le G3 est un bon leash, le gardant tout le temps en montée comme en descente, et le trouvant pas si fragile que ça, tenant déjà 3 saisons avec. Il retient le ski et en cas de grosse chute, le leash se détache, sans casser. D'autres optent pour des solutions très peu chères qui, de par leur conception, cassent facilement en cas de contrainte excessive, réduisant ainsi le risque en avalanche. Ce compromis entre rétention du ski et libération en cas d'urgence est au cœur des préoccupations.
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Frein de ski vs Leash : Le grand débat poids-praticité-sécurité
Le choix entre frein de ski et leash est souvent un débat sans fin, profondément lié à la pratique, aux situations rencontrées et aux priorités de chaque skieur. D'un côté, le stop ski, même s’il est plus lourd, se révèle tout de même bien plus pratique pour une majorité de skieurs, notamment les débutants ou ceux qui privilégient le confort. Son système automatique de blocage du ski lors du déchaussage est un atout indéniable, évitant le désagrément de voir sa latte dévaler la pente. Le fait de pouvoir gérer ses peaux au sommet ou rechausser facilement en cas de chute sans avoir à courir après son ski procure une tranquillité d'esprit précieuse.
De l'autre côté, le leash est plébiscité par les skieurs orientés performance et légèreté. Le gain de poids est l'argument principal : quelques grammes pour un leash contre environ 100 grammes pour un stop ski. Pour ceux qui avalent les dénivelés le plus rapidement possible, chaque gramme compte. Le leash maintient également le ski lié à la chaussure en permanence, ce qui est un avantage considérable en neige dure et grande pente où le risque de perte du ski est quasi certain avec un stop ski selon certains. Il facilite également les manipulations en terrains exigeants, comme les arêtes étroites ou lors de la mise en place des couteaux, où le ski reste sécurisé au pied et ne risque pas de glisser. En neige dure, certains évitent même de déchausser pour minimiser les risques. Des situations extrêmes, comme des expéditions lointaines où perdre un ski aurait des conséquences dramatiques, justifient l'utilisation de leashs plastiques robustes, tels que les G3, pour leur fiabilité.
La question de la sécurité en cas de chute est également un point de divergence. Avec un stop ski, le ski s'arrête net, ce qui est confortable, mais certains craignent le risque de se prendre le ski dans la tête avec un leash. Cependant, ce risque reste totalement hypothétique dès lors qu'on skie relativement lentement en randonnée. Un skieur qui ne s'est jamais pris une boîte assez violente pour que le ski remonte jusqu'à sa tête peut considérer le leash comme un choix logique et sûr. Inversement, en piste, l'utilisation des stop skis est unanimement préférée pour leur fiabilité et la gestion de la vitesse.
Le compromis entre ces deux systèmes est donc un équilibre subtil. Le stop ski offre un confort d'utilisation supérieur et une gestion autonome du ski lors du déchaussage. Le leash, lui, propose une légèreté maximale et une sécurité accrue contre la perte du ski, mais requiert une manipulation plus active et présente une problématique spécifique en cas d'avalanche. Les fixations Marker Alpinist, par exemple, sont conçues pour être utilisées avec leurs freins spécifiques (90mm ou 105mm), offrant ainsi une intégration et une sécurité optimales sans nécessiter un leash. Cependant, certains adaptent les deux systèmes en fonction des conditions ou de la nature de la sortie.
La sécurité en avalanche : Un point de vigilance crucial avec le leash
La problématique du leash en situation d'avalanche est l'un des arguments les plus sérieux contre son utilisation systématique. L'idée qu'un leash puisse retenir le skieur à son ski et l'entraîner plus profondément sous la neige en cas d'ensevelissement est une crainte légitime. Un ski enterré peut agir comme une ancre, rendant les efforts de la victime pour se dégager, ou ceux des secouristes pour la localiser et la dégager, considérablement plus difficiles. C'est pourquoi de nombreux débats émergent autour de la conception de leashs "cassables".
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L'objectif d'un leash qui "cassera en cas de prise dans une avalanche, mais pas forcément lors d'une gamelle" est un idéal recherché. Des solutions existent, allant des leashs très bon marché qui, de par leur faible résistance, sont susceptibles de casser sous une contrainte importante, aux modèles spécifiquement conçus pour se détacher ou rompre sous une certaine charge. Les leashs G3, par exemple, sont cités pour leur capacité à retenir le ski lors d'une chute "normale" tout en se détachant en cas de "grosse chute", ce qui pourrait être interprété comme une réponse partielle à cette exigence en situation d'urgence extrême comme une avalanche. L'idée est de trouver un point d'équilibre où le leash est suffisamment robuste pour éviter la perte du ski dans des conditions courantes, mais suffisamment "faible" pour ne pas devenir un facteur aggravant en cas d'ensevelissement.
Face à ce risque, la conscience et la formation du skieur deviennent primordiales. Comprendre le terrain, évaluer le risque d'avalanche et savoir utiliser son matériel de sécurité (DVA, pelle, sonde) sont des éléments non négociables. Le choix d'un leash, ou de l'absence de leash au profit d'un stop ski, doit être intégré dans une approche globale de la sécurité en montagne. Certains skieurs choisissent de ne pas utiliser de leash du tout dans les zones à risque d'avalanche élevé, ou d'opter pour des modèles dont ils savent qu'ils se libéreront.
Il est important de noter que ce débat est complexe et qu'il n'y a pas de réponse unique universelle. C'est un compromis. Le meilleur compromis semble être lié à la pratique individuelle et aux situations rencontrées. Les skieurs doivent évaluer les avantages et les inconvénients de chaque système au regard de leur propre style de ski, des conditions de neige et du terrain qu'ils prévoient d'affronter. La prudence est toujours de mise.