Le monde du parachutisme français a vibré au rythme des 56es Championnats de France de parachutisme, une compétition de référence nationale qui s'est tenue à Vichy sur la drop zone de l'aérodrome de Vichy-Charmeil (03). Ces championnats ont réuni, depuis le jeudi 8 août, 60 équipes et 229 compétiteurs, démontrant la vitalité et la diversité des disciplines pratiquées. Malgré un début poussif causé par une météo défavorable, l'événement a finalement bénéficié de deux belles journées ensoleillées, permettant la réalisation d'un nombre optimal de sauts dans toutes les disciplines. La remise des médailles a eu lieu sous un ciel bleu et un chaud soleil, couronnant des performances remarquables et annonçant des perspectives prometteuses pour les compétitions internationales à venir.
L'Organisation Rigoureuse des Championnats : Un Défi Logistique et Sportif
Le bon déroulement de ces championnats a nécessité une organisation minutieuse et la présence de 29 juges, garants de l'équité sportive. La direction de la compétition, un rôle de coordinateur, a dû assurer la gestion et la coordination des différentes épreuves en fonction des conditions météorologiques, qui peuvent être très influentes sur les disciplines sous voile. Ce directeur a veillé à l'avancement harmonieux de la compétition dans toutes les disciplines, faisant des choix d'assemblage de disciplines compatibles pour l'avionnage et les rotations.
Les paramètres techniques diffèrent grandement entre la chute et la voile ouverte. Par exemple, la vitesse du vent doit être au maximum de 7 m/s (25 Km/h) pour la Précision d'Atterrissage (PA) et de 11 m/s pour la chute. L'outil parachute lui-même possède des performances différentes et limitées selon la discipline et l'aérologie. La PA exige un posé sur cible, tandis que la chute se fait sur la drop zone. Une voile de PA peut devenir vite incontrôlable par un vent trop fort du fait de sa conception et de sa surface. Le directeur de compétition a donc coordonné la direction des vols, les techniciens d'avionnage et de largage, ainsi que les pilotes des avions. Il a maintenu un travail en lien étroit avec le directeur des vols, le chef des juges et tous les techniciens, avec comme premier objectif, après celui de la sécurité, de valider toutes les disciplines à minima. Une grosse partie du retard prise à cause d'une météorologie défavorable a pu être rattrapée grâce à cette coordination efficace.
L'Importance Nationale et la Détection des Talents par la DTN
Les Championnats de France sont la compétition de référence au niveau national, et un titre de champion de France possède une réelle valeur reconnue dans le monde du parachutisme. La France occupe une place à part en tant que nation la plus titrée depuis plusieurs années. Même si, dans certaines disciplines, les équipes de France ne sont pas présentes sur Vichy, car en préparation de compétitions internationales, le réservoir de talents est jugé important. Le Directeur Technique National, Jean-Michel Poulet, a qualifié cette édition de championnat très disputé.
Pour la Direction Technique Nationale (DTN), l l'intérêt de ces championnats réside dans la mise en concurrence des clubs. Cela permet de connaître « l’état de santé » du parachutisme en France et d'évaluer son niveau technique global. C'est également l'occasion pour la DTN de rencontrer le plus grand nombre, la « base » du parachutisme, et, du point de vue pédagogique, de pouvoir expliquer les dispositifs de progression destinés à ceux qui veulent aller plus loin, jusqu’au haut de la pyramide. Le titre de champion de France est une étape importante, mais la voie vers l'équipe de France est plus complexe. Pour les entraîneurs nationaux, ces Championnats de France sont l’occasion d’observer les parachutistes en situation de compétition, analysant leur comportement en groupe, leur vie au sol, leur gestion du stress, la perte de moyens ou la faculté à se transcender en compétition.
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Les situations varient selon les disciplines concernant la présence des équipes de France. En Précision d’Atterrissage/Voltige, les membres de l’équipe de France sont intégrés dans leurs équipes de club respectif. En Vol Relatif et Disciplines artistiques, les équipes de France ne sont pas présentes, soit en entraînement pour les Championnats d’Europe en Bosnie la semaine suivante, soit en reconstruction. En Voile Contact, les membres des équipes de France sont répartis dans leur club, sauf pour le voile séquence à 2. Pour l’équipe A, en reconstruction, la décision a été prise de privilégier l’entraînement et le nombre de sauts. En PA/Voltige, toutes les équipes sont là, garçons et filles, et tous seront en préparation des championnats d’Europe de fin août en Russie à Tcheboksary.
Les Disciplines Artistiques : Free Style et Free Fly, Entre Duels et Reconstruction
Les disciplines artistiques ont offert des moments de haute voltige et d'expressivité aérienne. En Free Style, avec 4 équipes en compétition, le duel opposant Gravity In Style Alsace Strasbourg à Figure2Style Perros-Vannes a vu Gravity In Style Alsace Strasbourg prendre nettement le dessus durant cette journée. Le tandem Loïc Perrin-Pierre Rabuel, médaillés d'or et d'argent aux championnats précédents, a décidé de poursuivre l’aventure. William Penny a remplacé un ancien vidéo-man auprès de Yohan Aby. La question demeure : Loïc va-t-il enfin ravir l’or à Johan ? C’est probablement la seule incertitude pour les deux premières places, comme ils avaient été présents en Bosnie, il a été envisagé d'associer ces deux talents en Free Fly, et ils allaient s'y essayer en visant le podium.
En Free Fly, une discipline qui a vu 7 équipes s'affronter, l'équipe In Glorious Basterds La Réole Aquitaine a confirmé les résultats de la première journée et s’est détachée nettement avec plus de 6 points d’avance sur le deuxième, Les Voyoux Grenoble Corbas. Cette deuxième place a été longtemps disputée par Airwax Gap Nice, qui a fini à seulement 0,43 point d’écart. L'équipe In Glorious Basterds se positionne comme un candidat sérieux pour intégrer le groupe France Free Fly. Cette équipe a été formée récemment par des free flyers expérimentés : Nicolas Goutin, champion du monde à Dubaï ; Arnaud Mille, champion du monde VR8, qui a travaillé en Allemagne dans une soufflerie où il a effectué plus de 1 000 heures de vol ; et Guillaume Fehr, un vidéoman expérimenté qui avait eu de très bons résultats à l’international avec l’équipe Joker et revient à la compétition. Ils constituent une équipe qui peut avoir le niveau international. Ensuite, il y a les performers d’AirWax qui, même s’ils n’ont jamais été dans le collectif France, ont un bon niveau et ont déjà été champions de France. Et enfin Les Voyous, issus du collectif France Espoir, peuvent tirer leur épingle du jeu. Avec ces trois équipes, la Fédération Française de Parachutisme tient certainement le podium. Le championnat de France a été privilégié pour le Free Fly car la composition de l’équipe de France pour les mondes de 2014 n’est pas définie, et ces championnats allaient être observés de près par le staff, promettant une bagarre sévère. Après Dubaï, des membres des équipes Free Fly avaient décidé de cesser la compétition, rendant nécessaire une reconstruction.
Le Vol Relatif : Précision en Formation et Ambitions de Titres Mondiaux
Le Vol Relatif, exigeant une synchronisation parfaite entre les parachutistes, a également été au cœur de la compétition. En VR4, 16 équipes étaient présentes et l’équipe Némésis Espoir Saumur s’est maintenue à la première place après la cinquième manche, portant ainsi son avance à deux points sur l’Armée de l’Air Nice. One Shot Maubeuge a occupé la troisième place. En VR4 open, l’équipe dont deux membres ont été renouvelés, se confrontera aux meilleures équipes mondiales, notamment les États-Unis, Champions du monde à Dubaï, et les Belges, deuxièmes. Cette compétition représente une occasion précieuse de s’étalonner par rapport à ces élites mondiales, d'autant plus que c'est la première compétition internationale pour les deux nouveaux membres. Ne pas accrocher le podium serait considéré comme une déception. Deux changements ont également été observés dans le VR4 féminin. La Fédération vise carrément la médaille d’or en championnat d’Europe, où la concurrence est plus faible. En coupe du Monde, la tâche sera plus difficile, mais les compétitrices tenteront tout pour battre les rivales américaines. L'objectif ultime est l'or aux championnats du monde de 2014.
En Vol Relatif à 8 (VR8), avec 5 équipes participantes, 4 manches ont également été disputées. Cette compétition a toutes les chances d’être le jubilé de l’équipe en place, et pour le fêter dignement, ils visaient l'or. Une deuxième équipe est présente en coupe du monde, composée de huit juniors encadrés. L’objectif est de leur faire découvrir le très haut niveau et de réaliser une belle compétition avec, à la sortie, une bonne moyenne. En VRV, l'or est impératif. C’est l’équipe championne du monde à Dubaï, sponsorisée par Ampurias Brava, qui a les meilleures conditions d’entraînement possibles à ce jour. Leurs rivaux en coupe du monde seront les représentants de Dubaï, qu’ils ont déjà battus sur leur terrain aux derniers mondiaux.
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Voile Contact : Lutte Serrée et Partage d'Expérience
La Voile Contact a démontré l'intensité de la compétition et la richesse de l'encadrement. En Voile Contact à 2, où 10 équipes concouraient, l’équipe Espoir DUAL-BESANCON (PETITJEAN Alexandra, PLAT Olivier, DUBOIS Guillaume) s’est détachée largement et est quasiment assurée de la première place. Il y a eu ensuite une bagarre entre 3 à 4 équipes pour les deux autres marches du podium. L’équipe France B (COLLOT Cindy, HUET David, DELAY Charline), hors concours, a commencé la compétition avec des scores très intéressants sur les deux sauts réalisés. France B continuait à se détacher largement en tête, mais était hors concours. Dual Besançon a occupé assez nettement la première place du podium.
En Voile Contact à 4, 5 équipes étaient engagées et 6 manches ont été disputées, avec demi-finale et finale prévues le lendemain. Une vraie bagarre a eu lieu entre Espoir Besançon et PC Indre Besançon. Ce qui est intéressant dans cette discipline, c'est que les internationaux sont répartis dans les équipes de Clubs, rendant la compétition plus attrayante et permettant aux jeunes d’être coachés par les membres expérimentés des équipes de France. Quatre équipes étaient au coude à coude pour la première place, témoignant de la compétitivité de ce format.
Précision d’Atterrissage et Voltige : Maîtrise Individuelle et Collective
La Précision d’Atterrissage (PA) et la Voltige sont des disciplines où la technicité individuelle est primordiale. En Précision d’Atterrissage/Voltige, les membres de l’équipe de France sont intégrés dans leurs équipes de club respectif. La première place a été occupée par le jeune Thomas Jeannerot en Voltige, et Raymond Laffaille en Précision d’Atterrissage. Il faut noter la deuxième place en Précision d’Atterrissage et la troisième en Voltige de l’entraîneur PA/V, Jean-Noël Hardouin, ce qui l'a placé largement en tête du combiné devant les performers de l’équipe de France.
En équipe, deux petites surprises ont été relevées : Parachute Club Vannes-Ploermel a devancé l’équipe de France militaire et l’ETAP Ligue Aquitaine. Néanmoins, tout pouvait encore être bouleversé le jour suivant. Chez les filles, dans la continuité, avec Deborah Plat-Ferrand en chef de file, qui défendra son titre, l'équipe est solide, bâtie depuis deux ans pour jouer les podiums. Chez les garçons, avec les départs des deux locomotives Philippe Valois et Ronan Hénaff, l’équipe est en reconstruction. Malgré tout, le podium restait un objectif.
Les championnats d’Europe 2013 de PA/Voltige devaient avoir lieu en Russie, à Tcheboksary, du 22 au 26 août. Tous les membres des équipes de France étaient présents sur ces 56es championnats de France, intégrés dans leurs équipes de clubs. Les garçons sortaient d’une quinzaine de stages intenses. Ces championnats ont servi de réglage de détail et, pour la voltige, d’évaluation en situation de compétition. L’objectif pour l’équipe était clairement d’être sur les deux podiums PA et meilleure nation pour le combiné. Si ces deux podiums étaient réalisés, les podiums en individuels seraient aussi présents, mais il faudrait faire une grosse performance. En voltige, pour le titre, il faudrait être autour de 6 en note finale, donc moins de 6 avant le décompte des fautes pour le podium, entre 6 et 6,2. Il faudrait bien entrer dans la compétition et rester très concentré sur tous les sauts. L’équipe féminine est arrivée à maturité à l’issue de deux ans de travail avec le même groupe, à l’exception de Stéphanie Texier revenue à la PA/V après avoir été championne du monde VR4 féminin à Dubaï. La capitaine, Déborah Ferrand, allait défendre son titre, et il n’y avait pas de raison qu’elle ne se succède pas à elle-même. Le podium était espéré par équipe en PA et Combiné, mais cela allait se jouer à rien, le mental étant prédominant. Le jeune Mathieu Guinde était en tête de la Précision d'Atterrissage devant les titulaires de l’équipe de France.
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