Antoine Koch, né le 14 mars 1978 à Paris, est un navigateur français spécialiste de la course au large en monocoques et multicoques. Il n’est pas du genre à élever la voix ou à attirer les projecteurs. Et pourtant, voilà déjà un quart de siècle qu’Antoine Koch promène sa silhouette longiline et sa discrétion dans le monde de la voile de compétition. Son destin est scellé dès son plus jeune âge : il a beau être parisien, la maison de vacances familiale est mitoyenne de celle des Caudrelier à Fouesnant, il fréquente la fameuse école de voile du Cap-Coz dont sont issus - entre autres - Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias. Bref, la baie de la Forêt est son jardin, et le bateau des parents l’emmène très vite vers des rêves de Vendée Globe. Tout simplement quand il était jeune, pendant les vacances, il a commencé petit par des stages d'optimist, et des stages plus poussés, puis des croisières en famille. Et puis adolescent, il a commencé des régates. La passion a fait son chemin, petit à petit.
Ingénieur naval et navigateur, Antoine Koch dispose d’une solide expérience de la course au large et de la construction de voiliers « hautes technologies ». Après une formation d’ingénieur en génie mécanique à Compiègne, Antoine Koch termine par un cycle de formation à l’architecture navale à Southampton et se lance en course au large. À 20 ans, étudiant à l’Université de technologie de Compiègne - “parce qu’ils avaient un programme pour les athlètes de haut niveau” - il se lance dans son premier projet, la Transat AG2R. Sa première régate, il l'a faite à 20 ans, c'était la Transat AG2R, entre Lorient et Saint-Barth dans les Antilles françaises. L’année suivante, toujours étudiant, c’est sa première Solitaire du Figaro, où, benjamin de la course et bizuth, il se fait remarquer par une étonnante 8e place dans la première étape. À 20 ans, il participe à sa première Solitaire du Figaro et termine 3ème bizuth. Cette performance initiale se confirme par ses trois participations suivantes, toutes terminées dans les 10 premiers, avec une victoire d’étape.
Les premières grandes épreuves et l'affirmation sur la Route du Rhum
Koch débute sa carrière internationale lors de la Route du Rhum 2002, où il termine cinquième en monocoque 60 pieds. Avec le Vendée Globe dans le viseur, il rachète en 2002 Fila, l’Imoca de Giovanni Soldini. Il acquiert un IMOCA à à peine 24 ans avec comme objectif la Route du Rhum 2002. Il prend alors la mer sur son L’Héautontimoroumenos dans des conditions météorologiques difficiles. Il termine alors à la 5ème place après une très belle course. Il se classe 5e de la Route du Rhum 2002 puis 8e de la Transat Jacques Vabre 2003, avant de devoir renoncer au tour du monde, faute de sponsor. Il a également une quatrième place sur la Transat AG2R 2005 à son actif.
Il rebondit quelques mois plus tard en prenant la barre du trimaran Orma Sopra. Il vit les dernières années du circuit et découvre le solo sur ces machines particulières. En tant que plus jeune skipper de trimaran, il se focalise avant tout sur la Route du Rhum 2006 et sa participation s’inscrit parfaitement dans son programme méthodique de préparation à cette transat en solitaire. Alors âgé de 27 ans, il est l'un des marins les plus prometteurs de sa génération. Il prend la barre du trimaran Sopra Group en vue de la Route du Rhum 2006, course qu'il terminera en 9ème position. Il compte également une cinquième place sur la Route du Rhum 2006 en multicoque ORMA et une 5e place sur la Transat Jacques Vabre.
Oscillant entre navigation en Figaro ou en multicoques et son métier d'ingénieur, il a régulièrement participé à la Transat Jacques-Vabre et à la Transat AG2R, avec plusieurs top 10 à son actif. Antoine Koch totalise plus de dix participations à des transatlantiques majeures. Pour la deuxième année consécutive, Antoine Koch alignera son Figaro Beneteau sur la prestigieuse Solitaire du Figaro 2009. À bord du trimaran Sopra, un 60 pieds, il a emmené naviguer clients et collaborateurs du groupe jusque Calais. Une petite escapade pour celui qui, dans quelques semaines, prendra le départ de la mythique course Solitaire du Figaro. Interrogé sur sa navigation en Mer du Nord, il précise avoir fait six ou sept Tours de France à la voile entre 1993 et 2005, dont le départ était donné de Dunkerque. Ma dernière participation du Tour de France à la voile date de 2005.
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Sensations en mer et défis techniques entre monocoques et multicoques
Le navigateur partage des réflexions profondes sur la différence entre les supports. C'est toujours un plaisir de naviguer sur un trimaran en terme de sensation, on a une sensation de plénitude à la barre. En monocoque, l'intérêt est différent, c'est plus de la tactique. C'est plus sportif en trimaran, on va à fond tout le temps, c'est assez impressionnant, c'est un véritable plaisir de naviguer. Pourtant, à Dunkerque et sur la Côte d'Opale, ce n'est pas facile, il y a beaucoup de bancs de sable. Les rochers sont toujours aux mêmes endroits, mais ici, les bancs de sable bougent et ils sont souvent rapprochés, les couloirs sont restreints, c'est pas facile de naviguer, on est encadré par des bancs de sable, on a l'impression d'être sur un tapis roulant. Sans compter le trafic des cargos et des ferries, la navigation n'est pas facile dans le détroit du Pas-de-Calais.
Ces sorties en multicoque ont été le moyen pour lui de retrouver le trimaran dont il était le skipper. Nous sommes deux à se partager la barre du trimaran avec Joseph Brault. Avec ce trimaran, j'ai fait la Route du Rhum en 2006 et la Transat Jacques Vabre en 2007. Depuis 2008, il n'y a plus de course pour cette catégorie de bateau entre deux Routes du Rhum, le circuit est moins actif. Mais en naviguant sur ce bateau, on partage des sensations assez hors du commun. En 2009, la Solitaire du Figaro était son objectif principal. Les entraînements avaient commencé dès début mars à Port-la-Fôret où est basé le centre d'entraînement pour course au large.
Après un retour au Figaro avec une nouvelle victoire d’étape en 2009, un détour par le Multi50 et le Classe C, le voilà sur le Mod70 Gitana en 2012. Le navigant se mue en coordinateur technique, au sein de l’écurie du baron où il participe à l’épopée de la création du Maxi Edmond de Rotschild. Il épaule aussi Jean-Yves Bernot, routeur-navigateur, lors de la victoire de Michel Desjoyeaux pour The Transat 2004. En 2017, il passe à l’Imoca et entame une fructueuse collaboration avec Thomas Ruyant, avec qui il participe à la conception et au développement de LinkedOut, en particulier sur les voiles et les appendices, prenant la 4e place de la Transat Jacques Vabre en 2019 au passage.
L'architecte des nouveaux IMOCA et la collaboration avec Finot-Conq
Le skipper de LinkedOut n’a pas encore fini son Vendée Globe qu’Antoine Koch commence à réfléchir au bateau suivant. Il s’associe avec Finot-Conq pour proposer un nouveau plan pour le prochain Vendée Globe, retenu par TR Racing mais aussi l’équipe Paprec Arkéa de Yoann Richomme. Thomas Ruyant annonce qu’il fait construire un nouveau voilier IMOCA pour tenter de gagner le Vendée Globe. Ce plan Koch-Finot Conq est au cœur des ambitions de victoires. Yoann Richomme sera au départ du prochain Vendée Globe sous les couleurs de Paprec Arkéa. Il disposera d’un Imoca tout neuf dessiné par Antoine Koch et le cabinet Finot-Conq. Son futur voilier IMOCA sera construit chez Multiplast, à Vannes.
Le nouvel Imoca For People de Thomas Ruyant se distingue par une approche épurée et une ergonomie travaillée. C’est une visite exclusive du futur bateau de Yoann Richomme qui permet de comprendre ces choix. For People a remporté la Guyader Bermudes 1000 Race, avec à peine 6 sorties au compteur. David de Prémorel, architecte, souligne que les IMOCA sont durs et qu'ils travaillent à économiser les marins. Faut-il imaginer des voiliers du Vendée Globe moins extrêmes, moins durs pour les marins ? Antoine Koch confirme : « Les IMOCA sont épuisants physiquement ». Thomas Ruyant et Antoine Koch terminent quatrièmes de la Transat Jacques Vabre malgré une escale technique à Cherbourg au tout début de la course pour résoudre un problème de vérin de pilote.
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Antoine Koch a fait carton plein sur la Transat Jacques Vabre en Imoca. Comme coureur, il a terminé à la 3e place avec Sam Goodchild sur For The Planet, l’ex-LinkedOut. Mais Antoine est aussi le co-designer des deux seuls bateaux qui les précèdent - For People et Paprec Arkéa. Les plans Koch-Finot Conq, menés respectivement par Thomas Ruyant/Morgan Lagravière et Yoann Richomme/Yann Eliès, devancent donc le tandem Goodchild/Koch dans les alizés. C’est un véritable "Antoine Koch Show". "Je suis évidemment heureux de voir les deux bateaux en tête de flotte", confie-t-il. "C'est formidable de voir qu'ils sont performants dans ces conditions de course. Très souvent, pendant les entraînements d’été en Bretagne, vous avez un plan d'eau plat avec un vent moyen et vous ne naviguez qu'au près ou au portant. Vous n'avez donc pas une vision réelle."
Performances et comportement des carènes dans les alizés
Les premiers Imoca de la Transat Jacques Vabre ont montré que les routes Nord et Sud finissent par converger. Il est positif de voir qu'ils se comportent bien en conditions de course, que ce soit dans des vents forts comme au départ et au portant dans les alizés. Cela est prometteur pour l'avenir de ces bateaux. D'autant plus qu'ils sont surtout conçus pour des vents portants plus forts et qu'ils n'ont eu que des alizés modérés. Ils semblent déjà être assez rapides, avec la capacité de naviguer peut-être un peu plus bas que les autres. Boris Herrmann sur Malizia Seaexplorer se dit impressionné par les deux nouveaux sisterships qui mènent la charge. "Un grand compliment aux designers, aux équipes et aux marins. Ils ont une longueur d'avance sur tout le monde, ce qui est évident."
L'élément intéressant de la bataille en tête de flotte est la manière dont Thomas Ruyant et Morgan Lagravière ont réussi à garder l'avantage sur Yoann Richomme et Yann Eliès. Thomas Ruyant fait tout pour aller chercher un remarquable triplé de victoires, après celle de la Transat Jacques Vabre 2021, puis de la Route du Rhum 2022 - et sur deux IMOCA différents. Yoann Richomme admet : "Nous manquons un peu de vitesse par rapport à Thomas. Nous apprenons à connaître le bateau, mais il nous manque certainement des connaissances pour qu'il aille aussi vite que celui de Thomas." Pour sa première course Imoca en solo, le Retour à la Base, Yoann Richomme impressionne également. Leader de la flotte, il a choisi une trajectoire très Nord. « C’est un peu de la survie… » confie-t-il.
Sam Goodchild se régale sur cette course durant laquelle Antoine et lui ont surmonté des problèmes de grand-voile puis d'instruments de mesure du vent, avant de réussir à se hisser dans le trio de tête. Il n'a pas de plan secret pour dépasser les deux Koch-Finot Conq devant. Il s'agit simplement de naviguer "proprement". La flotte est évidemment très serrée et il n'y a donc pas de place pour la moindre erreur. Justine Mettraux et Julien Villion, en approche par le nord à bord de Teamwork, ont représenté une menace sérieuse. Justine a été la première à faire le pas vers l'ouest, prouvant son sens marin et sa ténacité.
Expertise et transmission au sein du TR Racing
Sam Goodchild pourra encore plus rapidement connaître son For The Planet puisque qu'il aura à ses côtés Antoine Koch. Architecte, navigateur de haut niveau, il connaît parfaitement le monocoque pour l'avoir fait évoluer et pour avoir souvent navigué dessus. Les entraînements pour les deux IMOCA60 du TR Racing se poursuivent au large de Lorient. Sam Goodchild, skipper de For the Planet, déclare : "J’ai entendu parler d’Antoine en 2010 par Johny Malbon qui m’en disait le plus grand bien. Il a une expérience de fou, et c’est un gars très sympa, doté de beaucoup d’humour. Il est le co-skipper parfait pour moi car il connaît FOR THE PLANET par cœur. J’attends de lui énormément de choses ; qu’il me raconte, qu’il m’apprenne le bateau et ses secrets."
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La clé d’un bon binôme en mer, c’est la communication. Il faut savoir échanger sur tout et en permanence, savoir s’adapter et se motiver réciproquement. Antoine Koch n'est pas inquiet quant à la capacité de Sam de s’apprivoiser le bateau. "Il débarque de The Ocean Race, qu’il a disputé sur un foiler similaire à FOR THE PLANET. Certes le bateau est compliqué, mais je serai là précisément pour l’emmener vers l’essentiel. Je vais lui transmettre les principes fondamentaux du bateau. Son talent et sa capacité d’adaptation feront le reste." Leur planning est bien ventilé, bien étagé pour une prise en main graduelle et en douceur. Ils partent sur les courses sans pression, car les objectifs sont principalement en solitaire, avec le Vendée Globe pour but ultime.
Antoine Koch affirme : « Les nouveaux Imoca en ont encore beaucoup sous le pied ! ». Il aime ce bateau exigeant, très engagé au portant et dans la brise. Il se réjouit d’apporter sa pierre à l’ambitieux projet visionnaire de FOR PEOPLE AND PLANET. Le patron du team de Thomas Ruyant commente également les spectaculaires premiers vols d’Advens, soulignant les navigations où l'Imoca se transforme parfois en sous-marin dans la mer formée. On ne pourra pas mener les Imoca en solo comme en double, c'est une certitude. La gestion physique et technique reste le défi majeur de ces nouvelles machines de pointe. Avec 14 bateaux et de nombreux skippers du Vendée Globe attendus lors d'événements comme le Défi Azimut-Lorient Agglomération, le spectacle des bateaux entre eux promet d'être constant.