Voyager en voilier sans expérience : Rêves et réalités de l'aventure maritime

Le désir de partir voyager en voilier, même avec peu ou aucune expérience préalable, est une aspiration partagée par de nombreux voyageurs et baroudeurs. Loin d'être un privilège réservé aux marins aguerris, l'univers de la voile s'ouvre à ceux qui manifestent un réel enthousiasme et une volonté d'apprendre. Il n'y a pas besoin d'un gros budget non plus pour être complètement indépendant et pouvoir voyager longtemps sans dépendre de quiconque, bien que ce mode de vie exige une préparation rigoureuse et une compréhension lucide des défis qu'il présente. L'idée d'un long voyage n'est pas nouvelle, mais souvent les projets sont repoussés. Pourtant, il suffit parfois d'une décision rapide, prise en quelques heures, pour amorcer un tournant majeur.

Apprendre à naviguer sans expérience : Premiers pas et formation

Pour ceux qui n'ont aucune expérience de la voile et de la mer, la question essentielle est : comment faire pour apprendre à naviguer ? Il est relativement facile de trouver des bateaux qui cherchent des équipiers, soit pour leur tenir compagnie, soit pour les aider. Le meilleur est de passer quelques week-ends comme équipier avec quelqu'un, puis une semaine, ou davantage. Beaucoup pensent qu'il est plus important d'avoir à bord quelqu'un d'enthousiaste qui veut apprendre que quelqu'un qui sait déjà naviguer mais qui essaiera d'imposer ses méthodes au skipper. En mer, on apprend tout le temps, car l'océan impose sa loi et la météo est changeante ; c'est un apprentissage éternel.

Pour apprendre à naviguer, il existe des clubs de voile partout en France. En outre, il y a des formations privées qui proposent des cours techniques sur les bateaux. Après 4 ans de vie sur le bateau et de nombreuses traversées, l'expérience se fait bien sentir. Gagner en expérience permet de voyager l'esprit plus tranquille. On doit compter combien de temps pour penser être autonome sur un voilier ? Il ne suffit pas de savoir manier le bateau, ce qui est relativement aisé, mais aussi et surtout la navigation, savoir où on est, où on va. Il n'y a pas de permis pour les voiliers ; cela s'apprend en théorie et sur le tas. Des personnes sont parties pour une traversée sans autre expérience qu'un ou deux week-ends en mer. Cependant, il est certain qu'il y a moins de danger en pleine mer que sur les côtes. La navigation côtière est plus hasardeuse et doit être plus précise.

Certains skippers proposent des traversées payantes, ou acceptent des personnes à bord de leur embarcation en échange de leur aide sur le voilier, assurant les quarts et les tâches quotidiennes. Trouver un capitaine n'est pas toujours facile, cela nécessite du temps et de la persévérance, et il faut adapter son agenda au jour de départ du voilier. Des skippers acceptent des personnes sans expérience de navigation ; le trajet n'est pas payant, mais ils demandent souvent une contribution financière à la caisse de bord pour la nourriture. Les sites de bourse aux équipiers, comme www.findacrew.org ou www.bourse-aux-equipiers.com, ainsi que les marinas, sont des lieux propices pour trouver un embarquement.

Sylvain, un blogueur-voyageur, a quitté la France en voilier jusqu'en Sardaigne, puis Barcelone, Gruissan, l'Algérie et le Maroc jusqu'à Agadir en six semaines, et il n'avait pas du tout d'expérience avec les bateaux. Il s'est créé gratuitement un profil sur des sites dédiés et a expliqué qu'il avait du temps à sa disposition et qu'il aimerait apprendre les bases de la navigation. Il est crucial d'éviter les arnaques : il ne faut jamais envoyer d'acompte si demandé. Au maximum, sur le bateau, les gens peuvent demander une participation financière de 10 à 30 euros par jour ou simplement de partager les coûts pour la nourriture, ou encore mieux, cela peut être gratuit.

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Choisir son voilier : Taille, type et budget

Le choix du voilier est une étape cruciale. Il n'est pas nécessaire d'avoir un grand bateau pour effectuer des navigations lointaines. Un voilier habitable et capable de faire de la haute mer peut se situer entre 8,50 et 10 mètres pour des prix raisonnables. Si l'on est prêt à bricoler un peu pour le préparer à la haute mer, on peut compter entre 10 000 et 15 000 euros. Pour un couple, un voilier est largement habitable à partir de 10 mètres. Il est facile à manier pour une personne, et les coûts de port et de chantier sont réduits car ils sont souvent liés à la taille du bateau. En général, tout augmente dès que l'on ajoute un mètre au bateau.

Concernant le type de bateau, l'opinion est partagée sur les catamarans. Certains ne sont pas en leur faveur, bien qu'on les dise confortables et spacieux. Il est vrai qu'à l'ancre ou dans une marina, ils peuvent l'être, mais en mer, l'expérience peut différer. Sur un 56 pieds, le luxe du luxe, les mouvements sont parfois imprévisibles, saccadés, et le bruit de l'eau entre les coques peut être gênant, voire spectaculaire. Les catamarans sont rapides au portant, mais moins performants au près. De plus, leur coût est supérieur à l'achat et à l'entretien. Le choix se portera donc sur un compromis entre le confort, les équipements et les coûts associés.

En cherchant dans les 9 et 10 mètres, on a de bonnes chances de trouver un bon petit bateau même de 20 ou 30 ans d'âge. Ces bateaux sont souvent meilleurs s'ils sont en plastique, car les constructions antérieures aux années 80 étaient faites dans un meilleur produit plastique, donc moins de risque d'osmose. Les bateaux étaient aussi beaucoup plus costauds. Un bateau d'exception comme le Kelt 8,5 m, fabriqué au début des années 80, est réputé très franc et résistant. Si c'est un premier bateau, il peut être judicieux de commencer par plus petit, afin de voir si l'expérience plaît et si l'on souhaite faire de plus longues croisières, pour s'orienter par la suite sur un habitable. Le moteur auxiliaire n'a pas besoin d'être hyper puissant, ce qui réduit la consommation de diesel. Un moteur est un facteur de sécurité pour les entrées et sorties de ports, surtout pour des tailles au-dessus de 9 mètres, il est préférable d'avoir un moteur diesel fixe plutôt qu'un hors-bord.

Si le budget est très serré, une alternative est d'acheter à plusieurs, comme un voilier en copropriété pour naviguer en Méditerranée, par exemple. Cependant, un projet d'achat de bateau avec un budget de 5000 euros pour un 7m maximum, visant les îles grecques, est tout à fait réalisable pour apprendre. Apprendre sur un petit bateau est le meilleur moyen. Si l'on casse un peu de matériel, cela ne coûte pas cher en remplacement. Un petit bateau permet aussi de passer un peu partout, et si l'on veut rester dans une marina, cela revient moins cher.

La vie à bord : Entre rêve et réalité

La vie en bateau est un style de vie bien particulier qui n'est pas le plus facile. Il faut savoir tout faire sur un bateau, être autonome. En mer, il faut ne pas avoir peur de vivre inconfortablement, voire très inconfortablement, dans un espace restreint. Il ne faut pas voir que le côté romantique du voyage en mer. Voyager en voilier est lent, inconfortable et cher. Nombre de fois des navigateurs se sont dit, pendant des coups durs : "mais qu'est-ce que je fiche ici" et ont rêvé de terre ferme, fatigués d'avoir froid, d'être trempés jusqu'aux os, d'être brassés d'un bord sur l'autre, d'avoir à jongler pour cuire un œuf tout en luttant contre la nausée. Mais dès que le coup de chien passait, ils oubliaient tout et n'auraient donné leur place à personne.

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Le manque d'expérience n'est pas incompatible avec la capacité à déterminer son programme et la façon dont on veut naviguer. L'équipage adulte qui a le moins d'expérience devrait prendre la décision du top départ. Le degré de confort, de confiance et les ressentis sont forcément différents selon les membres de l'équipage. Le départ doit être concerté. Il est conseillé que l'adulte qui se sent le moins à l'aise soit favorable au départ, cela ménagera les susceptibilités et sera un gage d'harmonie à bord. Une bonne chose à faire est de laisser la personne la moins à l'aise étudier les fichiers météo et donner son point de vue sur les conditions de navigation.

La vie en bateau est une vie de survivaliste et de débrouillardise. Un bateau a un espace limité et il faut se défaire de toute chose superflue à bord pour accueillir du matériel de réparation, des pièces détachées, des produits d'entretien, un dessalinisateur, un générateur. On peut être étonné du désordre que l'on peut stocker sur un bateau pour "au cas où". La vie sur un bateau est une sorte de libération et de liberté, car elle impose une vie minimaliste. Les préoccupations deviennent très basiques : où se mettre à l'abri de la mauvaise météo, avoir du soleil pour produire l'électricité et pour cuisiner au four solaire, trouver du gaz, pêcher du poisson, et rester en bonne santé. Cela oblige à revoir complètement la hiérarchie des besoins.

Sur les voiliers, ça secoue en permanence. Cuisiner quand ça secoue dans tous les sens est difficile, et le mal de mer peut survenir. L'espace est confiné, l'équivalent d'une petite pièce. Pour ceux qui ont l'habitude de bouger et de faire du sport, cela peut être un ajustement. La déconnexion est également une réalité : avoir internet en voilier reste souvent compliqué, les mouillages sont loin des antennes, le wifi gratuit est inexistant. Cependant, cette déconnexion peut devenir une libération de l'emprise d'internet. Le bateau offre une occasion d'apprécier le présent et de faire de n'importe quel endroit le paradis, en lui trouvant des atouts.

Il y a aussi le côté purement voyage, savoir "naviguer" entre les écueils des autorités locales, des douanes, de la police maritime. Le plus grand risque de déception en bateau à voile est l'incompatibilité entre les membres d'équipage. Le couple doit être en parfaite harmonie et d'accord sur ce choix de vie, sinon, c'est l'échec. L'idée que la mer est le dernier espace de liberté qui existe, avec peu de règles, un espace vaste et sauvage, est séduisante. Mais cela implique beaucoup de concessions et il faut faire avec les éléments : le vent, les marées, les vagues, la houle.

Préparer son voyage : De la petite virée à la traversée

Quand on décide de partir en voyage en voilier au long cours, on a tendance à vouloir conserver un minimum de confort, comme à terre. Or, ce sont des environnements totalement différents. Il est utopique de penser que toutes les commodités d'une maison vont se retrouver sur un voilier. Un bateau doit rester le plus possible minimaliste, car plus il est complexe et équipé, plus les risques de pannes augmentent.

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Même si des cours de voile ont été pris, se lancer seul sur un long voyage est comparable à conduire sur un périphérique parisien le lendemain de l'obtention du permis : on n'est pas le plus malin, seul aux commandes, et les réflexes ne sont pas encore aguerris. Pour éviter des situations de stress intense, il est préférable de débuter par de courtes navigations de deux ou trois heures, puis de les allonger progressivement. Il faut bâtir sa confiance dans le bateau, en soi-même mais aussi dans l'équipage. Tout le monde à bord doit pouvoir apprendre à maîtriser le bateau, à en comprendre ses réactions.

La météo dicte le rythme en voilier, et c'est encore plus vrai lorsque l'on débute. Se confronter à des vents de plus de 25 nœuds est sportif pour des équipages non aguerris. En Méditerranée, la mer est plus traître que l'Atlantique, avec des vagues courtes et violentes. Avant de prendre la mer, il est crucial d'étudier les fichiers météo en se basant sur les prévisions les plus pessimistes, prenant les prévisions en mode "rafales" et ajoutant encore entre 5 et 10 nœuds pour une marge de sécurité. Il faut se renseigner sur les particularités de la zone de navigation, car les configurations des plans d'eau peuvent générer des vents différents.

Les navigations de nuit sont un autre défi. La nuit, toutes les sensations et perceptions sont différentes. À vitesse égale, on a l'impression d'aller plus vite, les distances ne sont pas appréciées de la même façon, et la luminosité est quasi absente. Les bruits à l'intérieur du bateau sont perçus différemment, tout semble plus impressionnant. Sans compter les dangers non visibles en surface et les autres bateaux à interpréter. Il est conseillé d'y aller progressivement, en commençant par de petites parties de nuit et en allongeant les durées au fur et à mesure, pour gagner en confiance et apprécier le spectacle nocturne (Voie lactée, plancton fluorescent, dauphins).

Il est fortement recommandé d'embarquer un skipper, un moniteur de voile ou un ami expérimenté pour accompagner les premiers milles. Savoir qu'il y a des personnes qui auront les bons réflexes en cas de problème ou qui pourront tenir des quarts sans inquiétude, ça vaut de l'or. Le capitaine reste le chef d'orchestre à bord, responsable de la réussite ou de l'échec d'une manœuvre. Une bonne communication est cruciale. Il est important de se mettre d'accord avant la manœuvre sur des signes, de prendre son temps, d'expliquer ce qu'il y a à faire, de décomposer les manœuvres et de rester calme. L'énervement est la meilleure recette pour se rater. L'erreur est humaine et c'est ainsi que l'on apprend ; la plaisance doit rester un plaisir.

Enfin, il est essentiel de s'entraîner à barrer, à sentir son bateau et à en connaître ses réactions. Si un pilote automatique barre plus précisément qu'un humain, en cas de panne, il faudra barrer 24h/24, à moins de disposer d'un régulateur d'allure. La peur peut survenir par manque de connaissance des réactions du voilier. Plus on se familiarisera avec le comportement du bateau sous voiles, plus on sera rassuré sur son côté marin. Tous les membres de l'équipage, y compris les enfants, devraient se familiariser avec la conduite du bateau.

Maîtriser les imprévus : Sécurité et communication

En mer, on n'est jamais très loin d'une difficulté, d'une météo changeante, d'un problème technique ou d'un gros coup de fatigue. Lorsque l'on est trop loin des côtes et qu'il faut "faire le dos rond", l'une des meilleures options est de mettre son bateau à la cape. En théorie comme en pratique, c'est assez simple : il suffit de faire virer le bateau sans rien toucher aux voiles et aux réglages. La grand-voile change d'amure et la voile d'avant se gonfle à contre. Les forces qui s'exercent sur les voiles s'opposent, et le bateau s'arrête face aux vagues. Il ne reste plus qu'à bloquer la barre en l'orientant "au vent". Même dans une grosse mer avec beaucoup de vent, on retrouve tout de suite un peu de confort et de tranquillité. On peut se mettre à l'intérieur, se reposer, manger. La mise à la cape est aussi une manœuvre d'urgence en cas d'homme à la mer, à condition de ne pas naviguer sous spi ou trop au portant. Il est important de pratiquer cette manœuvre dès les premières sorties.

Avec le recul, après quatre ans de voyage en voilier, de nombreuses traversées et de nouvelles zones de navigation, on apprend à reconnaître plus vite les situations à risque et à les éviter au maximum. On devient conscient que tout peut tomber en panne sur un bateau à n'importe quel moment et qu'il faut être vigilant en permanence. Il est essentiel d'entretenir le bateau et l'équipement continuellement pour prévenir les pannes. Savoir réparer donne une énorme autonomie, évitant de subir les pannes et l'incompétence de réparateurs coûteux. L'expérience permet de démonter et de réparer l'électronique, l'électricité, la plomberie et la mécanique, qui au début semblaient un puzzle compliqué.

Concernant la navigation en canaux, il n'y a pas de problèmes avec un voilier, mais il faut ôter le mât et vérifier le tirant d'eau. Il est toujours recommandé d'être raisonnable dans la taille des bateaux ; 15-20 mètres est trop grand surtout pour un début. Pour les îles grecques, avec un voilier de 7m maximum et un budget de 5000 euros, c'est possible, mais il faut tenir compte de la météo : le Meltem peut être fort, et un 7m risque d'être juste. La localisation du bateau pour l'achat est importante : s'il n'est pas sur place, il faudra le convoyer.

Voyager en voilier en famille : Défis et récompenses

L'aventure de Christophe, Audrey et leurs quatre enfants est un exemple inspirant de voyage en voilier sans expérience préalable. Après avoir vécu près de 15 ans à l'étranger, dont 9 ans en Afrique, ils ont pris la décision de faire une pause de 2 ou 3 ans, initialement, qui s'est transformée en une vie nomade. Sans expérience de bateau, ils ont signé un bon de commande pour un voilier et ont pris le temps de se former, suivant des cours techniques. Ils ont dû attendre longtemps avant d'avoir internet à bord pour qu'Audrey puisse lancer son activité entrepreneuriale.

Le projet initial de Christophe et Audrey était de partir en voyage pendant quelques temps. Les enfants, alors âgés de 3 à 9 ans, étaient plutôt contents de l'idée, à l'exception de l'aînée qui avait noué de belles amitiés. L'école à la maison a été mise en place pendant l'année de préparation pour créer une routine avant le départ. Il a fallu un an pour que cela devienne un automatisme. Les enfants n'étaient pas affiliés à un organisme scolaire pour garder la liberté du voyage, car l'école ne devait pas devenir une contrainte trop forte. Cependant, l'aînée a demandé à être inscrite à l'École Internationale Bilingue à distance pour passer le brevet et avoir des notes. Aujourd'hui, être nomades ou sédentaires n'est pas un sujet pour les enfants.

Christophe compare le voyage en camping-car et en bateau, jugeant le bateau nettement plus confortable. En camping-car, les contraintes liées à la vie sur Terre sont plus fortes, notamment pour s'arrêter dormir, avec des nuisances proches des villes. En bateau, quand on arrive quelque part, il suffit de hisser le pavillon jaune pour signifier son arrivée sans avoir fait les papiers d'entrée ; personne ne viendra chasser, et il est facile d'être seul d'île en île. Cependant, en camping-car, les contraintes sont moins fortes en termes de sécurité, l'aide étant plus facilement accessible.

L'objectif de Christophe et Audrey est de passer trois ans en Méditerranée avec leurs enfants. Le voyage en voilier est une grande aventure, surtout quand on se lance avec peu d'expérience. Après des années de voyage, on commence à apprivoiser la vie de marins, le bateau et la mer. Il faut apprendre tellement de choses dans tellement de domaines et tout cela prend du temps. Ne rien planifier est une grande leçon apprise avec le voilier, car la météo et les réparations rendent difficile de se tenir à un quelconque planning. La réussite d'un voyage au long cours se joue plus dans l'esprit d'un marathon que d'un sprint. Il est préférable d'aller lentement dans ses déplacements plutôt que de s'imposer d'être rapidement à tel ou tel endroit. C'est souvent en courant après le temps que l'on enchaîne les navigations, profitant moins des escales, se fatiguant plus, et l'inconfort peut vite se faire sentir.

Expériences et témoignages : L'apprentissage par la pratique

Des familles nomades témoignent du bien-être, de la libération et de l'excitation ressentis après la décision de se lancer dans une nouvelle aventure. Cela demande du courage, de l'abnégation et un peu d'insouciance pour quitter le confort quotidien. Cependant, cette décision est souvent libératrice et procure l'énergie nécessaire pour franchir les premiers obstacles.

L'histoire de Nadine et Franz illustre une autre façon d'entamer l'aventure maritime. Originaires de l'Allemagne rurale, sans aucune expérience de la voile, ils ont découvert le concept de vie à bord lors d'un séjour à Bora Bora. Intrigués, ils ont recherché des informations en ligne et ont opté pour un programme de partenariat avec Dream Yacht, signant un contrat pour un catamaran Lagoon aux Seychelles. Pour leurs premiers charters, ils ont fait équipe avec des amis et des inconnus expérimentés. Chaque semaine propriétaire leur a permis d'apprendre les bases intensivement. Au fil des ans, ils ont navigué dans diverses régions, des Whitsundays à la Méditerranée, en passant par les Bahamas. Leur parcours montre comment la formation pratique et l'immersion progressive peuvent transformer des novices en navigateurs aguerris. La possibilité de réaliser des rêves en famille et avec des amis est un aspect précieux de la possession d'un bateau dans une flotte de charter.

L'exemple de Laurent, qui a affronté le Golfe de Gascogne avec peu d'expérience en voile (à part le parapente), souligne l'importance d'être bien accompagné. Avec un équipier expérimenté, même dans des conditions difficiles (rafales à 35 nœuds, 4 à 5 mètres de creux), ils ont pu franchir le pas et apprendre à gérer les quarts de nuit. L'expérience de la mer, comme celle des glénans à l'époque, formait les marins à "la mer" et pas seulement à la compétition.

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