Naviguer à la voile est un art ancien et élégant, une danse avec le vent qui a propulsé les navigateurs à travers les océans pendant des siècles. Cependant, le monde des voiles peut sembler complexe, avec une multitude de termes et de types différents. Cet article vise à démystifier le vocabulaire des voiles principales sur un voilier, en explorant leurs noms, leurs fonctions et leurs spécificités.
Introduction aux Voiles
Il peut être difficile de s'y retrouver parmi les nombreux noms de voiles présentes sur nos bateaux. Les skippers inscrits au Vendée Globe peuvent emporter jusqu’à 8 voiles sur leurs bateaux. La plupart des voiliers sont gréés en sloop, ce qui signifie qu’ils sont composés de deux voiles triangulaires, la grand-voile, à l'arrière du mât, et la voile d’avant.
La Grand-Voile : Voile Principale
C’est LA VOILE PRINCIPALE. Présente sur la quasi-totalité des voiliers de plaisance, la grande voile est facilement reconnaissable car elle est située à l’arrière du mât. Installée à l’arrière du mât sur la bôme, elle mesure environ 160 m2. C’est la voile principale d’un voilier à mât unique, elle mesure généralement 21 mètres carrés et a une forme triangulaire. La grand-voile est essentielle à la navigation et permet de diriger le bateau et de contrôler sa vitesse, en se gonflant ou en se réduisant. On peut régler sa superficie en baissant la voile selon la force du vent . En terme marin on parle de prendre des ris (les IMOCA ont 3 ris.). Les grand-voiles sont maintenues par des lattes rigides qui permettent d’ améliorer le profil de la voile et sa prise au vent. Son utilisation est simple, sur certains bateaux, elle se hisse même à l’aide d’un rail ce qui facilite encore plus son maniement.
La durée de vie de cette voile principale est d'environ 3 ans de navigation, mais cela dépend surtout de la puissance du vent auquel elle a fait face. Comparé aux voiles d’avant, cette voile est bien plus résistante et moins coûteuse. En effet, son prix moyen se situe autour des 1 000€, ce qui est bien inférieur au prix des autres voiles du bateau. Il existe 4 variétés différentes pour la composition des grands-voiles: les fibres, les tissés, les laminés et les membranes. Chacunes de ces variétés contiennent des fils, fibre de carbones, du polyester et fibres de nylon, où le pourcentage varie en fonction de la variété et du tissage.
Types de Grand-Voile :
- Grand-voile classique : Dite classique, la grand-voile semi-lattée est bien adaptée aux voiles d'une surface inférieure à 25/28m².
- Grand-voile full batten : La grand-voile full batten est très souvent équipée, de série, de 4 lattes forcées et de chariots sur le guindant facilitant l'envoi et l'affalage. Le principal avantage de ce produit est la longévité ! Une grand-voile lattée est par définition plus bloquée qu'une grand-voile classique.
- Suédoise : Pour les plus anciens, nous pouvons évoquer la suédoise.
Les Voiles d'Avant : Diversité et Adaptation
Le choix de la voile d’avant d’un bateau dépend de plusieurs facteurs: le type de voilier, le contexte d’utilisation de cette dernière (croisière, tour du monde, régate), le niveau de navigation de l’équipage et du skipper (facilité d’utilisation), les performances désirées (confort, rapidité), mais aussi du budget disponible. Les focs (voiles d’avant) se nomment J (J1 à J3) en courses. Il existe plus d’une dizaine de voiles d’avant, dans ce chapitre, nous nous concentrerons sur les 4 voiles les plus utilisées.
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Le Génois : La Puissance au Près
Le génois est la voile d’avant la plus grande, c‘est une voile trapézoïdale. Il est généralement utilisé pour naviguer à des allures de croisière en voilier en haute mer. Il est constitué de Dacron, un textile synthétique qui permet une grande rigidité et une robustesse de la toile. C’est une voile de près, ce qui signifie qu’on navigue avec lorsque le bateau est situé à moins de 40 degrés du vent. Le taux de recouvrement du génois est supérieur à 100%, cela signifie que sa hauteur atteint la tête du mât et que sa largeur occupe l’espace entre le mât et le nez du bateau. Les avantages du génois sont sa facilité à manoeuvrer et sa souplesse. Néanmoins, son coût est élevé lors de l’achat et de l’entretien.
Le J1 est le plus grand foc (140 m2) Cette voile va jusqu’au mat mais ne le dépasse pas C’est la voile que l’on met quand le vent vient de devant (allure de près pour les experts).
Le Foc : Polyvalence et Simplicité
Le foc est une voile plus légère et plus petite que le génois. Sa particularité est qu’il ne remonte pas jusqu’en haut du mât, ce qui le rend facilement reconnaissable. Il est aisément maniable grâce à sa forme creuse qui lui permet d’éviter les transitions violentes quand le voilier se situe de travers. L’avantage d’avoir une voile creuse et non raide est qu’elle se dégrade beaucoup moins rapidement, néanmoins, le bateau sera beaucoup plus lent durant la navigation. Le foc est donc une voile idéale pour naviguer à un rythme de croisière, proche des côtes. Son prix est logiquement moins élevé que celui des autres voiles grâce à sa superficie. De plus, sa durée de vie est d’environ 5 ans, cependant elle peut s'abîmer rapidement face à des rafales de vents. En courses les focs (voiles d’avant) se nomment J (J1 à J3).
Le J2 fait 100m2. C’est la voile qui reste toujours en place, elle est enroulée sur l’étai qui tient le mât.
Le Solent : Performance et Précision
Le solent est une voile d’avant de taille intermédiaire entre le génois et le foc, son recouvrement monte jusqu’à la tête du mât mais n’est pas aussi large que le génois. Ce dernier est une voile raide, ce qui signifie que la voile ne se gonfle pas lorsqu'elle prend le vent, et donc qu’elle est bien plus performante. Il est souvent utilisé en régate grâce à la vitesse qu’il permet d’atteindre. Le solent est cependant difficile à manier et à hisser de par de son poids important émanant de sa taille et de sa composition en polyester bien plus dense que les autres voiles. Par ailleurs, cette voile se détériore rapidement car le vent détend les tissus et qu’elle se plie lorsqu’elle est enroulée.
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Le Tourmentin : La Sécurité dans la Tempête
Plus petite que la trinquette, cette voile de 65 m2 est prévue pour le gros temps. Elle mesure environ 50 m2 et peut s’affaler. Malheureusement lorsqu’on le hisse, ce n’est pas bon signe. C’est en effet une voile de tempête que l’on dresse durant les vents puissants qui risquent de déchirer les autres voiles. C’est un tout petit foc obligatoire dans le règlement. Facile à transporter, on le retrouve souvent dans la cale des voiliers de navigateurs réguliers pour qui, sortir durant des vents de force 5 est une partie de plaisir. Il est d’ailleurs conseillé d’en avoir un dans tous les voiliers en cas de rafales imprévues.
Autres Voiles d'Avant :
- Code 0 : Le Code 0 est une voile de petit temps qui va au bout du bout dehors et en tête de mât.
- Trinquette : Voile qui reste toujours à poste sur les voiliers de courses.
Les Spinnakers et Gennakers : Voiles de Vent Arrière
Les voiliers peuvent aussi comporter un spinnaker ou “spi”. Cette sorte de voile ressemble à un parachute, on la hisse lorsque l’on souhaite que le voilier navigue à des allures importantes, en recevant le vent à l’arrière. Contrairement aux autres voiles, le spi n’est pas forcément fixé sur l’étai. Il existe 2 types de spi, le spi symétrique et le spi asymétrique. Le textile utilisé pour le spinnaker est l’un des facteurs essentiels qui lui permet sa légèreté. Le spi symétrique est généralement fait en nylon, alors que le spi asymétrique lui, est fait de polyester.
- Grand Gennaker : Cette voile de 200 m2 est utilisée quand il y a de la brise (25 à 35 nœuds de vent). Le Grand Gennaker mesure un peu moins de 300m2, c’est la plus grande des voiles pouvant être enroulée.
- Spi : Le spi reste la plus grande voile du bord (400 m2 ). Il est utilisé entre 7 et 15 noeuds de vent.
Spinnaker Symétrique
Un spinnaker symétrique est idéal pour naviguer aux allures grand-largue et par vent d’arrière. Il offre une grande vitesse, ce qui est idéal pour les voiliers mais aussi les catamarans, néanmoins il nécessite des compétences de manoeuvrabilité supérieure à celles du spi asymétrique. Le spinnaker symétrique peut être hissé avec son point de drisse en haut du mât et une poulie ou des bouts.
Spinnaker Asymétrique
Le spinnaker asymétrique est plus récent que le symétrique. Il fût conçu spécialement pour la course. Sa particularité est qu’il est beaucoup moins creux que le spi symétrique, ce qui lui permet d’être encore plus rapide. Par ailleurs, ce dernier ne navigue pas par vent d’arrière, mais uniquement par grand-largue ou vents de travers. Il n’est utile qu’entre le petit et grand largue (100-160° au vent). Il possède un tangon permettant de l’écarter ou le rapprocher du mat et ainsi rapprocher le spi du vent ou sous le vent.
Vocabulaire Essentiel des Voiles
Pour bien comprendre les voiles, il est important de connaître le vocabulaire de base :
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- Abord (voile amurée en): Se dit d’une voile dont le point d’amure est placé sur le bord au vent de la coque et non dans son axe.
- Amure : Côté du bateau ou le vent arrive. Le point d’amure d’une voile est le coin inférieur du guindant (côté le plus en avant de la voile). On dit que le bateau est bâbord amure lorsque ce point reçoit le vent depuis bâbord; tribord amure lorsqu’il le reçoit de tribord.
- Bâbord amure : Lorsque le vent arrive par bâbord dans le bateau.
- Bôme : Grand espar horizontal sur lequel est attachée la grand-voile en bas.
- Border une voile : Tirer sur l’écoute de la voile pour la tendre au mieux.
- Chute : Côté arrière d’une voile.
- Choquer une voile : Relâcher l’écoute de voile et la voile s’ouvrira.
- Ecoute : Cordage permettant de border ou choquer la voile sur lequel est relié l’écoute.
- Etai : Élément du gréement dormant.
- Faseyer : Une voile faseye lorsqu’elle n’est pas assez bordée.
- Guindant : Bord de la voile situé au vent.
- Hauban : Câble faisant partie du gréement dormant sur un voilier.
- Pataras : Cable reliant la tête de mât à l’arrière du navire.
- Tribord amure : Lorsque le vent arrive par tribord dans le bateau.
Autres Termes Utiles
- Agrès : Désigne le gréement, l’ensemble des poulies, manœuvres, voiles et vergues. Terme peu utilisé.
- Aiguille : Navette en bois sur laquelle on enroule le fil à voile.
- Aiguilletage : Action de relier à l’aide d’un petit cordage, l’aiguillette, deux objets terminés par un œil, un œillet, une bague.
- Ailes de pigeon : Voiles triangulaires transversales, établies au-dessus du cacatois, de part et d’autre du mât.
- Aman : Terme méditerranéen désignant l’itague de drisse sur une antenne latine.
- Amaper : Serrer fortement une voile contre sa vergue. Synonyme de ferler.
- Amurer : Amarrer une voile par son point d’amure.
- Angéline : Terme provençal. Voile de flèche des bateaux méditerranéens à antenne, telles les tartanes.
- Apiquer : Dresser plus ou moins verticalement le pic d’une voile à corne ou la vergue d’une voile au tiers.
- Aplester : Déployer et établir une voile. Terme ancien.
- Appléter : Tendre convenablement une voile, synonyme d’étarquer.
- Ariser : Diminuer la surface de la voile en prenant des ris.
- Artimon : Voile établie sur le mât d’artimon.
- Aurique : Désigne l’ensemble des voiles à quatre côtés, généralement en forme de trapèze, qui ont pour caractéristique, par rapport aux voiles carrées, de recevoir le vent toujours par le même bord d’artaque, le guindant ou chute avant. Leur point d’amure et leur point d’écoute ne sont pas interchangeables. Le groupe des voiles auriques comprend: les voiles au tiers, à livarde et à corne. Aujourd’hui, à tort, on qualifie parfois d’auriques, les seules voiles à corne.
- Bagues : Cercles métalliques fixés sur la ralingue de guindant d’une voile, coulissant sur la draille, lorsqu’on la hisse ou qu’on l’amène.
- Balancine : Manœuvre servant à soutenir un espar. Les vergues de voile carrée ont une balancine à chaque extrémité ; sur les gréements à corne et bermudien, la balancine part du capelage des haubans pour aller jusqu’à l’extrémité de la bôme. Elle permet de maintenir celle-ci horizontale pendant les prises de ris.
- Baraquette : Poulie à deux réas superposés dans le sens de la longueur, également nommée poulie vierge.
- Battant : Bordure d’une voile aurique ou d’un foc; à l’origine ce mot s’applique à un pavillon pour indiquer sa longueur battante au vent.
- Bermudien : Originaire des îles des Bermudes, le gréement bermudien, très largement adopté par la plaisance, est caractérisé par une grand-voile de forme triangulaire, hissée le long d’un mât souvent très haut.
- Boire le mou : Faire disparaître la différence entre deux laizes d’inégale longueur, grâce à une couture d’assemblage qui absorbe peu à peu l’excès : c’est le contraire de donner de l’embu.
- Bonnette : Voile utilisée pour augmenter la surface de voilure, soit à côté d’une voile, soit sous elle. La ralingue de bordure est nommée bordure de fond.
- Bouline : Cordage frappé sur le côté d’une voile carrée ou au tiers, destiné à agir sur sa ralingue afin de la porter plus au vent. On dit aller à la bouline.
- Bourcet-malet : Type de gréement équivalant à celui de misaine-tapecul, originaire de la Manche et de la mer du Nord; il comporte deux mâts gréés au tiers avec une grand-voile dite de bourcet, une voile de malet dépassant sur l’arrière, bordée sur une queue-de-malet, et un foc à l’avant, sur un long bout-dehors. Les bateaux berckois, les sauterelliers, les étadiers, sont ainsi gréés.
- Bragot : Filin formant une boucle fermée par une épissure autour de l’antenne d’une voile latine; il termine la drisse d’antenne à sa partie supérieure, et correspond au point de suspension de l’antenne.
- Braguet : Cordage amarré dans les haubans de part et d’autre du mât de flèche, destiné à le soutenir lorsqu’il est calé.
- Branches : Petits cordages disposés en patte d’oie et réunis en un point; les branches d’une bouline, par exemple.
- Bras : Cordage servant à brasser les vergues, c’est-à-dire à les orienter horizontalement.
- Brigantine : Voile à corne du mât d’artimon des gréements carrés. C’est aussi la grand-voile d’un brigantin.
- Brin : Qualité de la toile à voile; premier brin: première qualité. Correspond, à l’origine, aux fibres du chanvre, le chanvre de premier brin est celui qui a les plus longues fibres. Un matelot de premier brin est un homme de qualité.
- Burin : Gros épissoir droit en bois, qui permet d’ouvrir un œil, ou d’agrandir (on dit: buriner) l’ouverture d’une patte ou d’une estrope.
- Cacatois : Petite voile carrée située au-dessus du perroquet sur un gréement carré.
- Cagnard : Sorte de prélart: forte toile servant d’abri.
- Calebas : Synonyme de hale-bas, désigne le cordage frappé au point de drisse d’une voile, utilisé pour l’abaisser ou l’amener.
- Caliorne : Gros palan composé de fortes poulies à trois réas.
- Candelette : Palan plus petit que la caliorne, dont la poulie inférieure porte souvent un croc.
- Car, carnal, carneau : Angle inférieur d’une voile latine; c’est également la partie inférieure de l’antenne.
- Cargue : Cordage destiné à ramasser une voile contre le mât ou la vergue afin de réduire instantanément sa surface; c’est une manœuvre faisant retour au mât ou à la vergue après être passée dans la ralingue de la voile.
- Cargue-point, cargue-bouline, cargue-fond : Cordages servant à la manœuvre des voiles carrées et de leurs vergues, en liaison avec les écoutes, les boulines, les balancines er les drisses, et plus précisément à déployer ou soustraire voiles à l’action du vent.
- Carré : L’adjectif s’applique aux voiles de forme trapézoïdale établies en travers du mât. Les côtés d’une voile carrée sont: en haut l’envergure, en bas le fond ou bordure et, de chaque côté, la chute, sur laquelle on agit grâce à la bouline. Chaque chute est alternativement portée au vent au changement d’amure.
- Cartahu : Filin mobile passant dans une poulie fixe, sur lequel on agit pour hisser un objet. Si le cartahu est double, l’objet à soulever est croché dans une deuxième poulie qui est mobile.
- Chiquer : De « chique »: bout-dehors; apiquer le bout-dehors vers le bas. Mor utilisé dans la région d’Etretat.
- Chiquet : Doublage de renfort des empointures d’une voile.
- Civadière : Voile carrée gréée sous le beaupré des vaisseaux.
- Clin-foc : Foc volant, poussé à l’extrémité du bout-dehors grâce à un rocambeau, et dont le point de drisse est établi au point le plus haut du mât.
- Contre-cacatois : Petite voile établie au-dessus des cacatois, ayant la même forme que ceux-ci.
- Contrepoint : Morceau de ralingue mis en renfort (on dit : merliné), près d’une empointure de voile.
- Cosse : Anneau rond en métal comportant une gorge pour une estrope; la cosse sert à protéger l’œil de l’usure.
- Couillard : Raban de ferlage d’une voile carrée, fixé en patte d’oie sur le milieu de la vergue.
- Coulisseau : Pièce métallique courant sur un rail : le coulisseau dans lequel passe l’écoute glisse sur le rail fixé sur le pont.
- Courant : Extrémité mobile d’une manœuvre sur laquelle on peut agir pour hisser, étarquer, border.
- Coutelas : Polacre établie en travers, en Méditerranée.
- Couture : Les voiles sont composées de bandes de toiles, les laizes, assemblées par des coutures. Différents points sont utilisés en voilerie: le point broché pour une couture plate et le point piqué pour l’assemblage des laizes; le point debout pour une couture ronde sur les bords et la ralingue; le point de videlle pour les accrocs.
- Croissant : Ferrure en forme de croissant sur laquelle est fixé le palan d’écoute d’une bôme à rouleau, afin que celle-ci puisse tourner lorsqu’on réduit la voile.
- Davant : Palan de devant, ou palan d’amure sur les gréements latins.
- Défoncer : Action du vent ayant déformé ou crevé une voile.
- Dégréer : Opération qui consiste à enlever la voilure er, éventuellement, les manœuvres courantes et dormantes.
- Désenverguer, déverguer : Libérer une voile de sa vergue, de sa corne, de sa bôme ou du mât, bien que le mât et la bôme ne soient pas des vergues. Le foc est, quant à lui, dédraillé. On dit plutôt dégréer lorsqu’il s’agit de retirer la voile mais aussi les manœuvres courantes et le pouliage.
- Diablotin : Voile d’étai placée au-dessus du foc d’artimon er de la marquise d’un grand voilier.
- Donner de l’embu : Prévoir un excédent de longueur de toile avant d’assembler deux tissus d’élasticité différente, ou un tissu er un cordage, afin de compenser par des petits plis prévus à l’avance, la différence de souplesse.
- Dormant : Extrémité fixe d’un cordage, d’un câble, d’une manœuvre : le dormant de l’écoute de foc est fixé au point d’écoute.
- Dragon : Nom donné au foc volant établi entre l’extrémité supérieure du mât er l’extrémité du bout-dehors, sur les goélettes er petits bâtiments. On dit : foc-dragon, clin-foc.
- Draille : Cordage ou filin sur lequel courent des bagues ou mousquetons garnissant le guindant d’un foc, d’une trinquette ou d’une voile d’étai, L’étai peut servir de draille.
- Drisse : Cordage servant à hisser voiles et vergues.
- Drosse : Cordage raidi au moyen d’un palan, qui maintient le milieu d’une basse-vergue ou d’une antenne contre le mât. Sur les tartanes, la drosse d’antenne est parfois appelée sourde.
- Echancrure : Courbe concave d’une voile sur l’un de ses côtés.
- Elingue : Filin passé autour d’un objet afin de le hisser à l’aide d’un palan.
- Embroy : Mot provençal désignant la cargue des voiles latines.
- Empointure : Chacun des angles supérieurs d’une voile enverguée. Les empointures de ris sont les extrémités d’une bande de ris.
- Enverguer : Fixer une voile sur sa vergue. Par extension, on dit aussi enverguer un foc sur une draille, et une voile bermudienne sur le mât.
- Envergure : Côté par lequel une voile est fixée à sa vergue.
- Erse : Anneau de cordage ou de filin, formé par la réunion de ses deux bours, par une épissure, ou par un commettage.
- Ersiau, erseau : Petite bague en cordage destinée à entourer un œil de pie, pour renforcer la toile.
- Estrangue car : Mot provençal désignant le cargue-fond d’une voile latine.
- Estrope : Erse en cordage ou en métal, entourant une poulie, er dont les deux extrémités sont réunies pour former un œil qui sert à la suspendre ou à la fixer,
- Etarquer : Raidir autant que possible une drisse et donc le guindant d’une voile.
- Etrangloir : Cordage servant à serrer une voile contre sa vergue ou son mât. Synonyme de cargue.
- Fanons : Parties pendantes en guirlande d’une voile carrée entre ses cargues.
- Fardage : Surfaces de coque, de superstructures, de mâture donnant prise au vent, et ayant pour effet d’augmenter la dérive du bateau.
- Fausse amure : Amure supplémentaire en prévision du mauvais temps. Autre sens: faire route sur le mauvais bord (with forelug aback), en ayant la vergue d’une voile au tiers sur le mât.
- Fausse écoute : Ecoute supplémentaire de mauvais temps, ou pour prendre un ris.
- Filoir, filoire : Petit conduit: margouillet, ou piton vissé dans le pont, dans lequel passe un cordage. Filoir d’écoute.
- Fisherman : Voile d’étai, placée entre le de misaine et le grand-mât les goélettes.
- Fixe : Voile inférieure d’un hunier double dont la vergue est fixe.
- Flèche : Voile établie au-dessus de la grand-voile dans l’espace compris entre la corne et le haut du mât. Il peut être triangulaire ou carré, avec ou sans vergue, à balestron.
- Foc : Chacune des voiles d’étai triangulaires, établies en avant du mât. Un yacht dispose de focs de différentes dimensions, utilisés en fonction de la force du vent : grand foc, foc moyen, petit foc et tourmentin pour le mauvais temps. Le foc ballon, de grandes dimensions, et ayant beaucoup de creux, est établi aux allures portantes. Le génois est un très grand foc plat. Sur un gréement latin, le foc se nomme polacre.
- Forcer : Terme de voilerie: contraindre une couture à prendre une forme concave par variation du recouvrement de deux laizes.
- Fortune : Voile carrée volante, établie par beau temps sur le mât de misaine des goélettes ou sur le grand-mât des cotres, sloups, dundées …
- Fougue : On appelle « perroquet de fougue » le hunier d’artimon.
- Fourco : Terme provençal, désignant un espar gréé d’un palan qui réunit le bas de l’antenne au pied de mât.
- Frotter, frottoir : Terme de voilerie: rabattre la toile d’une voile avec un outil servant à aplatir la couture, le frottoir, pour former un ourlet ou une gaine.
- Gaine : Large ourlet autour d’une voile, réalisé en repliant la toile ou en rapportant une bande de tissu, avant de poser la ralingue.
- Garant : Cordage d’un palan, passant le réa des poulies.
- Garcette : Petit filin, plus moins long, servant à un amarrage: les garcettes de ris servent à amarrer la partie de la voile réduite après la prise de ris.
Conseils et Astuces
Lorsque ces voiles ne sont pas à poste, elles sont rangées dans la soute à voile. Elles servent de contre poids et les navigateurs doivent les matosser c’est à dire les déplacer d’un côté ou de l’autre pour servir de contre poids. Pour protéger la grande voile des UV du soleil et de la lune, on la range le soir dans une housse appelée taud. On plie la GV en accordéon sur la bôme, puis le taud la recouvre. Notez qu’il existe un autre système de rangement composé d’un sac qui reste en place sur la bôme (lazy bag) et de cordes (lazy jack) qui permettent de diriger la chute de la voile directement dans le lazy bag.