Le Guépard est bien plus qu'un simple voilier ; c'est un symbole de la plaisance traditionnelle, imaginé et lancé dans les années 60 par Etienne Riguidel. Ce voilier de 5,5 mètres, devenu une véritable icône, incarne une philosophie de navigation où la simplicité rencontre l'élégance. Pour comprendre l'intérêt d'un Guépard d'occasion, il est essentiel de plonger dans les détails de sa conception artisanale et de son comportement sur l'eau.
Genèse et processus de construction artisanale
Tout commence en forêt ! Trouver le chêne brogneux qui fera l’affaire est la première étape cruciale pour garantir la solidité de la structure. Il s’agit d’un chêne de futaie poussant en lisière de parcelle et présentant des petites excroissances sur le tronc le rendant impropre au déroulage ou au tranchage. Lors de la mise en œuvre, nous voici prêts à monter nos couples, sachant que chaque pièce est unique dans sa forme et dans son équerrage.
Contrairement à la tradition, certains constructeurs ont fait le pari d’assurer toutes les liaisons du bateau en Inox 316 L. L’idée est d’assurer une plus grande longévité au navire. La précision est le maître-mot : assurer un bon lissage, c’est faire en sorte que le bordé va correctement plaquer sur la membrure ou dans la rablure. La pose des lisses facilite grandement cette tâche. Le bordage des hauts a été réparti sur les membrures et nous utilisons trois gabarits de bordé pour tracer avant le débit.
Bien que l'on puisse penser que tous les Guépards sont bordés en Sapelli (acajou d’Afrique), il arrive parfois de border la coque en Pin Sylvestre, un bois moins dense que l’acajou. Avant de border les fonds, il ne faut surtout pas oublier de tailler les anguillets pour permettre à l’eau de s’écouler au point le plus creux du bateau et de pouvoir écoper. Le meilleur ennemi de l’anguillet est la chips ! Prévoir de la purée !
Détails techniques et structures de carène
La bande molle joue un rôle fondamental : comme son nom l’indique, elle est dure ! Son rôle est de protéger la quille des chocs encaissés lors des navigations en rase-cailloux, tout en augmentant accessoirement la résistance de la quille. Une fois les varangues et le chant du bordé latéral lissés, la peinture primaire est appliquée, préparant la coque pour le bordage de fond. Un gabarit de bordé de fond permet ici de tracer la forme et de donner l’équerrage du galbord.
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Le chanfrein d’étrave assure une meilleure entrée d’eau de la carène, tandis que le rabotage du bordé de bouchain doit amener la carène à de belles lignes. Le calfat, quant à lui, peut s’opérer avant ou après démoulage de la coque. Il s’effectue grâce au coton à calfater que nous filons à la dimension voulue, souvent fourni par la Corderie du Nord-Ouest près de Rouen. Le démoulage est une étape festive qui se fait soit au pont roulant, soit à la main après un coup de fil dans un bon bistro à l’heure de l’apéro !
Aménagements et rigidité structurelle
Comme pour le reste de la charpente, les gabarits de cloison permettent un tracé rapide et une mise en place facile. Elles sont en Contreplaqué Marine Nautibois de 12 mm de chez Le Touze à Lorient et contribuent à la rigidité transversale du navire. Au départ, il y avait un gabarit unique de barrot pour l’avant. Ce bouge, allié à la pente de la tonture, rendait le bordage du pont fastidieux.
Pour les finitions, nous appliquons à la brosse deux couches de peinture alkyde-uréthane micro-poreuse sur les bois ayant déjà reçu une couche de primaire. Le pontage des parties avant et arrière est réalisé avec une feuille de Contreplaqué Marine de 9 mm de 310 x 153 cm, avec une demi-plaque supplémentaire pour les passavants. L’ensemble des contreplaqués est assemblé par des feuillures à mi-bois de 30 mm collées époxy. Les listons ont deux fonctions : protéger les chants du contreplaqué de pont et servir de martyr lors d’abordages intempestifs.
Le Guépard de base est livré avec des planchers en Contreplaqué extérieur CTBX de 12 mm. Les trappes amovibles le long et en arrière du puits de dérive permettent un écopage facile. Le banc central est un élément de structure important : il assure la tenue du puits de dérive, une zone très sollicitée quand la dérive est en position basse au près.
L'expertise et la communauté autour du Guépard
Le Chantier du Guip est le grand spécialiste à ce jour. Paul Bonnel, son patron, est un grand prêtre de la tradition du bois et un communiquant qui saura faire adhérer à l'esprit. Patrick, une autre figure de proue, est tombé dedans quand il était petit, ayant passé son enfance auprès d’Etienne Riguidel, le créateur-fabricant par qui tout a commencé.
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Le Guépard est un voilier trop léger pour quitter les eaux du golfe, et son histoire commence au début des années 1960. Depuis 1962, plus d’une centaine d’unités ont été construites. Si quelques rares exemplaires connaissent les affres d’un fond de vasières, la grande majorité navigue entre les îles et participe aux douze régates annuelles du championnat des Guépard.
Navigation et comportement marin
Avec son faible tirant d’eau de 20 cm, une fois la dérive remontée, le Guépard passe partout. C'est un bateau idéal pour les balades de plages en criques et la navigation en rase-cailloux, qui exige du doigté. En régate, le grand jeu est de jouer avec les courants : on peut passer très près de la côte et y trouver des contre-courants qui poussent le navire vers l’avant. Contrepartie de la stabilité apportée par son poids, dans le tout petit temps, il est un peu long à lancer.
Au sein de la tribu Guépard, chaque bateau a sa couleur et son numéro, rendant la flottille magnifique lors des régates. Pour ceux qui s'interrogent sur l'acquisition d'un tel voilier, il est important de noter que le marché de l’occasion est très faible avec, le plus souvent, un voilier mis en vente par an. On ne quitte pas son Guépard facilement.
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