Le cotre représente une figure emblématique du patrimoine maritime. Alliant rapidité et une manœuvrabilité exceptionnelle, ce type de voilier tire sa singularité d'un fractionnement judicieux de la voilure. Dans l'univers de la construction navale traditionnelle, le cotre s'impose comme une référence pour ceux qui cherchent à allier l'élégance des lignes classiques à une efficacité technique éprouvée.
Fondements techniques et avantages du gréement de cotre
Un cotre est un voilier rapide et dont la manœuvrabilité est grandement facilitée par le fractionnement de la voilure. La structure de ce gréement repose sur une configuration spécifique où la trinquette occupe une place centrale. La trinquette est une voile supplémentaire montée sur son propre étai, entre le grand-mât et le foc. Cette configuration permet une gestion fine de la puissance vélique.
Le foc, quant à lui, est amuré à son étai le long duquel il coulisse. Il contribue à propulser le voilier et joue un rôle essentiel en simplifiant les manœuvres et en particulier celle de virement par vent debout. De forme triangulaire, sa surface le situe entre le tourmentin et le génois, ce dernier étant de plus grande taille. Ce type de gréement est prisé sur les voiliers de moyenne et grande tailles car il offre de fractionner la voilure, ce qui permet des manœuvres plus aisées pour l'équipage.
Figures historiques et navires légendaires
L’histoire maritime est jalonnée de cotres qui ont marqué les esprits par leurs performances ou leur caractère. Le Pen Duick d’Eric Tabarly fut le premier navire qui le fera rêver dès l’âge de 7 ans et sur lequel, malheureusement, il disparaîtra en 1998. C’est pour retaper ce bateau qu’Eric Tabarly s’engage dans la marine ; le Pen Duick, premier d’une longue série, est remis à flots en 1959.
Parmi les autres navires illustres, on trouve Le Renard, cotre de 70 tonneaux armé jadis par Robert Surcouf, célèbre corsaire aux exploits de légende. Le Renard était équipé de 4 canons de 4 et 10 caronades de 8. Ces bâtiments témoignent de la robustesse et des capacités maritimes intrinsèques à ce type de gréement. Plus proche de nous, l’Oiseau de Feu, conçu au chantier naval Camper&Nicholson en 1937, illustre la pérennité de ces formes. Son nom d’origine, Firebird X, sera francisé en 1973 et ce cotre sera classé au titre des monuments historiques en 1992.
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L’innovation dans la tradition : Le Diben 23
Le 8 août 2020, le Diben 23 est mis à l’eau par les élèves de Skol ar Mor. Ce cotre traditionnel de 7 mètres de longueur sur plan François Vivier avait été mis en chantier fin août 2019 par l’école de charpente navale. Au départ, l’école avait un contact intéressé par un bateau qui lui rappellerait le cotre des Glénans, dessiné par Jean-Jacques Herbulot. Ces bateaux ont initié de nombreux stagiaires à la croisière côtière.
Cependant, le bateau construit n’en a guère conservé que les dimensions générales et le profil de quille avec un lest extérieur constituant un bon plan de dérive. Un arrière à voûte et une étrave verticale dans un esprit Carantec donnent à ce cotre une silhouette particulièrement attractive. La construction est réalisée de façon traditionnelle, avec quelques apports de modernisme permettant d'en faciliter la maintenance et d’en améliorer les performances et l’ergonomie. Au lieu de membrures découpées, souvent un point faible avec les bois tords disponibles aujourd’hui, on a opté pour des membrures lamellées-collées en iroko, alternées avec des membrures ployées en acacia. La charpente axiale est en chêne et le bordé en pin Douglas.
Le pont, de même que quelques cloisons principales et le cockpit auto-videur, sont en contreplaqué marine, assurant une étanchéité parfaite et durable. Il est entouré d’un petit pavois de 20 cm de hauteur qui donne un grand confort pour l’équipage et contribue grandement au caractère traditionnel du bateau. Les hiloires et la façade avant du rouf sont en acajou verni. Avec une longueur réelle de 6,98 mètres, ce cotre bénéficie d'avantages liés à la place de port et dispense des droits annuels de francisation.
Performance et ergonomie en navigation
Le gréement est celui de cotre aurique, avec de belles proportions, bien dans l’esprit des cotres de nos côtes bretonnes. Il reste simple et facile à manipuler. Le bout-dehors est rentrant, guidé par une double bitte. L’architecte a mis son talent habituel pour en faire un bateau qui remonte bien au vent. Le lest de 750 kg, associé à une coque sans retour de galbord, permet de cumuler à la fois bonne stabilité et plan de dérive efficace. Le mât est posé sur des jumelles qui permettent de le basculer vers l’arrière et de mater sans aide extérieure.
Un puits permet l’installation d’un moteur hors-bord de 6 à 10 ch, dont les commandes sont à la portée du barreur. Un coffre, à côté du moteur, permet d’y placer la nourrice et les réserves d’essence. Cette solution a l’avantage d’un coût très modéré et de favoriser grandement la marche sous voile, en l’absence d’une grande hélice et d’une découpe dans le gouvernail. Il est aussi possible d’équiper le bateau d’une propulsion électrique avec un pod à hélice repliable.
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En termes de confort, le cotre a été conçu pour offrir de grands espaces à l’équipage. Le déplacement généreux donne des mouvements doux à la mer que l’on ne connaît plus de nos jours. Le cockpit, étanche et auto-videur, est très vaste, protégé par le petit pavois. La barre place le barreur en position assez avancée, avec une bonne visibilité et un accès rapide à la cabine. La cabine offre un couchage pour trois personnes avec un grand triangle avant et une longue couchette cercueil à tribord. Le mât posé sur le pont, au-dessus d’une cloison robuste, libère totalement l’accès à la couchette avant.
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