L'évolution de l'excellence en voile olympique : du 470 à la conquête des médailles

La voile olympique représente l'un des sommets de la technicité et de la stratégie sportive. Au cœur de cette discipline, le 470, dessiné par André Cornu en 1962, demeure aujourd’hui le support le plus ancien en voile olympique. Le Quat’sept, comme l’appellent les pratiquants, est devenu olympique en 1976 et l’est resté depuis. Sa longévité prouve toutes les qualités de la carène. C’est un bateau équilibré - « du juste milieu » disent les voileux - qui accepte des régatiers aux gabarits variés. Il requiert de la stratégie et de la tactique plus que de la force physique. Aujourd’hui il accueille les équipages mixtes. Le 470 est représenté à Marseille pour la France, par le double mixte, Camille Lecointre et Jérémy Mion.

La genèse et la technique du 470

Le 470 est le meilleur choix pour aborder la navigation de compétition. Pour ceux qui souhaitent restaurer ou entretenir ce dériveur, il est important de noter que le numéro de série était souvent noté dans le caisson avant sur les modèles Morin. De plus, la plaque Morin sur le bois de renfort du tableau arrière donne précisément la date et le numéro de construction. À l'origine, le bateau ne devait avoir que la barre d’écoute arrière, à conjuguer avec une bôme en bois assez longue et un mât en bois également. Ensuite, sont apparus les barres d’écoute centrales et les espars en alu. Un précédent propriétaire a pu vouloir rester au goût du jour, mais il est fascinant de noter que la bôme en bois ne se justifie que si elle est plus longue et équipée en "tire arrière".

La gestion de la voilure est un aspect crucial de la performance. Les coureurs rachètent très souvent des spis d’occasion et se retrouvent confrontés au problème de changement de numéro dans la voile, car la plupart du temps, ils sont réalisés au marqueur indélébile. Par ailleurs, en navigation, on observe une déformation sous l’effet du vent, par rapport au profil initial. Il est alors nécessaire de procéder au « dégalonnage » du spi, de façon à réadapter sa tension, suite au vieillissement. Ces ajustements techniques, couplés à une bonne maîtrise du trapèze, sont essentiels. Parmi les dix erreurs fréquentes, on note le harnais trop lâche, le mauvais positionnement des pieds sur la pointe, ou encore le fait de ne pas utiliser ses genoux pour ajuster l’équilibre, ce qui est plus rapide et moins perturbateur, spécialement dans les molles.

Cadre réglementaire et sécurité maritime

La pratique de la voile, qu'elle soit de loisir ou de compétition, s'inscrit dans un cadre strict. Deux textes définissent les règles auxquelles nous devons nous soumettre : la division 110 et la division 240, récemment mise à jour, et différentes fiches ont été publiées pour aider les plaisanciers. Il est primordial de rappeler que les sanctions prévues par le CDPMM (Code Disciplinaire et Pénal de la Marine Marchande), par exemple pour un défaut d’immatriculation ou de matériel d’armement, correspondent à une contravention de 5ème classe pouvant s'élever à 1500€.

L'histoire olympique : des tonneaux à la monotypie

La voile fait partie des plus anciennes disciplines des jeux olympiques modernes. Les premières épreuves de voile ont été inscrites au programme de la première olympiade en 1896 à Athènes mais furent annulées en raison des mauvaises conditions météo. En 1900, ces bateaux étaient classés par "tonneaux" selon la jauge Godinet. C'est une jauge de course française créée en 1892 par l'Union des yachts français qui se base sur une formule de calcul établie par l'ingénieur Auguste Godinet : elle prend en compte le déplacement, la longueur et la voilure. À partir de 1908, elle est remplacée par la jauge internationale, ou jauge métrique. L’évolution s'est ensuite faite vers des bateaux plus petits et la monotypie à partir de 1920.

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Au fil des décennies, de nombreuses classes se sont succédées. Le Star, quillard à deux équipiers, a marqué l'histoire des Jeux de 1932 à 2008. Le Flying Dutchman, dériveur à deux équipiers, a dominé les débats de 1960 à 1988. Le Finn, dériveur en solitaire, reste un pilier depuis 1952. La planche à voile est devenue sport olympique en 1984 à Los Angeles avec la Windglider, suivie par la Lechner, la Mistral One Design et enfin la RS:X. Les femmes ont toujours été autorisées à concourir en voile olympique, la première femme à remporter une médaille d’or toutes disciplines confondues étant la navigatrice suisse Hélène de Pourtalès en 1900.

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