Maîtrise et navigation en catamaran : de la technique à la croisière

La navigation en catamaran, qu'il s'agisse d'une unité de croisière confortable ou d'un engin de sport, représente un univers distinct du monocoque. Si la stabilité des multicoques offre un confort extrême, elle signifie aussi qu'ils gîtent beaucoup moins que les monocoques, ce qui donne moins d'indications sur le niveau de sécurité et accentue le dilemme : quand est-il judicieux de réduire la voilure de votre grand-voile ? Que vous soyez un marin expérimenté ou que vous ayez appris à naviguer plus tard, la navigation en catamaran présente ses propres défis, notamment lorsqu'il s'agit de décider quand réduire la voilure.

La gestion de la puissance et les signaux du gréement

La réponse variera en fonction de facteurs tels que la conception du yacht, son poids et les préférences des navigateurs, mais une chose reste constante : la nécessité de rester en sécurité et de protéger son équipement. Quel que soit l'indicateur que vous surveillez pour déterminer le moment de réduire la voilure, il sera combiné à d'autres signaux visuels et olfactifs, comme la résistance à la barre ou l'angle du gouvernail. Idéalement, vous devriez agir pour réduire la puissance de votre gréement avant même que ces signaux n'apparaissent. Plus vous vous fiez à votre jugement subjectif, moins vous pouvez garantir une sécurité absolue.

La vitesse du vent est le paramètre le plus souvent utilisé. Lors de l'achat de votre catamaran, le constructeur vous fournira ses recommandations concernant la prise de ris en fonction d'une vitesse de vent maximale ; généralement, un premier ris est conseillé aux alentours de 18 à 20 nœuds. Bien que l'effet de la vitesse du vent sur votre gréement et vos voiles soit un facteur clé, cette approche présente des limites importantes car elle ne tient pas compte d'autres variables essentielles. L'état de la mer, par exemple, accroît les contraintes sur votre yacht et ses composants, ajoutant une charge supplémentaire à celle exercée par la seule force du vent. Et, si les contraintes augmentent, le risque de casses et d'accidents dangereux s'accroît également.

L'allure influence considérablement le moment où il faut réduire la voilure. Chaque allure requiert des réglages spécifiques, car différents angles entraînent une différence significative entre la vitesse du vent apparent et la charge sur le gréement. Par exemple, au près, il faudra peut-être réduire la voilure plus tôt qu'au portant. Enfin, les rafales rendent le vent imprévisible et extrêmement variable. Si vous vous fiez uniquement aux prévisions de vitesse du vent, vous aurez tendance à réduire la voilure face aux rafales et à passer le plus clair de votre temps à naviguer dans des conditions de vent moyen et calme. Vous avez acquis un magnifique étalon, et vous ne voulez pas le dompter comme un cheval de trait !

L'innovation technologique au service de la sécurité

La solution la plus simple consiste à contrôler la variable clé où tout cela se manifeste : les charges qui traversent votre installation. De plus en plus populaires à bord des catamarans, les capteurs de charge remplacent les tendeurs ou les goupilles de haubans existants, se vissant ou s'insérant simplement pour fournir une image complète de l'équilibre dynamique du gréement. Se connectant sans fil à l'électronique existante du bateau et via des applications pour smartphone, les capteurs permettent instantanément aux navigateurs de visualiser les chiffres de charge en direct (avec une précision assurée de 1%) via des écrans centralisés affichant des chiffres bruts ou un cadran intuitif, avec des indicateurs verts, orange et rouges.

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La détection de charge est largement utilisée en régate, de l'America's Cup au Vendée Globe, en passant par la navigation de plaisance du week-end. Elle équipe également certains des meilleurs catamarans de course au monde. Mais nul besoin d'être régatier pour profiter des gains de performance : en vérifiant vos indicateurs de charge lors d'une navigation agréable, vous pouvez créer des réglages reproductibles. Les capteurs prolongent la durée de vie de votre équipement et surveillent le bon fonctionnement de votre gréement. Cette technologie est présente sur l'ensemble des catamarans à voile, et des constructeurs de renom tels que Kinetic Catamarans, HH Catamarans, Gunboat, Nautitech Catamarans, Balance Catamarans et Privilege Catamarans la proposent en option.

Particularités de la croisière en catamaran

Pour les skippers et les équipages qui n'ont encore jamais navigué en catamaran, le maniement du multicoque implique un changement de mentalité sur de nombreux points : manœuvres de port, maniement des voiles, prise de ris, ancrage. L'énorme largeur et le déplacement rapide par vent de travers exigent de l'anticipation et de la prudence. De nombreux exploitants de flottes rapportent que la part des équipages qui naviguent peu avec leur bateau et qui utilisent de plus en plus le moteur ne cesse d'augmenter, souvent par méconnaissance de la matière.

Le catamaran offre pourtant des avantages indéniables pour la croisière : un espace énorme (un 40 pieds offre autant d'espace qu'un monocoque de 46 à 48 pieds), une vie sur un seul niveau, une grande luminosité, une excellente manœuvrabilité grâce aux deux machines, un faible tirant d'eau et l'absence de roulis au mouillage. En contrepartie, il faut accepter des frais d'amarrage plus élevés, une caution parfois plus importante et une navigation moins sportive.

Maîtrise des manœuvres portuaires et techniques de bord

Les dimensions imposantes de la plateforme de certains catamarans font souvent hésiter les débutants. Mais le cata a un grand avantage : avec ses deux machines, il peut être tourné sur son assiette comme un char d'assaut. Pour les derniers mètres en arrière, il est préférable de naviguer uniquement avec les machines. Il faut souvent changer un peu de mentalité, surtout pour les premiers départs et arrivées. Il est conseillé de s'entraîner à faire quelques rotations et manœuvres en marche arrière après avoir largué les amarres.

Concernant les bouées, au lieu de s'en approcher par l'avant, il vaut mieux reculer jusqu'à la bouée. Là, le skipper peut presque toujours voir lui-même la distance sans problème, et l'équipier avec la ligne est à la même hauteur que la bouée. Pour le hissage des voiles, il faut noter que les grandes voiles de catamarans sont souvent plus grandes et lattées. Il faut donc utiliser le winch électrique avec précaution, car les extrémités des lattes se coincent souvent dans les lazy-jacks.

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En navigation, le chariot d'écoute de grand-voile est un instrument central de réglage. C'est l'instrument privilégié pour relâcher rapidement la pression avant l'écoute de grand-voile. Si l'on effectue un empannage, il est particulièrement important de ramener le traveller au centre au préalable. Une autre erreur courante est de vouloir virer de bord sans avoir navigué correctement vers le haut auparavant.

Le mouillage et la vie à bord

Les catamarans flottent beaucoup plus que les monos au mouillage en raison de leur superstructure haute et de leur petit plan latéral dans l'eau. Pour réduire cela, il y a pratiquement toujours une gaffe de cordage montée sur les beams, que l'on accroche à la chaîne avec une manille. Concernant l'annexe, la manipulation avec les deux bossoirs est beaucoup plus simple que sur le monocoque, mais il faut bien attacher l'annexe avec des cordes pour éviter les frottements contre les bossoirs ou la poupe dans la mer agitée.

Il est important de ne pas sous-estimer la houle. En raison de leur énorme largeur, ils ont une grande stabilité de forme, mais ils effectuent des mouvements de redressement plus rapides et plus courts, ce qui rend certains plus malades en mer que les monos. De plus, lorsque le bateau traverse une vague, beaucoup sous-estiment le fait que celle-ci, après avoir passé la première coque, frappe la seconde avec un très court décalage.

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