Le Trimaran MACIF / Actual Ultim' 3 : Saga d'un Géant des Mers et de ses Métamorphoses

Dans le monde de la course au large, où l'innovation technologique et la performance humaine repoussent constamment les limites, le trimaran connu successivement sous les noms de MACIF puis Actual Ultim' 3 s'est érigé en figure emblématique. Son histoire est celle d'une quête incessante de records, d'adaptations techniques majeures et de changements de mains, le tout ponctué de moments de gloire et de défis ardus. Dès ses débuts, il a su capter l'imagination, attirant les curieux sur les pontons de Port-la-Forêt (Finistère), mais pas que… En mer aussi il suscite l’intérêt, comme en témoigne la présence d'un dauphin venu jouer, un mercredi matin, autour du trimaran Macif, un spectacle qui a ravi l'équipe du trimaran et le dauphin, près d'une bouée de mouillage.

La Genèse d'une Machine à Records : L'Ère MACIF (2015-2017)

L'aventure de ce trimaran hors normes a débuté avec une ambition claire : la chasse aux records. Le Macif, nommé d'après la compagnie d'assurance qui a réglé la facture de 25 millions de dollars, a été conçu par VPLP et construit par CDK Technologies en France, en 2015. Ce multicoque de 100 pieds (30 mètres) s'inscrit dans la classe Ultime, une catégorie de bateaux dont le seul but est de battre toujours plus de records. Le bateau, avec ses étraves perce-vague, est en carbone, cuit dans un autoclave de 35m (225'). La toute première mise à l’eau du bateau s'est déroulée le 18 août 2015. Dès cet été 2015, François Gabart et le team MACIF n’ont eu de cesse de fiabiliser et de développer cet Ultim dessiné par le cabinet VPLP, avec une passion qui a rapidement porté ses fruits.

L'objectif de briser les records n'est pas nouveau dans la voile. Dans un film de 1956, Phileas Fogg (interprété par le Britannique par excellence David Niven) gagna un pari qu'il pouvait voyager « Autour du Monde en 80 Jours ». L'« homme le plus ponctuel du monde » voyagea par tous les modes de transport, incluant les trains, les vapeurs, et même les éléphants. Ce défi enivra tellement les Français amoureux de la voile que le Trophée Jules Verne fut créé, nommé d'après l'auteur du roman de 1873 sur lequel le film est basé. Au moins neuf fois, cet incroyable record a été raccourci, plus récemment en 2017 par Francis Joyon, qui réduisit presque de moitié le temps écoulé ; lui et son équipage revendiquèrent le Trophée Jules Verne en terminant en 40 jours et 23 heures. C'est dans ce contexte de dépassement permanent que le trimaran MACIF a inscrit son nom dans l'histoire.

Les résultats spectaculaires se sont enchaînés pour François Gabart et son équipe. Le trimaran a remporté des victoires significatives, confirmant rapidement son potentiel exceptionnel. Après sa mise à l'eau le 18 août à Lorient, les tests statiques eurent lieu le 20 août. La première sortie en mer, sous voile, sans les foils, s'est déroulée le 22 août devant Lorient. Début octobre de la même année, il prit part à sa première course majeure, la Transat Jacques Vabre, qu'il remporta avec sept heures d'avance sur Sodebo Ultim', après avoir pris le contrôle dans la traversée du Pot au Noir. Les navigations sur le seul foil présent validèrent le concept prometteur du bateau.

Les succès ne s'arrêtèrent pas là. En double sur la Transat Jacques-Vabre 2015, en solitaire sur The Transat bakerly 2016, puis en équipage sur The Bridge début juillet 2017, le MACIF démontrait sa polyvalence et sa vélocité dans diverses configurations. L'apogée de cette première phase fut sans doute le fabuleux Record du Tour du Monde en Solitaire, que François Gabart réalisa entre le 4 novembre et le 17 décembre 2017. Il parcourut 27 859 milles en 42 jours, 16 heures, 40 minutes et 35 secondes, une performance exceptionnelle pour un solitaire. Mais comme les marins de course au large ne reculent jamais devant l'idée d'ajouter des pages au Livre Guinness des Records, cette même année, François Gabart, alors âgé de 34 ans, parcourut ces 27 859 milles en 42 jours et 16 heures - en solitaire ! Ces exploits ont cimenté la réputation du MACIF comme une machine de course inégalée.

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L'Optimisation et la Quête du Vol : La Version 2 (2018)

Cependant, dans le monde impitoyable de la course au large, bien sûr, les records sont faits pour être battus, et si le détenteur ne s'améliore pas, quelqu'un d'autre prendra le relais. La performance est une course sans fin à l'innovation. C'est dans cette optique que le trimaran MACIF a entamé une phase d'optimisation majeure pour rester à la pointe de la technologie. Ne perdant pas un instant, Macif subit un réaménagement de six à sept mois par CDK et sa filiale à Lorient, Keroman Technologies. L'installation de Keroman a ajouté un autoclave de 40m x 10m x 7m (131' x 33' x 23') capable de chauffer jusqu'à 120°C (248°F), démontrant l'engagement du chantier dans des constructions et des modifications de haute technologie.

Les réflexions pour cette évolution ont débuté au printemps 2017, réunissant le bureau d’études autour d’Antoine Gautier, les architectes de VPLP et la société Gsea Design, spécialisée dans le calcul des structures. Le cahier des charges était clair et ambitieux : « L’objectif était de remettre un coup de boost à MACIF. Après plus de deux ans au cours desquels nous avions principalement travaillé sur la fiabilisation, nous nous sommes concentrés sur la performance, donc sur le vol, l’enjeu de performance majeur du moment », explique François Gabart. Cette concentration sur le vol signalait un tournant dans la conception et l'exploitation du trimaran.

Le trimaran MACIF est entré au chantier CDK Keroman le 10 janvier, pour en ressortir six mois et demi plus tard, marquant l'achèvement de sa "Version 2". La remise à l'eau de la V2 eut lieu le 31 juillet, quasiment trois ans après la toute première mise à l’eau du bateau. Qui dit vol dit nouveaux appendices, et le trimaran dans sa V2 remise à l’eau est doté de foils plus longs et plus fins. De plus, il fut équipé de safrans en T relevables, des éléments cruciaux pour le contrôle de l'assiette en vol. Un soin particulier a également été apporté à l’aérodynamisme de MACIF, avec l'intégration de nouvelles voiles et une somme de petits détails destinés à limiter la traînée aéro du bateau lancé à pleine vitesse. Selon les rapports, et avec l'aide de MerConcept, l'entreprise que Gabart a créée pour gérer ses campagnes et d'autres, l'optimisation comprenait de nouveaux puits de foils, de nouveaux safrans, de nouveaux foils horizontaux sur les trois safrans, des foils rétractables en L sur les flotteurs, ou amas, une dérive centrale modifiée et une bôme sandwich plus légère.

Le gain espéré de ces évolutions était considérable. François Gabart l'exprimait ainsi : « Le trimaran MACIF en version 2018 sera clairement très différent de celui que nous avons connu jusqu’à maintenant, il va nous permettre de voler plus tôt, plus haut, plus vite. » L'anticipation était palpable quant à l'impact de ces modifications sur les futures compétitions. Il ajoutait : « Nous espérons que tout ce travail nous permettra de jouer avec les autres bateaux sur la Route du Rhum-Destination Guadeloupe puis, bien sûr, sur le tour du monde en 2019. » Cette nouvelle version du MACIF était donc parée pour de nouveaux défis, visant à consolider sa position de leader sur les mers. Gabart, s'exprimant auprès de sail-world.com : « Nous avons réalisé qu'il est très intéressant de naviguer le bateau un peu plus ‘sur le nez’ ou à plat en vol. Il a été remis à l'eau en juillet dernier pour participer à la Route du Rhum de la France vers la Guadeloupe, aux Caraïbes, perdant face à un autre trimaran Ultime, IDEC Sport, skippé par Francis Joyon, de 10 heures. »

Les Défis de la Route du Rhum et les Premiers Ajustements (2018-2019)

La Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018, course transatlantique en solitaire, fut le théâtre des premières épreuves pour le MACIF version 2. La compétition commença de manière prometteuse pour François Gabart. Au départ, Macif fut le premier sur la ligne. Il se fit dépasser par Gitana 17 avant Fréhel, mais le repassa peu de temps après le passage de la porte à Fréhel. La course se transforma en un duel intense et magnifique. Après l'abandon de Gitana 17, François Gabard prit une avance conséquente, semblant se diriger vers une victoire certaine.

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Cependant, le destin en décida autrement. Ce qu'on ne savait pas encore, c'est que Macif était lourdement handicapé, ayant subi la perte du foil tribord et du safran bâbord dès le deuxième jour de course. Ces avaries majeures eurent des conséquences dramatiques sur la performance du bateau. Sous la Soufrière, en Guadeloupe, Macif resta scotché pendant 1 heure et 15 minutes, permettant à IDEC Sport, skippé par Francis Joyon, de revenir à seulement un mille. Gabart parvint à reprendre l'avantage dans le canal des Saintes, mais Francis Joyon le repassa finalement à cinq milles avant la ligne d'arrivée à Pointe-à-Pitre. Le MACIF perdit ainsi la course face à IDEC Sport de dix heures, une défaite difficile à encaisser après avoir mené une si grande partie de l'épreuve.

En raison des nombreux problèmes rencontrés par le trimaran durant la Route du Rhum, il fut décidé qu'il rentrerait par cargo. Ainsi, après son retour en France en janvier dernier sur un cargo, il est retourné au chantier pour l'attention de certains systèmes qui avaient échoué. Le 24 novembre, le trimaran fut de retour à Lorient, direction le chantier CDK, pour une nouvelle optimisation. Après sa brillante victoire dans la Transat Anglaise, il resta jusqu'à mi-juin en stand-by à New-York pour une tentative de record de l'Atlantique Nord en Solitaire. François Gabart et son équipe attendirent jusqu'au dernier moment et le skipper s'élança avec une fenêtre météo très moyenne. Il en profita pour battre, rebattre et finalement pulvériser le record de la plus grande distance parcourue en 24 h par un solitaire avec 785 milles. À son retour, il fut démâté, et le trimaran subit un contrôle complet à Port-la-Forêt. Remis à l'eau fin août, il prit la direction de la Méditerranée début septembre pour des opérations de relations publiques au large de La Ciotat et un stand-by pour une tentative sur le record de la traversée Marseille/Carthage. Une tentative qui ne viendrait jamais, malgré une fenêtre finalement annulée. Plusieurs sorties allaient se succéder jusqu'au départ de The Bridge, puis le retour après la victoire à New-York se fit en simple convoyage. 48 heures après être arrivé à Brest, le trimaran regagna son port d'attache de Port-la-Forêt, et François Gabart entama le tour des médias Parisiens.

Le 22 mai 2019, le trimaran fut remis à l'eau après une nouvelle série de modifications cruciales. À l'intérieur, le moteur avait été déplacé pour modifier le centre de gravité, une optimisation essentielle pour la performance en vol. Les systèmes de foils et de safrans avaient été revus en profondeur, intégrant les retours d'expérience des courses précédentes et notamment de la Route du Rhum. La coque centrale avait également été découpée à l'arrière, façon Sodebo Ultim', afin d'améliorer la stabilité en vol, un aspect de plus en plus prépondérant dans la conception des Ultimes. Ces ajustements visaient à rendre le MACIF encore plus performant et fiable face aux défis extrêmes de la course au large.

La Transition et la Fin du Programme MACIF (2019-2020)

Après ces ajustements, le MACIF a continué à concourir, cherchant à prouver l'efficacité de ses dernières modifications. Le 3 août 2019, Macif prit le départ de la Rolex Fastnet Race. Après avoir été en tête une bonne partie de la course, il se fit dépasser par Gitana 17 sur la ligne d'arrivée, prenant la deuxième place à 58 secondes seulement. Cette course démontra la compétitivité persistante du bateau, même si la victoire lui échappait de peu.

Le programme MACIF entrait alors dans une nouvelle phase, avec des changements significatifs à l'horizon. En février, François Gabart et la Macif annoncèrent que Pascal Bidégorry serait le skipper du trimaran pour The Transat CIC. Cette décision marquait un tournant, François Gabart ayant besoin de récupérer après des années intenses de développement et de compétition. Le trimaran fut remis à l'eau début mars, et les entraînements de Pascal Bidégorry commencèrent. Malheureusement, le Covid-19 passa par là, et le confinement généralisé fut décrété, entraînant l'annulation de The Transat CIC ainsi que de toutes les compétitions sportives prévues. Cette période d'incertitude planétaire eut des répercussions inattendues sur le programme.

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Un coup de tonnerre survint en juin. Alors qu'un nouveau trimaran était en construction et que Mer Concept, l'entreprise de François Gabart, emménageait dans sa nouvelle base à Concarneau, la Macif, profitant d'un contrat non signé pour le sponsoring du futur trimaran, annonça la fin du programme Ultime. Les raisons invoquées n'étaient ni économiques, ni liées au Covid-19, ni aux résultats, laissant planer un certain mystère sur cette décision d'une ampleur considérable. Cette annonce marqua la fin d'une ère pour le trimaran, bien qu'il restât une machine de course performante et hautement convoitée.

Le 21 juillet, le trimaran, avec François Gabart et son équipe à bord, fit une sortie au large des côtes Bretonnes. Ce fut une longue sortie, marquée par des pointes à près de 40 nœuds, démontrant que le bateau conservait toute sa vélocité et son potentiel. L'avenir du MACIF devint alors un sujet de spéculation intense dans le monde de la course au large. Cinq propositions d'achat auraient été faites, témoignant de l'intérêt suscité par ce bateau d'exception. Parmi les potentiels acquéreurs figurait sans doute Pascal Bidégorry, mais aussi une équipe étrangère, et un officiellement déclaré : Marc Thiercelin, qui choisirait de poursuivre son projet d'ultim ex Oman avec l'ex Macif. Cependant, une autre proposition allait bientôt se concrétiser.

Une Nouvelle Vie sous les Couleurs d'Actual Ultim' 3 (2020-2022)

Le chapitre suivant de l'histoire du trimaran s'ouvrit officiellement le 24 août, lorsque Actual Leader et Yves Le Blévec annoncèrent avoir racheté le trimaran. Cette acquisition marqua le début d'une nouvelle ère pour le bateau, qui allait désormais naviguer sous les couleurs d'Actual Ultim' 3. Le 13 avril 2021, après quatre mois de chantier intensif, le trimaran fut remis à l'eau sous ses nouvelles couleurs à Lorient. Cette période de transition et de remise à niveau était essentielle pour adapter le bateau aux exigences de sa nouvelle équipe et à leurs objectifs. Le 28 avril 2021, lors d'une nouvelle sortie d'entraînement, François Gabart était à bord, soulignant la continuité et le transfert de savoir-faire entre les équipes.

Cependant, la nouvelle équipe d'Yves Le Blévec fut rapidement confrontée à des défis. Début juin, sur une mauvaise chute sur le pont du trimaran, Yves Le Blévec se retrouva plâtré pour six semaines, un coup dur pour la préparation de la saison. Malgré cet incident, l'équipe continua à travailler et à préparer le bateau. Une fois Yves Le Blévec rétabli, il remonta à bord pour la Rolex Fastnet Race. Lors de cette course exigeante, Actual Ultim' 3 prit la deuxième place, démontrant que le potentiel du bateau était toujours bien présent et que la nouvelle équipe était capable de le pousser à ses limites.

L'année suivante, le 13 avril 2022, Actual Ultim' 3 fut remis à l'eau à Lorient sur l'anneau. Le 27 avril, les foils furent mis en place à La Trinité sur Mer, préparant le bateau pour une nouvelle saison de haute performance. Le 5 mai, lors de sa première sortie en baie de Quiberon, il atteignit des pointes à 30 nœuds, confirmant sa vélocité. Le 28 mai, il s'imposa brillamment sur l'ArMen Race, devant Sodebo Ultim 3 et IDEC Sport, marquant une victoire importante pour la nouvelle équipe.

Le 1er juillet, Actual Ultim' 3 prit le départ de la Finistère Atlantique Challenge Action Enfance. Après un bon début de course où il se maintint dans le coup sur les premières heures, il fut très vite distancé. L'épreuve fut marquée par un incident malheureux : 48 heures avant l'arrivée, le bateau heurta un OFNI (Objet Flottant Non Identifié), et la dérive perdit son aile de raie, compromettant sérieusement sa performance. Malgré ces aléas, l'équipe persévéra. Le 15 septembre 2022, un entraînement en commun avec SVR Lazartigue fut organisé au large de Groix et des Glénan, illustrant l'importance des échanges et de la confrontation pour progresser.

L'année 2022 culmina avec la Route du Rhum. Le 9 novembre 2022, Actual Ultim' 3 prit le départ de cette transatlantique légendaire. Il termina la course à la cinquième place, sans pouvoir véritablement rivaliser avec les leaders de la course. La question se posa alors de savoir si l'objectif initial avait été atteint. Le 30 novembre, au lever du jour, Actual Ultim' 3 termina son convoyage à La Trinité sur Mer, en compagnie d'IDEC Sport, marquant la fin d'une saison exigeante.

Les Évolutions et les Enjeux Techniques (2023)

L'année 2023 apporta de nouveaux changements à la barre d'Actual Ultim' 3. Le 13 janvier 2023, Yves Le Blévec annonça qu'en accord avec son sponsor, il passait la main à Anthony Marchand. Cette transmission de skipper est une étape clé dans la vie d'un bateau de course, nécessitant une période d'adaptation et de prise en main.

La saison fut également marquée par des défis techniques majeurs, notamment concernant les systèmes de foils. Le 10 juin, l'ensemble des systèmes de foils sur les deux flotteurs semblèrent avoir été démontés, suggérant une refonte profonde ou un problème nécessitant une intervention. Le 5 juillet, le trimaran effectua une sortie au large de Belle-Île et quelques bords avec SVR Lazartigue, des sessions précieuses pour les réglages. Cependant, fin août, le trimaran n'avait toujours pas ses nouveaux foils. Un foil fut installé sur tribord, mais il semblait s'agir de la V2 du trimaran, et non des foils de dernière génération attendus.

Le 7 septembre, la confirmation arriva : un problème dans le processus de fabrication des nouveaux foils était à l'origine de la livraison retardée. De plus, lors d'une sortie cet été, le trimaran aurait endommagé sa dérive centrale, ajoutant aux défis techniques de l'équipe. Enfin, le 25 septembre, Actual Ultim' 3 retrouva son deuxième foil, lequel ressemblait aux nouveaux, laissant espérer une amélioration significative des performances.

Le bateau n'eut que peu de temps pour s'adapter à cette nouvelle configuration avant sa prochaine compétition. Le 29 septembre 2023, il prit part au 24H Ultim, avec une configuration de foils particulière : un nouveau foil et un ancien foil. Cette situation temporaire permit d'évaluer les performances des nouveaux éléments. Le 2 octobre, le démontage de l'ancien foil tribord fut effectué. Le 3, la potence fut mise en place pour hisser le nouveau foil dans son puit. Finalement, le 4 octobre au matin, le deuxième nouveau foil fut installé, achevant enfin cette phase cruciale d'optimisation des appendices.

Les Compétitions Récentes et les Défis Opérationnels (2023-2025)

Avec ses nouveaux foils en place, Actual Ultim' 3 se prépara pour une compétition majeure. Le 15 octobre 2023, il quitta La Trinité pour Le Havre, où il devait prendre le départ de la Transat Jacques Vabre. Le 29 octobre 2023, il prit le départ de la Transat Jacques Vabre. En raison des conditions météorologiques complexes, aucun parcours côtier ne fut effectué. Alors que les Class40 et les Ocean Fifty avaient également pris le départ, mais en direction de Lorient, et les IMOCA60 étaient restés à quai au Havre, l'Ultim s'élança dans un défi transatlantique exigeant.

La course ne fut pas sans incident. Le 26 novembre au matin, Actual Ultim' 3 arriva à Lorient, skippé par Yves Le Blévec, une partie de l'équipe technique, et JB et Arthur Le Vaillant. Un des incidents majeurs de cette transat fut la dégradation du foil bâbord, qui était déjà très abîmé et avait été réparé quelques jours avant le convoyage sur Brest. Le 6 décembre, le trimaran retrouva son mât et ses voiles à Lorient La Base. Le lundi suivant, il regagna son port d'attache de La Trinité sur Mer, où un travail sur les voiles fut effectué, puis plus rien à flots pendant un temps.

L'année 2024 débuta avec un nouveau défi de taille : l'ARKEA Ultim' Challenge Brest, une course autour du monde en solitaire pour la classe Ultime. Le 7 janvier 2024, Actual Ultim' 3 prit le départ de cette course historique. Le 23 janvier, alors qu'il venait de prendre la quatrième place de la course, l'équipe indiqua une collision sur le foil bâbord. Le foil n'était pas détruit, mais « s'épluchait » petit à petit, confirmant sa fragilité après les dommages antérieurs. Face à cette avarie sérieuse, le trimaran arriva au Cap Town le 26 janvier, où une dizaine de personnes de l'équipe l'attendaient pour des réparations urgentes. Les travaux comprenaient le retrait du foil, la vérification des connectiques, la réparation de l'écoute de J1, la réparation du système de barre et la réparation des vérins des pilotes automatiques. Une fois ces réparations effectuées, le 13 mars, il quitta Brest et rejoignit son port d'attache de La Trinité sur Mer, où un chantier à flot fut entrepris pour préparer des sorties partenaires.

Malgré les défis techniques, le trimaran continua à montrer sa compétitivité. Le 4 mai, il remporta le Tour de Belle-Île en 1 heure et 38 minutes, un petit parcours en raison des conditions météo. Le 25 septembre au matin, il rejoignit le port de Concarneau pour la Finistère Atlantique. Le 28 septembre, il prit le départ de la course avec un bon départ dans le petit temps, où il resta au contact des premiers. Cependant, il commença à se faire distancer à partir du cap Finistère et termina à la cinquième place. Le 9 octobre, il quitta Antibes pour Saint-Tropez, sans doute pour des opérations de relations publiques. Le 14 octobre, il était en route pour Lorient. Au 1er janvier 2025, il était à La Trinité, prêt à reprendre la mer.

Au printemps 2025, l'activité autour du trimaran continua. Le 11 avril 2025, le trimaran était toujours à son ponton à La Trinité sur Mer et faisait des sorties régulièrement en baie de Quiberon, maintenant une routine d'entraînement essentielle. Le 29 mai, il participa à l'ArMen Race et termina à la quatrième place après s'être fait dépasser en baie de Quiberon par les deux MOD70. Le 2 juillet, le trimaran était de nouveau à son ponton à La Trinité sur Mer.

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