Le Trimaran Dragonfly : Une Symphonie de Vitesse, de Confort et d'Ingéniosité Maritime

L'univers de la voile est vaste et diversifié, mais peu de navires captivent l'imagination et l'expérience des marins comme les trimarans Dragonfly. Nés de l'expertise danoise et reconnus pour leurs performances exceptionnelles et leur capacité d'adaptation, ces multicoques incarnent une philosophie de navigation alliant la recherche de vitesse pure à un confort de croisière inattendu. Au-delà de leur conception innovante, les Dragonfly racontent souvent des histoires de passion, d'aventure et de défis relevés en mer.

Une Odyssée Personnelle à Travers les Générations de Dragonfly

L'engagement envers les trimarans Dragonfly est souvent une affaire de cœur et d'expérience, comme en témoignent Maï et Patrick qui, depuis 2002, naviguent sur ces bateaux extraordinaires. Leur parcours avec trois Dragonfly successifs illustre une fidélité à la marque Quorning, marquant des étapes significatives dans leur vie maritime. Leur premier trimaran, le Dragonfly 920 baptisé "Vinnden I", dont le nom signifiant "vent" en suédois fut orthographié de manière à faciliter la prononciation française, fut livré neuf par le fabricant danois Quorning à Pâques 2002. C'est avec une certaine dose d'inconscience et sans aucune expérience préalable du trimaran, mais avec leurs trois filles, qu'ils entreprirent de convoyer le bateau du Danemark vers la France. Le départ se fit alors que l'herbe était encore couchée par le poids de la neige, et deux semaines plus tard, leur arrivée à Dunkerque, sous une belle tempête et une mer blanche d'écumes, coïncidait avec l'éclosion des premiers rosas rugosas. Les années suivantes furent dédiées à la découverte des eaux françaises.

La navigation n'est pas sans aléas, et leur première mésaventure avec ce trimaran survint en plein milieu du golfe de Gascogne, où ils perdirent le safran. Malgré cela, l'aventure continua avec "Vinnden II", un deuxième Dragonfly 920, considéré comme leur préféré. Ce modèle identique à "Vinnden I" les emmena pour un tour dans le nord, explorant les archipels infinis de la mer Baltique en Suède et en Finlande, ainsi que le long de la côte de la mer du Nord en Suède et en Norvège, offrant un choix innombrable de mouillages. Partis du chantier Quorning à Skaerbaeck au Danemark, près de Fredericia, ils longèrent la côte suédoise jusqu'à Saltsjöbaden, une banlieue de Stockholm, avant de se diriger vers Helsinki. Le climat y est en général plus sec qu'en mer du Nord. En 2009, le Dragonfly 920 leur permit de réaliser la traversée de la Suède par le canal Göta. L'année suivante, en 2010, ils longèrent la côte ouest de Suède vers le nord avec Martine, Louise, puis Caroline, jusqu'au fjord de Søgne en Norvège, où le bateau fut hiverné sur une petite île magique.

En 2012, une nouvelle étape fut franchie avec l'arrivée de "Maï Mad", un Dragonfly livré cette fois en Bretagne, à Lorient. Contrairement aux deux précédents, ce bateau était plus grand, mais doté d'un pavillon plus petit et d'une barre à roue qui, bien que confortable, n'offrait plus les mêmes sensations qu'un trimaran hypersensible au moindre souffle de vent. Cependant, le confort y était accru, avec un four (qui ne servit qu'une seule fois) et un "grand" frigo. Le nom "Maï Mad", suggéré par Caroline, est un hommage à la grand-mère matelote, "Maï" étant le prénom et "Mad" signifiant "bonne" en breton, évoquant l'expression "bonne maman". Si les bateaux ont évolué, le skipper et la matelote sont restés les mêmes. Il est intéressant de noter que le terme "matelote" peut aussi désigner un plat composé de poissons coupés en morceaux, cuits avec du vin et des oignons, tandis que "matelot" trouve son origine dans le néerlandais du 13ème siècle, "mattenoot", signifiant "compagnon de couche". Le nouveau trimaran prit ensuite la direction du sud, traversant le golfe de Gascogne, les côtes nord de l'Espagne, le Portugal et le sud de l'Espagne pour explorer les riches eaux méditerranéennes. Une pause s'imposa en Afrique du Nord, en Tunisie, pour y hiverner le bateau au chaud, avec l'option "sable". Maï, en tant que maman et grand-mère nomade, a numérisé le journal de bord de leurs voyages pour que ses trois filles, gendres et petits-enfants puissent suivre leurs aventures. Cette transmission des expériences maritimes souligne l'essence même de l'exploration et de la découverte qui anime les propriétaires de Dragonfly.

L'Excellence du Chantier Naval Quorning Boats : Un Artisanat de Précision

Les trimarans Dragonfly sont le fruit de l'artisanat de haute précision du chantier naval danois Quorning Boats. Cette entreprise familiale, basée à la sortie du fjord de Kolding, s'est forgé une réputation de "luthier du bateau" au cours de ses 50 ans d'expérience. Jens Quorning, à la tête du chantier, et son équipe déploient un savoir-faire méticuleux dans la conception et la construction de chaque unité. La qualité est omniprésente, distinguant clairement les Dragonfly d'autres multicoques. La capacité de production est délibérément limitée, avec environ une cinquantaine de trimarans fabriqués par an, en raison des nombreuses heures de travail requises pour les modèles plus grands. Cela entraîne des délais de livraison parfois longs, mais garantit une qualité irréprochable.

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Les coques sont fabriquées en sandwich avec une âme en Divinycell, selon un procédé de pose manuelle, et sont laminées par X-Yachts en Pologne. Cependant, les poutres (beams) et les cloisons soumises à de fortes contraintes sont produites sur place par Quorning, utilisant le procédé d'infusion sous vide, avant que les pièces finies ne soient recuites. Cette combinaison de techniques assure une solidité et une légèreté optimales.

Le Système "Swing Wing" : L'Ingéniosité du Pliage

Une caractéristique emblématique des trimarans Dragonfly est leur système de repliage des flotteurs, connu sous le nom de "Swing Wing". Cette innovation est essentielle pour la transportabilité et la facilité d'amarrage des multicoques. Pour les modèles plus récents comme le Dragonfly 36, l'intégration de charnières pliantes en composite dans la structure représente une avancée majeure. Auparavant fabriquées en acier inoxydable et vissées à la coque et aux poutres, ces charnières sont désormais laminées avec les cloisons en PRV, formant ainsi un ensemble homogène. La pièce en plastique terminée est ensuite découpée par une fraiseuse CNC. Comme l'explique Jens Quorning, cela évite le réglage fastidieux des charnières et rend le trimaran, sans pièces métalliques, moins exigeant en entretien et plus léger.

Sur l'eau, les charnières en composite fonctionnent aussi discrètement que les versions métalliques des modèles précédents. Une fois le trimaran replié manœuvré hors du port, il suffit d'ouvrir un arrêt de drisse de chaque côté. Les flotteurs étant enfoncés un peu plus profondément dans l'eau lors du pliage, ils pivotent automatiquement vers l'extérieur lors du dépliage. Le treuil électrique de série n'est nécessaire que pour la dernière partie de l'opération et pour la traversée finale des barrages. L'ensemble du processus de pliage peut être contrôlé confortablement depuis la barre et dure à peine une minute, soit environ le temps qu'il faut à la grand-voile carrée géante de 73 mètres carrés pour grimper au mât. Cette simplicité d'utilisation est un atout majeur, particulièrement apprécié par les marins qui souhaitent optimiser leur temps et leur espace au port.

Le Dragonfly 28 : Le "Couteau Suisse" Polyvalent

Si la perfection était le cap, le Dragonfly 28 en serait la destination. Ce modèle est le trimaran multifonction par excellence, conçu pour répondre à une large gamme de besoins. Avec ses trois niveaux de finition - TOURING, SPORT ou PERFORMANCE - il s'adresse aussi bien aux familles en quête de croisières confortables qu'aux régatiers avides de vitesse.

Le Dragonfly 28 représente le rêve de toute une vie pour Jens Quorning, qui a consacré près de deux ans avec son co-architecte Steen Olsen à la conception et au développement de ce bateau complexe. Bénéficiant des 50 ans d'expérience du chantier Quorning Boats, souvent comparé à un luthier du nautisme, le Dragonfly 28 intègre les dernières avancées en matière de design. Par exemple, la version Performance est dotée de nouvelles étraves inversées. Ce modèle est le plus vendu de la gamme Dragonfly, salué pour sa capacité à concilier croisière familiale, astuce et transportabilité. Il est également capable de "beacher", c'est-à-dire de s'échouer sur une plage en toute sécurité, offrant un contact plus proche avec la mer. Les Dragonfly 28 sont légers, performants et faciles à utiliser, procurant de véritables sensations de mer.

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Le Dragonfly 36 : L'Apogée de la Performance et du Confort

Le Dragonfly 36 est une prouesse d'ingénierie et de design, marquant une nouvelle étape dans l'évolution des trimarans de croisière rapide. Son développement a nécessité environ deux ans et demi de travail intensif de la part de l'équipe de Jens Quorning avant la présentation de la première coque à la mi-année dernière. Sa première officielle au Boot de Düsseldorf a attiré un public considérable, et seulement six mois plus tard, le cinquième bateau était déjà en construction avec 28 commandes enregistrées. Cela représente suffisamment de travail pour l'entreprise familiale pendant plus d'un an, sachant que la capacité de production pour les modèles de cette taille est d'environ 24 unités par an.

Le profil de performance du Dragonfly 36 est particulièrement impressionnant. Pour quitter rapidement la couverture terrestre, le gennaker peut être déployé du sac ou, plus astucieusement, directement du flotteur. Les quatre grands espaces de rangement intégrés dans les flotteurs ne servent pas seulement à abriter l'annexe et les roues pliantes, mais sont aussi optimaux pour stocker des sacs de voiles volumineux. Avec un vent d'environ douze nœuds, le bateau se dirige vers le Kleiner Belt à une vitesse rapide mais sans précipitation, oscillant entre huit et douze nœuds.

Le trimaran se montre très neutre sur le gouvernail, avec des commandes relativement réduites - trois quarts de tour de butée à butée. Cependant, à faible vitesse et sous moteur, des courses de barre relativement importantes sont nécessaires. Dès que les rives boisées s'éloignent, le vent forcit, faisant grimper le loch à 14 à 16 nœuds au largue. À mesure que la vitesse augmente, l'adhérence du fin safran en fibre de carbone s'accroît, et les mouvements de barre nécessaires diminuent. Au-delà de 15 nœuds, le Dragonfly commence à s'accrocher à la roue comme un kart.

Pour exploiter pleinement le potentiel de ce trimaran, on passe au Code Zero. Cette voile, comme le reste de la garde-robe provenant d'Elvström, est manœuvrée sur le bateau de test par un enrouleur électrique de Facnor intégré dans le nez de l'étrave. Ce système fonctionne avec une rapidité impressionnante, ne prenant qu'une dizaine de secondes pour dérouler ou enrouler la voile de 67 mètres carrés. Si le chantier naval propose ce système, voiles Epex comprises, pour 26 000 euros, une variante manuelle moins chère est disponible pour environ 11 600 euros. Indépendamment du coût, le Code Zero confère au trimaran un véritable coup de fouet. Tandis que sous gennaker, la vitesse du bateau correspond à peu près à celle du vent, avec le Code Zero, cette limite est dépassée. Par vent se renforçant, le Dragonfly navigue constamment autour de 19 nœuds, chaque rafale étant immédiatement convertie en vitesse supplémentaire. Lors des tests, une vitesse de pointe de 21,6 nœuds a été atteinte avec environ 19 nœuds de vent réel. Le Dragonfly 36 surpasse même la valeur maximale du modèle haut de gamme de 40 pieds testé dans des conditions comparables. Une des raisons de cette performance supérieure pourrait résider dans les flotteurs perfectionnés qui, contrairement à ceux du 40 pieds, sont asymétriques et possèdent une carène plate - un design courant sur les trimarans de régate actuels pour un meilleur écoulement de l'eau et une résistance réduite. Jens Quorning explique qu'ils ont opté pour ce design car cela leur permettait de laminer deux flotteurs simultanément grâce à des moules doubles.

La rapidité au largue ou à mi-vent est une chose, mais la navigation au près est souvent plus ardue. Le Dragonfly 36 bénéficie également d'une excellente conception hydrodynamique et aérodynamique. Avec une incidence de 43 degrés, le trimaran navigue à environ 10 nœuds, offrant une vitesse au vent (VMG) de 7,5 à 8 nœuds - des valeurs dont les propriétaires de monocoques de taille similaire ne peuvent que rêver. Ce qui est frappant lors de la navigation au près, c'est que le trimaran se déplace comme sur des rails, nécessitant pratiquement aucune correction. Cependant, l'absence de capote de protection, non montée pour des raisons esthétiques, peut être regrettée, car le vent de route et le vent apparent s'additionnent pour créer une brise très fraîche et soutenue.

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Aménagement Intérieur et Confort : Optimisation de l'Espace

Comme c'est souvent le cas pour les trimarans où seule la fine coque centrale est habitée, l'espace sous le pont est intrinsèquement plus étroit. Le Dragonfly 36 ne fait pas exception à cette règle, mais Quorning, comme pour le modèle 40 pieds, a misé sur une forme spéciale de la coque principale. La carène est fine et bien découpée, mais la largeur augmente nettement au-dessus de la ligne de flottaison, libérant ainsi de l'espace. L'aménagement intérieur répond aux standards des monocoques modernes, intégrant une chambre arrière. Cette chambre, située sous le cockpit, offre une hauteur debout à l'entrée et un espace agréable pour la tête au-dessus de la couchette, bien que le matelas repose sur les planches du plancher.

L'écoutille de secours obligatoire offre une vue sur la mer, tandis que des fenêtres optionnelles dans la coque et le cockpit apportent une lumière supplémentaire. L'espace de rangement est cependant limité, avec l'absence de penderie et une seule petite armoire en face des toilettes à l'avant. En revanche, le salon et les chambres sont équipés d'un nombre plus conséquent de placards. Dans le salon, une large bande de fenêtres et un grand panneau de pont assurent une excellente luminosité diurne. Des fenêtres de coque ouvrantes, installées sur le bateau d'essai, sont également disponibles sur demande, tandis que des fenêtres latérales fixes sont de série à l'avant.

L'intégration de la dérive est particulièrement bien pensée : elle remplace le pied de table, la rendant ainsi quasi invisible. Globalement, l'aménagement intérieur séduit par son excellente finition. Les boiseries, avec leurs encadrements collés en forme, sont impeccables, tout comme la peinture satinée. Les fentes sont parfaites, et le grain du placage d'orme est très bien assorti. C'est l'une des raisons de l'énorme supplément de prix pour un aménagement en bois véritable. En standard, Quorning utilise une imitation frêne sur les cloisons, évitant ainsi le besoin de sélectionner des placages.

Le confort à bord est également une priorité pour les propriétaires, comme l'illustre l'équipement de "Maï Mad" avec un four (qui n'a servi qu'une seule fois) et un "grand" frigo, même si ces ajouts sont optionnels et peuvent impacter le prix final.

La Prévention de l'Enfournement : Sécurité en Multicoque

Les trimarans Dragonfly sont réputés pour leur vitesse et leur agilité, mais comme tout multicoque performant, ils nécessitent une vigilance particulière, notamment en ce qui concerne le risque d'enfournement. L'enfournement se produit lorsqu'une étrave s'enfonce brutalement dans l'eau, généralement au portant et par mer formée, pouvant entraîner un chavirage par l'avant. Il faut bien sûr se méfier au portant dans la brise, car le risque d'enfournement, comme pour tout multicoque, est bien réel et doit être anticipé par une réduction de voilure.

Des incidents ont été rapportés, soulignant l'importance de la prudence et du respect des procédures. Il a été observé que quelques DF920 et un DF35 se sont retournés, tandis qu'un autre DF920 a rencontré des problèmes suite à une erreur d'installation du bloqueur du système de pliage des flotteurs. Ces cas rappellent que même les navires les plus robustes sont sensibles à une mauvaise manipulation ou à des défaillances techniques.

Pour prévenir l'enfournement et gérer les situations de forte brise, plusieurs stratégies de réduction de voilure sont recommandées. En cas de besoin urgent, un ou deux tours sur la poupée de winch peuvent faciliter le largage rapide. Larguer l'écoute de spi ou de Code Zero et abattre très rapidement est souvent suffisant, car très efficace. Si cela s'avère insuffisant, la dernière chance consiste à larguer l'écoute de grand-voile ainsi que la balancine. La décision de réduire en premier le foc ou la grand-voile dépend de la situation. Pour un temps très court, réduire simplement le foc peut suffire. Cependant, par vent très fort et bien établi, il est préférable de réduire la grand-voile pour diminuer la pression centrale, rendant le bateau plus facile à contrôler, puis de réduire le foc.

L'utilisation de la dérive est également un facteur important pour la sécurité et la performance. Normalement, il est recommandé de laisser la dérive basse en permanence. Si des difficultés surviennent pour la baisser au vent arrière, il suffit de se mettre bout au vent pour relâcher la pression sur la dérive et faciliter sa descente. La plupart des dérives Dragonfly comportent une partie profilée pour optimiser l'hydrodynamisme.

Concernant le réglage du gréement, le manuel du propriétaire recommande de toujours border les deux bastaques à la bonne tension. Pour la bastaque sous le vent, il est conseillé de la reprendre juste à la main, jamais en force sur le winch, car cela entraînerait une pression excessive sur le gréement. En revanche, la bastaque au vent doit être raidie pour mieux tenir le mât. S'il y a une différence de réglage entre les mâts en aluminium et en carbone, les principes généraux de tension demeurent similaires, mais les caractéristiques du carbone peuvent permettre des réglages plus fins.

Enfin, il est crucial de naviguer en étant conscient de son environnement et des capacités du bateau. Les instruments de navigation, qu'ils affichent le vent réel ou le vent apparent, sont des outils précieux pour anticiper les changements de conditions. La connaissance des réactions du trimaran en fonction des réglages de voiles et de la force du vent est essentielle pour exploiter ses performances en toute sécurité.

Positionnement sur le Marché et Tarification

Le Dragonfly 36, avec sa combinaison unique d'un aménagement intérieur noble et adapté à la navigation, et d'énormes performances, est pratiquement sans concurrence sur le marché. Les trimarans plus anciens, comme le Corsair 37, ne peuvent rivaliser dans aucune discipline, et même le modèle haut de gamme de 40 pieds des Danois devrait avoir du mal à suivre l'agilité de ce "papillon". Cependant, le prix du bateau est également sans concurrence, se situant environ 2,5 fois plus haut que celui d'un monocoque de même longueur. Cette tarification, bien que significative, se justifie par la qualité de fabrication artisanale et le coût de construction nettement plus élevé.

Un monocoque de même longueur aurait certes plus de place, mais pas le même potentiel de vitesse, loin s'en faut. Un monocoque aussi rapide devrait être deux fois plus grand, ce qui le placerait dans des sphères totalement différentes en termes d'achat et de coûts d'entretien. En comparaison, un Corsair 36 a été observé à 260 000 euros, et un Nautitech 40 à 320 000 euros, tandis que les prix de base du Dragonfly 36 (situation en 2025) débutent à 627 130 € pour la version Touring et 659 260 € pour la version Performance, avec des options "prêt à naviguer" à 650 522 € et "confort" à 689 638 €.

L'équipement standard comprend le moteur (Yanmar 30 CV), les écoutes, le bastingage, les feux de position, la batterie, le compas, la grand-voile, le génois, les coussins, la cuisine/cuisine, la pompe de cale, les WC, l'extincteur, le réservoir à matières avec aspiration et les amarres. Des suppléments sont proposés pour un E-frigo (2 350 €), une robe de voile (1 276 €), un ancre avec ligne et treuil (7 336 €), des pare-battages (154 €), l'antifouling (7 325 €), et la livraison voile claire (4 951 €). Une garantie de 2 ans et une garantie contre l'osmose de 5 ans sont offertes. L'équipement de confort peut inclure le réglage des suspentes, et le placage en bois véritable d'orme, comme celui du bateau de test, représente un supplément de 23 878 €.

En matière de motorisation, une option de moteur Yanmar de 40 CV est disponible, bien qu'elle ne rende guère le trimaran plus rapide, elle est recommandée en combinaison avec l'alternateur 230 volts de Dynawatt. L'enrouleur électrique pour le Code Zero de Facnor, bien que très efficace, coûte 25 912 € avec la voile correspondante. Une cuisinière électrique avec four est également proposée en option, nécessitant des batteries au lithium, pour un coût additionnel de 14 917 €.

Malgré ces coûts, l'attrait des trimarans Dragonfly reste fort. Christophe Lelu, propriétaire d'un DF 920 "Tsunami" acquis 100 000 € neuf en 1999 (le même prix d'achat que 25 ans plus tard), souligne la qualité et la durabilité de ces bateaux. Il s'interroge sur la rareté des trimarans performants et abordables sur le marché, alors que les jeunes s'orientent vers le multicoque et que les courses océaniques sont dominées par ces derniers.

Distribution en France : L'Engagement de Hello Multi

La marque danoise de trimarans sportifs Dragonfly est désormais importée en France par la société vendéenne Hello Multi. Basée aux Sables-d'Olonne, cette entreprise est dirigée par Charlotte et Julien Binard, mari et femme, tous deux anciens cadres du nautisme dans un grand groupe industriel. Leur objectif est clair : offrir un contact plus proche avec la mer à travers des bateaux légers, performants et faciles à utiliser, qui procurent de véritables sensations.

Charlotte et Julien, alors respectivement chargée de communication et responsable commercial France d'un grand groupe nautique, ont eux-mêmes cherché à acquérir un bateau personnel. Leur choix s'est porté sur un Dragonfly 28 Performance, qu'ils considéraient comme le meilleur trimaran existant, bénéficiant des 50 ans d'expérience du chantier Quorning Boats. Cependant, ils ont rencontré des difficultés à trouver un contact en France. Après s'être rapprochés du chantier danois, qui leur a expliqué ses défis à travailler avec la France, ils se sont rendus sur place. Ce "gros coup de cœur" pour les bateaux les a conduits à quitter leur entreprise fin novembre 2017 pour créer Hello Multi, la société commerciale dédiée à l'importation de Dragonfly en France. Cette nouvelle dynamique s'est concrétisée avec succès lors d'événements nautiques majeurs comme le Nautic et le Boot de Düsseldorf.

Hello Multi importe une gamme de quatre trimarans repliables à voile : les Dragonfly 25, 28, 32 et 35, tous conçus pour la navigation hauturière et équipés du système "Swing Wing". Ces modèles, fabriqués à la commande et 100 % construits au Danemark, sont reconnus pour leurs performances, Julien affirmant qu'ils "vont plus vite que le vent !" Ils sont principalement répandus en Angleterre et en Allemagne, et naviguent majoritairement en Atlantique et en Méditerranée. Le modèle le plus vendu, le Dragonfly 28, est décrit par Charlotte comme le "couteau suisse" de la marque, idéal pour la croisière en famille, astucieux, transportable et capable de beacher, avec une étrave inversée dans sa version Performance. La société Quorning Boats, employant 50 salariés, commercialise ses modèles en France via Hello Multi, offrant une démonstration de repliage des coques d'un Dragonfly 25 en direct depuis le Boot de Düsseldorf pour illustrer la simplicité du système.

Données Techniques du Dragonfly 36 et Évaluation

Les trimarans Dragonfly de grande taille, comme le 36, utilisent des gréements en fibre de carbone de fabrication propre à Quorning. La version sport est livrée avec deux mètres de tubes supplémentaires et peut porter davantage de toile, bien que la construction et le poids des coques soient identiques. Les réservoirs sont clairement désignés : A pour l'eau douce, B pour le diesel, et C pour les matières fécales. Le réfrigérateur dispose d'une capacité de 85 litres.

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