Le port du voile en Islam est un sujet qui suscite de nombreuses interrogations et interprétations, tant au niveau des textes fondateurs que de leur application à travers les âges et dans les sociétés contemporaines. La complexité de cette question réside dans la diversité des perspectives, des traditions juridiques et des réalités culturelles, souvent mise en lumière par des débats publics et des publications engagées.
L'ouvrage intitulé "Touche pas à mon voile", écrit par Farhat Amin et publié par Anissa éditions, aborde précisément cette question controversée du port du voile et du niqab en Europe. Ce livre sur l'islam met en lumière une tendance à la restriction du port de ces voiles dans certains pays européens, suggérant que ces mesures reflètent des problèmes plus profonds au sein des sociétés libérales occidentales. L'auteur y perçoit une contradiction entre les valeurs proclamées de justice, d'égalité et de droits des femmes par les adeptes du libéralisme, et le traitement réservé aux femmes musulmanes voilées. Ces contradictions, selon lui, détournent subtilement l'attention portée sur les injustices infligées aux musulmans de manière plus générale.
"Touche pas à mon voile" se présente comme un ouvrage engagé qui s'adresse principalement aux lecteurs musulmans, les invitant à réfléchir aux défis actuels liés à la question du voile dans un contexte de laïcité en Europe. Face à ces attaques évidentes, visant les valeurs, le code vestimentaire et le mode de vie des musulmans, plusieurs questions s’imposent : quelle posture les croyants devraient-ils adopter pour répondre au mieux à ces attaques ? Qu’est-ce qui explique une telle intolérance des hommes politiques et des gouvernements non musulmans envers les femmes portant le voile ?
Ce livre est né d’un besoin profond : celui de comprendre, de poser des mots sur ce que tant de femmes vivent en silence. Derrière chaque voile, il y a un visage, une trajectoire, une émotion. Des femmes qui le portent par conviction, d’autres qui l’ont retiré par choix ou par contrainte. À travers ses pages, leurs voix se croisent, se répondent, se révèlent. Chacune raconte son rapport à la foi, à la liberté, à la féminité. L'ouvrage n’est pas un manifeste ; il se veut un miroir, cherchant non pas à convaincre ou à diviser, mais à comprendre, car trop souvent, on parle des femmes voilées sans jamais les laisser parler. C'est ainsi que les femmes reprennent leur voix, faisant de "Mon voile, mon identité" une traversée, une quête à la fois intime et collective.
Les Fondements Coraniques et la Délimitation du Vêtement Islamique
La question du voile en Islam prend sa source dans les textes sacrés, notamment le Coran. Une des clés de l'interprétation du vêtement islamique pour la femme réside dans la délimitation de ce que désignent les termes "ce qui en paraît" dans le verset coranique "Qu'elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît" (Coran 24/30). Pour ce qui est des autres versets coraniques, ils n'explicitent pas ces termes "ce qui en paraît", laissant place à des nuances d'interprétation parmi les juristes musulmans.
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Concernant la question spécifique des mains, il est rapporté que des musulmanes laissaient leurs mains découvertes devant le Prophète. Un hadith authentique le confirme : le Prophète avait dit à une musulmane : "Etant une femme, tu devrais te teindre les ongles avec du henné" (an-Nassâ'ï, 4712). Ce propos est significatif, car il implique clairement que les mains de cette femme étaient découvertes devant le Prophète. Cela conduit à la compréhension que les mains ne font pas partie de ce que la femme doit recouvrir en présence d'hommes autres que son mari et ses proches parents (mahârim). Les Mahârim (au pluriel) et « Mahram » (au singulier) désignent les hommes avec lesquels la femme ne peut jamais se marier, tels que le père, le fils, le frère, etc. Pour ces derniers, la femme ne doit leur dévoiler que les endroits de parure (les endroits où la femme met ses parures, tels que le cou, les oreilles, les jambes, les poignets, etc.).
Le Djilbâb, le Ridâ’ ou la Milhafa, également appelé Moulâ’a, sont des vêtements que la femme porte sur son Khimâr, son Dir‘ (habit allant du cou aux pieds) ou son Qamîs (vêtement que l’on porte sous le voile extérieur). Par le moyen de ces habits, la femme couvre toute partie de son corps qui doit être voilée, de la tête aux pieds. Cette exigence est étayée par le verset coranique : "Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles ; elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allâh est Pardonneur et Miséricordieux." (Coran 33/59). De même, le verset "…Et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines." (Coran 24/31) donne des indications précises sur la manière de porter le voile. Les Ansâr, compagnons du Prophète صلَّى الله عليه وسَّm de Médine qui l’ont soutenu et ont reçu les musulmans émigrés venus de La Mecque et d’ailleurs, ont appliqué ce verset avec diligence. Il est rapporté par Aboû Dâwoûd (4101) d’après Oum Salama رضي الله عنها que lorsque ce verset fut révélé, les femmes Ansâr ont déchiré leurs Mouroût (une sorte d’habit) et en firent un Khimâr qu’elles portèrent.
Le Voile du Visage (Niqab) : Textes, Contextes et Divergences Jurisprudentielles
La question du voile du visage, ou niqab, est un point de discussion important dans la jurisprudence islamique. Il est certain que le voile du visage de la femme est bel et bien mentionné dans les textes et n'est donc pas une innovation (bid'a). Aïcha, l'épouse du Prophète, en témoigne dans le récit qu'elle fait des circonstances ayant conduit à la calomnie proférée à son encontre. Elle relate : "Alors que j'étais ainsi assise, je fus gagnée par le sommeil et m'endormis. Pendant ce temps, Safwân ibn ul-Mu'attal, qui restait en retrait par rapport à l'armée, s'était mis en route dans la dernière partie de la nuit. Il arriva près de l'endroit où je me trouvais au petit matin. Il vit une forme humaine allongée et s'approcha. Il me reconnut car il m'avait vue avant l' (institution du) voile. Il prononça alors la formule de l'istirjâ' [formule que l'on dit en cas de malheur]. Je fus réveillée au son de cette formule." Ce témoignage suggère une pratique du voile recouvrant le visage après son institution.
Aïcha raconte également à ce sujet une autre pratique durant le pèlerinage : "Il arrivait que de gens passent près de nous alors que nous étions en état de sacralisation en compagnie du Prophète. Lorsqu'ils arrivaient à hauteur de l'endroit où nous nous trouvions, nous suspendions (sadl) notre voile par devant notre visage." Ceci indique une pratique de dissimulation du visage même en état de sacralisation (ihrâm), bien que ce dernier état soit habituellement associé à l'interdiction du niqab.
Cependant, d'autres récits jettent une lumière différente sur la question de l'obligation générale du voile du visage. Par exemple, pendant le pèlerinage en l'an 10 de l'hégire, lors de la journée du sacrifice à Minâ, le Prophète s'était installé sur sa monture pour répondre aux questions que les gens venaient lui poser. Il avait pris en croupe derrière lui son cousin, le jeune al-Fadhl ibn Abbâs. Une femme khath'amite vint poser au Prophète une question à propos de son père âgé. Le transmetteur raconte que "La beauté de cette femme plut alors à al-Fadhl." Il est à noter que cette femme ne portait pas le voile du visage.
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Il est vrai, comme on pourrait l'objecter, que le Prophète a interdit aux femmes de se couvrir le visage en état de sacralisation (ihrâm) lors du pèlerinage, affirmant : "Que la femme en état de sacralisation ne porte pas le voile du visage (niqâb), ni de gants" (rapporté par al-Bukhârî, 1741). Al-A'zamî a d'ailleurs prouvé que cette femme khath'amite était toujours en état de sacralisation au moment de sa question (il a renvoyé à Fat'h ul-bârî 11/14 et 4/87). Or, si le voile sur le visage était obligatoire de façon générale, le Prophète aurait ordonné à cette jeune femme de dissimuler son visage, d'autant plus que al-Fadhl était attiré par sa beauté. Cette situation contraste avec la pratique d'Aïcha bint Abî Bakr et Asmâ' bint Abî Bakr qui, comme mentionné précédemment, dissimulaient leur visage en suspendant leur voile par devant dès que des hommes passaient près d'elles, même en état de sacralisation.
Ces éléments ont conduit des ulémas éminents comme at-Tahâwî, al-Qâdhî 'Iyâdh, et Ibn Battâl à expliquer que le port du voile du visage était obligatoire pour les épouses du Prophète, mais ne l'était pas pour les autres musulmanes. Ainsi, certains musulmans s'accordent à dire que le port du voile du visage pour les musulmanes autres que les épouses du Prophète n'était pas obligatoire, une position basée sur les sources musulmanes et les avis d'ulémas des siècles précédents.
D'autres récits apportent des précisions sur le contexte des interactions entre le Prophète et les femmes, influençant les interprétations des règles vestimentaires. Jâbir relate que le Prophète a dit aux femmes, le jour de l'Eid ul-fitr : "Donnez l'aumône (…)." Suite à d'autres paroles du Messager de Dieu, "une femme, du milieu* du groupe des femmes, aux joues rembrunies ("saf'â' ul khaddayn"), s'est levée et a dit : "Pourquoi donc, ô Messager de Dieu ?"" (Muslim 885). Le fait que ses joues soient décrites comme "rembrunies" pourrait suggérer un visage découvert. Par ailleurs, Asmâ' bint Yazîd relate du Prophète un propos similaire à celui relaté par Jâbir, avant d'ajouter : "J'ai alors interpellé le Messager de Dieu - j'osais devant lui - : "Pourquoi donc, ô Messager de Dieu ?"" (Fat'h ul-bârî, Ibn Hajar, 2/603, citant ce qu'"ont rapporté al-Bayhaqî, at-Tabaranî, et autre qu'eux"). L'identité de la femme dont il n'est pas précisé le nom dans la relation de Jâbir pourrait être Asmâ' bint Yazîd.
Cependant, cet avis ne semble pas pertinent pour établir une règle générale d'obligation du voile facial. En effet, Ibn Abbâs a relaté que, un jour de l'Eid, le Prophète, après avoir fait le sermon, s'est rendu auprès des femmes, a récité devant elles le verset 60/12, puis leur a demandé si elles étaient fidèles à l'engagement que communique ce verset. Une femme lui a répondu : "Oui, ô Prophète de Dieu". Le Prophète a dit : "Donnez l'aumône" (al-Bukhârî, 936, 4613, Muslim 884). An-Nawawî a écrit, en réponse à un avis d'al-Qâdhî 'Iyâdh, quelque chose qui indique que ce récit relaté par Ibn Abbâs et celui relaté par Jâbir concernent le même événement (cf. Shar'h Muslim, 6/172). Or, le verset 60/12 a été révélé suite au pacte de al-Hudaybiya, qui a eu lieu en dhu-l-qa'da de l'an 6 de l'hégire, alors que le verset du voile a été révélé suite au mariage du Prophète avec Zaynab, lequel a eu lieu soit en l'an 3, soit en l'an 4 (un autre avis allant tout au plus jusqu'à l'an 5 de l'hégire). Cette chronologie suggère que les règles d'habillement avaient évolué et que le contexte de chaque événement est crucial pour l'interprétation.
Malgré le constat d'une certaine décadence spirituelle et morale contemporaine, qui pourrait mener à un principe de précaution en jurisprudence musulmane (sadd ul-bâb) pour rendre obligatoire le voile du visage, certains érudits préfèrent un raisonnement différent. Al-Albânî, par exemple, a écrit dans "Hijâb ul mar'a al muslima" : "Même si je suis moi aussi très chagriné par ce que je vois de manque de pudeur généralisé, je ne pense pas que la solution soit de rendre obligatoire aux musulmanes le fait de cacher leur visage. Car chez la grande masse des musulmanes, ici en Syrie, ou en Egypte, ou ailleurs, le délaissement de l'attachement à l'éthique musulmane est flagrant. Dans pareil cas, rendre obligatoire à cette masse des musulmanes le port du voile sur le visage alors qu'elles ne sont même pas prêtes à se couvrir la chevelure, le cou et les épaules en public (ce que les sources musulmanes ont pourtant rendu obligatoire et qui ne fait pas l'objet d'opinions divergentes), est quelque chose que ne devraient pas faire celui et celle qui ont compris un tant soit peu les sources musulmanes." Il préconise plutôt de rappeler les enseignements fondamentaux des sources musulmanes. Le caractère obligatoire de l'éducation dans la foi et de la progressivité dans le rappel ne doit pas être oublié ; il ne faudrait pas se dépêcher de rappeler une obligation potentielle dès le premier contact avec une sœur, fût-elle éloignée de la foi et de la pratique de sa religion.
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Les Principes Régissant le Regard en Islam
Le récit de la femme khath'amite offre un éclairage non seulement sur le voile du visage, mais aussi sur les principes régissant le regard entre hommes et femmes en Islam. Il en ressort que s'il n'est effectivement pas obligatoire à la femme de se couvrir le visage en public, un homme ne peut regarder le visage d'une femme que s'il n'éprouve pas d'attirance (taladhdhudh). Au cas contraire, s'il éprouve au fond de lui une attirance (délectation : taladhdhudh), il lui est interdit de regarder le visage d'une femme (autre que son épouse).
Cet avis, partagé par de nombreux juristes et savants tels que al-Qâdhî 'Iyâdh, Ibn Battâl, at-Tabarî, al-Baghawî, Ibn 'Abd il-barr, Abû Hanîfa, Mâlik, ash-Shâfi'î, Ahmad (selon un des avis rapportés de lui), al-Awzâ'î, Abû Thawr, ath-Thawrî, et al-Muzanî, est précis. Il stipule que l'on doit systématiquement ne pas regarder ce qui est 'awra, que le regard soit neutre ou chargé d'attirance. Cependant, pour ce qui n'est pas 'awra, on ne doit pas le regarder si le regard est chargé d'attirance, mais il est permis de le regarder tant que le regard est neutre. Cette distinction souligne la responsabilité individuelle dans la gestion du regard et la prévention de l'attirance illicite.
Les Critères Détaillés de l'Habit Islamique pour la Femme
Au-delà des discussions spécifiques sur le voile du visage, l'Islam établit des critères clairs pour l'habit général de la femme musulmane, tirés des textes authentiques de la Charia, qui délimitent la réalité du voile religieusement requis. Ces principes garantissent la modestie et la dignité de la femme en public.
1. La Couvrance Complète
L’habit doit comprendre toute partie du corps que la femme doit cacher, afin de se voiler des étrangers. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il est appelé « voile », car il voile son corps des étrangers. Le Coran enjoint aux femmes de "ramener sur elles leurs grands voiles" (Coran 33/59) et de "rabattre leur voile sur leurs poitrines" (Coran 24/31), ce qui indique une exigence de couvrance étendue.
2. La Longueur Requise
La longueur de l’habit de la femme est également soumise à des critères spécifiques. Il existe une longueur recommandée, qui dépasse les chevilles d’un empan, et une longueur permise d’une coudée, constituant une limite à ne pas dépasser (rapporté par Aboû Dâwoûd (4117), An-Naşâ’î (5339), Ibn Mâdjah (3580), Ahmad dans son Mousnad (6/293), d’après Oum Salama رضي الله عنها). Cela est soutenu par le hadith rapporté par ’Oum Salama رضي الله عنها qui a dit au Prophète صلَّى الله عليه وسَّm quand il a parlé du Izâr (sorte de pagne) : « Et la femme, ô Prophète d’Allâh ? ». Le Prophète صلَّى الله عليه وسَّm dit alors : « Qu’elle le rabatte d’un empan. » Oum Salama رضي الله عنها dit : « Alors, elle sera dévoilée », ce à quoi le Prophète a précisé davantage, indiquant la nécessité d'une couvrance suffisante pour ne pas laisser apparaître la nudité.
3. L'Amplitude et l'Absence de Précision des Formes
L’habit doit être large et ample, afin de ne pas préciser une partie de son corps. L’habit étroit qui précise les traits du corps ne correspond pas au voile religieusement exigé, car il détermine les détails du corps et rend ce dernier visible. L’interdiction de l’habit étroit a été citée dans le hadith rapporté par Ouşâma Ibn Zayd رضي الله عنهما qui a dit : « Le Prophète صلَّى الله عليه وسَّm m’a accordé un habit copte opaque que Dihyah Al-Kalbi lui a accordé, et je l’ai donné à ma femme. Le Prophète صلَّى الله عليه وسَّm m’a dit : “Pourquoi ne portes-tu pas l’habit copte ?” J’ai dit : “Ô Prophète d’Allâh, je l’ai accordé à ma femme” » (Rapporté par Ahmad dans son Mousnad (5/205), et Al-Bayhaqî dans As-Sounane Al-Koubrâ (2/234)). Al-Albânî l’a jugé haşane (bon) dans Djilbâb Al-Mar’a Al-Mouslima. Ce hadith, bien que ne traitant pas directement de l'étroitesse, est souvent interprété dans le contexte de la modestie et de la non-mise en évidence des formes.
4. L'Opacité du Tissu
L’habit doit être opaque et ne doit pas être transparent, de peur de montrer la couleur de la peau de la femme. L’interdiction de cela a été établie dans le hadith Marfou‘ (propos, acte ou approbation attribués au Prophète صلَّى الله عليه وسَّm) rapporté par Aboû Hourayra رضي الله عنه dans lequel le Prophète صلَّى الله عليه وسَّm a dit : « Il y a deux catégories des gens de l’enfer que je n’ai pas encore vues : des hommes avec des fouets pareils à des queues de vaches et avec lesquels ils frappent les gens, et des femmes à la fois vêtues et dénudées, désobéissantes et attirantes dont les têtes ressemblent aux bosses inclinées des chameaux » (Rapporté par Mouslim (2128) et Ahmad dans son Mousnad (2/355)). Ce hadith contient une preuve claire sur l’interdiction du port des habits fins qui laissent voir la peau de la femme et dévoilent sa couleur. Ibn Taymiyya ـ رحمه الله ـ a dit : « L’expression : ‘‘et des femmes à la fois vêtues et dénudées’’ est interprétée en disant qu’elle désigne les femmes qui portent des habits qui les dévoilent. Elles sont habillées, mais, en réalité, nues : telle celle qui porte un habit fin qui laisse voir sa peau, ou un habit étroit qui précise les traits de son corps tels que son postérieur, ses avant-bras, ou autres. »
5. L'Absence d'Ornementation Exagérée et la Non-Célébrité
Dans le même contexte, l’habit de la femme ne doit pas être orné, de sorte qu’il attire les attentions, que ce soit dans sa forme, les couleurs claires ou éclatantes qu’il renferme, la matière dont il est fait ou les dessins et les broderies qu’il contient, afin que la femme ne soit pas parmi celles qui exhibent leurs atours. Al-Aloûşî ـ رحمه الله ـ a dit : « Puis, sachez que, pour moi, il compte parmi les atours qu’il est interdit de montrer ce que portent la majorité des femmes de familles riches, à notre époque, sur leurs habits en guise de voile quand elles sortent de chez elles. C’est une étoffe tissée de soie et multicolore, qui contient des dessins dorés ou argentés qui attirent les regards. » À son avis, le fait que les maris et les autres responsables autorisent leurs épouses et autres femmes de sortir de chez elles de cette manière et de marcher parmi les hommes constitue un manque de jalousie.
Par ailleurs, Ibn Taymiyya ـ رحمه الله ـ a souligné qu'« Il est détestable de porter des habits de célébrité, qu’ils soient de valeur et hors du commun, ou sans valeur et hors du commun. En effet, les pieux prédécesseurs détestaient les deux types d’habit de célébrité : celui qui a de la valeur et celui qui n’en a pas. » Le Prophète صلَّى الله عليه وسَّm a dit : “Celui qui porte un habit de célébrité, Allâh l’habillera d’un vêtement d’humiliation” (Rapporté par Aboû Dâwoûd (4030), Ibn Mâdjah (3606), et Ahmad dans son Mousnad (2/92). Ce hadith est jugé haşane (bon) par As-Sakhâwî dans Al-Maqâsid Al-Haşana (427) et Al-Albânî dans Djilbâb Al-Mar’a Al-Mouslima).
6. L'Absence de Ressemblance avec les Hommes ou les Non-Musulmans
La ressemblance interdite visée entre les hommes et les femmes est le fait que les uns imitent les autres en ce qui concerne l’habit, la parure, la manière de parler et la démarche. De même, l'habit ne doit pas ressembler spécifiquement à celui des non-musulmans. Il est connu que les conditions et les critères de l’habit de la femme musulmane sont tirés des textes authentiques de la Charia, qui délimitent la réalité du voile religieusement requis.