Le Tangon de Spi et de Génois : Un Guide Complet pour la Manœuvre et l'Optimisation des Voiles

La navigation à la voile, qu'elle soit de loisir ou de compétition, requiert une compréhension approfondie des différents éléments qui composent le gréement. Parmi eux, le tangon joue un rôle pivot, en particulier lorsqu'il s'agit d'optimiser la surface de voile sur les allures portantes. Que ce soit pour un spi asymétrique, un spi symétrique ou même un grand génois, le tangon, souvent évoqué dans des contextes spécifiques comme le "tangon de spi dériveur Allen 3149", est un équipement essentiel dont les caractéristiques et les méthodes d'utilisation méritent une attention détaillée. Cet article vise à explorer les diverses facettes du tangon, de sa conception à ses applications les plus complexes, en s'appuyant sur des retours d'expérience et des informations techniques concrètes.

Le Tangon : Généralités, Matériaux et Types

Le tangon est une barre, généralement en métal, dont la fonction première est de maintenir la pointe du spi (ou plus rarement d'un génois) éloignée du mât, permettant ainsi à la voile de prendre sa forme optimale et de capter un maximum de vent. Il existe une diversité de tangons, adaptés aux spécificités de chaque voilier et de chaque type de navigation.

Les fabricants proposent en stock de nombreux profils de tangons, complétés par les mâchoires ou cloches qui vont avec. Au-delà des fabrications spéciales, une gamme prête à l’emploi est souvent développée, coupée à la dimension du navigateur pour une adaptation parfaite. Ces tangons sont fréquemment réalisés en tube aluminium anodisé, un matériau privilégié pour sa robustesse et sa légèreté, qualités indispensables pour un équipement manipulé fréquemment. Les dimensions courantes de ces tubes peuvent varier, allant du 50x2 au 60x2 ou même 80x2 millimètres (diamètre extérieur par épaisseur de paroi), des spécifications qui assurent à la fois la rigidité nécessaire et un poids réduit.

Un tangon livré complet et monté offre une solution clé en main. Il intègre des mâchoires, qui sont les dispositifs de fixation du tangon. Ces mâchoires peuvent être à commande standard, exigeant une manipulation manuelle pour l'ouverture et la fermeture, ou à gâchette auto, facilitant et accélérant les opérations d'accrochage et de décrochage. La présence de pantoires en Spectra est également une caractéristique courante, ce matériau étant réputé pour sa haute résistance à la traction et sa faible élongation, garantissant ainsi fiabilité et précision dans les réglages.

En termes de finitions, le choix s'offre entre une version brute avec vernis époxy, qui offre une protection durable tout en laissant transparaître la texture du métal, et une finition laquée blanc, qui peut s'harmoniser esthétiquement avec la coque ou le pont du bateau. Ces options permettent aux navigateurs de personnaliser leur équipement selon leurs préférences et les contraintes de leur embarcation.

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Le Tangon Télescopique : Polyvalence et Manœuvre Simplifiée

Une innovation notable dans l'univers des tangons est le tangon télescopique. Ce type de tangon se distingue par sa capacité à s’allonger considérablement, pouvant atteindre jusqu'à 150% de la longueur normale d'un tangon, souvent désignée par SPL (Spinnaker Pole Length). Cette caractéristique lui confère une polyvalence non négligeable.

En effet, cette faculté d'extension permet aux navigateurs de "tangonner" non seulement un spi de taille standard, mais aussi un grand génois ou un gennaker, augmentant ainsi significativement la surface de voile projetée et l'efficacité sur les allures portantes. L'ajustement de la longueur en fonction de la voile utilisée et des conditions de vent est un atout majeur. De plus, un avantage pratique considérable du tangon télescopique réside dans sa facilité de stockage : il peut être rentré, c'est-à-dire raccourci, pour prendre un minimum de place à bord, ce qui est particulièrement appréciable sur les voiliers où l'espace est souvent compté. Cette capacité à se rétracter facilite également les manœuvres de changement de voile ou de rangement après utilisation, améliorant la fluidité des opérations à bord.

L'Utilisation du Tangon pour le Génois : Une Alternative Stratégique

Si le tangon est principalement associé au spi, son usage peut être étendu au génois, notamment dans des conditions de vent faible à modéré ou sur des allures très portantes où le génois a tendance à déventer la grand-voile ou à battre. Gréer un tangon spécifiquement dédié à un usage de tangon de génois est une pratique qui peut améliorer considérablement les performances et le confort de navigation.

Pour qu'un tangon de spi soit pratique à utiliser pour empanner avec un génois, il faut que, fixé sur la cloche, il puisse passer de chaque côté de l'étai juste au-dessus du balcon. Cette exigence est cruciale pour permettre des empannages fluides et sans encombre, sans risquer de heurter les éléments du pont ou du gréement. Il est important de noter que cette approche est davantage orientée vers la croisière que la régate, où les règles spécifiques et les exigences de performance peuvent différer.

Concernant l'installation et le dimensionnement, il est pertinent de se référer à des sources fiables. L'installation décrite sur le site de Banik est a priori une bonne référence pour ce type d'usage. Pour déterminer la taille optimale du tangon de génois, l'ordre de grandeur est généralement la distance mât-étai. Cependant, la taille exacte dépend de plusieurs facteurs précis : la longueur de la bordure du génois, la hauteur de la cloche de fixation sur le mât, et la position des haubans qui peuvent influencer le passage du tangon. Une méthode empirique mais efficace consiste à investir dans un tube de PVC et à faire des essais par temps calme. Cette approche permet de visualiser concrètement l'agencement du tangon et de la voile, et d'ajuster les longueurs et les positions avant de faire un investissement définitif. Cela permet également au maître-voilier de déterminer la valeur exacte de la bordure du spi ou du génois afin de s'assurer d'une coupe optimale.

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Le Spinnaker (Spi) : Une Voile d'Avant Spécifique

Le spi, abréviation de spinnaker, est une voile d’avant caractéristique, aisément reconnaissable à sa forme généreuse qui ressemble à une sorte de parachute. Il est utilisé spécifiquement sur des allures portantes, c'est-à-dire lorsque le vent vient de l'arrière du bateau, pour maximiser la propulsion. La manœuvre du spi, bien que parfois impressionnante, ne doit pas effrayer les novices ; avec un peu de pratique, même les marins peu expérimentés peuvent s'y essayer et "au pire de se mouiller !" en cas de mauvaise manipulation, ce qui fait partie de l'apprentissage.

Lors du déploiement d'un spi, on peut parfois remarquer qu'il y a un bout relié en deux points : l'un au centre du spi et le deuxième plus bas. Ce bout au milieu sert pour "avaler" le spi, c'est-à-dire le rentrer rapidement et efficacement dans sa baille à spi, souvent via un système de chaussette ou de snuffer. Cette cargue, parfois double, est particulièrement utile sur certains types de spinnakers, comme un petit spi de Cinquo Fountaine-Pajot, qui peuvent présenter "3 points" sur la voile, un détail qui indique des spécificités dans la coupe et le fonctionnement de la voile. Ces "3 points" sont probablement les points d'amure, d'écoute et de drisse, avec un point de cargue central supplémentaire. Les "grands bords" du spi ont souvent des couleurs distinctives (vert et rouge), mais ces détails ne sont pas toujours visibles sur toutes les photos ou tous les schémas.

Une question fréquente se pose concernant l'adaptabilité des spis : est-il possible d'utiliser un spi qui n'est pas spécifiquement conçu pour un type de bateau donné, par exemple un spi qui n'est pas de 4'7 sur un 4'7 ? La faisabilité dépend des côtes de la voile, surtout les longueurs des chutes et de la bordure. Comparer ces dimensions permet d'évaluer la compatibilité. Un spi mal adapté peut en effet présenter des risques en termes de performance, de comportement du bateau et même d'intégrité de la voile ou du gréement en cas de tension excessive ou de mauvaise répartition des efforts. Il est donc recommandé de vérifier attentivement ces dimensions avant toute utilisation. Quant au "bout du milieu", il est généralement intégré au système de rangement et ne doit pas être retiré, car il facilite le processus d'"avaler" le spi.

Le Gréement du Spi : Composants et Circuits Détaillés

Le gréement du spi est un ensemble complexe mais logique de bouts et de poulies, chacun ayant une fonction précise. Comprendre ce circuit est fondamental pour une manœuvre efficace.

Les composants principaux incluent :

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  1. Deux écoutes : Ces bouts sont essentiels pour le réglage de la voile. Ils sont souvent codifiés par couleur, l'écoute rouge étant généralement à bâbord et l'écoute verte à tribord. Elles circulent généralement du point d'écoute du spi, passent par des poulies au niveau du tableau arrière, puis remontent vers l'avant du bateau pour être gérées par l'équipage. Sur un circuit continu, une surgaine au milieu du bateau permet d'avoir les deux écoutes en continu, ce qui simplifie les manœuvres.
  2. Deux barbers haulers : Ces dispositifs, souvent de couleur violette, sont des renvois qui passent dans une poulie sur le bateau et ont une poulie au bout. Le côté avec la poulie au bout se met vers l’avant du bateau. Leur rôle crucial est de permettre le réglage de la hauteur des écoutes de spi, influençant directement la forme de la chute de la voile et donc son efficacité.
  3. Le tangon : C'est la barre en métal (souvent désignée par le numéro 1 sur un schéma de gréement) qui sera installée pour écarter le point d'amure du spi du mât. Le tangon est crocheté sur le bras au vent et sur le mât. Ce bras doit passer dans un barber (au niveau du hauban) réglable, assurant un contrôle précis de la position latérale du spi.
  4. La drisse de spi : Ce bout permet de hisser le spi. Sa gestion est souvent confiée au barreur, qui peut ainsi monter et descendre la voile en fonction des besoins.
  5. La balancine et le hale-bas de spi : Ces deux bouts sont cruciaux pour le réglage vertical du tangon. Sur le tangon, on trouve généralement deux bouts au milieu : un vers le haut, qui est le hale-haut ou balancine, et un vers le bas, qui est le hale-bas. Souvent, un mousqueton lie les deux, permettant de les clipper rapidement sur un anneau au milieu du tangon. La balancine permet de soutenir le tangon et d'ajuster sa hauteur par rapport à l'horizon, tandis que le hale-bas tire le tangon vers le bas pour le stabiliser et contrôler son angle.

Le circuit des écoutes de spi utilise pas mal de poulies parce qu'on fait des renvois : typiquement deux au niveau du tableau arrière et une au niveau du puits de dérive. Ces renvois permettent de ramener les écoutes dans le cockpit ou à portée de main de l'équipage, facilitant ainsi les réglages et les manœuvres.

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