Le syndrome du bébé nageur est une condition rare qui peut affecter les chiots et, dans certains cas, les nourrissons humains. Cet article explore en profondeur les causes, les symptômes et les traitements de ce syndrome chez les chiots, tout en abordant également le syndrome de Nager, une condition distincte affectant les nourrissons humains.
Syndrome du bébé nageur chez le chiot
Introduction
Le syndrome du bébé nageur chez le chien est un problème rare qui peut entraîner des difficultés pour votre animal de compagnie s'il n'est pas pris en charge à temps. Il est principalement observé chez les chiots âgés de 3 à 6 semaines et se caractérise par une difficulté à se déplacer normalement, en raison d'un développement musculaire insuffisant, notamment au niveau du thorax et de l'abdomen.
Causes
Les causes exactes du syndrome du bébé nageur chez le chiot sont encore mal connues. Cependant, plusieurs hypothèses ont été émises :
- Consommation excessive de lait: Les chiots issus de petites portées, qui ont une mère attentive et restent constamment dans la zone de mise bas, peuvent consommer excessivement de lait, ce qui entraîne un surpoids. Les chiots en surpoids semblent être plus susceptibles de développer ce syndrome.
- Surface de la zone de mise bas trop lisse: Une zone de mise bas avec une surface trop plate et trop lisse peut ne pas offrir suffisamment d'adhérence pour que le chiot puisse prendre appui sur ses pattes. Elle ne permet pas non plus au chiot de modifier la pression sur sa cage thoracique.
- Température trop élevée dans la zone de nursing: Une chaleur excessive dans la zone de nursing peut décourager les chiots de bouger pour chercher une zone plus fraîche, ce qui entraîne une immobilité.
- Autres causes possibles: Des facteurs génétiques, des virus (comme l'herpès) in utéro, des champignons (mycotoxines) in utéro, un retard dans la maturité du système nerveux (myélinisation insuffisante) et un régime alimentaire hyperprotidique de la mère pourraient également jouer un rôle. Un déficit en taurine (acide aminé) chez le chiot pourrait aussi être une cause possible.
Épidémiologie
Le syndrome du bébé nageur n'est pas une pathologie très fréquente, mais certaines races semblent être prédisposées, notamment les races chondrodystrophiques à membres courts et à thorax large comme le bouledogue anglais et français, le basset hound, le pékinois, le beagle et le shih-tzu. Le cavalier king charles, le labrador, le cocker anglais, le westie et le teckel sont également cités comme races prédisposées. Il est important de noter que cette pathologie peut également être observée chez le chat.
Symptômes
Un chiot atteint du syndrome du bébé nageur présente une allure caractéristique. Normalement, un chiot doit pouvoir se tenir debout vers l'âge de 15-16 jours et se déplacer à 3 semaines (21 jours). Les symptômes suivants peuvent être observés chez un chiot atteint de ce syndrome :
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- Léthargie et manque de tonus musculaire
- Mouvement de reptation sur le sternum (difficulté locomotrice)
- Position anormale des membres antérieurs : les épaules et les coudes s'écartent sur les côtés
- Position anormale des membres postérieurs : rotules anormalement tournées vers l'intérieur
- Cage thoracique aplatie dorso-ventralement
- Le chiot se tient la plupart du temps allongé
- Mouvement de nage pour se déplacer
- Dyspnée (difficulté respiratoire) due à la compression de la cage thoracique
- Régurgitations dues à la compression de la cage thoracique
- Fausse déglutition : pneumonie par erreur de lieu (le lait passe dans le système respiratoire)
- Constipation due à la compression de l'abdomen
- Ulcères de la peau sur la face dorsale du sternum et des membres (frottement lors de la reptation)
- Irritation cutanée due à l'urine, l'abdomen est souillé et peut présenter des plaies ulcérées
- Développement comportemental ralenti
Risques de complications
Le syndrome du bébé nageur peut entraîner des complications graves, notamment :
- Pneumonie d'aspiration (par erreur de lieu), pouvant entraîner la mortalité
- Difficulté respiratoire (dyspnée) due à la compression de la cage thoracique, pouvant entraîner l'étouffement
Traitement
Un traitement approprié et une prise en charge rapide sont essentiels pour aider le chiot à surmonter cette difficulté et lui offrir une vie saine et épanouissante. Il est très important de réaliser les gestes thérapeutiques le plus tôt possible :
- Améliorer l'adhérence du sol: S'assurer que la surface du sol soit plus adhérente pour les pattes du chiot en utilisant un matelas, une couverture, un tapis mou, une moquette imitation pelouse, des fonds de caisse à plateau à œufs ou de la paille.
- Rééducation fonctionnelle: Effectuer des manipulations des membres et des massages musculaires, y compris de la balnéothérapie. Saisir les pattes antérieures et effectuer un mouvement comme si le chiot pédalait, puis faire la même chose pour les pattes postérieures.
- Stimuler l'innervation des membres: Stimuler tous les jours les coussinets avec une brosse à dents.
- Empêcher l'écartèlement des membres: Poser des liens (élastoplaste) pour entraver les deux pattes antérieures entre le coude et le carpe, sans trop serrer. Laisser un espace de 5-6 cm entre les pattes pour qu'elles soient bien droites. Cette entrave empêche les pattes de glisser latéralement. Stimuler le chiot à marcher ainsi sur une surface de sol adhérent plusieurs fois par jour. Laisser ces entraves 1 à 2 semaines.
- Matériel de contention: Utiliser du matériel de contention pour maintenir le chiot debout.
- Position de repos: En période de repos, coucher le chiot sur le côté pour éviter la compression de la cage thoracique.
- Surveillance du poids: Surveiller le poids du chiot pour qu'il ne grossisse pas trop.
Il est également possible de donner de la vitamine E, du sélénium et du calcium.
Pronostic
Il ne faut en aucun cas conseiller l'euthanasie à la révélation de cette pathologie. Il est possible d'améliorer assez facilement les symptômes en appliquant, le plus tôt possible, les conseils énumérés dans le chapitre "traitement". Certaines guérisons spontanées ont été constatées. Cependant, plus le chiot prend de l'âge, moins les chances de guérison sont présentes. Tout doit être réglé avant l'âge de deux mois.
Syndrome de Nager chez l'humain
Introduction
Le syndrome de Nager est une maladie génétique rare qui affecte le développement du crâne et du visage. Il se révèle dès la naissance du nourrisson, et peut même être détecté en amont, durant la grossesse, car il modifie l'aspect physique du fœtus.
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Causes
Ce syndrome est extrêmement rare et n'a été rapporté qu'une centaine de fois dans la littérature scientifique. Dans environ 50% des cas, le syndrome de Nager est associé à des mutations hétérozygotes du gène SF3B4 (1q21.2), qui code pour un composant du complexe d'épissage. Le syndrome peut être transmis si un parent est affecté, avec un risque de récurrence de 50%.
Manifestation
Les enfants atteints du syndrome de Nager (NAFD) présentent un crâne trop petit qui entraîne d'autres problèmes, comme une mâchoire anormalement étroite. Ils peuvent aussi présenter une malformation au niveau de l'oreille externe, un affaissement de la paupière supérieure, une fente palatine (le palais n'est pas refermé) ou des malformations au niveau des voies aériennes (atrésie des choanes). Il est également possible qu'ils naissent avec des anomalies pré-axiales des membres, notamment une absence de pouce. La NAFD est caractérisée par des anomalies mandibulo-faciales incluant des fentes palpébrales obliques en bas et en dehors, un ptosis des paupières supérieures, un colobome des paupières inférieures, un défaut de cils impliquant 1/3 à 2/3 de la partie médiane des paupières inférieures, une hypoplasie maxillaire, une hypoplasie malaire, une fente palatine, une absence ou une hypoplasie du voile du palais, une atrésie des choanes, une implantation pré-auriculaire des cheveux (en forme de « langue »). Une fente labiale est rare. Les anomalies des membres sont surtout pré-axiales, l'hypoplasie ou l'absence de pouce est le signe clinique le plus caractéristique, fréquemment associé à une synostose radio-ulnaire et/ou une aplasie/hypoplasie du radius. Une triphalangie des pouces et d'autres anomalies des doigts ont également été rapportées, et un petit pourcentage de patients présente aussi des malformations des membres inférieurs. Des anomalies otologiques et orales conduisent fréquemment à une perte auditive de conduction bilatérale, des troubles du langage et une obstruction des voies respiratoires supérieures.
Diagnostic différentiel
Le diagnostic différentiel peut inclure des syndromes de dysostose mandibulo-faciale telles que le syndrome de Treacher-Collins, et d'autres dysostoses acrofaciales (AFD) telles que l'AFD type Catane, l'AFD type Palagonia, l'AFD postaxiale (type Genee-Wiedemann), l'AFD type Rodriguez, ainsi que le syndrome de dysostose mandibulo-faciale-microcéphalie.
Transmission génétique
Le NAFD est suspecté d'être hétérogène sur le plan génétique avec un mode de transmission autosomique dominant confirmé. Cependant, une transmission autosomique récessive est suspectée, basée sur la récurrence de la maladie chez les frères et sœurs dans des familles consanguines. Le conseil génétique nécessite une évaluation attentive des parents et de la fratrie d'un enfant affecté afin de déterminer le caractère familial ou sporadique de la maladie.
Prise en charge
Il n'existe pas de traitement pour guérir le syndrome de Nager, car il est lié à une mutation génétique définitive. Cependant, les manifestations peuvent être traitées. Si l'enfant souffre de détresse respiratoire à cause de la malformation de ses voies aériennes, une trachéostomie peut être réalisée. Si la fente palatine l'empêche de s'alimenter correctement, une gastrostomie peut être réalisée, avant de réparer les fentes et autres dysfonctions du mandibule. Chaque trouble est pris en charge indépendamment pour améliorer progressivement la qualité de vie du patient. La prise en charge du NAFD repose principalement sur la détresse respiratoire néonatale (trachéostomie) et les difficultés pour s'alimenter (gastrostomie). Une chirurgie peut être envisagée pour réparer les fentes, traiter la micrognathie sévère et la dysfonction articulaire temporo-mandibulaire. Des aides auditives peuvent être proposées.
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Pronostic
Après l'enfance, la plupart des patients sont en bonne santé et sont susceptibles d'avoir une espérance de vie normale.
Risques liés à la chloration des piscines
Bien que n'étant pas directement lié au syndrome du bébé nageur ou au syndrome de Nager, il est important de noter que la natation, souvent pratiquée pour la rééducation, peut présenter des risques liés à la chloration des piscines. Les autorités publiques et les législateurs se concentrent sur la prévention des risques infectieux en utilisant le chlore, un biocide efficace et peu coûteux. Cependant, l'eau peut être contaminée par des chloramines irritantes et des dérivés chlorés génotoxiques ou reprotoxiques, dont certains sont bien absorbés par la peau.
Effets sur la santé
Des études épidémiologiques suggèrent que la trichloramine et autres irritants issus de la chloration des piscines peuvent exercer un effet adjuvant sur la marche atopique, favorisant le développement des affections allergiques et même la sensibilisation aux aéroallergènes. Les jeunes enfants sont particulièrement à risque en raison de l'immaturité de leurs voies respiratoires et de leur système immunitaire.
Exposition et réglementations
Les nageurs sont exposés aux produits de chloration essentiellement par inhalation. La trichloramine dans l'air des piscines intérieures est le sous-produit de chloration le plus dangereux. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une valeur maximale de 500 µg/m3, mais certains pays ont adopté des normes plus sévères.
Recommandations
Il est important d'être vigilant quant à la qualité de l'air et de l'eau des piscines, en particulier pour les jeunes enfants et les personnes ayant des antécédents de maladies atopiques. Des études ont montré un risque accru d'eczéma et de bronchiolite chez les enfants exposés aux piscines chlorées.