Le syndrome du bébé nageur chez le chien est un problème plutôt rare, mais qui peut causer des difficultés à votre animal de compagnie s’il n’est pas pris en charge à temps. Il est essentiel de savoir reconnaître ce syndrome et comment le traiter pour offrir à votre chien une vie saine et heureuse. Ce syndrome est principalement observé chez les chiots âgés de 3 à 6 semaines et se caractérise par une difficulté à se déplacer normalement, en raison d’un développement musculaire insuffisant, notamment au niveau du thorax et de l’abdomen.
Identification et Symptômes
Les symptômes du syndrome du bébé nageur chez le chien peuvent varier en fonction de la gravité de la situation. En temps normal, un chiot doit pouvoir se tenir debout vers l’âge de 15-16 jours et se déplacer à 3 semaines (21 jours). Les chiots atteints de cette anomalie présentent plusieurs symptômes, notamment :
- Difficulté locomotrice : Mouvement de reptation sur le sternum.
- Position anormale des membres : Épaules et coudes écartés sur les côtés, rotules anormalement tournées vers l’intérieur.
- État général : Léthargie, le chiot est mou et se tient la plupart du temps allongé.
- Déplacements : Mouvement de nage.
- Cage thoracique : Aplatissement dorso-ventral de la cage thoracique.
- Respiration et alimentation : Dyspnée (difficulté respiratoire due à la compression de la cage thoracique), régurgitations, fausse déglutition pouvant entraîner une pneumonie par erreur de lieu (le lait passe dans le système respiratoire).
- Autres complications : Constipation due à la compression de l’abdomen, ulcères de la peau sur la face dorsale du sternum et des membres (frottement lors de reptation), irritation cutanée due à l’urine, l’abdomen étant souillé et pouvant présenter des plaies ulcérées.
- Développement comportemental : Ralentissement du développement comportemental.
Un chiot atteint du syndrome du chiot nageur a une allure caractéristique, il parait mou, il est à plat sur son ventre, créant ainsi une pression sur tous les organes, et il est incapable de ramener ses pattes en dessous de lui, mais les gardent écartées lui donnant ainsi cette position typique évoquant un chiot qui est en train de nager.
Causes du Syndrome du Bébé Nageur
L’origine de ce syndrome rare est encore mal connue. Outre l’intervention probable de facteurs génétiques, les chercheurs estiment que les chiots lourds, grossissant rapidement, et issus de petites portées ont plus de risque de développer le syndrome du chiot nageur. Un chiot unique ou provenant d’une portée peu nombreuse pour sa race a plus de risque d’être atteint du syndrome. Différentes hypothèses ont été émises :
- Consommation excessive de lait : Cela concerne les portées peu nombreuses avec une mère attentive pour ses petits, restant constamment dans la zone de mise bas. Les chiots en surpoids seraient sujets à ce type de pathologie.
- Environnement : Une zone de mise bas et de nursing trop plate et trop lisse, sans assez d’adhérence pour permettre au chiot de prendre appui sur ses pattes et ne procurant pas au chiot un moyen de modifier la pression sur la cage thoracique. Une température trop chaude dans la zone de nursing, ne motivant pas les chiots à bouger pour chercher une zone plus chaude, entraînant une immobilité.
- Autres causes potentielles : Facteurs génétiques, virus (Herpès) in utéro, champignons (mycotoxines) in utéro, retard dans la maturité du système nerveux (myélinisation insuffisante), régime alimentaire hyper protidique de la mère (régime « tout viande »), déficit en taurine (acide aminé) chez le chiot.
Les races chondrodystrophiques à membres courts et à thorax large (type Bouledogue Anglais et Français, Basset Hound, Pékinois, Beagles, Shih-Tzu,…), sont prédisposées à ce syndrome. Le Cavalier King Charles, le Labrador, le Cocker anglais, le Westie, le Teckel sont des races citées comme prédisposées aussi.
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Risques et Complications
Le syndrome du chiot nageur entraîne de vrais risques et peut être mortel à cause d’une pneumonie d’aspiration ou des difficultés respiratoires qui peuvent conduire à un étouffement. Les risques de complications incluent :
- Pneumonie d’aspiration (par erreur de lieu) entraînant la mortalité.
- Difficulté respiratoire (dyspnée) due à la compression de la cage thoracique, pouvant entraîner la mort par étouffement.
Traitement et Prise en Charge
Heureusement, le syndrome du bébé nageur chez le chien est généralement réversible avec un traitement approprié et une prise en charge rapide. Il est très important de réaliser ces gestes thérapeutiques le plus tôt possible. Plusieurs méthodes sont utilisées et efficaces pour remédier à ces symptômes et soigner les chiots atteints :
- Amélioration de l’environnement : S’assurer que la surface du sol soit plus adhérente pour les pattes du chiot en utilisant un matelas, une couverture, un tapis mou, une moquette imitation pelouse, des fonds de caisse à plateau à œufs, de la paille.
- Rééducation fonctionnelle : Réaliser des manipulations des membres et des massages musculaires (balnéothérapie possible). Saisir les pattes antérieures et faire un mouvement comme si le chiot pédalait, puis faire la même chose pour les pattes postérieures.
- Stimulation de l’innervation : Stimuler tous les jours les coussinets avec une brosse à dents.
- Contention des membres : Empêcher l’écartèlement des membres par la pose de liens (élastoplaste). Entraver les deux pattes antérieures entre le coude et le carpe sans trop serrer, en laissant un espace de 5-6 cm entre les pattes pour qu’elles soient bien droites. Cette entrave empêche les pattes de glisser latéralement (vers l’extérieur). Stimuler le chiot à marcher comme cela sur une surface de sol adhérent plusieurs fois par jour. Il faudra laisser ces entraves 1 à 2 semaines.
- Matériel de contention : Utiliser du matériel pour maintenir le chiot debout.
- Position de repos : En période de repos, coucher le chiot sur le côté pour éviter la compression de la cage thoracique.
- Surveillance du poids : Surveiller le poids du chiot pour qu’il ne grossisse pas trop.
- Suppléments : Donner de la vitamine E, du sélénium et du calcium.
Pronostic
Il ne faut en aucun cas conseiller l’euthanasie à la révélation de cette pathologie. On peut améliorer assez facilement les symptômes en appliquant, le plus tôt possible, les conseils énumérés dans le chapitre « traitement ». Certaines guérisons spontanées ont été constatées. Par contre, au plus le chiot prend de l’âge, au moins les chances de guérison sont présentes. Tout doit être réglé avant l’âge de deux mois.
Le Chien et les Enfants
Il est important de noter que le contact chien-enfants n’est pas inné chez le chien. Certains chiens sont doux avec les enfants par inclination « personnelle ». Il n’est pas normal de se méfier de son chien vis-à-vis de ses enfants.
Acquisition d'un Chiot
Si vous décidez d’acquérir un chiot, quel que soit l’âge de l’enfant, le chien nouveau venu ne doit manifester aucun signe d’agressivité envers lui. Si l’enfant est en bas âge, tout le travail d’éducation sera dirigé vers le chien. Mais à partir de cinq, six ans, vous pourrez aussi faire prendre conscience à l’enfant de l’attitude à adopter face au chien. Le chiot ne doit dormir ni dans le lit, ni dans la chambre de l’enfant. Même si cela semble charmant, il ne faut en aucun cas encourager cette attitude, car le chiot va grandir et devenir adulte beaucoup plus vite que l’enfant, et il pourra se transformer en « protecteur ».
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Il faut maintenir vis-à-vis du chien une hiérarchie précise. L’enfant doit pouvoir faire obéir le chien en votre absence. Il est important, par exemple, qu’un enfant puisse sortir seul le chien ou rester avec lui dans la maison sans surveillance. Pour cela, vous pouvez demander à l’enfant d’apprendre certains ordres au chiot (comme « Assis ! », « Debout ! »), ou de lui enseigner la « marche en laisse ». Laissez l’animal seul avec l’enfant dans une pièce pour qu’il l’écoute bien. Ne vous interposez que si l’animal « teste » trop l’enfant et que la relation peut devenir « risquée ».
Introduction d'un Enfant dans un Foyer avec un Chien Adulte
Si le chien est déjà avec vous depuis quelques années, l’enfant qui naît est alors perçu comme un intrus. L’apprentissage de l’acceptation de cet « autre » est d’autant plus délicat que le chien est déjà éduqué. Cela n’a rien d’impossible, même si quelques difficultés sont à surmonter. Le chien doit accepter l’enfant, mais c’est surtout à vous de le lui faire accepter.
Il faut, dans les premiers temps, garder le même rythme de vie. Sortez le chien aussi souvent qu’auparavant. Vous pouvez aussi préparer le chien à cette arrivée. Deux à trois semaines avant la naissance, diminuez progressivement le temps passé avec le chien pour que la différence soit moins brutale le jour J. Sans permettre les grands coups de langue, laissez-le s’approcher du berceau. Il faut éviter de repousser le chien chaque fois que vous vous occupez du bébé, car l’animal le comprendra comme une injustice et essaiera de s’approcher du berceau à votre insu. En revanche, demandez-lui de rester assis et de ne pas sauter à côté du bébé.
Il ne faut pas oublier qu’il existera toujours des risques avec un animal installé depuis longtemps dans une maison sans enfants. Pour les minimiser, apprenez à votre animal à ne pas entrer en contact direct avec le bébé. Ne repoussez pas le chien quand il s’approche mais dès qu’il a senti le bébé en votre présence, dites-lui : « Assis ! » Moins il y aura d’interdits pour l’animal face au bébé, plus ce dernier sera accepté rapidement et sans problèmes. Mais il ne faut jamais laisser seuls le chien et le bébé. Le nourrisson pleure, et n’a pas encore d’odeurs qui caractérisent son appartenance au genre humain. L’animal pensera donc bien faire en « éliminant » cette « chose » intruse et dérangeante.
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