Championnes Paralympiques d'Aviron : Des Parcours de Résilience et de Performance

L'aviron paralympique est une discipline où la force physique et mentale se conjuguent pour surmonter le handicap et atteindre l'excellence. Plusieurs athlètes françaises se sont illustrées dans ce sport, chacune avec son histoire unique et sa détermination à toute épreuve. Cet article met en lumière le parcours de quelques-unes de ces championnes, de leurs défis à leurs succès, en passant par leur motivation et leur engagement.

Perle Bouge : Une Quête Constante de l'Or

Ancienne joueuse de basket fauteuil de 2001 à 2010, Perle Bouge a entamé un nouveau chapitre de sa carrière sportive en 2009 en se lançant dans le para aviron. Originaire de Rennes, elle se décrit comme une "chercheuse d'or" qui ne renonce jamais, se montrant aussi exigeante envers elle-même qu'envers les autres. Son rêve ultime est de décrocher l'or paralympique.

Elle a déjà un palmarès impressionnant avec deux médailles paralympiques : l'argent aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012 et le bronze aux Jeux de Rio en 2016, toutes deux obtenues avec son coéquipier de l'époque, Stéphane Tardieu. Après l'arrêt de carrière de ce dernier, Perle s'est associée à Benjamin Daviet fin 2023. Ensemble, ils ont relevé un défi de taille en parvenant, après seulement quelques mois d'entraînement, à se qualifier pour les Jeux Paralympiques de Paris 2024 à Lucerne.

Claire Ghiringhelli : Renaissance et Estime de Soi à Travers l'Aviron

Claire Ghiringhelli, âgée de 46 ans, est une ingénieure dans l'aéronautique et mère de trois enfants. Sa vie a basculé en octobre 2017 lorsqu'on lui a diagnostiqué une tumeur thoracique très grave comprimant sa moelle épinière à plus de 95%. Après trois années de chutes, de fractures et de problèmes urologiques, une intervention chirurgicale lourde et invasive s'est avérée nécessaire pour retirer la tumeur. Malheureusement, elle en est ressortie paraplégique.

Moins d'un an après son opération, en 2018, Claire a découvert le para-aviron, une véritable révélation pour elle. Ce sport lui a permis de retrouver l'estime de soi et la confiance en ses capacités. En 2023, elle a choisi de rejoindre l'équipe suisse.

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Pour Claire, le diagnostic de sa tumeur a mis un terme à trois années de symptômes douloureux qu'elle n'avait pas pris au sérieux au départ. L'opération, bien que risquée, était la seule solution. Après être devenue paraplégique, elle a cherché un moyen de vaincre le handicap et de retrouver une activité sportive.

Elle était déjà sportive avant son opération, pratiquant la course à pied et le trail. Elle cherchait un sport où elle n'aurait pas de repères avec des personnes valides. Son ex-mari lui a suggéré l'aviron, et après avoir regardé des vidéos sur YouTube, elle a contacté le club de Corbeil-Essonnes, qui accueille des personnes valides et en situation de handicap.

Ses débuts en aviron ont été difficiles. Elle raconte : "Horrible ! Ça bouge énormément. Quand vous n’avez pas beaucoup d’abdos, vous avez la sensation que vous allez tomber." Mais après les premiers coups de rame, elle a adoré. L'aviron lui a permis de sortir de sa vie d'avant, de rencontrer des gens qui ne la connaissaient pas et ne lui posaient pas de questions, qui l'ont prise telle qu'elle était.

Claire souligne que lorsqu'on est en situation de handicap, tout est difficile. Elle apprécie la fatigue liée au sport et, parallèlement à sa reprise du travail, elle a pu s'appuyer sur le sport et sa vie professionnelle, deux piliers qui n'avaient pas été détruits par le handicap.

En février 2019, son club lui a proposé de s'inscrire aux championnats indoor de para-aviron. Elle s'est prise au jeu et est rapidement devenue très combative et en forme, développant une force importante. C'est alors qu'elle a décidé de poursuivre la compétition et a basculé dans le haut niveau en 2021.

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Claire voit une symbolique forte dans l'aviron, un sport où l'on avance en reculant, proche du parcours de reconstruction lié au handicap. Elle vise l'excellence et a appris à ne plus ramer avec sa colère, car les émotions négatives ne produisent rien de bon. Elle décrit l'aviron comme un sport où l'on est seul, obligé de trouver des repères sur les côtés pour aller droit, mettant toute sa force pour atteindre un endroit imperceptible de prime abord.

Elle a renoué avec son besoin de se retrouver seule dans la nature. Si elle ne va pas bien, elle se met à ramer et se sent mieux. Le sport lui permet d'être la personne qu'elle est aujourd'hui. Après sa sortie de l'hôpital, elle avait pris quinze kilos et n'avait plus de muscles. Elle a adopté une hygiène de vie qui l'aide à se sentir bien physiquement.

Pour Claire, le plus grand frein à la pratique sportive est soi-même. On se pose des questions sur la manière de se rendre au club, de faire les transferts, de s'habiller en vêtements de sport. On pense que les clubs qui accueillent les personnes handicapées n'existent pas, mais en cherchant, on trouve. Elle note que certains médecins sont très prudents et n'ont pas voulu lui faire sa licence, prétextant que le para-aviron était un sport trop violent.

Nathalie Benoit : Expérience et Persévérance Récompensées

Nathalie Benoit a marqué les Jeux paralympiques de Paris en remportant une médaille de bronze en skiff PR1. Issue des repêchages, elle a surpris tout le monde en décrochant la troisième place. L'Israélienne Moran Samuel a dominé la course, remportant l'or avec une avance significative. Nathalie a su remonter progressivement, dépassant l'Ukrainienne Anna Sheremet dans les derniers mètres pour s'offrir la médaille de bronze. Elle a terminé à moins d'une demi-seconde de la Norvégienne Birgit Lovise Roekkum Skarstein, frôlant de près la médaille d'argent.

Cette médaille de bronze s'ajoute à un palmarès déjà riche, avec une médaille d'argent remportée à Londres en 2012 et une médaille de bronze à Tokyo en 2021. Nathalie Benoit est également professeur des écoles et met son métier entre parenthèses pour une mission handicap à l'université Aix Marseille.

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Nathalie décrit sa course comme une construction dans la sérénité, malgré la tension des 50 derniers coups de rame. Elle a puisé sa force dans le public, qui l'a encouragée et soutenue. Elle considère cette médaille comme la plus aboutie de sa carrière.

Candyce Chafa : La Nouvelle Génération Prend le Relais

À seulement 17 ans, Candyce Chafa est la plus jeune membre de l'équipe de France de para aviron, intégrant le quatre barré mixte PR3. Pour sa première course en 2024, elle a décroché l'argent aux championnats d'Europe, puis le bronze à la coupe du monde de Poznan. Passionnée de sport et toujours à la recherche de nouvelles sensations, elle a découvert l'aviron à 11 ans en intégrant une classe sportive au collège. Elle a été séduite par la cohésion de groupe et la sensation de glisse. C'est au lycée qu'elle s'est tournée vers le haut niveau.

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