Biarritz, souvent désignée comme le berceau du surf en France et même en Europe, est une ville où l'océan Atlantique et ses vagues ont façonné une culture unique. Au cœur de cette histoire vibrante se trouve la Grande Plage, un lieu emblématique qui a vu naître des légendes et évoluer une pratique qui est passée d'une contre-culture marginale à un sport de haut niveau, mais aussi à un art de vivre. Les surfeurs de la Grande Plage, qu'ils soient des pionniers d'autrefois ou des adeptes d'aujourd'hui, sont les gardiens et les acteurs de ce riche héritage.
L'Épopée du "Biarritz Surf Gang" : Grandeur et Décadence d'une Contre-culture
Le surf à Biarritz dans les années 80, c’était refuser le système, une période charnière pour le surf qui passe d’une contre-culture à un sport de haut niveau. Cette époque, empreinte d'une soif d’absolu et de sensations pures, pouvait mener ses protagonistes en haut des tableaux de compétition, ou bien directement en prison. C’est l’histoire inconnue de six des meilleurs surfeurs européens, celle de leur grandeur et décadence, qui est brillamment racontée à travers les portraits des surfeurs de la Grande Plage dans le touchant documentaire de Nathan Curren et Pierre Denoyel, intitulé « Biarritz Surf Gang », sorti en 2017.
La bande mythique de la Grande Plage était composée de figures emblématiques : Nabo, Sammy, Kikette, La Mouche, Eric Graciet et Michel Larronde. Ces jeunes aussi talentueux qu'excessifs ont marqué leur temps. En 2014, Nathan Curren et Pierre Denoyel ont découvert un trésor inestimable : deux heures d’images d’archives Super 8 inédites des surfeurs mythiques de la bande de la Grande Plage de Biarritz, tournées aux quatre coins du monde et datant des années 80. Forte de ces images rares et de témoignages d’une époque oubliée et aujourd’hui révolue, celle où le surf est passé de la contre-culture au sport de haut-niveau, l'histoire de la bande de la Grande Plage de Biarritz incarne ce changement radical de paradigme.
Le surf à Biarritz dans les années 80 était punk et chaotique. « Biarritz Surf Gang » retrace l’histoire de Michel, La Mouche, Nabo, Eric, Kikette et Sammy, des surfeurs très talentueux sur l’eau mais plutôt ingérables sur terre. Fêtards invétérés et fervents bagarreurs, ces surfeurs punk et marginaux ont d’ailleurs été bannis à plusieurs reprises des compétitions. Au milieu de cette vie tumultueuse, alors que certains évoluaient sans mal dans le milieu de la compétition, d’autres sont tombés dans l’addiction et la drogue. Le film n'en fait pas pudeur, mais sans se larmoyer, montrant la drogue comme un piège. Entre addiction au surf et addictions tout court, le surf était pour eux la planche de salut, le lien inaltérable qui permettait à certains de survivre et aux amitiés de perdurer. La bande de la Grande Plage, avec Sammy comme leader, raflait les coupes et autres titres nationaux, mais surtout déployait un surf radical qui n’avait pas à rougir face au surf australien qui était le modèle. Les six de la Grande Plage se retrouvent encore aujourd’hui pour surfer ensemble, preuve que le surf a été et reste leur lien indéfectible. Ces figures locales, surfeurs d’un autre temps, transmettent désormais leur expérience aux plus jeunes, assurant la continuité de cet esprit unique.
La "Grotte" de la Grande Plage : Un Sanctuaire pour la Mémoire du Surf Biarrot
La mémoire de cette période emblématique et de ses acteurs est précieusement conservée grâce à des initiatives locales. Il fallait bien être un Biarrot pur sucre comme Renaud Fabier, avoir traîné ses combis et ses baskets depuis l’adolescence dans les moindres recoins de la Grande Plage, pour se rappeler l’existence de cet antre oublié derrière une porte pourrie depuis plus de trois décennies. À 57 ans, ce surfeur, qui a pratiqué pendant plus de 50 ans sur la Grande Plage de Biarritz, y a vu la possibilité d’y implanter un club d’anciens de la « Grande », regroupant les « historiques » du spot et leur relève. C’est chose faite depuis quelques semaines.
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Le curieux endroit, mis à disposition par la mairie, se niche côté sud, dans le virage du Bellevue, face au Rocher des enfants, au bout du petit belvédère en contrebas de la terrasse de la crêperie. Cet ex-local technique aveugle de 17 m², aujourd'hui rénové et affectueusement surnommé « la grotte », doit être inauguré à la rentrée, mais ses adhérents l’ont déjà investi. Sur les murs rénovés de cette sorte de grotte, le président et les membres du bureau ont accroché 72 photos en action de trois générations de surfeurs du cru, allant de la période hippie de la fin des sixties aux jeunes d’aujourd’hui. C’est une façon de faire vivre aussi la mémoire de ceux qui nous ont quittés, comme Joël Darrigues dit « Nabo » qui faisait partie de la mythique bande de surfeurs de la Grande Plage, et qui est décédé à l’âge de 60 ans.
Renaud Fabier décrit ce lieu comme « un petit musée, qui raconte cette histoire-là », une façon de faire vivre aussi la mémoire de ceux qui nous ont quittés. Le local qui sert à stocker quelques planches et à abriter le temps d’un café les membres de cette confrérie informelle ne permet pas de recevoir du public. Cependant, l'association réfléchit à la façon dont elle peut partager au mieux cette histoire qui fait partie du patrimoine biarrot à l’extérieur du local. Devant « la grotte » flotte un ikurrina, et dehors, il y a de quoi s’asseoir pour prendre un café et papoter entre deux sessions, des panneaux pour accrocher des photos, des documents rappelant « l’esprit surf » et les règles de courtoisie à l’eau.
Parmi les membres honoraires qui font partie de cette initiative, on compte deux figures emblématiques de l'ancienne bande : Pierre Nazeyrollas et le surfeur de grosses vagues Michel Larronde. Le bureau de l'association est composé de Patrick Juniver dit Gus (vice-président), Samuel Diniz (secrétaire) et Bruno Vantyghem-Pauly (trésorier), témoignant de l'engagement de ces anciens. Il y est également question de la création de ce qui fut le tout premier club français de surf, en 1959, puis des prémices de la pratique quand le surf était encore résolument underground. Ce lieu permet de rappeler que les anciens de la « Bande de la Grande Plage » avaient pour fief un muret, aujourd'hui détruit en même temps que le parking aérien et le bowling, lorsque l’ex-maire, Didier Borotra, a refait toute cette portion de front de mer. À cette fin des années 1990, beaucoup sont allés s’enraciner sur d’autres plages de Biarritz, mais leur souvenir demeure intact à la Grande Plage.
Biarritz, Berceau du Surf en Europe : Histoire et Conditions de Pratique
Biarritz est indubitablement le berceau du surf en France et même en Europe. La discipline, arrivée à la fin des années 50 à la faveur d’un tournage à la Côte des Basques, a attisé la curiosité de quelques jeunes locaux qui jouèrent les pionniers. Depuis, cette pratique s’est largement diffusée sur la côte basque jusqu’à devenir un véritable art de vivre. Le plus ancien club de surf français a été créé en 1959, soulignant l'antériorité et la profondeur de cette culture. De plus, la Biarritz Pays Basque Maider Arosteguy, créée en 1984, est la plus ancienne compétition de surf en Europe, attirant chaque année de nombreux passionnés.
Biarritz, berceau du surf, possède six plages aux caractéristiques différentes, permettant de répondre aux envies de tous les niveaux de surfeurs. La Côte des Basques, par exemple, est un endroit privilégié pour apprendre à surfer car les vagues y sont généralement faciles pour les débutants. Marbella est essentiellement fréquentée par les locaux, offrant une ambiance plus intime. Quant à la plage de Milady, elle sera idéale à marée basse pour les surfeurs débutants et à mi-marée pour les confirmés, compte tenu de ses fonds sableux et rocheux.
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Pour profiter pleinement du surf à Biarritz, quelques éléments clés sont à connaître avant de se mettre à l’eau. Les conditions varient fortement selon la marée, il est donc essentiel de consulter les horaires de marée et les prévisions de houle avant chaque session. Il est également impératif de respecter les zones surveillées et les consignes des sauveteurs, et de toujours vérifier son niveau par rapport aux conditions du jour. Avant de prendre sa première vague à Biarritz, il est utile de connaître quelques termes essentiels du surf, comme le terme « Baïne », désignant une piscine naturelle formée par la houle et les courants. Dès la première session, les premières sensations peuvent venir, mais il faut généralement quelques semaines de pratique régulière pour être autonome. Le surf reste accessible à tous, à condition de respecter les règles de sécurité, de choisir un spot adapté à son niveau et de surveiller les conditions. Une planche adaptée, souvent en mousse pour les débutants, et une combinaison sont les essentiels pour pratiquer ce sport, qui est possible toute l’année grâce aux houles généreuses de l’Atlantique. Biarritz est certes une destination surf, mais elle offre bien d'autres richesses à découvrir une fois que l'on pose la planche. L'exemple de Thomas, vacataire à l’Office de Tourisme, déjà sacré champion de France de para surf et ayant participé à deux reprises aux Championnats du monde de para surf en Californie, illustre la diversité des profils et des accomplissements au sein de la communauté surf biarrorote.
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