L'Armada de Rouen est bien plus qu'un simple rassemblement de navires ; c'est un événement maritime d'envergure internationale qui transforme les quais de la Seine en une scène spectaculaire et vibrante. Célébrant la riche histoire maritime de la région et la passion pour la voile, l'Armada offre une expérience unique et inoubliable aux millions de visiteurs, petits et grands, qui affluent du monde entier. Tous les quatre ans, la ville de Rouen, en Seine-Maritime, s'anime au rythme des majestueux voiliers, des impressionnants navires de guerre et des bateaux de commerce, déployant fièrement leurs mâts, leurs voiles et leurs coques imposantes. Cette manifestation, emblème de la convivialité et du partage, représente une immersion complète dans le monde de la navigation et du patrimoine maritime.
Un Rassemblement Maritime d'Envergure Mondiale
L'Armada de Rouen, l'événement majeur qui anime la ville, est une manifestation maritime d'envergure qui rassemble les amoureux de la mer et de la voile venus du monde entier. Du 8 au 18 juin, par exemple, les quais de Rouen s'animent au rythme des majestueux voiliers qui accostent le long de la Seine. Des navires mythiques, tels que des grands voiliers, des bateaux de guerre et des bateaux de commerce, se déploient fièrement, offrant un spectacle impressionnant de mâts, de voiles et de coques imposantes. Chaque coque, par ses couleurs, ses rayures ou ses motifs, raconte une partie de l'identité et de l'histoire du navire. Au milieu de cette palette visuelle, chaque navire arbore une identité propre, visible jusque dans les couleurs et motifs de sa coque, contribuant à la diversité et à la beauté de la flotte présente.
Au-delà de la contemplation des navires, l'Armada propose également un large éventail d'activités pour divertir les visiteurs. Des concerts animent les soirées, des expositions détaillent l'histoire maritime et des démonstrations de savoir-faire maritime sont organisées tout au long de l'événement. Les quais se transforment en un véritable village festif, où l'on peut déguster des spécialités locales, admirer des artisans talentueux et profiter d'une ambiance chaleureuse et conviviale. Les visiteurs ont l'opportunité unique de rencontrer des marins passionnés, d'échanger avec eux sur leurs aventures en mer et de découvrir les métiers liés à la navigation. Les curieux peuvent visiter les navires et même prendre part à des sorties en mer pour une expérience immersive incomparable. Cet événement d'ampleur attire des millions de visiteurs chaque année et contribue à promouvoir la ville de Rouen sur la scène internationale, renforçant son image de capitale maritime et fluviale.
Genèse et Évolution d'un Événement Phare
L'histoire de l'Armada est riche et s'inscrit dans la durée. Créée en 1989, la manifestation a célébré le bicentenaire de la Révolution française, se déroulant du 9 juillet au 16 juillet de cette année-là. À cette époque, 21 grands voiliers avaient répondu présents. Le parrain de cette première édition était le skipper Éric Tabarly à bord de son Pen Duick, conférant dès ses débuts une aura de prestige et d'aventure à l'événement. Le succès retentissant de cette première Armada a posé les fondations d'une tradition qui perdure, s'inscrivant dans les mémoires collectives et devenant un rendez-vous quadriennal très attendu.
L'édition 2023, par exemple, marquait la 8ème de l'Armada, démontrant la pérennité et l'engouement suscité par ce rassemblement unique au monde. Après quatre années d'attente, l'événement a de nouveau proposé un programme exceptionnel. La prochaine édition est d'ailleurs déjà annoncée pour 2027, signe de l'institutionnalisation de cette grande réunion de voiliers à Rouen. L'Armada s'étend généralement sur une dizaine de jours, comme en juin, durant lesquels l'effervescence est constante sur les quais de Seine-Maritime. Les traditionnelles régates voient grands voiliers et navires militaires s'affronter, tandis que des défilés sur terre comme sur mer enchantent le public. De nombreuses activités sportives - voiles, matchs de foot, footings, escalade - sont parfois partagées avec les équipages des navires, renforçant les liens et l'esprit de camaraderie.
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Le spectacle ne se limite pas aux quais ; il s'étend sur les 120 kilomètres de la Seine, offrant des moments inoubliables. La remontée et la descente de la Seine sont des moments exceptionnels, permettant aux touristes et aux habitants de la Seine-Maritime d'assister à un spectacle unique. Ces géants des mers naviguent dans les méandres du fleuve, croisant péniches, bacs, porte-conteneurs et bateaux de croisières. Ils longent également des villages pleins de charme comme ceux de La Bouille ou Jumièges, ajoutant une dimension pittoresque à l'événement. Pour assurer le bon déroulement de ce spectacle fluvial, le pont Flaubert est levé pendant une grande partie de la journée du départ, et des restrictions de circulation sont mises en place sur plusieurs points le long des bords de Seine, notamment à Rives-en-Seine. Le service des bacs de la Seine est même totalement interrompu ou reprend tardivement, témoignant de l'ampleur des mouvements maritimes.
Au Cœur de la Flotte : Diversité des Voiliers et Navires
Chaque édition de l'Armada est l'occasion d'admirer une flotte hétéroclite, où la diversité est le maître mot. Des voiliers historiques aux navires militaires modernes, en passant par des répliques fidèles et des navires-écoles, le panel est large. Lors d'une récente édition, 43 bateaux étaient attendus, bien que le navire danois "Bel Espoir 2" n'ait pu prendre la mer pour rallier les quais de Rouen. Cette flotte rassemble des embarcations de toutes tailles et origines. Le plus petit mesure un peu plus de 21 mètres : "L'Intrépide" est un bateau de course moderne acquis depuis peu par l'école navale de la Marine nationale. Le plus grand bâtiment de l'Armada est un navire militaire : la frégate "Normandie", mesurant 142 mètres de long.
La provenance des navires est également variée, offrant un véritable tour du monde maritime. Pour cette Armada, la grande majorité des bateaux vient d'Europe, et près de la moitié des navires sont français. Cependant, l'événement rouennais a aussi su attirer des navires venant de pays plus exotiques : le Bima Suci vient d'Indonésie, le Cuauhtémoc du Mexique et le Capitan Miranda d'Uruguay. Cette diversité géographique souligne le caractère international de l'Armada et la volonté des nations de partager leur patrimoine maritime. L'âge des navires présents s'étend aussi sur plus d'un siècle. Le plus récent n'a qu'une petite année de navigation au compteur, alors que le plus ancien vogue depuis plus d'un siècle. La véritable palme du plus ancien navire de l'Armada revient à l'un des favoris du public : "Le Belem", un voilier à la coque en acier sorti des chantiers navals nantais en 1896. En termes de voilure, pas de surprise : c'est le plus grand voilier qui compte la surface la plus importante. Ainsi, les 3 361 mètres carrés de voiles du Bima Suci propulsent ses 111 mètres de long, offrant un spectacle à couper le souffle.
Le Belem : Un Héritage Flottant à la Coque Noire et Blanche
Vénérable survivant de 127 ans, le Belem est le dernier des grands voiliers de commerce français du XIXe siècle encore en état de naviguer. Ce trois-mâts, emblème de la France, est l'un des plus anciens encore en activité en Europe et est amarré au pied du pont Flaubert à Rouen, faisant le bonheur des nombreux visiteurs qui se pressent pour découvrir ce navire inscrit aux monuments historiques.
À sa sortie des chantiers de Nantes en 1896, l'élégant trois-mâts de 58 mètres, avec sa coque noire et blanche, devait acheminer vers l'Europe les fèves de cacao récoltées au Brésil. Il a entamé ses premières traversées de l'Atlantique, entre la France, l'Amérique du Sud et les Antilles, pour transporter cette précieuse cargaison. Pourtant, dès ses débuts en mer, les périls guettent le navire. Lors de sa première traversée, un fort vent, suivi d'un incendie, décime le troupeau de mules que le bateau transportait. Puis, en 1902, il échappe de justesse à l'éruption de la montagne Pelée qui dévaste Saint-Pierre de la Martinique, une anecdote qui témoigne de sa résilience.
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Le Belem a connu plusieurs vies, changeant plusieurs fois de nationalité et de fonction. En 1914, détrôné par les machines à vapeur, il devient la propriété d'un riche aristocrate anglais, le Duc de Westminster, et s'offre une deuxième vie en tant que yacht de luxe jusqu'en 1951. Dans les années 1950, il passe sous pavillon italien avant d'être redécouvert par un passionné de vieux gréements et ramené en France en 1979. Il est alors dans un état nécessitant d'importants travaux de restauration. Aujourd'hui, en tant que navire-école civil, une de ses missions est de "faire connaître le Belem, ce bijou du patrimoine français". Nicolas Plantrou, administrateur de la fondation Belem, souligne qu'il "a gardé les traces de son histoire, avec des balustres en forme victorienne, donc galbées". Avec ses vingt-deux voiles, totalisant 1 200 mètres carrés de voilure, il offre une expérience unique. Près de 1 200 personnes chaque année ont l'opportunité de naviguer à son bord, participant activement aux manœuvres. C'est grâce aux stagiaires qui embarquent que le Belem continue de naviguer. Fidèle des Armadas, il n'a manqué que l'édition de 2008, lorsqu'il était parti célébrer le 400e anniversaire du Québec. Un honneur particulier lui sera fait l'an prochain, puisqu'il transportera la flamme olympique des Jeux de Paris 2024, entre Athènes et Marseille.
Du Chalutier au Voilier de Luxe : L'Histoire du Thalassa (ex-Relinquenda)
L'Armada de Rouen est également le théâtre d'histoires de transformations et de secondes vies pour certains navires. C'est le cas du Thalassa, un voilier hollandais à l'histoire mouvementée, qui fut présent lors de l'Armada de 2019. À son premier lancement, le Relinquenda, son nom d'origine, était un chalutier de pêche dernier cri de 50 mètres destiné à écumer les fonds marins de la mer du Nord. Construit en 1980, il incarnait la modernité de l'époque pour la pêche.
Mais à l'été 1984, sa destinée bascule : le navire heurte une épave de la Seconde Guerre mondiale en mer de Frise. Aucune victime n'est à déplorer, mais le bateau coule à pic, marquant une fin abrupte à sa carrière de chalutier. Remorquée vers les côtes, l'épave, ou plutôt sa coque renflouée, intéresse d'abord un acheteur, puis deux amis qui décident de la racheter et d'en faire le voilier de leurs rêves. Cette vision audacieuse donne lieu à une métamorphose complète. Le deuxième lancement du navire a lieu en 1995, cette fois sous le nom de Thalassa, et sous une nouvelle forme. Aujourd'hui, cette goélette est spécialisée dans les croisières de luxe, offrant une expérience élégante et raffinée, loin des rigueurs de la pêche en mer du Nord, et témoigne de l'ingéniosité humaine à redonner vie à ce qui semblait perdu.
Les Géants des Mers : Bima Suci et Cuauhtémoc
Parmi les navires les plus impressionnants de l'Armada figurent les géants des mers, dont le Bima Suci et le Cuauhtémoc, chacun avec une histoire et une mission uniques.
Le Bima Suci, un trois-mâts dont le nom signifie "don de la jeunesse", est le plus grand voilier de la flotte d'une Armada par sa taille imposante. Avec ses 109 mètres de longueur et ses 3 015 m² de voilure (allant jusqu'à 3 361 mètres carrés selon les informations), il peut déplacer près de 3 000 tonnes. Sa construction n'a pas été simple puisqu'il a été mis en chantier au tout début des années 1980, à Gdansk, en Pologne, en pleine crise dans le pays. Ce navire-école indonésien, avec ses 200 membres d'équipage, a pour mission de promouvoir la culture indonésienne autour du monde, arborant une atmosphère festive qui a remporté l'adhésion du public. Ses marins grimpent sur les vergues en tenue traditionnelle, un spectacle ébahi pour la foule.
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Le Cuauhtémoc, un majestueux voilier mexicain, a fière allure. Son nom est inspiré du dernier empereur Aztèque qui résista aux troupes des conquistadors, symbole de force et de détermination. Sa mission est d'« exalter l'esprit maritime des futurs officiers de la marine nationale du Mexique », faisant de lui un navire-école emblématique. Habitué des grands rassemblements maritimes internationaux, le navire est aussi coutumier des défis marins : il a réalisé un tour du monde à la voile en 180 jours, une traversée de l'Atlantique en 22 jours, et a passé le cap Horn en 1993, entre autres exploits. Lors de son départ de Rouen, les marins montent dans les vergues en musique, un moment empli d'émotion, d'autant que certains ont tissé des liens avec les Rouennaises, rendant le départ d'autant plus poignant.
Navires Historiques et Répliques Célèbres : Le Nao Victoria
L'Armada de Rouen est également une véritable invitation à un extraordinaire voyage dans le temps grâce à la présence de navires historiques et de répliques fidèles, dont la Nao Victoria. Cette imposante caravelle de 28 mètres est la réplique exacte du Victoria, le navire sur lequel Magellan embarqua en 1519 pour réaliser son tour du monde.
Le célèbre explorateur portugais ne revint jamais de cette audacieuse expédition, mais son bateau rejoignit Séville, son port de départ, en 1522. Ce retour marqua l'accomplissement de l'un des plus grands exploits maritimes de tous les temps : la première circumnavigation de la Terre. La présence de la Nao Victoria à l'Armada offre aux curieux une occasion unique de se connecter directement à cette page légendaire de l'histoire de la navigation et de l'exploration, et de s'imaginer les défis et les merveilles rencontrés par les marins de l'époque.
Les Acteurs de la Sécurité et de l'Organisation : Le Rôle de la Préfecture
Lors de l'Armada, la préfecture de la Seine-Maritime joue un rôle essentiel dans la coordination de la sécurité et du bon déroulement de cet événement d'ampleur. En tant qu'acteur clé, elle s'engage aux côtés des organisateurs pour garantir la sûreté et la fluidité de l'événement, assurant ainsi la protection des visiteurs et des participants, dont le nombre se chiffre en millions.
La sûreté de ce grand événement constitue une priorité de l'État et mobilise de nombreux acteurs dans la mise en place d'un dispositif tricéphal comprenant la sécurité civile, publique et anti-terroriste. Ce dispositif est piloté depuis un poste de commandement inter-services (PCI) placé sous l'autorité du préfet ou de son représentant. Il se compose de la police nationale, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers, du SAMU, de la capitainerie et de l'organisateur, et comprend un volet terrestre et nautique. Cédric Lang-Roth, rédacteur en chef de France Bleu Normandie (Seine-Maritime et Eure), par exemple, a été sur la FREMM avec Bastien Coriton, le maire de Rives-en-Seine, assurant une couverture en direct des aspects sécuritaires et organisationnels.
Dans le cadre de sa présence à l'Armada, la préfecture met en place un stand dédié aux "Services de l'État", situé aux côtés de la gendarmerie et de la police nationale. Ce stand a pour objectif de valoriser l'action de la préfecture dans le département, de rendre attractifs les métiers de l'État, d'informer, sensibiliser mais aussi d'animer différents ateliers pour le grand public. Chaque jour, la préfecture présente une de ses directions et met en avant son cœur de métier. Des agents de différentes administrations se tiennent à disposition pour répondre aux questions des visiteurs, fournir des informations sur les services publics ou tout autre sujet lié à l'action de l'État. Ce stand constitue une opportunité pour les visiteurs de découvrir les missions variées de la préfecture, de mieux comprendre son rôle dans la vie quotidienne et de prendre conscience de l'importance de l'action publique. Il offre également un espace d'échanges privilégiés entre les représentants de l'État et le public, favorisant ainsi le dialogue et la proximité avec les citoyens.
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