Le parcours de Ramzi Boukhiam, surfeur professionnel marocain de 31 ans, est une trajectoire exemplaire marquée par la résilience, la double culture et une passion dévorante pour l’océan. Né le 14 septembre 1993 aux Pays-Bas d’un père marocain et d’une mère néerlandaise, il a grandi à Agadir, au bord de l’Atlantique, où il a forgé son identité sportive. Aujourd’hui figure emblématique du surf mondial, il incarne l’ambition d’une jeunesse marocaine qui repousse sans cesse les limites.
Les racines marocaines et la naissance d’une passion
La « première vie » de Ramzi Boukhiam au Royaume chérifien a déclenché en lui la passion du surf. « Mon père aimait la pêche et il nous amenait souvent à la plage, mon grand frère et moi, entre Taghazout et Imourane, au Rocher du Diable pour être précis », se souvient-il. Le Marocain a commencé le surf du côté d’Agadir, au « kilomètre 14, vers Taghazout ».
Dans un premier temps, il fait du bodyboard. « J’avais 9 ans, j’ai accroché direct. » Voyant que je m’amusais à me mettre debout sur le body, mon frère m’a dit : « Ramz’, essaie le surf ! ». Fan de football, au point d’y jouer en club, le jeune Ramzi est sommé de trancher entre ballon rond et planche de surf. « L’entraîneur de mon équipe de foot est allé voir mon père pour savoir ce que je voulais faire exactement. Mon père m’a demandé, je lui ai dit que je voulais surfer. »
La découverte des compétitions internationales de jeunes, où son surf séduit les juges et attise la convoitise des grosses compagnies, confirme son potentiel. « J’ai participé à la finale mondiale des Grommets Trophy à Capbreton et tout a commencé avec Quiksilver. J’étais le petit Marocain qui débarque et j’ai montré que j’avais le niveau », s’enorgueillit-il.
Le Pays basque : Une terre d’accueil et de structuration
La destinée de Ramzi Boukhiam a été influencée par la perte d’un être cher. « Malheureusement, mon père est décédé en 2005. Ma mère s’est alors dit : ‘l’école en France, c’est gratuit, au Maroc, c’est payant.’ Elle n’avait pas forcément les sous, alors on est parti. » C’est ainsi que la Côte basque devient son point d’ancrage, précisément dans le quartier Blancpignon, à Anglet. « Le Pays basque, c’est littéralement ma deuxième maison. J’y ai passé douze, treize ans, c’est énorme et j’y reviens encore. »
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Ce déménagement met cependant le mental de Ramzi Boukhiam à rude épreuve. Ses premiers mois dans son nouvel environnement s’avèrent compliqués. « La première année a été très difficile, j’ai beaucoup pleuré, je voulais rentrer au Maroc, surtout l’hiver, parce que je ne connaissais que l’été. » Il intègre la section sport-études du collège Jean-Rostand de Biarritz, mais à 15 ans, il décide d’arrêter les cours pour se lancer à fond dans le surf. « Sans le Pays basque et ses bonnes vibes, je n’aurais pas été le Ramzi que je suis aujourd’hui », assure-t-il. Il y côtoie une génération dorée de surfeurs, incluant Marc Lacomare, Jeremy Flores, Charly Martin, Patrick Beven, Miky Picon et Dimitri Ouvré, qui lui transmettent leur expérience.
L’entrée dans l’élite mondiale : Entre persévérance et consécration
Ramzi Boukhiam est passé surfeur professionnel il y a plus de dix ans. Premier surfeur marocain à participer aux Jeux olympiques à Tokyo en 2021 et premier Arabe à se qualifier pour le championnat du monde organisé par la World Surf League (WSL), il s’est rapidement fait un nom dans la profession. Le 1er décembre 2022, il réalise son rêve : décrocher sa qualification au Championship Tour de la WSL, circuit élite du surf mondial, célébrant l’événement avec le drapeau marocain sur le dos.
Son parcours n’a pas été linéaire. « Ma carrière en senior commençait bien et puis tu passes par des phases où tu manques un peu de discipline, tu te blesses, tu es jeune et tu apprends. » Après 17 ans, sa relation avec Quiksilver se solde, une étape qu’il n’a pas forcément regrettée. Depuis, il s’appuie sur des sponsors marocains, Aïn Atlas et Taghazout Bay, en tant qu’ambassadeur.
Sa résilience face aux blessures a été déterminante. En 2019, alors qu’il envisageait d’arrêter après une saison difficile, il décroche sa qualification pour les Jeux olympiques lors des ISA Surfing Games au Japon. Cet événement a agi comme un déclic. « Le feu de la victoire efface tout le reste. »
La nouvelle génération et l’avenir du surf marocain
Le surf au Maroc et la jeunesse sont aujourd’hui indissociables. Le parcours de Ramzi a inspiré d’autres talents, à l’instar de Teva Bouchgua. « Je ne sais pas s'il nous entraîne différemment, il nous apporte sa vision du surf et la manière dont les juges veulent que l'on surfe. »
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Teva Bouchgua, qui bénéficie de la double culture, souligne la polyvalence acquise : « Depuis de nombreuses années, je passe l'été en France et l'hiver au Maroc. Si je pouvais rester tout l’année au Maroc, je le ferais, mais je dois faire comme ça et ça me va bien. » Ce duo entre la France et le Maroc permet aux jeunes surfeurs de naviguer entre les saisons et d’optimiser leur entraînement.
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