Patrick Beven est un surfeur qui continue de marquer le monde du surf par son parcours et son expérience. Aussi inspirant que généreux, il est le surfeur européen qui a gagné le plus de victoires sur le circuit WQS. Sa carrière et son état d’esprit n’ont cessé de marquer le monde du surf depuis le début des années 1990. Après une très belle carrière sur le circuit professionnel, sa vie a aujourd’hui pris un autre tournant. Ce qu’il est, son mode de vie et sa perception des choses imposent le respect de beaucoup de surfeurs toutes générations confondues, lui qui aujourd’hui prend en charge et accompagne les jeunes talents du surf français. Plus qu’un coach, Patrick est un mentor, un repère. Ce qu’il transmet va bien au-delà du surf, il suffit d’interroger les « boys » comme il les appelle, pour s’en rendre compte. Sa générosité, son ouverture aux autres, son expérience remarquable sur le circuit pro, autant de choses qui renforcent cette idée que personne d’autre mieux que lui ne peut assurer ce rôle. Son parcours et son histoire en font un véritable puits de connaissances et lui ont permis d’accéder à un savoir et à des valeurs qu’il aime transmettre et partager.
La transmission comme vocation naturelle
La connexion, ce qui se passe entre lui et les gars, les juniors, est totalement naturelle. Patrick Beven confie : « Je suis un peu comme leur pote, je leur file des conseils. Même si je ne suis pas forcément leur coach je suis toujours avec eux, on va surfer ensemble, on se croise, on se retrouve. On fait des sessions et des trainings ensemble. Un peu tout en fait. Je les retrouve en voyage, à Hawaii souvent. Je suis là pour eux et ils le savent. C’est un échange. » Certains comme Marco Mignot, Kauli Vaast ou Noa Dupouy sont plus avec lui que les autres, mais cela ne change rien à la profondeur de la relation. Ces jeunes sont avec lui depuis qu’ils ont 13 ans, et ce lien s'est forgé au fil des années.
Pour Marco Mignot, l'influence de Beven dépasse la simple technique : « Patrick ne m’inspire pas que pour son surf, c’est aussi dans le training. Ce qui m’inspire le plus c’est sa manière d’être tous les jours, il fait toujours en sorte que toutes les personnes qui sont autour de lui soient heureuses. Même pendant les sessions, quand tu n’as pas eu la vague il te dit toujours que tu as bien surfé. Que ça vienne de Patrick Beven rend tout le monde content. Il fait tout pour te faire sourire. Et un grand sourire ça vaut mieux que 10 000 paroles. »
Noa Dupouy souligne la bienveillance constante de son mentor : « Patrick c’est vraiment quelqu’un de toujours positif, il va toujours te pousser vers le haut, te donner des conseils pour que tu réussisses mieux. Il est toujours là pour te rebooster, même dans les entraînements quand tu commences un peu à lâcher niveau mental. C’est quelqu’un de très bienveillant, il est cool avec tout le monde, il kiffe enseigner ce qu’il sait faire, tout ce qu’il a appris au cours de sa carrière et depuis qu’il est petit. Il nous passe tout son savoir-faire. Ça nous aide beaucoup parce que c’est vraiment quelqu’un d’incroyable qui a vécu beaucoup de choses. C’est quelqu’un de fort avec un gros caractère. »
Kauli Vaast voit en lui une figure familiale : « C’est comme un grand frère, un mentor aussi. Depuis que je suis petit il m’a pris sous son aile, à chaque fois que j’étais en France j’étais chez lui. Il m’a montré tous les spots et comment surfer. C’est aussi un papa poule parce que c’est comme si on était ses fils. C’est le fait d’être tout le temps avec lui. Il donne vraiment tout son cœur et tout ce qu’il a à partager il le partage avec nous et ça c’est super. »
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Sam Piter ajoute : « Pour moi Patrick c’est comme un grand frère, quand on était jeunes c’est mon père qui l’entraînait donc je le connais depuis que je suis tout petit. Il m’apporte vraiment des bonnes vibes à chaque fois que je le vois. Il est toujours positif et souriant, il est motivant, il sait quoi dire dans les mauvais moments. C’est quelqu’un de très drôle aussi et ce qui m’inspire le plus c’est sa positivité. Il sait toujours trouver une issue aux problèmes, sans s’énerver, en restant calme. »
L'évolution du circuit professionnel et la force de l'Euroforce
Patrick Beven porte un regard lucide sur l'évolution du surf de compétition. Selon lui, il n'est pas forcément plus difficile de se qualifier aujourd'hui, bien que le niveau ait augmenté. « Les stratégies ont évolué. Aujourd’hui il y a le système des priorités, ce qu’il n’y avait pas avant. Dans certaines compétitions il y a aussi des jet skis, ce qui n’existait pas avant non plus. Tout est plus facile pour les surfeurs aujourd’hui. Avant c’était plus galère, on n’avait pas toutes ces choses. » Il tempère toutefois en rappelant la génération précédente, pour qui les conditions étaient encore plus ardues.
« Avant quand on partait en compétition avec Micky (Picon), Jérémy (Flores), Tiago (Pires) on dormait dans nos housses. On n’avait pas de portable, c’était beaucoup plus compliqué d’appeler nos parents, c’était moins facile pour nous. Mais pour les jeunes c’est aussi dur aujourd’hui car les marques et les sponsors donnent moins d’argent, sont moins présentes qu’avant. Nous on a connu l’âge d’or, toutes les marques arrivaient en Europe, c’était l’époque où le surf arrivait vraiment et où toutes les marques nous donnaient beaucoup plus d’argent. Les jeunes aujourd’hui ont moins cette chance, sauf ceux qui sont très bons. À l’époque, il n’y avait pas les réseaux sociaux non plus… C’est kiffe kiffe. Des choses étaient plus faciles, d’autres étaient plus dures. »
C'est de cette époque que naît l'idée de l'Euroforce. « À l’époque quand on était sur le circuit pro on n’avait pas de coachs. On se coachait entre nous. Quand les copains allaient surfer on se soutenait à tour de rôle, Micky, Jérémy, Tiago, Fredo. On était tous ensemble et on se supportait ! C’est de là qu’est née l’Euroforce. Ce sont les relations qu’on avait entre nous qui nous ont donné cette idée et aujourd’hui c’est ce que je transmets aux gars. Je les supporte, je les accompagne, je participe à leurs entraînements. C’est autant le physique que le mental et le côté émotionnel. Je pense qu’il faut arrêter de dire qu’on est des coachs, on est des couteaux suisses, un peu comme un père, on est tout à la fois. Le coach c’est plutôt le mec qui vient, qui prend des sous, qui s’assoit sur une chaise et qui se casse après. »
Les jeunes connaissent la route parcourue par Patrick, les cicatrices gardées, et ils respectent cela. « Ils se disent que si à l’époque ce mec qui a fini deuxième derrière Mick Fanning avait eu tout ce que les surfeurs ont aujourd’hui, il aurait sûrement gagné la compétition et d’autres ensuite. »
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Une discipline de fer face aux aléas de l'océan
Aujourd’hui, Patrick est encore au milieu des jeunes à surfer, même dans 30 centimètres de vagues, s'entraînant avec la même intensité que Kauli ou Marco. Son objectif est clair : « Mon objectif c’est de surfer comme ça jusqu’à 60 ans comme Kelly. Peu importe ton niveau, le but c’est d’être bien dans ta peau et dans ta tête, d’être actif, d’avoir sa personnalité. » Il souligne que certains surfeurs, comme Maxime Huscenot, Marc Lacomare ou Ramzi Boukhiam, surfent aussi bien que ceux qui sont sur le CT, prouvant que la qualification n'est pas le seul indicateur de talent.
Membre du team RVCA, Patrick Beven a surfé au plus haut niveau et continue d’être une icône. Sa vie est toujours autant connectée au surf et à l’océan. Cette rigueur physique est vitale. Riding Zone a récemment consacré un épisode à son parcours, revenant sur le pire wipeout de sa vie à la Nord, à Hossegor, un jour de grosse houle. « Comment survivre après une violente chute et plus de 40 secondes passées sous l’eau, malmené par les vagues du mythique spot de la Nord ? Ce jour-là, Patrick a bien failli mourir. »
Ce traumatisme a renforcé son engagement envers la préparation physique. « Si Patrick a toujours mis un point d’honneur à s’entraîner dans l’eau comme hors de l’eau, pour être le plus performant possible dans son surf, le wipeout qu’il a vécu à la Nord lui a encore un peu plus fait comprendre l’importance vitale de la préparation physique. » Cette préparation, incluant le ju-jitsu, le travail du souffle et la respiration, est fondamentale. « Lorsqu’une situation extrême survient, il faut en faire une force pour progresser encore et encore. Ce wipeout qui a bien failli lui coûter la vie lui a donné une impulsion supplémentaire pour être encore plus fort. »
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