Jord Fortmann : Une Vie Ondulante entre Passions du Surf, Voyage et Connexion Humaine

Jord Fortmann incarne l'esprit du surfeur moderne : profondément ancré dans la tradition de l'océan, tout en embrassant une vision entrepreneuriale et humaine du partage. À 38 ans, ce surfeur hollandais passionné de cuisine a bâti son existence autour de la quête incessante de la vague parfaite et de la richesse des rencontres que le voyage offre. Son parcours est une illustration vivante d'une vie dédiée à l'océan, jalonnée d'expériences intenses, de défis personnels et d'une évolution vers la transmission d'une approche authentique du surf.

Les Racines d'un Passionné : L'Éveil au Surf et l'Esprit Entrepreneurial

L'histoire de Jord avec le surf a commencé tôt, à l'âge de 14 ans, sur les côtes des Pays-Bas. Dès ce moment précis, il a véritablement construit sa vie autour du surf et des voyages, faisant de l'océan son principal guide. Cette passion précoce l'a mené à passer de nombreuses années dans l'industrie du surf, travaillant pour d'autres, souvent en collaboration avec de grandes marques. Ces expériences, bien que formatrices, ont fait naître en lui un désir profond et irrépressible : celui de créer quelque chose de personnel, quelque chose qui lui ressemble, une entreprise où l'on forge une véritable connexion. Son aspiration était de fonder un lieu où l'on partage une expérience sincère et authentique, de préférence en petits groupes, pour favoriser une immersion plus profonde et significative.

Cette philosophie se reflète directement dans son approche de l'enseignement du surf, qu'il estime "un peu différente des standards actuels". Jord Fortmann aime se concentrer sur l'essentiel, sur le fait d'acquérir des bases solides, considérant que c'est le fondement de toute progression durable et joyeuse dans ce sport exigeant. Pour lui, l'objectif constant de s'amuser à chaque étape de l'apprentissage est primordial, car la joie est le moteur de la persévérance et de la découverte.

Avec 18 ans d'expérience dans l'eau, Jord est considéré comme un véritable « gourou du surf », un homme d'une gentillesse remarquable, spontané et honnête. Sa présence dans l'océan est rassurante, car il est également un sauveteur qualifié, garantissant la sécurité de ceux qui l'accompagnent. Comme le soulignent ses proches, "Passer du temps avec Jord dans l'eau et vous apprendrez beaucoup !", une promesse d'enrichissement bien au-delà de la simple technique. Ce surfeur libre, autrefois décrit comme étant âgé de 33 ans et originaire des Pays-Bas, est aujourd'hui un homme accompli, mariant l'amour de la glisse à celui de la bonne cuisine, et dont la vie est une ode à l'aventure et au partage.

Marine Fortmann : Une Vie entre Vagues, Hospitalité et Objectif Partagé

Derrière chaque grand projet, il y a souvent une vision partagée, et celle de Jord est étroitement liée à Marine Fortmann. Marine, 36 ans, infirmière de profession passée, surfeuse et, tout comme Jord, amoureuse de la bonne cuisine, apporte une dimension complémentaire et essentielle à leur entreprise commune. Son parcours est singulier et fascinant, marqué par une enfance passée à naviguer sur tous les océans en voilier avec sa famille. Cette éducation nomade lui a conféré une ouverture sur le monde et un sens inné de l'accueil.

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Malgré cette enfance bercée par l'étendue des mers, sa rencontre avec le surf fut plus tardive que celle de Jord, survenant vers l'âge de 25 ans. Cela ne l'a pas empêchée d'embrasser ce sport avec une passion et un style indéniables, la décrivant comme une "maman surfeuse, avec du style…!" Mais au-delà de sa propre pratique du surf, Marine a toujours nourri un rêve un peu secret : avoir un jour sa propre maison avec des gîtes et partager son petit coin de paradis avec des visiteurs du monde entier.

Après plus de dix ans passés en tant qu'infirmière, Marine a opéré un changement d'orientation complet, dévouant désormais son énergie à l'accueil de leurs hôtes. Cette transition n'est pas seulement un changement de carrière, mais une concrétisation de son désir profond de créer un espace de partage et de convivialité. Elle, qui était alors âgée de 32 ans et originaire de France, aime la photographie et le film, des passions qui lui permettent de documenter et d'embellir les expériences vécues. Ses proches murmurent avec un sourire : "Traitez-la bien et vous pourriez obtenir de superbes clichés !", soulignant son talent et sa générosité. Ensemble, Jord et Marine Fortmann forment un duo dynamique, unis par leur amour de l'océan, des voyages, de la gastronomie, et par une aspiration commune à offrir des expériences mémorables et authentiques.

L'Appel de l'Océan : L'Aventure Hawaïenne de Jord Fortmann

L'ascension de Jord Fortmann dans le monde du surf a été marquée par des opportunités inattendues et des expériences formatrices, dont l'une des plus mémorables fut sans aucun doute son premier voyage à Hawaï. Hasard ou non, quelques mois après que Jord Fortmann, alors âgé de 23 ans, ait fait la couverture du magazine 6 Surf Mag., il se retrouvait sur la North Shore à Hawaï, aux frais de son nouveau sponsor, Lightning Bolt. Cette invitation n'était pas un simple voyage ; c'était un pèlerinage vers la Mecque du surf, une aventure en soi, mais rendue encore plus extraordinaire.

Un voyage entièrement pris en charge avec toute l'équipe européenne et Rory Russell, deux fois « Pipe Master », comme hôte, est un véritable rêve de gamin pour tout surfeur. L'opportunité s'est présentée l'automne précédent ce voyage, lorsque Jord a reçu un appel de Frank van de Ruit de Lightning Bolt. Frank lui demandait s'il était intéressé à rejoindre leur équipe, sans pouvoir rien promettre formellement, mais en s'engageant à le proposer comme nouveau rider de l'équipe européenne. Si cela se concrétisait, il aurait droit à des vêtements et, surtout, chaque année, à un voyage d'équipe. Jord avait alors prévu de passer quelques mois au Maroc cet hiver-là, et n'ayant plus eu de nouvelles de Frank, il avait supposé que l'offre ne se ferait pas. Cependant, trois semaines après son arrivée au Maroc, le téléphone sonna.

"Une telle opportunité ne se présente pas deux fois," se dit-il, "alors je suis immédiatement rentré aux Pays-Bas et quelques jours plus tard, j'étais dans l'avion en direction d'Hawaï." L'excitation était palpable, mêlée à une certaine appréhension face à l'inconnu. À son arrivée, il fut récupéré à l'aéroport par Jonathan Paskowitz, pas non plus un inconnu dans le monde du surf, ce qui ajoutait une touche de prestige à l'expérience. C'était la première fois que Jord mettait les pieds en Amérique, une confrontation avec toutes les choses typiquement américaines qui l'ont marqué. Mais la première impression de la North Shore fut surtout une confirmation des clichés : beaucoup de grosses voitures, des prix élevés et une multitude de grands gaillards tatoués, donnant le ton à ce temple du surf.

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Au Cœur de la Légende : Rencontre avec Rory Russell et l'Esprit Lightning Bolt

Le voyage à Hawaï était non seulement une plongée dans les vagues mythiques, mais aussi une immersion dans l'histoire vivante du surf, notamment à travers la figure emblématique de Rory Russell. Rory a été Pipe Master en 76 et 77, des années qui résonnent encore dans les annales du surf. Il est impliqué avec Lightning Bolt "depuis à peu près que l'on s'en souvienne", une longévité qui témoigne de son statut légendaire. Non seulement il a été un rider de l'équipe, mais il est aussi le shaper de la légendaire Pipeliner, le classique "gun" à single fin spécialement conçu pour les vagues de Pipeline.

La personnalité de Rory Russell est aussi marquante que son palmarès. "Certainement," raconte Jord, "tout le monde sur la North Shore le connaît et il connaît lui-même vraiment tout le monde. C'est vraiment un surfeur old-school, un sacré 'stoner' plein de belles histoires et toujours en train de rire." Cette authenticité et cette jovialité ont fait de lui un hôte exceptionnel, capable de transmettre l'esprit profond de la culture surf hawaïenne. Pour Jord, l'objectif principal du voyage était de faire connaissance avec le reste de l'équipe Lightning Bolt et de se connecter aux racines de la marque. Outre lui-même, les gars du Portugal, d'Espagne et de France étaient également présents, ainsi que quelques membres de l'équipe américaine qui étaient déjà sur place. Cette réunion d'athlètes internationaux, sous l'égide d'une légende comme Rory Russell, a créé une atmosphère unique de camaraderie et d'échange, renforçant le sentiment d'appartenance à une famille mondiale du surf. C'était une occasion précieuse de comprendre non seulement l'héritage de Lightning Bolt, mais aussi l'interconnexion qui unit les surfeurs du monde entier autour d'une passion commune pour l'océan et ses défis.

Confronter la Puissance : Surfer les Spots Mythiques d'Hawaï

L'excitation de Jord Fortmann à Hawaï s'est rapidement transformée en une confrontation directe avec la puissance brute de l'océan Pacifique. "Eh bien, ces vagues sont vraiment d'une autre trempe," confia-t-il, "j'en avais beaucoup entendu parler, mais on ne peut pas vraiment s'en faire une idée. Je m'attendais un peu à une sorte d'Indo, mais c'est vraiment beaucoup plus brutal là-bas." La différence était frappante, et les premières sessions ont rapidement mis à l'épreuve ses compétences et son courage.

Le premier jour, l'équipe s'est rendue sur un spot relativement "mellow" sur la côte nord-est, un lieu propice à une mise en jambe relaxante. Mais la véritable épreuve n'a pas tardé. Le récit de son expérience à Pipeline est particulièrement révélateur : "Intense, je ne peux pas le décrire autrement. Il y avait un peu de vent et des vagues d'environ dix pieds. Vraiment trop pour moi, alors je suis resté tranquillement sur le côté." Les Portugais de l'équipe, de très bons compétiteurs, se sont jetés à l'eau sans hésitation, mais pour Jord, la prudence s'imposait. Après avoir observé un moment, quelqu'un a suggéré qu'il y aille quand même, ne serait-ce que pour regarder depuis le "channel", le chenal de sécurité. "Absolument," se souvient-il, "on se dit tout le temps : 'Putain, je suis sur Pipeline !' Des vagues vraiment puissantes arrivaient et c'était incroyable de voir toute cette action de si près, mais quand on est là, on veut aussi prendre une vague." Se placer au pic n'était pas une option, la vague étant trop exigeante, mais de temps en temps, une vague plus large se formait. "Peut-être pas un tube intense, mais tout de même assez haute, creuse et incroyablement puissante. Finalement, j'ai réussi à prendre deux vagues et j'ai trouvé que c'était suffisant." Une victoire personnelle, même minime, face à l'une des vagues les plus redoutées du monde.

Après l'aventure à Pipe, direction Sunset, "pas non plus un spot anodin." Là-bas, ça s'est déjà beaucoup mieux passé pour lui, même si c'était toujours "nasty". Sunset s'est avéré être un terrain de jeu assez vaste, mais avec une certaine taille, "il fallait toujours être sur ses gardes face aux séries de close-outs sournoises." Jord confie : "De toute façon, je n'ai jamais été vraiment à l'aise à cent pour cent lors d'aucune session de surf. On est vraiment sur le qui-vive, ça casse si puissamment." Malgré la foule et la nécessité de bien choisir ses vagues - et le fait que tout le monde là-bas surfait sur des planches gigantesques - il a quand même pu en prendre quelques bonnes.

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Les "wipeouts", ces chutes spectaculaires, faisaient partie de l'expérience. "Eh bien, on se fait évidemment bien chahuter quelques fois," raconte-t-il. "Je n'ai non plus jamais été aussi longtemps et aussi violemment sous l'eau, mais à mon avis, ce n'était jamais la pire lessive de ma vie. On est tellement préparé au pire que ça reste relativement gérable." Ironiquement, la lessive la plus intense remonte, pense-t-il, à l'époque où il s'est retrouvé pour la première fois dans des vagues sérieuses sans savoir ce qui l'attendait. À Sunset, il a même dû nager un bon bout de chemin après un incident effrayant : "Deux hommes sont arrivés en surfant côte à côte droit sur moi. Je ne pouvais plus bouger. Finalement, l'un a percuté ma planche tandis que l'autre a coupé ma leash en deux. Je me suis retrouvé là, soudain sans planche, à l'intérieur. Ce fut un choc, mais heureusement, je savais bien où sortir." La réaction de Rory Russell à cet incident fut "mellow, évidemment, haha… Il était surtout content que j'aie réussi à atteindre la plage sans problème. Tant de planches se cassent sur la North Shore, que cela ne l'a pas vraiment plus préoccupé," soulignant la banalité des accidents matériels dans ces conditions extrêmes.

Au-delà de ces spots emblématiques, l'équipe a également exploré d'autres vagues. Pedro Soares, un autre rider de l'équipe, a été photographié présentant sa planche à Puena Point, un des rares endroits offrant de bonnes conditions lorsque le vent était défavorable ailleurs, ce même spot où la série "Lost" a été filmée. Gege Brasset, le rider français de l'équipe, a impressionné par ses "beautiful carves", tandis que David Raimundo, le rider portugais, s'est montré des plus enthousiastes au début de chaque session. Des images immortalisent Jord Fortmann, directement venu du "Orange country" (les Pays-Bas), exécutant un "very deep bottom turn", témoignant de son aisance dans ces vagues exigeantes. Hawaï, même dans ses aspects les plus intenses, a offert une multitude de terrains de jeu et d'opportunités de prouver sa valeur.

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