La pratique du surf, sport emblématique des littoraux et symbole de liberté, s’accompagne malheureusement de risques inhérents qui peuvent transformer une session en mer en un événement dramatique. Des morsures de requin aux chutes sur le récif, en passant par les chocs avec le matériel ou les situations d’isolement, les dangers sont multiples. L'analyse de divers incidents récents et passés met en lumière la complexité de ces situations, les efforts de secours, ainsi que les réflexions autour des mesures de sécurité pour protéger les pratiquants.
Le Risque Requin à La Réunion : Une Menace Persistante
La Réunion est une île où la beauté des vagues est contrebalancée par une réalité malheureusement bien connue : l'exposition au risque requin. Cet après-midi, un surfeur a été mordu par un requin sur le spot de surf de Saint-Leu, ajoutant un nouvel incident à la série d'attaques enregistrées dans la région. La victime, âgée de 45 ans, a été blessée au membre supérieur droit au niveau du biceps. L’intervention rapide d'une navette de la base nautique, présente sur place, a permis de porter secours au surfeur et de le ramener à terre sans délai. Par la suite, les sapeurs-pompiers ont pris le relais pour sa prise en charge.
Cet accident survient dans un contexte où le Préfet rappelle une nouvelle fois que La Réunion est exposée au risque requin, plus particulièrement en période d’hiver austral. Cette période est réputée pour favoriser la présence des squales près des côtes réunionnaises, notamment en raison des pluies et de la forte houle observées ces derniers jours, comme le souligne l'appel à la vigilance renforcée du Centre sécurité requin. Ce dernier invite les usagers de la mer à faire preuve d'une vigilance accrue sur le littoral.
Le Préfet précise que cet accident survient alors que plusieurs mesures opérationnelles sont déjà engagées pour prévenir le risque requin. Ces mesures incluent la pêche ciblée, la surveillance des activités nautiques et l’aménagement de zones d’activités nautiques. Malgré ces efforts, il s’agit de la 4ème attaque de requin à La Réunion depuis le début de l’année, et deux d’entre elles ont été mortelles, soulignant la gravité continue de la situation. L'historique des incidents rappelle cette menace constante ; le 22 juillet 2014, il y a tout juste un an, un surfeur, un quinquagénaire, avait également été attaqué par un requin et gravement blessé. La vigilance reste donc de mise pour tous les pratiquants des activités nautiques sur l'île.
Les Chutes Dévastatrices et l'Impact du Récif : La Vague de Teahupo'o
La vague de Teahupo’o, célèbre pour sa puissance et sa beauté hypnotisante, est également le théâtre de chutes graves et de blessures potentiellement mortelles, en raison notamment de son récif corallien affleurant. Jeudi après-midi, un surfeur américain de 56 ans a fait une mauvaise chute sur cette vague, un incident qui a rapidement alarmé la communauté locale. Selon nos dernières informations, son pronostic vital est engagé, et il est actuellement en service de réanimation. Le surfeur, originaire de Californie, a heurté le récif avec la tête et s'est fracturé deux vertèbres cervicales dans sa chute.
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Les secours ont été mobilisés avec une grande réactivité. Il a été secouru par des personnes sur place, puis par les pompiers de Taiarapu-Ouest. Après une première prise en charge à l’hôpital de Taravao, il a été transféré au CHPF. Le maire délégué de Teahupo’o, Milton Parker, a rapporté les circonstances de l'accident : « Il est mal tombé sur la tête, ça lui a fait comme un coup du lapin. Il a été récupéré par un jeune surfeur de Teahupo’o dans le west bowl alors qu’il se noyait et on lui a prodigué les gestes de premiers secours sur un bateau en attendant l’arrivée de nos pompiers. »
Ces accidents sont souvent graves, même lorsque les conditions de houle ne sont pas considérées comme extrêmes. Comme le précise le tāvana, « les accidents sont souvent graves dans ces cas-là, car il y a peu d’eau sur le récif, » même si les vagues n'étaient "pas particulièrement grosses, à peine deux mètres" ce jour-là. La faible profondeur de l'eau au-dessus du récif transforme chaque chute en un risque majeur de traumatisme crânien ou cervical.
Un an avant cet incident, le 22 juillet 2014, un autre surfeur avait également été attaqué par un requin à La Réunion. En revanche, dans une autre circonstance liée à Teahupo'o, Michel, un surfeur Tahitien, a également été victime d'un accident, mais d'une nature différente. Alors qu’il surfait chez lui à Teahupo’o, il a reçu sa planche sur le coin de la tête après « avoir été trop deep » sur sa première vague. Bien que cette blessure l'ait contraint à un repos forcé, le Tahitien a tenu à rassurer ses fans sur son compte Instagram : « Tout est ok. Je suis juste triste de ne pas pouvoir resurfer aujourd’hui. Les vagues sont tops mais pas de surf pour moi pendant 10 jours. » On lui souhaite un bon rétablissement, avec l'espoir de le voir en pleine forme pour le début de la saison 2019, moins d’un mois plus tard, sur la Gold Coast australienne. Cet athlète, qui a terminé à une très belle 8e place mondiale la saison dernière, est attendu pour sa 11e saison consécutive sur le CT.
Blessures Liées au Matériel et Incidents Auto-Infligés : L'Importance de la Vigilance Personnelle
Le surf n'expose pas seulement à des dangers externes comme les requins ou les récifs, mais aussi à des risques liés au matériel lui-même, parfois de manière inattendue. Un témoignage poignant illustre cette réalité : après environ 150 sessions de surf, un pratiquant a subi sa première blessure notable. Alors qu’il ramait calmement pour retourner se placer au peak, il a vu une vague arriver et a tenté de se décaler pour l'éviter sans faire de "turtle roll" ou de "canard". Ce mauvais calcul a eu des conséquences directes. Au moment où il passait l’épaule, avec la planche un peu de travers, la vague lui a déferlé dessus. Sa planche a fait un tonneau, et il est resté agrippé avec une main sur chaque rail. En sortant la tête de l’eau, il a immédiatement vu le sang couler sur ses yeux. En portant sa main à son crâne, il a senti « une belle incision ».
La coupable de cette blessure inattendue s'est avérée être un accessoire a priori anodin : la fixation de sa GoPro. Bien que la caméra n'était pas présente ce jour-là, la fixation en plastique sur le nez de sa planche y est restée en permanence. Le surfeur a tiré une leçon claire de cette expérience : « clairement, si tu as ce type de fixation, enlève-là ! ». En résultent cinq points de suture pour 150 € dans une clinique privée de Corralejo. L'inquiétude principale était alors de savoir quand il pourrait retourner à l'eau. Dix jours plus tard, les points ont été retirés, mais une croûte persistante l'a contraint à attendre au moins quatre ou cinq jours supplémentaires avant de reprendre le surf. Cette période d'attente était d'autant plus frustrante qu'il devait quitter Fuerteventura dans deux semaines.
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Cette expérience l'a amené à une réflexion sérieuse sur l'utilisation du casque en surf. Il se questionne désormais : « Port du casque ou non… c’est la question que je me pose aujourd’hui. » Il souligne que ce type d'accident peut survenir seul ou au contact d’une autre personne ou d’une autre planche. Avec la fréquentation croissante des spots, « il faut bien le reconnaître, avec le monde sur les spots, cela devient de plus en plus chaud. » Il a lui-même été « à 2 doigts de prendre en pleine tête la planche d’un débutant lancée à toute vitesse » à plusieurs reprises. Par conséquent, il envisage sérieusement de mettre un casque pour ses prochaines sessions de surf. Cet apprentissage, ainsi que des conseils sur le surf et le surfskate, est partagé par l'auteur via un podcast sur Spotify et iTunes et une chaîne YouTube, encourageant ainsi la prudence et la progression. Un guide pour progresser au "take off" est également disponible, visant à réduire les chutes.
Un autre cas de blessure auto-infligée par la planche s'est produit près de Fécamp. Un surfeur s'est blessé à la tête avec sa planche, jeudi 8 octobre, dans l'après-midi. Il a été récupéré par des promeneurs avant d'être évacué à l'hôpital. L’accident a nécessité la venue de l’hélicoptère Dragon 76 à Yport, près de Fécamp (Seine-Maritime). Peu avant 15h30, les pompiers et un médecin du SAMU, après examen, ont conclu à une blessure légère, mais l’incident a néanmoins requis une évacuation vers le CHU de Rouen.
Accidents Liés aux Conditions Marines et les Sauvetages Héroïques
Certains accidents de surf sont directement liés aux conditions marines spécifiques et mettent en lumière l'importance des sauveteurs et de la vigilance collective. Sur la plage des Culs-Nus de Soorts-Hossegor, un surfeur a été héliporté ce jeudi 7 août vers midi après s’être gravement blessé. Quand un hélicoptère vient se poser directement sur une plage un jour où la houle est importante, ce n’est jamais bon signe. À 11h30, le chef de poste Erwin Bialek a déclenché une intervention après qu’un surfeur a été récupéré, semi-conscient, par un professeur de surf de l’école Ocean Therapy, qui officiait avec son groupe en bord de plage. Le surfeur a « planté au ‘‘take-off’’ (en se levant, NDLR) et a heurté le fond avec la tête. Il n’avait plus de sensibilité, ni de motricité. »
La vigilance et la promptitude de ce professeur de surf et des maîtres-nageurs sauveteurs ont certainement sauvé la vie de ce surfeur, incapable de bouger alors que les vagues étaient fortes, avec « environ 1,50 m de vagues » et une houle « bien plus violente que les derniers jours », selon Erwin Bialek. La zone de bain a été immédiatement fermée pour concentrer les efforts sur ce cas grave. Le surfeur blessé a été pris en charge par le Samu et l’hélicoptère. Sur le sable, il a semblé retrouver un peu ses forces, mais se plaignait d’avoir entendu un craquement au niveau des cervicales. Son évacuation rapide vers l’hôpital de Bayonne a permis de faire d’autres analyses, et son état était stable quand l’hélicoptère a repris les airs.
Plusieurs incidents de ce type sont accentués par la particularité des bancs de sable à Hossegor, notamment sur la plage des Culs-Nus et du Boîteux. Un surfeur local met en garde contre la dangerosité actuelle de ces bancs : « Cette année, à marée basse, il y a très peu d’eau sous la vague, en cas de chute on touche tout de suite. » Cela augmente considérablement le risque de heurter le fond après une chute, transformant des wipeouts courants en blessures graves.
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