L'idée de faire le tour du monde, cette aventure humaine emblématique, incarne depuis des siècles la quête d'exploration, de dépassement et de connaissance. Repoussant les frontières de l'inconnu, elle a remodelé la carte du monde et notre compréhension de ses dimensions. Des expéditions pionnières du XVIe siècle aux compétitions à la voile d'aujourd'hui, l'histoire de la circumnavigation est une saga de courage, de drame et d'innovations, marquant un chapitre essentiel dans les annales maritimes et humaines.
Les Pionniers de la Circumnavigation : L'Odyssée Ambiguë de Magellan
Il y a plus de 500 ans, en 1519, Fernand de Magellan entreprit le premier tour du monde de l'histoire. Né Fernão de Magalhães vers 1480, ce noble d'origine portugaise vécut un temps à la cour de Lisbonne en tant que page au service de la reine consort Éléonore et du roi Manuel Ier. Dès 1511, le jeune capitaine rêvait de trouver une nouvelle voie maritime pour rejoindre les îles aux épices, les îles Moluques en Indonésie, un archipel réputé pour ses épices qui se revendaient à prix d'or en Europe. Sa vision était audacieuse : il voulait atteindre le Pacifique et ces îles précieuses en passant par l'ouest et non par l'est, à travers l'Amérique du Sud. Il proposa son projet au roi du Portugal, qui le rejeta, s'attirant même les foudres de Manuel Ier qui avait rejeté sa proposition d'ouvrir une nouvelle route des épices.
À l'époque, le Portugal et l'Espagne entretenaient une rivalité acharnée dans la conquête de nouveaux territoires où ils pourraient se procurer les épices dont raffolaient tant les aristocrates européens. En 1505, Magellan fit son entrée dans la compétition entre les deux puissances et voyagea en Inde, en Malaisie et en Indonésie. Convaincu qu'en naviguant vers l'ouest plutôt que l'est, il trouverait un détroit qui, selon la rumeur, lui permettrait de traverser l'Amérique du Sud et de tracer une nouvelle route pour atteindre l'Inde et l'Indonésie, il renonça à sa loyauté envers le Portugal et se tourna vers l'Espagne. À l'automne 1517, le navigateur portugais Fernand de Magellan décida de servir le roi d'Espagne. Son souhait fut exaucé par le souverain espagnol, le roi Charles V, qui finança l'expédition et lui accorda à la fois la nationalité et sa bénédiction pour une expédition de cinq navires en direction de l'ouest. Le voyage allait offrir au capitaine un rang et une remarquable richesse : le roi lui avait octroyé un monopole de dix ans sur toutes les routes qu'il trouverait, une part des profits et un titre de noblesse. En revanche, la position de Magellan vis-à-vis de sa mission royale et de son équipage, principalement constitué d'Espagnols, était assez délicate. Les Castillans répugnaient l'idée de naviguer sous le commandement d'un Portugais et pour les Portugais, l'explorateur était un traître.
Le 10 août 1519, la flotte composée de cinq caraques, d'imposants navires à voiles, quitta Séville. En septembre 1519, Magellan quittait l'Espagne avec une flotte de cinq navires. Les débuts de l'expédition furent marqués par des épreuves significatives. Au large des côtes sud-américaines, un bateau s'échoua et un autre déserta. Après un hiver impitoyable qui paralysa ses navires plusieurs mois sur les côtes de l'actuelle Argentine, une mutinerie éclata. L'un des vaisseaux fut détruit, un autre laissa tomber l'expédition et rebroussa chemin pour regagner l'Espagne. Le capitaine eut beaucoup de mal à reprendre le contrôle de ses hommes mais une fois son autorité rétablie, les répercussions ne se firent pas attendre et elles furent brutales. Il ordonna la décapitation et l'écartèlement de certains insurgés alors que d'autres furent abandonnés à leur sort ou contraints au travail forcé.
Le voyage put finalement reprendre et Magellan parvint à se frayer un chemin à travers un passage périlleux qui porte aujourd'hui son nom, le détroit de Magellan. Ses ennuis n'allaient pas s'arrêter là. Alors que la flotte sillonnait l'océan Pacifique, la nourriture s'abîma et l'équipage dut faire face à la famine et au scorbut. Brutal, belliqueux et courageux, Magellan a transformé un voyage commercial en une effrayante confrontation avec un monde sauvage que peu d'Européens osaient imaginer. Au début de son odyssée, ses contemporains pensaient qu'il était impossible de faire un tour complet du monde et suspectaient l'existence de toutes sortes de créatures, des monstres des mers aux grenouilles tueuses, prêtes à ne faire qu'une bouchée de quiconque était assez écervelé pour s'y risquer. Pour beaucoup, c'était un projet suicidaire, a indiqué l'historien Laurence Bergreen.
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Magellan et ses hommes s'arrêtèrent brièvement pour mettre pied à terre sur une île, probablement Guam, où ils tuèrent des indigènes et incendièrent leurs foyers en représailles du vol d'un petit bateau. Un mois plus tard, l'expédition atteignait les Philippines. À la surprise générale, Enrique, un esclave dont Magellan avait fait l'acquisition avant le voyage, comprenait et parlait la langue des autochtones. Il s'avéra qu'il avait probablement été élevé là avant d'être réduit à l'esclavage, ce qui fait de lui le premier homme à avoir fait le tour du monde, avant Magellan. L'explorateur revendiqua promptement les Philippines au nom de l'Espagne mais son engagement dans une guerre que Bergreen qualifie d'inutile le poussa à sa perte. Il n'a pas été vaincu par les forces de la nature, a précisé Bergreen. Au lieu de cela, il exigea du peuple mactan qu'il se convertisse au christianisme et se retrouva impliqué dans un conflit entre Humabon et Lapu-Lapu, deux chefs de tribus locales. Le 27 avril 1521, Magellan fut tué d'une flèche empoisonnée alors qu'il attaquait la tribu de Lapu-Lapu. Ils se précipitèrent vers lui d'un seul tenant, armés de lances de fers et de bambou, écrivait Antonio Pigafetta, un érudit italien qui avait pris part au voyage, de telle façon qu'ils tuèrent notre miroir, notre lumière, notre réconfort et notre guide absolu. L'équipage abandonna là son corps, peut-être une indication de leurs sentiments réels à l'égard de leur impitoyable capitaine.
Après avoir traversé l'océan Pacifique, Magellan mourut aux Philippines au printemps 1521 lors d'un conflit avec une tribu locale. Faute de marins en nombre suffisant, les équipages durent brûler un navire. Les deux caraques restantes parvinrent enfin aux îles Moluques. Chargées d'épices, elles repartirent vers l'Europe mais l'une d'entre elles fut capturée par les Portugais. Après la mort de Magellan, son équipage continua le voyage à bord du dernier navire en état, sous le commandement de Juan Sebastian Elcano, un Basque. Seule la Victoria retrouva Séville en septembre 1522, sous le commandement de Juan Sebastián Elcano. Sur le retour, ils découvrirent un nouvel océan, tracèrent de nouvelles routes pour le commerce européen et posèrent les fondations du mondialisme moderne. Près de cent mille kilomètres plus tard et après la mort de 80 % de l'équipage initial, l'expédition avait prouvé qu'il était possible de faire le tour du monde à la voile et ouvert la voie à la colonisation du Nouveau Monde par les Européens, au nom du commerce.
L'expédition navale qui eut lieu entre 1519 et 1522, entamée par Fernand de Magellan puis menée à son terme par Juan Sebastián Elcano, constitue à plus d'un titre une étape importante de l'histoire de l’humanité. Tout d’abord, pour la simple raison que les hommes qui sont parvenus au terme de ce voyage ont été les premiers à réaliser un tour complet du globe. Cette expédition eut en outre un impact significatif sur les connaissances générales de l'humanité, car elle permit d'appréhender l’ampleur du continent sud-américain et la largeur de l’océan Pacifique, ouvrant la voie à une compréhension nouvelle et plus précise des dimensions de la Terre. Les documents rassemblés nous renseignent sur la préparation du voyage ainsi que sur la relation entre les Portugais et les Espagnols. Ils contiennent également les tout premiers témoignages de ces découvertes. Les théories affirmant que la surface du globe était principalement recouverte de terres furent réfutées par l’expédition de Magellan et Elcano, qui révéla que la Terre était en fait une planète bleue, composée de masses de terres séparées par un immense océan. Son périple fut le « plus grand et le plus influent voyage en mer jamais entrepris, » a déclaré l'historien Laurence Bergreen, auteur du livre Par-delà le bord du monde : l'extraordinaire et terrifiant périple de Magellan. « Et ce n'est pas une hyperbole. »
Cinq cents ans après son odyssée, l'héritage de l'explorateur reste complexe… et contesté. Son nom n'était même pas Magellan. Son expédition fut la première à faire le tour du monde à la voile mais lui-même n'y parvint pas. Son héritage est teinté de contradictions. Bien que le nom de Magellan soit associé à la découverte pour certains, d'autres préfèrent garder leurs distances avec ce mot. Pour les peuples indigènes qui croisèrent la route de Magellan, l'arrivée de l'explorateur fut annonciatrice d'un nouvel âge de conquête, de christianisation et de colonisation. Lapu-Lapu, le chef mactan dont les hommes tuèrent Magellan, est souvent crédité d'avoir lui-même assassiné l'explorateur. C'est ainsi qu'il est devenu un héros national aux Philippines, nous informe l'historien Ambeth Ocampo. Bien que Lapu-Lapu n'ait probablement pas commis cet acte, il est largement commémoré comme symbole de la résistance et de la fierté des Philippins. Aujourd'hui, alors que le 500e anniversaire de l'arrivée de Magellan arrive à grand pas, les historiens conjuguent leurs efforts pour brosser un portrait plus fidèle du chef indigène. Au programme des célébrations qui se dérouleront en 2021, figure le remplacement d'une statue de Lapu-Lapu haute de 3 m dans la ville qui porte son nom.
Les Expéditions Post-Magellan : Vers une Compréhension Accrue du Monde
L'impulsion donnée par le voyage de Magellan a ouvert la voie à d'autres expéditions. En 1766, le roi Louis XV commanda à Louis-Antoine de Bougainville de faire le premier tour du monde au nom de la France. L'expédition fut organisée et partit le 15 novembre 1766 de Nantes, sur trois frégates. Le voyage dura près de deux ans et demi. Parmi les membres de l'expédition se trouvaient plusieurs savants, et notamment le botaniste Philibert Commerson, qui, pour honorer son capitaine, donnera le nom de bougainvillée à une espèce de fleur découverte au Brésil. En 1771 et 1772, de retour en France, Bougainville publia son journal de voyage intitulé Voyage autour du monde par la frégate du roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile en 1766, 1767, 1768 et 1769. Cet ouvrage marqua longtemps les esprits et créa de nombreuses vocations. En dehors des passages sur l'escale de Tahiti, les journaux de voyage de Bougainville, de Fesche, Caro, du prince de Nassau, et les notes laissées par Commerson restaient jusqu'alors inconnus mais sont désormais réunis complétés d'une édition critique.
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L'Ère des Défis en Solitaire et Sans Escale : La Révolution de la Golden Globe Race 1968
Le tour du monde représente l'une des aventures les plus exaltantes et les plus exigeantes pour l'Homme. Ces exploits allient la passion de la voile, la bravoure et le défi ultime de parcourir les océans du globe, tout en repoussant les limites de l'endurance humaine. Un jalon majeur fut posé en 1968 lorsque le journal anglais Sunday Times décida d’organiser une compétition jamais vue auparavant : réaliser le premier tour du monde à la voile, en solitaire, sans escale et sans assistance. Aventurier polymorphe et excellent navigateur, Chichester avait suscité un énorme intérêt grâce à la couverture exclusive assurée par le journal The Sunday Times. En mars 1968, la Sunday Times Golden Globe Race était annoncée - la toute première tentative de tour du monde en solitaire et sans escale.
Afin de relever ce défi complètement fou pour l’époque, neuf marins répondirent à l’appel. C'est en 1968 que Sir Robin Knox-Johnston accomplissait, pour la toute première fois de l’histoire, un tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance, un véritable exploit pour l’époque. Mais cette course devenue mythique s’est également fait connaître pour une toute autre raison, à travers l'histoire de Donald Crowhurst et de son parcours imaginaire lors de la GGR de 1968. Cet ouvrage, « L’étrange Voyage de Donald Crowhurst » aux éditions Arthaud, et le film de James Marsh « Le Jour de mon Retour » nous ont aidé à résumer les grandes étapes du voyage de Donald.
Donald Crowhurst, père de famille, vivait une vie paisible à Teignmouth, une petite ville portuaire située au sud de l’Angleterre. Passionné par la navigation, il gérait une petite entreprise qui produisait des instruments de navigation maritime. Les ventes de sa société avaient du mal à décoller lorsque Donald entendit parler de la GGR. Il décida d’y participer, et ce malgré son manque d’expérience en navigation. La GGR était à la fois le moyen d’accomplir un rêve, un véritable exploit humain, mais c’était également pour lui une incroyable opportunité de réaliser un coup de pub autour de son affaire. Après des mois de préparation, c’est finalement le 31 octobre 1968 que Donald Crowhurst prit le départ depuis le port de Teignmouth. Les 15 premiers jours de navigation furent assez médiocres avec des performances bien en deçà des estimations préalablement faites par Donald. Vers le 7 décembre 1968, le bateau se trouva tout proche des côtes de l’île de Santa Antao, au Cap Vert. Déjà à ce moment-là, son trimaran, le Teignmouth Electron, souffrait de plusieurs avaries dont notamment une coque qui prenait l’eau. Avant de s’élancer dans la course, Donald avait calculé qu’il pourrait effectuer son tour du monde en une centaine de jours. Devant ce constat, Donald dut rapidement faire face à un dilemme de taille : faire demi-tour et rentrer à la maison défaitiste et ruiné ou bien continuer la course dans de mauvaises conditions et mettre ses jours en péril ?
Donald Crowhurst effectua un voyage imaginaire autour du monde, alors qu’il tournait en rond dans l’océan Atlantique. Il simplement transmit de faux rapports de position dans l’espoir de tromper le monde. Il entama son voyage fictif en communiquant une première fausse position le 18 décembre 1968. Afin d’éviter les situations embarrassantes et les questions sur ses positions exactes lors de ses communications par radio, Donald décida de stopper tout échange avec le monde extérieur le 15 janvier 1969. Avant de feindre un problème de radio, il affirma se trouver dans les 40e rugissants à une centaine de milles au sud-est de l’île Gough. En réalité, le Teignmouth Electron se situait au large de Rio de Janeiro, au Brésil. Maintenant que Donald n’avait plus à affronter les questions de son attaché de presse et de ses proches, il n’avait plus qu’à laisser passer le temps. Attendre dans une zone calme où le trafic maritime se faisait rare. Soucieux de l’état de son catamaran qui empirait de jour en jour, Donald Crowhurst décida une nouvelle fois d’enfreindre le règlement de la GGR en accostant pour réparer son flotteur endommagé. Afin de s’assurer la plus grande discrétion, il décida de mouiller en février 1969 sur la baie de Samroromon à Rio Salado en Argentine.
Le 18 avril 1969, Donald reprit contact avec les commissaires de course basés à Portishead et annonça son passage au Cap Horn. Surpris par de telles performances, les journalistes du Sunday Times et de la BBC relayèrent l’information et encensèrent le navigateur. Au fur et à mesure des jours, des semaines et des mois passés en mer, les autres participants avaient également rencontré leur lot de difficultés. À tel point qu’en ce mois d’avril, Donald Crowhurst se retrouva seul en compétition. Le reste des navigateurs avait alors été éliminé, avait déclaré forfait ou bien leurs bateaux n’avaient pas tenu le coup, comme c’était le cas pour Nigel Tetley. Tous les projecteurs se tournaient donc sur Donald Crowhurst et sur ses journaux de navigation. Suite au naufrage de Tetley et selon les faux relevés de position, Donald ne pouvait que gagner cette course. Les performances hors du commun qu’il avait inventées de toute pièce étaient bien meilleures que celle de Sir Robin Knox-Johnston. Qu’il le veuille ou non, le capitaine du Teignmouth Electron était le plus rapide.
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Comment assumer un tel mensonge ? Comment faire face aux journalistes ? Comment affronter le regard de toute une population qui vous élève à l’échelle d’un héros ? Pris au piège, Donald Crowhurst était seul face à ses démons. Seul depuis des mois, coupé du monde extérieur durant des semaines, pouvait-il encore avoir une appréciation raisonnable de sa situation ? Dans cette posture inextricable il entra dans une schizophrénie paranoïaque, dans un délire alimenté par son imposture et par son isolation totale. Donald Crowhurst écrivit que la seule façon qu’il avait d’échapper à ce mensonge était de quitter son corps afin de devenir un être cosmique. Il devait devenir un dieu. Finalement, le Teignmouth Electron fut retrouvé à la dérive en plein milieu de l’Atlantique nord, sans équipage à bord. La Sunday Times Golden Globe Race est rapidement devenue une légende pour les marins comme pour les terriens, avec ses triomphes et ses tragédies, ainsi qu’une grande épopée humaine face à l’inconnu.
L'Ascension du Vendée Globe : L'Everest des Mers
La Sunday Times Golden Globe Race a inspiré une nouvelle génération de navigateurs et de compétitions. Créée par Philippe Jeantot en 1989, le Vendée Globe s'inscrit dans la continuité du Golden Globe, avec une circumnavigation par les trois caps, en solitaire, sans escale et sans assistance. Depuis sa première édition en 1989, quand 13 marins ont pris la mer et dont seulement la moitié est revenue au port de départ, cette course à la voile autour du monde, en solitaire et sans escale, est devenue mythique. En neuf éditions, 200 marins ont pris la mer et 114 ont franchi la ligne d'arrivée. Un "Everest des mers" qui a consacré de très grands navigateurs à l'image de Titouan Lamazouen en 1990, Alain Gautier en 1993, Christophe Auguin, en 1997, Vincent Riouen 2005, François Gabart en 2013, Armel Le Cléac'h en 2017 et Yannick Bestaven en 2021.
La course se déroule tous les quatre ans et est un témoignage des avancées technologiques et de la résilience humaine. L'édition 2020 de la 9e édition de cette course en solitaire fut marquée par des conditions météorologiques difficiles, un naufrage, un sauvetage et des abandons. Le spectaculaire naufrage de Kevin Escoffier et son non moins spectaculaire sauvetage par Yannick Bestaven, qui s'est détourné de sa route pour sauver son concurrent, a particulièrement marqué les esprits. Cet exploit ne pénalisera pas Yannick Bestaven, qui gagnera la course bien qu'étant arrivé 3e, mais ayant bénéficié d'un bonus de plus de 10 heures pour le sauvetage de son adversaire. Aventure sportive et aventure humaine se mêlent dans cette édition que les auteurs d'une bande dessinée ont parfaitement retranscrites. La course est aussi vécue à travers le regard de ceux qui restent, comme Lucas, 10 ans, qui rédige son journal pendant l'absence de sa mère. Cette dernière, navigatrice, participe au Vendée Globe. De jour en jour, nous suivons le parcours de la maman de Lucas, les difficultés qu'elle rencontre, son mode de vie sur le bateau, les interrogations du jeune garçon. Cette skippeuse, dont on ne sait pas le nom, simplement appelée "Mam" par Lucas, est fictive, mais tout ce qui est raconté est totalement plausible. L'approche de la course est originale et le point de vue de ceux qui restent et qui observent est très intéressant. En ce début janvier 2025, cela fait bientôt un mois que les navigateurs du 10e Vendée Globe se sont élancés des Sables d’Olonne, où les premiers d’entre eux devraient arriver à la fin du mois.
Pionnières et Défis Inversés
L'histoire de la circumnavigation est également jalonnée d'exploits individuels qui ont repoussé des barrières spécifiques. En 1976, Krystyna Chojnowska-Liskiewicz est devenue la première femme à faire le tour du monde en solitaire. Cet événement a ouvert la voie à une plus grande reconnaissance du rôle des femmes dans la voile de compétition et d'exploration.
Parallèlement aux circumnavigations dans le sens des vents dominants, d'autres défis ont émergé. Le Global Challenge, par exemple, est une course contre les vents et les courants, un tour du monde "à l'envers" d'Est en Ouest, en solitaire et sans escale, ce qui ajoute une couche supplémentaire de difficulté et de bravoure.