Le Stand Up Paddle en France : Cadre Réglementaire, Sportif et Fédéral

Origines et Évolution du Stand Up Paddle

Le Stand Up Paddle (SUP) est une discipline où le pratiquant se tient debout sur une planche et se déplace sur l’eau à l’aide d’une pagaie. On pense que le SUP est originaire d’Afrique et qu’il est devenu très populaire à Hawaii dans les années 1940. Ce sport est né dans les années 1960 à Hawaï mais a très vite été dépassé par l’arrivée des planches courtes. Il est revenu sur le devant de la scène lors d’une compétition à Hawaï encore, organisée en 2004. Depuis lors, cette discipline se développe rapidement.

La planche, ou parfois appelée « Paddle Board », peut présenter des caractéristiques différentes selon le mode de pratique et le milieu dans lequel évolue le pratiquant. Comme pour le surf, les dimensions d’un SUP sont adaptées à l’usage qui en est fait : surf (planches courtes et peu épaisses), course (planches étroites, fines et longues), promenade (planches longues, épaisses et larges). Avec la pratique en loisir sur des plans d’eau calme (lac, rivière), des planches gonflables ont fait leur apparition pour permettre un transport plus facile. Ce nouveau support révolutionne la pratique en ouvrant de nouveaux horizons.

La Pratique en Compétition et ses Disciplines

En compétition, le SUP se pratique sous différentes formes. La différence ici est que le « Supeur » ne se déplace pas sur les vagues mais se propulse à la force des bras. Il peut s’agir de promenades sur des plans d’eau calmes mais surtout de courses, d’où l’anglicisme « race ». Ces courses se font sur des longues distances, d’un point A à un point B, avec si possible du vent dans le dos pour bénéficier du « downwind » et profiter de surfs comme avec un bateau. Il existe également des parcours techniques où les concurrents doivent suivre un tracé avec passage obligatoire de bouées, et lorsqu’il s’agit de beach race, avec un ou des passages sur le rivage. Et enfin, de sprints en ligne droite, généralement disputés sur un parcours de 200 mètres.

Le.la compétiteur.trice doit être debout sur la planche pendant toute la durée de la course. Des exceptions peuvent par exemple être faites lors des phases de changement de direction où l’athlète peut exécuter jusqu’à cinq coups de pagaie à genoux ou assis sur la planche. Les gouvernails ou les foils ne sont pas autorisés. Cette discipline peut se pratiquer sur le littoral mais aussi en ville, sur des fleuves ou rivières, et sur des lacs. La Méditerranée devient une terre de prédilection mais désormais chaque cours d’eau voit débarquer les adeptes du Sup qui ne tarde pas à générer une élite. Un circuit mondial existe depuis 2010 divisé en deux catégories : le World Tour (surf) et les World Series (course).

Le Cadre Fédéral et la Gouvernance en France

Le stand up paddle possède une particularité unique dans le paysage sportif français car trois fédérations distinctes encadrent sa pratique. En effet, tu peux prendre ta licence auprès de la Fédération Française de Surf, de Canoë-Kayak ou de Voile selon tes objectifs personnels. L’article L131-14 du code du sport dispose que dans chaque discipline sportive et pour une durée déterminée, une seule fédération agréée reçoit délégation du ministère chargé des Sports. Le statut de fédération délégataire ouvre droit à des prérogatives énumérées aux articles L131-15 et L131-16 du code du sport.

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La Fédération Française de Surf a la délégation pour la réglementation et le développement du Stand Up Paddle en France. Elle est la seule habilitée à délivrer des titres nationaux. Depuis novembre 2009, une section dédiée a vu le jour au sein de la Fédération Française de Surf. La Fédération Internationale de Surf (ISA) a délégation pour la gouvernance mondiale du Stand Up Paddle dans le cadre de son développement olympique. La Fédération Française de Surf gère historiquement la discipline du stand up paddle en France avec une expertise forte sur les épreuves de Race et de Surf. Elle organise notamment les championnats nationaux de référence et structure les équipes de France pour les rendez-vous internationaux.

La Fédération Française de Canoë-Kayak propose une approche complémentaire centrée sur la maîtrise technique du geste et la navigation en eaux intérieures. En rejoignant un club de kayak, tu profites d’un réseau immense de bases nautiques situées sur les rivières et les lacs de tout l’hexagone. Cette fédération met l’accent sur la sécurité en milieu fluvial ainsi que sur le développement de la condition physique par la rame. La Fédération Française de Voile intègre également le stand up paddle au sein de ses nombreuses écoles de voile réparties sur toutes les côtes françaises. Cette institution privilégie souvent une approche multi-supports pour permettre aux licenciés de découvrir l’océan sous toutes ses formes.

Réglementation et Sécurité des Pratiques Nautiques

Les manifestations sportives nautiques, fêtes nautiques ou autres concentrations de bateaux susceptibles d’entraver la navigation sont soumises à autorisation. L’organisateur de la manifestation doit présenter une demande d’autorisation, au moins trois mois avant la manifestation (article A4241-38-2 du code des transports), au préfet du département du lieu de la manifestation. La décision d’autorisation est prise par le préfet. Elle est publiée et notifiée à l’auteur de la demande. L’arrêté interministériel du 3 mai 1995 modifié par l’arrêté du 7 décembre 2011 relatif aux manifestations nautiques en mer précise les conditions nécessaires au bon déroulement de ces manifestations. Est considérée comme manifestations nautiques toute activité exercée dans les eaux maritimes et susceptibles d’appeler des mesures particulières d’organisation et d’encadrement en vue d’assurer la sécurité des participants et des spectateurs.

Conformément aux dispositions de l’article L131-16 du code du sport, la fédération française de surf, en tant qu’association délégataire, établit les « Règles techniques » spécifiques au surf pour chacune des disciplines dont elle a la responsabilité. Lorsque la pratique de ces activités s’effectue dans les eaux intérieures exposées ou sur le lac Léman, chaque pratiquant doit être équipé en supplément avec un moyen de repérage lumineux individuel. La circulation des bateaux mus par la force humaine est donc libre dans le respect des règlementations en cours. Le règlement général de police de la navigation intérieure définit les règles de navigation et la signalisation en vigueur. Les règlements particuliers de police de la navigation intérieure organisent la navigation sur des itinéraires précis.

La division 240 relative à la « Sécurité des navires de plaisance à usage personnel et de formation, de longueur de coque inférieure à 24m » règlemente la possibilité de naviguer selon la catégorie du bateau (engins de plage, navire…) et la zone (bande des 300 mètres, jusqu’à 2 milles d’un abri, entre 2 milles et 6 milles d’un abri). Une aide à la flottabilité d’une capacité minimale de 50 N ou une combinaison néoprène thermique (torse et abdomen) est requise. Lorsqu’il a choisi sa vague, le pratiquant se propulse à l’aide de sa pagaie pour acquérir une vitesse suffisante et au take off se déplace vers l’arrière de sa planche. Il se dirige grâce au poids de son corps et à sa pagaie, utilisée alors comme un point de pivot, appuyée sur l’eau du côté du creux de la vague.

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