La pratique du surf, souvent perçue comme une activité de communion avec l'océan, peut parfois se transformer en une épreuve traumatisante en raison d'une pathologie rare et méconnue : la myélopathie du surfeur. Ce phénomène, bien que peu documenté, représente un risque réel pour les pratiquants, qu'ils soient débutants ou confirmés. À travers les témoignages de Flavien Dahai et de Marc B., il devient essentiel d'analyser les mécanismes de cette affection, les facteurs de risque associés et l'importance cruciale de la prévention. Parallèlement, l'exploration de thèmes universels, tels que ceux portés par la chanson emblématique « La maladie d'amour » de Michel Sardou, nous rappelle que la vulnérabilité humaine est une constante, qu'elle soit physique ou émotionnelle.
Les mécanismes physiologiques de la myélopathie du surfeur
La myélopathie du surfeur n'est pas une blessure traumatique au sens classique, mais une maladie vasculaire de la moelle épinière. Andreas Jenny, médecin-chef au Centre suisse des paraplégiques de Nottwil, explique cette pathologie : « Lorsque l’on est allongé sur la planche pour pagayer, le dos reste dans une position anormalement courbée pendant un certain temps. Cela exerce une pression constante sur le bas du dos. Si cette pression devient trop forte, elle bloque les artères, ce qui réduit l’irrigation du canal rachidien et provoque des symptômes de paralysie ».
Il est crucial de comprendre que cette pathologie peut survenir même en l'absence de choc. Bien que la maladie porte ce nom, la majorité des personnes touchées ne sont pas des surfeurs. Elles souffrent de cette pathologie après avoir pratiqué la gymnastique, le ballet, joué au golf ou effectué des tâches répétitives en usine. Des postures comme celles adoptées en golf peuvent également déclencher la myélopathie du surfeur. C'est une pathologie qui frappe sans prévenir, transformant une session de sport en un basculement brutal vers le handicap.
Récits d'une transition brutale : Flavien et Marc
En février, Flavien Dahai, un Vendéen de 29 ans, vivait une expérience idyllique en Guadeloupe. « Au bout d'une heure, tout s'est arrêté. J'ai ressenti une grosse douleur en bas du dos, comme un coup de couteau, c'était vraiment horrible. Et plus ça allait, plus ça s'intensifiait. J'avais de moins en moins de force, beaucoup de fourmillements, les jambes lourdes, et la tête qui tournait. Quand je suis sorti de l'eau, je sentais de moins en moins mes jambes. » Aujourd'hui, ce roboticien est paraplégique et se bat au Centre de rééducation de la Croix Rouge à Saint-Jean-de-Monts pour retrouver l’usage de ses membres. Avec du recul, il reconnaît : « Je n'ai pas écouté la douleur. Je me suis dit que c'était un muscle que je ne devais pas assez entraîné et quitte à être là, autant continuer. »
Le parcours de Marc B. illustre une trajectoire similaire. Parti à Hawaï pour réaliser son rêve, le jeune Suisse de 20 ans a été frappé après seulement 45 minutes sur l'eau. « J’étais allongé et je ne pouvais que me mettre à genoux. Je n’arrivais plus à me lever. Je pensais que j’étais juste fatigué. » Le diagnostic fut brutal : la myélopathie du surfeur. Rapatrié en Suisse par la Rega, il a entamé un long processus de rééducation. Deux ans et demi plus tard, il se déplace avec des béquilles et continue de se battre avec un optimisme surprenant, suivant des thérapies intensives, utilisant un exosquelette et pratiquant la neuro-athlétisation.
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Stratégies de prévention et sensibilisation
La sensibilisation est le levier principal pour éviter ces drames. Flavien Dahai souhaite désormais que son histoire serve aux autres : « Je veux faire de la sensibilisation sur cette pathologie peu connue. Les cas recensés sont surtout à Hawaï, où il y a beaucoup de surfeurs. » Les experts s'accordent sur des mesures simples : « Dès qu’un surfeur ressent des picotements dans les jambes, de la douleur ou une faiblesse, il doit immédiatement modifier sa posture ».
Le temps de pratique est également un facteur déterminant. Andreas Jenny souligne : « Cela devrait être enseigné aux moniteurs de surf, et le temps d’une session ne devrait jamais excéder 30 minutes ». En complément, il est conseillé de bien s'échauffer. Flavien suggère également une adaptation technique : « Quand on attend les vagues, le mieux est d'être assis, pas allongé, le cou relevé, pour ne pas forcer sur la nuque et le dos ».
L'écho de la fragilité : entre réalité médicale et culture populaire
Il est intéressant de noter, par un contraste saisissant, comment la culture populaire aborde la notion de « maladie ». La chanson « La maladie d'amour » de Michel Sardou, sortie en 1973, reste un pilier de la chanson française. Écrite par Michel Sardou et Jacques Revaux, elle a été inspirée par une phrase de la mère de Sardou : « L'amour, c'est une maladie qu'on attrape à deux ».
Si la myélopathie du surfeur est une condition physique invalidante, la « maladie d'amour » chantée par Sardou explore la vulnérabilité émotionnelle. La mélodie, inspirée du Canon de Pachelbel, et l'arrangement musical servent de support à cette exploration des thèmes universels. Michel Sardou, avec plus de 100 millions de disques vendus, a su inscrire cette mélodie dans le temps, tout comme la rééducation inscrit le combat des patients dans une temporalité longue et exigeante. Cette chanson, avec son rythme lancinant mais affirmé, rappelle que la vie est faite de moments de bascule, qu'ils soient le fruit d'un accident physique ou de l'emprise des sentiments.
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