Le Snorkel sur 4x4 : Un Équipement Essentiel entre Protection, Performance et Contraintes d'Installation

Un snorkel est un conduit externe, solidement fixé sur l’aile du véhicule, dont la fonction primordiale est de se relier directement au système d’admission d’air du moteur. Sa particularité essentielle est de capter l’air en hauteur, souvent au niveau du toit du véhicule, contrastant avec l'aspiration habituelle qui se fait près de la roue ou au niveau du compartiment moteur. Ce dispositif ingénieux a pour objectif d'éviter que le moteur n’inhale de l’eau ou, tout aussi crucial, de la poussière et du sable, des éléments qui, s'ils pénétraient dans le circuit d'admission, pourraient provoquer des dégâts irréversibles et coûteux.

Le snorkel représente bien plus qu'un simple accessoire esthétique pour les véhicules tout-terrain. C'est une véritable protection pour le moteur, et son rôle est d'améliorer les performances du véhicule dans des conditions de conduite difficiles. Ce guide détaillé explorera ses multiples avantages, les situations dans lesquelles il devient indispensable, les considérations techniques entourant son fonctionnement et son installation, ainsi que les points à surveiller pour une utilisation optimale.

Les Bénéfices Incontestables du Snorkel pour l'Aventure en Tout-Terrain

Les avantages liés à l'installation d'un snorkel sont multiples et se manifestent tant en termes de protection mécanique que d'amélioration des performances, sans oublier un aspect purement esthétique apprécié par les passionnés de tout-terrain.

D’abord, la protection du moteur est le bénéfice le plus évident et le plus souvent mis en avant. Lors d'un passage dans un gué, sur une route inondée, ou même face à une vague inattendue qui pourrait atteindre le pare-brise si l'on entre "comme un porc dans une flaque d'eau," le snorkel empêche l’eau de pénétrer directement dans le moteur. Cette prévention est vitale, car l'ingestion d'eau (phénomène d'hydro-lock) peut entraîner une casse moteur instantanée et catastrophique. Bien que certains puits d'admission soient conçus pour gérer une certaine quantité d'humidité, comme la boîte à air d'origine des Y61 où l'eau peut facilement se décanter, le snorkel élève le point d'admission, réduisant considérablement ce risque. De plus, face à des situations météorologiques extrêmes, des expériences ont montré que même après avoir traversé un orage de 120 mm d'eau en 30 minutes, un autre violent de 80 mm d'eau à l'heure sur autoroute à 80 km/h pendant 15 minutes, ou circulé dans un brouillard où la visibilité est inférieure à 20 mètres, aucune eau n'a été constatée dans le système d'admission. Certes, il y aura toujours une partie d'eau qui arrivera jusqu'au filtre, mais rien de bien méchant pour votre moteur, d'autant plus que les véhicules de course injectent de l'eau dans l'admission d'air pour gagner des CV.

Ensuite, le snorkel contribue à l'amélioration des performances du moteur. L’air aspiré en hauteur est généralement plus frais et plus propre que l'air capté au niveau du compartiment moteur ou près du sol. Un air plus frais est plus dense, ce qui signifie qu'il contient plus d'oxygène pour une même quantité d'air, favorisant ainsi une combustion plus efficace. Un air plus propre réduit l'encrassement du filtre à air, prolongeant sa durée de vie et assurant un flux d'air optimal vers le moteur. Cela améliore globalement la combustion et contribue à une meilleure longévité du moteur. Pour ceux qui ont investi dans des optimisations moteur, comme le montage d'un arbre à cames de combat, le réglage précis de la pompe, ou la "vitaminisation" du turbo, il serait contre-productif de "tout foutre par terre avec un put… de bout de plastoque mal bran…", soulignant l'importance d'un système d'admission d'air optimisé et bien positionné.

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Enfin, l'esthétique joue également un rôle non négligeable pour de nombreux propriétaires. Un snorkel confère au 4x4 un look baroudeur et aventurier, souvent très apprécié des passionnés de tout-terrain, soulignant l'aptitude du véhicule à affronter des environnements hostiles.

Quand le Snorkel Devient Indispensable : Scénarios et Environnements

Le snorkel n'est pas un accessoire superflu pour tous. Il est particulièrement utile et même indispensable pour ceux qui pratiquent régulièrement le franchissement, les pistes sablonneuses, les expéditions de longue durée ou qui évoluent dans des environnements spécifiques.

  • Franchissement de gués et zones inondées : C'est le cas d'usage le plus évident. Comme mentionné, le snorkel protège le moteur de l'ingestion d'eau. La prise d'air au plus bas sur un Sprinter 4x4 est à moins d'1 mètre, mais même dans un gué de 50 cm de profondeur, la nature du terrain étant imprévisible avec des trous et des pierres, la vitesse irrégulière d'un 4x4 peut facilement faire passer l'eau sur le capot. Pour quelques euros, beaucoup ne veulent pas prendre ce risque, surtout en cas de voyages lointains où les imprévus sont monnaie courante. La mention de New York sous l'eau ou de Sprinter bloqués dans un gué de 50 cm montre que ce risque est réel et non négligeable.

  • Environnements poussiéreux et sablonneux : Sur les pistes poussiéreuses, désertiques ou lors de tempêtes de sable, le snorkel capte l'air en hauteur, là où la concentration de poussière et de sable est moindre. Cela réduit considérablement l'encrassement du filtre à air, prolongeant sa durée de vie et assurant une meilleure qualité d'air au moteur. Ceux qui ont été confrontés à des invasions d'insectes (comme au sud du Maroc) ou à des tempêtes de sable (en Mauritanie) ont "béni leur snorkel", reconnaissant son importance capitale pour la fiabilité du moteur dans ces conditions. Les équipements dits "primordiaux" en utilisation 4x4 sont essentiels, et un filtre à air qui s'encrasse rapidement, surtout si sa conception d'origine (comme celle de certains véhicules où "il faut un tournevis et que les vis sont dans du plastique") rend son remplacement ou nettoyage difficile et peu durable, justifie pleinement l'investissement dans un snorkel.

  • Zones tropicales ou humides : Dans ces régions, les risques liés aux intempéries sont accrus. Les averses intenses sont fréquentes, et le snorkel offre une protection constante contre l'humidité excessive dans le système d'admission.

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Considérations Techniques et Démystification de l'Admission d'Air

L'efficacité d'un snorkel ne se résume pas à sa simple présence. Des aspects techniques liés à la conception, à l'orientation de sa tête et aux spécificités du moteur influencent directement son fonctionnement et ses performances.

L'Orientation de la Tête du Snorkel : Avant ou Arrière ?

La question de l'orientation de la tête du snorkel est un sujet de débat fréquent. Les têtes de snorkel dites "tête de canard", inventées par Safari en 1985, sont très bien étudiées pour faciliter l’entrée d’air tout en la protégeant des projections et permettant l’évacuation de l’eau en cas de pluie faible grâce à des orifices prévus à sa base. La force centrifuge propulse également les particules de poussière de côté, réduisant ainsi leur entrée dans le moteur.

La préconisation de fabricants comme Safari ou Airflow pour les têtes "tête de canard" est de diriger la tête vers l'avant. Cette orientation est choisie pour des raisons de volume d'air aspiré, permettant une aspiration naturelle optimale. Cela permet au moteur de maintenir des performances optimales malgré le rallongement du circuit d'air. La "magie de la thermodynamique" fait que l'eau ne rentre pas malgré cette position. Les concepteurs recommandent de rouler au quotidien avec la tête de snorkel orientée vers l'avant pour un rendement optimal. Safari, eux-mêmes, indiquent qu'en position avant, "l'eau de pluie est tout de même rejetée en bonne partie sur l'arrière du snorkel d'où elle s'échappe." Ceux qui prétendent que cette position accroche aux branches sont souvent contredits par des années d'expérience en tout-terrain.

Cependant, certains utilisateurs choisissent de la mettre vers l'arrière, principalement "à cause du look et des branches (ça accroche moins dessus)". Bien que cette motivation soit compréhensible pour éviter les accrochages, elle est contraire à la conception originale. La position à l'envers présente un seul avantage réel pour certains : "ça évite que la tête s'accroche aux branches." Cependant, dans cette configuration, le moteur est obligé d'aspirer l'air, car il n'arrive pas naturellement dans la bouche d'aspiration. Les lois de l'aérodynamique font que l'air passe au-dessus et est entraîné vers l'arrière, comme les images des traînes que l'on voit lors des tests en soufflerie. De ce fait, le moteur doit fournir un effort supplémentaire pour aspirer l'air, et cela crée en plus une turbulence, altérant le rendement.

Types de Têtes de Snorkel et Leurs Impacts

Outre l'orientation, le type de tête a son importance. Les têtes "tête de canard" sont conçues pour séparer les poussières de l'air aspiré, prolongeant le temps avant qu'elles n'atteignent le moteur. D'autres, comme les têtes cycloniques de Donaldson, sont spécifiquement conçues pour créer un flux qui va accélérer le processus d'envoi de l'air vers le moteur, tout en filtrant efficacement. Les têtes cycloniques sont particulièrement utiles pour une utilisation "raid" ou sur des chemins très poussiéreux, mais elles peuvent altérer le rendement au quotidien pour des trajets routiers. Il est donc recommandé de les réserver aux conditions extrêmes et de ne pas les utiliser systématiquement si l'objectif est d'optimiser la fonction snorkel pour être à la bonne place dans l'équation "admission d'air".

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Snorkel et Moteurs Turbocompressés

L’arrivée des moteurs turbocompressés a modifié la donne. L’effet de suralimentation en air à l’admission est maintenant gérée par le turbo, souvent via une gestion calculée de l’électronique. Un turbo est efficace même à faible vitesse, ce qui est généralement le cas en tout-terrain. Cela signifie que le besoin de "forcer l'air à rentrer" pour améliorer la combustion est moins critique avec un turbo, bien que l'apport d'air frais et propre reste bénéfique.

Choix et Durabilité : Sélectionner le Bon Snorkel

Le marché propose une variété de snorkels, et le choix doit être guidé par la compatibilité, la qualité et la durabilité.

Il existe des snorkels universels et des snorkels spécifiques à un modèle de 4x4. Les modèles universels sont souvent moins chers mais nécessitent des ajustements, ce qui peut complexifier l'installation et potentiellement compromettre l'étanchéité. Les modèles spécifiques, bien que plus chers (les prix varient de 200 € à 600 € pour le matériel seul), garantissent une meilleure étanchéité et une intégration plus harmonieuse avec le véhicule.

La résistance du matériau est également un critère important. Par exemple, le snorkel TJM est souvent présenté comme "beaucoup plus résistant que le Airflow (dixit les professionnels)" en cas de chocs. Cependant, des expériences sur le terrain montrent que même des modèles comme les Airflow ou Airtec résistent bien aux frottements avec les arbustes après des années de roulage dans des chemins parfois "suffisamment larges pour qu'un quad passe… juste…". La durabilité peut donc varier, et certains passionnés n'hésitent pas à fabriquer leur propre tuba, avec des résultats "pas vilain du tout, même très réussi".

Guide Pratique de l'Installation d'un Snorkel sur un 4x4 : Un Exemple Détaillé

L'installation d'un snorkel demande de la précision et ne doit pas être prise à la légère, car une mauvaise installation peut entraîner des fuites d’air ou d’eau, annulant les bénéfices de l'équipement. Il est conseillé de faire appel à un professionnel, mais pour les bricoleurs avertis, des tutoriels détaillés existent, comme celui pour un Pajero IV, qui offre un aperçu complet des étapes à suivre.

Le processus débute par la préparation du véhicule et l'accès au compartiment moteur. Il faut généralement démonter l’arrivée d’air de la boîte à air, puis la boîte à air elle-même. Ensuite, pour accéder à l'aile, il est nécessaire de déclipser le passage de roue après avoir dévissé les boulons qui le retiennent. Cela expose des éléments cachés, comme un élément blanc derrière le coin du pare-choc, maintenu par une vis cruciforme et un boulon. Une fois cet élément enlevé, d'autres boulons (douille de 10) retenant l'aile apparaissent. Le démontage partiel ou total du phare est souvent nécessaire, en dévissant des boulons (douille de 10).

L'aile doit être préparée. Il s'agit de dévisser trois boulons (douille de 10), enlever une vis cruciforme en ouvrant la portière, tirer le plastique pour révéler un autre boulon (douille de 10), et enfin retirer un écrou (douille de 10) en bas de l'aile. Certains choisissent de ne pas démonter l'aile complètement, malgré l'inconfort, pour éviter les boulons rouillés.

Une étape cruciale est la vidange et la modification du réservoir de lave-glace. Il faut enlever la durite de la pompe d'origine et la remplacer par celle fournie avec le kit, la dirigeant vers un bidon de récupération. Les boulons du réservoir de lave-glace et la pompe de lave-phare (si présente) doivent être dévissés et retirés. Dans certains cas, la pompe de lave-phare n'est pas conservée, nécessitant la déconnexion de sa fiche et de sa durite. Le kit snorkel comprend un nouveau réservoir de lave-glace et son support, qui devront être montés et fixés à la place du support des relais d'origine, lesquels seront ensuite fixés sur le nouveau support. La pompe du lave-glace récupère son joint de l'ancien réservoir et la durite fournie avec un raccord mâle-mâle relie le système.

Vient ensuite l'étape la plus redoutée : les trous dans l’aile. Avec le gabarit fourni et du scotch papier pour les marquages, il faut aligner précisément le gabarit sur les arêtes de l'aile et percer les avant-trous. Puis, la découpe du cercle à la scie sauteuse, qui "se fait super bien", est réalisée. À ce moment-là, le gros tube principal du snorkel peut être posé, en s'assurant que les inserts "tiges filetées" se placent correctement dans les flèches indiquées sur la description du kit. Un serrage léger est initialement appliqué.

La suite de l'installation implique le passage des conduits internes. Le tube en caoutchouc (élément 5 du kit) avec le raccord tube métallique, puis le coude (éléments 5/6) sont positionnés à blanc pour marquer les repères afin de percer la caisse entre l'aile et le compartiment moteur. Pour cette découpe, s'il n'y a pas de scie cloche de la bonne taille, on peut percer plusieurs trous de petit diamètre (ex: 5.5 mm) tout autour et les relier avec une lime ronde. Une fois ces passages créés, l'installation des conduits peut être finalisée, en faisant passer l'extrémité (élément 6) dans le trou de passage de caisse et en fixant tous les colliers métalliques.

La plaque de fixation noire (souvent située en bas à gauche de la description du kit) doit être fixée sur le montant du pare-brise à l'aide de vis à tête cruciforme. Cela implique généralement de nouveaux marquages, perçages et fixations. À ce stade, tous les éléments externes et internes peuvent être remis en place : l'aile, l'élément blanc, le phare, le pare-choc et la calandre.

Enfin, les pattes de déport de la boîte à air sont utilisées. Il est souvent nécessaire de les découper à des endroits spécifiques si les trous ne correspondent pas, puis de les fixer avec des boulons (ex: m6*15, douille de 10). Le dernier tube (éléments 6/7) est mis en place, le côté 6 rentrant dans la partie qui passe la caisse avec le dernier collier métallique, et le côté 7 dans la boîte à air. Il est important de bien "siliconer" l'entrée dans la boîte à air (élément 7) pour assurer une étanchéité parfaite. Un cordon de mastic-colle peut être bénéfique à la longue autour de la découpe de l'aile et du conduit pour éviter les fuites et frottements qui pourraient percer le conduit d'air.

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