Faire le tour du monde à la voile est le véritable rêve d’une vie pour tous les passionnés d’aventure et de navigation à la voile. Que vous partiez en couple, en famille, entre amis, avec vos enfants ou en solitaire, et que vous rêviez du Canal de Suez ou du détroit de Gibraltar, l’idée d’explorer les eaux, les terres et les cultures de pays à travers le monde demeure un moteur puissant. Faire de la mer son nouvel élément, parfaire chaque jour son talent en navigation, s’essayer au kite surf, à la plongée sous-marine, au snorkeling, observer et découvrir la faune et la flore sous-marine, vivre au jour le jour au gré du vent et de la météo : c’est l’essence même du globe-trotter marin.
La genèse d'un défi : Entre records et aventure humaine
Le 5 octobre, Yvan Bourgnon (Défi SMA) partira des Sables-d’Olonne pour un tour du monde en double et avec escales avec Vincent Beauvarlet. Jusque-là rien d’original. Mais c’est sur un petit catamaran de 6,40 m de long et de 4 m de large que les deux marins tourneront autour du globe durant une petite année. Ce nouveau projet, nouveau défi surtout, résulte de l’accumulation de pas mal de choses. Yvan Bourgnon confie : « J’ai repris la cata de sport il y a cinq ans, cela reste mes premiers amours, je n’avais jamais vraiment lâché, même quand je courais en 60 pieds sur le circuit Orma. C’était mon passe-temps favori qui me permettait en toutes circonstances de me confronter à des petits jeunes de moins de 30 ans. C’était la fin des 60 pieds il y a cinq ans environ et du circuit Orma (les anciens trimarans qui ont contribué au succès de la Route du Rhum notamment). Je garde des souvenirs incroyables de cette période, peut-être mes meilleurs. L’être humain était mis à l’épreuve, il fallait te donner physiquement et intellectuellement à fond ».
Ce tour du monde s'est construit au fil des records (Méditerranée en 2010, Manche en 2011) et des expériences. Le Horn avec Sébastien Roubinet fut une expérience de navigation très difficile. L’Atlantique sur des petits catamarans non habitables avait déjà été fait, il fallait pousser le bouchon plus loin. Le skipper souhaitait revenir sur le parcours autour du monde qu’il avait entrepris lorsque j’étais gamin avec ses parents et Laurent, son grand frère, depuis Taron-Plage. « J’ai été à l’école aux Marquises. J’y ai appris à pécher, à grimper aux cocotiers, j’allais à l’école en planche à voile et pieds nus. J’y ai éprouvé des sensations très épurées, une vraie école de la vie ».
Défis techniques et préparation au long cours
La principale difficulté consistait à réaliser un bateau capable de faire un tour du monde sans se disloquer à la première tempête. « On n’est pas fou : à l’échelle planétaire, on risque de taper des épaves, de démâter. Vous rigolez ! Ce ne sera pas la croisière s’amuse. Dans le Pacifique, lorsqu’il y aura peu de vent, de la chaleur et des températures de plus de 45 degrés, on cuira, la seule protection sera d’avancer. Techniquement c’est pourquoi on a mis plus de volume dans les flotteurs notamment ».
Au-delà de ces exploits extrêmes, la préparation d’un grand voyage à la voile requiert un certain niveau de rigueur, que ce soit sur un monocoque ou un catamaran. Pour illustrer les différents sujets, on observe la préparation du Excess 14 Alhena II parti des Sables d’Olonne pour rallier la Polynésie. Le choix du modèle de bateau est alors essentiel : budget, monocoque ou multicoque, nombre de pieds et de places à bord, équipement pour le quotidien. « Conçu tant pour la vie en collectivité avec de grands espaces de vie assurant une intimité à chacun grâce à ses grandes cabines que pour une expérience de navigation optimale en garantissant sécurité et technique rigoureuses, le catamaran à voiles deviendra vite le voilier et la maison de vos rêves pour une traversée de longue durée ».
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Le choix de la configuration et des grandes options constructeur est l’une des étapes clés du projet. Elle débute à la commande du bateau et s’achève 6 mois avant sa sortie d’usine. Il est primordial de se concentrer sur le gréement, le choix des voiles (Code zéro, spi asymétrique, parasailor), l'électronique de bord (écrans GPS, radar, AIS) et les systèmes de communication comme Starlink. Comme le souligne Jean-Pierre, propriétaire d'un Excess 14 : « Apprendre à bien connaître son bateau est crucial pour naviguer sereinement. Parmi les points clés il y a bien entendu les manoeuvres de port mais également les changements de voile, les empannages et virements de bord par mer difficile, le réglage pour optimiser la performance, le routage météo, le suivi technique quotidien ».
L'innovation au service de la durabilité
Parallèlement aux projets sportifs, certains navires servent de laboratoires. Le catamaran de course Energy Observer a été reconditionné à Saint-Malo pour se muer en ambassadeur des énergies renouvelables et de la mobilité hydrogène. Ce navire est équipé d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques ainsi que d’un système de production d’hydrogène. Cet hydrogène permet de stocker une partie de l'énergie produite par les unités renouvelables embarquées, en complément de batteries lithium-ion. Energy Observer entend prouver la viabilité de ces technologies en explorant en autonomie les différents océans et mers du globe. Le catamaran électrique mesurera 30,5 m de long et près de 12,8 m de large, faisant figure de laboratoire des énergies renouvelables avec ses 130 m2 de panneaux photovoltaïques d’une puissance cumulée de 21 kW.
La vie à bord : Un quotidien organisé
Naviguer autour du monde et vivre de formidables aventures, en toute liberté… c’est un rêve partagé par de nombreux plaisanciers. Brad et Karen Cook, avec leurs deux enfants, vivent leur rêve à bord de leur Saona 47 « Hangtime ». « Nous aimons pouvoir découvrir le monde tout en ayant le confort d’une vraie maison sur l’eau. Nous passons beaucoup de temps dans la cuisine. La cuisine du Saona 47 est lumineuse, spacieuse et très fonctionnelle ».
Avec deux coques et une plateforme centrale, les catamarans offrent de larges espaces de vie. Un autre avantage du catamaran sur le voilier monocoque pour la grande croisière, au-delà des grands espaces disponibles à bord, c’est aussi la stabilité du navire. Déplacements à bord, cuisine, toilette, études ou travail… sans les effets de gite que l’on connaît à bord du monocoque, les activités sont grandement facilitées. La vie à bord d’un catamaran s’organise alors en fonction des envies et des besoins de l’équipage, sans avoir à prendre en compte d’autres facteurs. Sur un mouillage trop rouleur et particulièrement désagréable pour un monocoque, le catamaran reste la plupart du temps stable et confortable.
La route des Alizés et les escales incontournables
La route des Alizés est l’itinéraire classique, poursuivi par la plupart des catamarans de voyage. Elle promet aux équipages de naviguer tout autour du monde poussés par le vent, au portant, à condition de suivre le rythme des saisons. Au départ de l’Europe, les voiliers et leurs équipages commencent généralement par réaliser une traversée transatlantique jusqu’aux Antilles. Ils empruntent ensuite le canal de Panama pour rejoindre l’océan Pacifique.
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Parmi les destinations plébiscitées, la Polynésie française occupe une place centrale. Bénédicte Hélies, navigatrice expérimentée, témoigne de la richesse des escales comme l'archipel des Gambier : « En Polynésie, pour sortir des sentiers battus, nous avons choisi de faire cap sur l’archipel des Gambier. Comme aux Tuamotu, on y trouve des motus et un récif corallien magnifique avec une faune sous-marine très riche ».
L'océan Indien offre également des opportunités fantastiques. « Les îles Chagos, par exemple, constituent une réserve naturelle qui regorge d’oiseaux et de poissons ! Il y a des crabes de cocotiers par milliers, des frégates, des dauphins et des bécunes dans le lagon intérieur, ainsi qu’une vie sous-marine très riche ». La diversité des paysages, de l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande en passant par Rodrigues et les Seychelles, transforme le tour du monde en une expérience géographique et humaine totale. Après la visite de ces quelques destinations, ce sera déjà l’heure pour les équipages de réaliser leurs dernières escales, souvent marquées par un passage à Cape Town pour préparer le bateau à la traversée de l’Atlantique sud, avant de retrouver l’Europe via les Açores.
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