L'appel du large, cette force irrésistible qui pousse les âmes aventureuses vers l'immensité de l'océan, n'est pas l'apanage des seuls marins professionnels. Des cardiologues, des familles entières, et des esprits épris de liberté embrassent cette quête, transformant la navigation autour du monde en une expérience aux multiples facettes. Qu'il s'agisse de rêves d'enfance, de défis extrêmes, de missions humanitaires ou d'une compréhension approfondie de la physiologie humaine en milieu hostile, le catamaran se révèle être le compagnon idéal de ces odyssées. Loin des clichés, ces voyages révèlent une synergie inattendue entre la rigueur médicale et la grandeur de l'aventure, où la santé du cœur, au sens propre comme au figuré, est mise à l'épreuve et célébrée.
L'Appel du Large : Des Rêves Maritimes aux Projets Concrets
L'attrait pour la vie en mer peut naître d'une simple étincelle. C'est lors de vacances en Bretagne que Jérôme et Estelle ont eu un déclic et ont décidé de découvrir la vie en mer. Une première expérience de quelques jours les a séduits et a marqué le début d'une décennie d'apprentissage et d'amour de la navigation. À partir de là, le couple, installé en région parisienne, a enchaîné les formations : stages avec l'école des Glénans en Bretagne, dans les Cyclades et le golfe de Bonifacio. Ils sont ensuite passés à l'étape supérieure en passant leurs permis côtiers et hauturiers avant d'effectuer quelques croisières entre amis sur des bateaux en location. En 2017, ayant pris goût à la liberté de l'océan, ils ont envisagé d'investir, avec pour objectif de vivre un jour, à temps plein, à bord de leur navire. Ils ont alors acheté un catamaran de croisière, un Lagoon 42. Ils précisent : "Nous sommes passés par une gestion locative. Pendant 5 ans, notre bateau a été exploité en location par la société Dream Yacht Charter et nous en avions la jouissance quelques semaines par an. À la fin de cette période, nous savions que nous voulions récupérer Grand Tour pour…". Cette approche progressive, mélangeant formation et investissement réfléchi, illustre une voie commune pour embrasser la vie maritime.
Pour d'autres, l'appel de la mer est plus ancien, ancré dans l'enfance et la tradition familiale. Pour Michel Fischbach, cardiologue de l'URCA, le tour du monde est un rêve qui remonte autant qu’il se souvienne à son enfance. Dès l’âge de six ans, il en rêvait et il a mis près de cinquante ans à le réaliser. C’est une opiniâtreté sans pareil qui l’a conduit à mettre sur pied ce projet, mais cela ne s’est pas construit du jour au lendemain. Sa rencontre avec la mer est un atavisme dans la famille, avec un père et un frère officiers de marine. De son côté, il a pratiqué la voile pendant ses études et, si à un moment il a pensé être dentiste, il s’est tourné vers la médecine. Durant son service militaire, il a régaté pour la marine, ce qui l’a conduit à faire son internat aux Antilles. L’internat aux Antilles à cette époque, c’était six mois aux Antilles et six mois à Bordeaux, sans pour autant avoir fait santé navale, mais ce sont les régates qui lui ont ouvert cette porte. Bordeaux pour lui n’a pas été tout à fait une découverte comme il avait un cousin qui y résidait, mais cela est resté un fil conducteur tout au long de sa carrière. Ces parcours, qu'ils soient le fruit d'une décision mûrement réfléchie à l'âge adulte ou d'un rêve d'enfant cultivé pendant des décennies, soulignent la diversité des motivations derrière ces aventures maritimes ambitieuses.
L'Odyssée Humanitaire et Scientifique du Catamaran "Caretta"
Le rêve de Michel Fischbach a pris la forme d'un tour du monde en famille, à bord du catamaran Caretta. Le cardiologue Michel Fischbach est parti faire un tour du monde sur son catamaran Caretta aux côtés de Marie, kiné, et du fiston Timothée, bientôt huit ans. Ce voyage, conçu sur quatre ans, n'est pas qu'une simple évasion. Il est sponsorisé et porte des objectifs bien précis autour de l’eau, qu’elle soit salée ou douce, avec des dimensions scientifiques et humanitaires. Et, ô surprise ! Timothée a six ans, l’âge auquel son père Michel a élaboré ses premiers rêves de tour du monde.
Le volet humanitaire est d’apporter des filtres de nano technologie pour purifier l’eau et la rendre consommable d’une manière rapide et efficace aux habitants du Sine Saloum au Sénégal, qui n’est accessible que par la mer. C’est un prolongement de l’opération "Sail For Water" de l’association Blue Gold. La famille a distribué 500 filtres en expliquant comment ça marche. Un seul de ces filtres peut filtrer plus de 3 500 000 litres d’eau, ce qui représente la consommation journalière de 100 personnes pendant 5 ans. Cette initiative apporte de l’eau pour boire, mais aussi pour se laver, se soigner, faire la cuisine, ce qui fait le plus défaut à cette population qui vit pourtant dans un milieu aquatique. Ces filtres, développés par Arkema, sont des outils essentiels pour améliorer la vie quotidienne.
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La route du Caretta est jalonnée de missions et de découvertes. Le catamaran a mis le cap dans un premier temps vers le Sine Saloum, après une première escale au Cap Vert pour remplir sa mission humanitaire. Puis il a traversé l’Atlantique pour aller immerger ses balises Argo et rentrer en faisant son tour du monde à son allure et sans prendre de risques, via le canal de Panama pour traverser Pacifique et Océan Indien et revenir en franchissant le Cap Horn et une nouvelle escale au Cap Vert. Cette trajectoire audacieuse illustre l'engagement du cardiologue, qui s’est mis en congé de pratique pour cette aventure.
La vie à bord pour la famille est riche en apprentissages. Marie assure la scolarisation de Timothée. Pour cela, ils ne sont pas inscrits au CNED, mais ont imprimé tous les cours qui sont maintenant en ligne (académie en ligne). Le CNED a voulu leur faire payer l’inscription, et ils ont refusé. Cette autonomie éducative s'inscrit parfaitement dans l'esprit du voyage.
Les escales offrent des souvenirs mémorables. Une escale en Gambie, un pays assez méconnu d’Afrique, a été un merveilleux souvenir. La famille était sur la défensive en terme de sécurité, mais en fait, ils n'ont rencontré aucun problème. Ils ont remonté la rivière à plus de 450 kilomètres de l’embouchure avec toujours un accueil chaleureux dans tous les villages visités. La Transatlantique a été une "croisière s’amuse !" avec 13 jours sans mauvais temps, et quelques jours pour s’habituer aux « quarts » la nuit et au sommeil récupérateur dans la journée. Sur la côte brésilienne, truffée de plages magnifiques mais souvent inaccessibles à cause d'une barrière de corail, la plus belle plage qu'ils ont faite fut sur l’île de Boipéba, au sud de Salvador : des kilomètres d’eau turquoise protégées et bordée de hauts palmiers, considérée comme une des plus belles plages du monde. Les découvertes culinaires sont également au rendez-vous, avec le Yassa sénégalais que le cardiologue a mis des semaines à reproduire, le mafé à base de pâte d’arachide, plus facile à imiter, et la moqueca bahianaise à base de lait de coco et d’une huile de palme particulière nommée Dendê, dix fois plus riche en carotène que la carotte. Avec le chef étoilé Michel Portos, élu cuisinier de l’année 2012 par le Gault et Millau, ils ont même écrit « La cuisine du cœur » aux éditions Feret.
Malgré les aspects positifs, l'expérience n'est pas sans défis. Le bilan du voyage en catamaran comprend du négatif comme l’entretien du bateau et les nombreuses avaries. Globalement, c'est une super expérience avec des rencontres avec des peuples très différents : Maroc, Sénégal, Gambie et tous les animaux vus en remontant la rivière sur 500 km. Ils ont également visité le Cap-Vert, le Brésil avec la chaleur et la joie de vivre des Brésiliens malgré l’insécurité grandissante. La Guyane s’est avérée une magnifique surprise même s'ils n’ont pas pu faire tout ce qu’ils voulaient. Tobago, premier parc protégé du monde, Grenade et ses cascades, les Grenadines et bien-sûr Martinique et Guadeloupe ont également marqué leur périple. À Antigua et Barbuda, ils ont pu observer les séquelles de l’ouragan Irma, avec des ordinateurs déchiquetés encore dans ce qu’il reste du bureau de douane. Puis Los Roques et les Aves ont offert un havre de paix dans le Venezuela à feu et à sang. Après avoir réalisé la Transpacifique vers la Polynésie, la famille prévoyait de repartir vers l’ouest en 2021 si les pays étaient ouverts, visant les Fidji, le Vanuatu, peut-être la Nouvelle-Zélande pendant la saison cyclonique, puis la Nouvelle-Calédonie, l’Australie, l’Indonésie, la Thaïlande, et le Sri Lanka. L'aspect découverte est indissociable de l'aspect rencontres humaines, et l’Afrique ne les a pas déçus. L'aspect humanitaire, avec la mission pour l’association Voiles Sans Frontières distribuant des filtres d’eau potable, reste une motivation profonde pour le cardiologue et sa famille.
Au-delà des Limites : Le Défi Radical d'Yvan Bourgnon
L'aventure en catamaran peut prendre des formes encore plus extrêmes, repoussant les limites de l'endurance et de la technologie. C'est un bateau très peu équipé, mais qui a accueilli pendant plus d'un an autour du monde Yvan Bourgnon. Le navigateur a accompli un voyage autour du monde sur son catamaran de 6 mètres, qui devait normalement accueillir deux personnes. Son projet est d’une radicalité étonnante : il a navigué avec de simples voiles, sans cabine, et sans GPS. Le navigateur se guide en effet au sextant, une technique de navigation reposant sur le soleil et les astres, et dort sur un banc, sur le côté du bateau. Avec tous les outils disponibles aujourd’hui, le projet peut paraître fou. Mais c'est justement de "ne plus avoir de liens avec la terre" qui l'intéresse, être sans "assistance technique à outrance," "au plus près de la nature."
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La vie sur un bateau de 6 mètres sans beaucoup d’équipements n'est pas facile tous les jours. En dormant à la belle étoile, sans cabine, Yvan Bourgnon passait ses nuits trempé, des paquets de mers arrivant régulièrement sur lui. "Soit ça, soit les UV" en journée, résume-t-il. Naviguant au sextant, il dépendait donc des astres et du soleil. Une technique apprise avec ses parents quand il était plus jeune. Mais la chose la plus difficile selon lui, c'est le stress. "Sur le bateau, on peut chavirer à chaque instant, c'est ça qui est difficile," résume-t-il. Il a en effet chaviré deux fois, soulignant la précarité de son entreprise. Cette expérience lui a beaucoup apporté sur le plan personnel. "J'ai appris que je pouvais entrer dans la sagesse," lance celui qui était plutôt casse-cou. Mais parfois, il a fallu qu'il se dise : "Attend que la tempête passe." Ce défi, qui a commencé en octobre 2013 depuis les Sables d'Olonne, s'est arrêté le mardi 23 juin à Ouistreham, après avoir mis à l'épreuve l'homme et sa machine dans une quête de pureté et d'autonomie.
La Médecine en Haute Mer : Le Dr Jean-Yves Chauve et les Pionniers de la Télémédecine Maritime
Derrière les exploits des marins, une médecine spécifique s'est développée, adaptée aux contraintes extrêmes du large. Le Dr Jean-Yves Chauve incarne cette figure emblématique du médecin des courses au large. Sa famille était originaire de la région guérandaise, et sans que cela soit héréditaire, il a été amené à naviguer très tôt, y trouvant un grand épanouissement. Plutôt que de devenir marin, il a suivi une route bien tracée en devenant médecin, mais a toujours eu cette fibre maritime. Pour l’anecdote, il a fait sa thèse de doctorat sur le mal de mer.
Il a continué à naviguer beaucoup, et compte tenu de ses compétences médicales, des amis marins, comme Philippe Poupon, lui ont demandé de leur « préparer des pharmacies ». C’est comme cela que, de fil en aiguille, il s’est mis à écrire des fiches médicales en 1975 pour la revue Bateaux. Par la suite, il a été sollicité pour des courses en mer et est devenu, en 1987, le médecin de la course en solitaire du Figaro. C’est là qu’il s’est rendu compte que l’on connaissait mal la physiologie des marins et qu’il était possible d’améliorer les performances et la sécurité dans ce milieu qui relève de conditions extrêmes.
Son travail s'est concentré sur la prévention et l'adaptation des soins. Le Dr Chauve a beaucoup travaillé sur la prévention, notamment en termes de gestion du sommeil. La difficulté sur ce type de navigation en solitaire, c’est qu’il faudrait être en veille 24h/24. Il faut donc trouver l’adéquation entre dormir un minimum et garder une vigilance maximale, ce qui lui fait dire que les marins sont des dormeurs de haut niveau car ils apprennent à optimiser leur durée de sommeil. L’aspect nutrition est lui aussi très intéressant : comment se nourrir pendant près de 70 jours sur un bateau en ayant suffisamment d’apports ? Mais se pose aussi la question de comment s’entretenir physiquement sur un bateau, sûrement au niveau des jambes car on a un périmètre de marche très réduit. Tout cela implique de la prévention, de l’ergonomie pour aider à une meilleure qualité de vie à bord et à de meilleures performances.
Le Dr Chauve a été un pionnier de la télémédecine en 1989. Il faut se souvenir qu’à l’époque, il n’y avait pas de téléphones, juste le télex. Il a donc fallu défricher pour mettre au point un système de recueil des symptômes exploitables et discriminants pour établir un diagnostic. Il leur disait : « Moi, j’ai une table d’examen sans personne, plus vous me donnez d’informations, plus je peux recréer un patient virtuel. Et plus l’image du patient est nette, plus le diagnostic était proche de la réalité. » En plus de travailler à la collecte de symptômes à distance, il a aussi avancé sur le problème de la télétransmission des données. Il a sans doute dû être l’un des premiers à transférer un électrocardiogramme par système satellite depuis le milieu de l’Atlantique en 1995, celui de Jean-François Deniau. À 67 ans, porteur d’un stimulateur cardiaque, l’ex-ministre converti à l'humanitaire et écrivain, s’était lancé le défi de traverser l’Atlantique en solitaire. Pour l’anecdote, de 1987 à 2000 environ, on utilisait la radio maritime BLU pour communiquer avec les skippers.
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Aujourd'hui, l'équipe médicale est plus étoffée. Le Dr Chauve fait partie d'une équipe de 5 médecins. Cette année, il est secondé par une urgentiste du CHU de Quimper, le Dr Laure Jacolot. Cette équipe doit être sur le pont 24h/24, joignable à tout moment, et donc confinée. Le plus courant comme problème médical, c’est la traumatologie. Le fait d’être en milieu instable, auquel s’ajoute le manque de sommeil, et donc une hypovigilance, font que le skipper va mal anticiper un mouvement du bateau, agir avec retard, rater une prise, chuter et, par exemple, se casser des côtes ou pire faire un trauma crânien avec perte de connaissance.
Pour le médecin, certaines difficultés sont inattendues. On n’y pense pas et cela peut paraître anecdotique mais, le plus difficile pour lui, est de prendre en compte la météo. Il a coutume de dire qu’il établit son ordonnance en fonction du ciel. Il faut aussi voir que les prises en charge à terre ne sont pas toujours adaptées à la vie en mer. Par exemple, une fracture ou une entorse du poignet conduirait en temps normal à mettre une attelle le temps que l’inflammation se résorbe et que le ligament se refasse, ce qui ne serait pas pratique pour un skipper qui risque de rater une prise et de chuter. De plus, les quiproquos sur le vocabulaire employé par le skipper constituent une autre difficulté de la prise en charge à distance. Quand Yann Eliès est victime d’un accident lors du Vendée Globe en 2008, au large de l’Australie, il explique qu’il s’est cassé la jambe, ce qui est d’abord interprété par les médecins comme une cassure entre le genou et la cheville (jambe au sens médical du terme), et non comme une fracture du membre inférieur (au sens populaire du terme tel qu’employé par le skipper). Cela s’avérera être au final une fracture du fémur.
En ce qui concerne la pharmacie de bord, celle-ci est conçue pour être efficace et simple. Près d’une centaine de produits sont embarqués. Dans le cadre de la Fédération française de Voile, le Dr Chauve et d'autres médecins qui naviguent ont mis au point une pharmacie efficace, polyvalente et simple à utiliser. Tout ce qui est compliqué ou inadapté est exclu : poser une perfusion, par exemple, ou même embarquer un échographe à bord, serait possible, mais pour quoi faire au final ? Aujourd’hui, les marins font des formations/stages de sécurité et survie avant de partir pendant lesquels ils acquièrent des connaissances et des gestes de base. Autrefois, embarquer une pharmacie était anxiogène, aujourd’hui, les marins savent qu’un accident peut arriver et ils préfèrent anticiper. Ils bénéficient aussi d’un préparateur mental et d’un coach sportif, témoignant d'une approche plus globale de la préparation.
L'évolution technologique a profondément modifié l'expérience de la navigation. Aujourd’hui, avec les équipements de liaison instantanée, c’est très différent. Cela change complètement l’état d’esprit du voyage, cela n’a plus, comme autrefois, valeur de voyage initiatique et de voyage en soi-même. Passer 3 mois en mer, c’est effectivement en quelque sorte un confinement strict sans virus du fait de l’absence de relations interhumaines et où le système immunitaire a tendance à se mettre au repos. Actuellement, la bobologie, des problèmes simples et totalement maîtrisables, domine les interventions, même s'il y a bien eu le naufrage de Kevin Escoffier, mais il a pu enfiler sa combinaison TPS (un équipement de sécurité individuel qui permet de préserver de l'hypothermie en cas d'immersion dans l'eau froide et remplace le gilet de sauvetage) et monter sur son radeau.
La course en mer, c’est véritablement un laboratoire expérimental, où au-delà de l’aspect curatif, il y a vraiment à avoir une compréhension de ce milieu. Par ailleurs, c’est le seul sport sans restriction d’âge comme le montre Jean Le Cam à 61 ans et où hommes et femmes courent ensemble. Les femmes ont 20% moins de force que les hommes en moyenne, mais dans cette épreuve, une force physique moindre peut être compensée par l’expérience. En outre, leur relation à la mer est différente. Les hommes ont une approche virile, ça passe ou ça casse, tandis que les femmes seront plus dans l’esquive, dans l’économie. Cette année, elles étaient six au départ des Sables-d’Olonne : Samantha Davies, Isabelle Joschke, Clarisse Crémer, Pip Hare, Miranda Merron et Alexia Barrier (elles ne sont plus que 5 après l’abandon de Samantha Davies). Le panel de compétences que demande ce sport est également un atout.
La Course au Large : Le Mythe du Vendée Globe
Le tour du monde en solitaire et sans escale, incarné par le Vendée Globe, représente l'apogée de la navigation en solitaire. Il s'agit d'un défi monumental : 44 996,2 kilomètres soit 24 296 milles, c’est la circonférence de la Terre et la distance que doivent parcourir les navigateurs qui prennent part tous les 4 ans à ce challenge autour du monde. On le doit au navigateur Philippe Jeantot, qui, après sa double victoire dans le BOC Challenge (Le tour du monde en solitaire avec escales), a lancé l'idée d'une nouvelle course autour du monde, en solitaire, mais cette fois-ci sans escale ! Le Vendée Globe est né.
Le 26 novembre 1989, 13 marins ont pris le départ de la première édition qui a duré plus de 3 mois. Ils ne furent que 7 à rentrer aux Sables-d'Olonne, soulignant la difficulté de l'épreuve dès ses débuts. Depuis lors, ce sont 167 concurrents qui ont pris le départ de cette course hors du commun. Seuls 89 d'entre eux ont réussi à couper la ligne d’arrivée, ce qui donne une idée de sa difficulté. Le Vendée Globe a d’ailleurs consacré de très grands marins : Titouan Lamazou en 1990, Alain Gautier en 1993, François Gabart en 2013 ou encore Armel Le Cléac'h en 2017. Ce dernier est le nouveau détenteur du record de l’épreuve en 74 jours. Un seul marin l'a gagné deux fois : Michel Desjoyeaux, en 2001 et 2009, illustrant une maîtrise exceptionnelle. La 9ème édition du Vendée Globe s’est élancée des Sables-d’Olonne le 8 novembre dernier, perpétuant ainsi la légende de cette course mythique.