Frédéric Cano, un nom devenu synonyme d'excellence dans le monde de l'arbitrage, s'est imposé comme l'un des arbitres assistants les plus brillants de sa génération. Ayant officié sur la scène internationale durant neuf années consécutives, il a gravé son parcours de moments marquants, tout en dressant un constat lucide sur la fonction d'arbitre assistant. Son cheminement, entamé un peu par hasard, l'a mené des terrains régionaux aux plus grandes compétitions mondiales, lui permettant de côtoyer l'élite du football et de l'arbitrage.
Les Débuts d'une Vocation : De Saint-Junien à la Ligue 1
Comme beaucoup dans le milieu, Frédéric Cano a pris le sifflet sans préméditation, un peu par hasard. Originaire de Saint-Junien, il se lance dans cette voie prometteuse dès l'âge de 16 ans, évoluant notamment du côté de Saint-Brice/Vienne. Le hasard a cependant remarquablement bien fait les choses, comme en témoigne la magnifique carrière qu'il a par la suite réalisée. Initialement arbitre central, Frédéric Cano a tenu le sifflet jusqu'en CFA2, une étape cruciale qui a forgé son expérience et sa connaissance des règles du jeu. C'est en 2003 qu'il décide d'embrasser une carrière en tant qu'arbitre assistant, une transition qui s'avérera déterminante pour la suite de son parcours. Seulement deux ans plus tard, il est promu en Ligue 1, le championnat d'élite français. Son premier match en tant qu'arbitre assistant en Ligue 1 s'est déroulé en août 2005, lors d'une rencontre opposant Nice à Troyes, sous la direction de l'arbitre luxembourgeois Alain Hamer.
Frédéric Cano se remémore avec émotion et une pointe de nostalgie cette entrée dans l'élite : « c'était magique, comme dans un rêve ! La Ligue 1, je n’y croyais pas. » L'incrédulité était palpable, tant l'accès à ce niveau semblait une perspective lointaine. Il confie qu'il garde de ce match inaugural tellement de souvenirs vifs. D'abord, il y eut la désignation, et les réactions de son entourage qui n'hésitaient pas à souligner la difficulté de l'entreprise : « tout le monde me disait : « Oh la la, tu commences à Nice, au stade du Ray ?! C’est pas évident ! » Une fois sur place, avant même le coup d'envoi, un échange avec l'arbitre central, Alain Hamer, est resté gravé dans sa mémoire. Alors que l'équipe arbitrale effectuait son tour de terrain traditionnel, Alain lui demanda depuis combien de temps il était en Ligue 1. La réponse de Frédéric Cano provoqua une réaction inattendue : « Je me rappellerai toujours son visage se décomposer (rires), quand je lui ai dit que c’était mon premier match ! » Malgré l'appréhension et l'enjeu, les conditions étaient optimales pour débuter. La présence de Philippe Leduc en tant qu'observateur a également contribué à un environnement favorable : « Et puis, il y avait Philippe Leduc comme observateur, alors j’étais dans de bonnes conditions pour lancer ma carrière. Je lui ai facilité la tâche en faisant un bon match. » Ce premier succès sur le terrain lui a immédiatement procuré un sentiment de confiance et d'appartenance : « Immédiatement je me suis senti dans le bain. »
L'Ascension Internationale et les Partenariats Clés
La carrière de Frédéric Cano prend une nouvelle dimension après seulement deux saisons passées au sein de l'élite française. En effet, sa performance et son professionnalisme lui permettent de décrocher le prestigieux écusson international, l'ouvrant ainsi aux compétitions européennes et mondiales. Cette reconnaissance rapide atteste de son talent et de sa capacité à évoluer au plus haut niveau. Durant cette période d'ascension, Frédéric Cano, journaliste de métier, a eu l'occasion de collaborer avec plusieurs arbitres centraux de renom, forgeant des partenariats solides et efficaces.
L'une de ses premières collaborations marquantes fut avec Saïd Ennjimi, issu comme lui de l'ancienne Ligue du Centre-Ouest. Cette association était caractérisée par une audace et une détermination sans faille. Frédéric Cano se souvient de cette période avec affection, évoquant « la force de caractère » qu'ils partageaient. Il explique : « Quand on a débarqué en Ligue 1, on avait peur de rien ! Je me suis régalé à arbitrer avec lui. Nous avions une technique et une collaboration bien rodée. Les années d'insouciance. » Ces premières années dans l'élite furent formatrices, marquées par une synergie et une confiance mutuelle qui ont posé les bases de sa carrière internationale.
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Par la suite, Frédéric Cano a rejoint Stéphane Lannoy, avec qui il allait vivre certaines des plus grandes aventures de sa carrière. C'est en effet avec Stéphane Lannoy qu'il a participé à sa première grande compétition internationale : les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, un événement d'une ampleur planétaire. Cette expérience a confirmé sa place parmi l'élite des arbitres assistants.
L'Épopée des Grandes Compétitions : JO, Euro, et Moments de Gloire
Le parcours international de Frédéric Cano a été jalonné par une participation à des compétitions majeures, témoignant de sa constance et de son excellence. Après les Jeux Olympiques de Pékin, l'Euro 2012 constitue une étape emblématique de sa carrière. Durant ce tournoi continental, il a été désigné sur trois matchs, opérant au sein du quintet arbitral dirigé par Stéphane Lannoy. L'apogée de cette compétition fut sans aucun doute la demi-finale opposant l'Allemagne à l'Italie, un match de haute intensité et de grande importance dans le football européen.
Frédéric Cano se rappelle précisément de l'instant où cette désignation exceptionnelle leur a été annoncée. La scène est restée gravée dans sa mémoire : « Marc Batta (membre de la commission d'arbitrage de l'UEFA) nous avait réuni à 3 ou 4 heures du matin pour nous annoncer que l’on était désigné sur Allemagne-Italie. » Ce moment fut empreint d'une immense fierté partagée par toute l'équipe arbitrale : « Quelle fierté pour tous ceux qui étaient dans cette chambre d’hôtel à Varsovie au beau milieu de la nuit. » Cette désignation revêtait une signification particulière pour l'arbitrage français, car il n'avait plus atteint un stade aussi avancé de la compétition depuis la demi-finale du Mondial 1994 entre l'Italie et la Bulgarie, dirigée à l'époque par Joël Quiniou.
Le maintien de l'équipe de Lannoy dans le tournoi, alors que d'autres arbitres rentraient chez eux, était également une source de grande satisfaction : « C’était vraiment grisant de voir les autres équipes arbitrales quitter le tournoi après les matches de poules, alors que nous étions conservés par l’UEFA pour la suite du tournoi. » Ce sentiment de progression et de reconnaissance européenne était d'autant plus appréciable que Frédéric Cano avait, par le passé, connu des retours anticipés de grandes compétitions, un sentiment qu'il décrit comme douloureux : « J’ai souvent fait mes valises avant les autres, comme à l’EURO en France, et je peux vous dire que c’est douloureux. » L'équipe de Stéphane Lannoy a ainsi signé une prestation remarquée et réussie lors de cette demi-finale, consolidant sa réputation sur la scène internationale.
Entre Triomphes et Frustrations : Les Leçons de l'Euro 2016 et le Mondial
Si l'Euro 2012 fut un sommet, la suite de la carrière internationale de Frédéric Cano, notamment en lien avec les grandes compétitions, fut également marquée par des épisodes plus nuancés, voire frustrants, qui révèlent la complexité et les coulisses de l'arbitrage au plus haut niveau. Après l'excellente performance de l'Euro 2012, une déception majeure attendait le trio composé de Stéphane Lannoy, Frédéric Cano et Michael Annonier. Bien qu'ils aient été présélectionnés pour la Coupe du Monde au Brésil, et malgré la qualité de leur arbitrage lors du Championnat d'Europe, ils ne furent finalement pas retenus par la FIFA pour la compétition suprême. Cette décision, souvent incomprise par les acteurs eux-mêmes, fait partie des aléas d'une carrière internationale.
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De ses années passées aux côtés de l'arbitre boulonnais, Frédéric Cano évoque avec une profonde estime « une relation inoubliable avec Eric Dansault et Stéphane. » Il décrit Stéphane Lannoy comme « un grand Monsieur de l'arbitrage français et international, » soulignant la reconnaissance dont il bénéficie : « Il suffit de voir comment il est apprécié par le gratin de l'arbitrage mondial. » C'est avec Lannoy que Frédéric Cano a véritablement atteint les sommets de sa carrière : « Et puis c'est avec lui que j'ai tutoyé les sommets. »
L'Euro 2016, qui s'est déroulé en France, représente un autre épisode teinté de frustration pour Frédéric Cano. Il fait notamment référence à cette compétition pour illustrer son propos sur les retours anticipés. Lors de cet Euro, Clément Turpin et ses assistants, dont Frédéric Cano faisait partie, n'ont pas réussi à franchir les phases de groupe, une situation qu'il peine encore à comprendre et qui, selon lui, reflète un certain manque de poids de l'arbitrage français à domicile. « Je ne comprends toujours pas pourquoi, alors que nous étions chez nous, nous n’avons pas fait au moins un 1/8ème de finale. Cela ne serait jamais arrivé en Italie, en Allemagne, ou en Angleterre, par exemple. C’est très révélateur. » Cette observation met en lumière une perception d'un potentiel non pleinement exploité ou d'une reconnaissance insuffisante malgré les performances.
Les Dernières Saisons et le Goût du Relais
Suite à la décision de Stéphane Lannoy de mettre un terme à sa carrière internationale, Frédéric Cano a intégré un nouveau trio d'arbitrage, aux côtés de Clément Turpin, l'arbitre bourguignon. Cette nouvelle collaboration l'a conduit à participer à d'autres compétitions majeures. Ensemble, ils ont pris part à l'Euro Espoirs en 2015, avant de s'engager dans l'Euro en France en 2016 et les Jeux Olympiques, cette fois-ci, au Brésil, également en 2016. Ces deux saisons furent particulièrement intenses et riches en expériences.
Frédéric Cano décrit Clément Turpin comme possédant « une personnalité bien trempée ! » et admet que leur collaboration n'était pas toujours sans heurts : « Cela faisait souvent des étincelles avec moi, mais nos relations étaient franches et saines. » Malgré ces quelques étincelles, il a pleinement apprécié cette période : « J’ai apprécié les deux saisons intenses (EURO espoirs 2015, EURO 2016, JO 2016), que nous avons passé ensemble. » Il exprime d'ailleurs un souhait pour son ancien collègue et Nicolas Danos : « Je lui souhaite (et à Nicolas Danos), d’arbitrer une finale européenne d’ici peu. Histoire de redorer le blason de l’arbitrage français sur la scène du vieux continent. »
Pourtant, alors qu'il aurait pu légitimement prétendre à une participation à la Coupe du Monde en Russie, Frédéric Cano a pris une décision majeure et personnelle : celle de dire stop à sa carrière internationale. Cette décision n'était pas le fruit d'un coup de tête, mais une réflexion mûrement considérée. « En rentrant des JO de Rio, et après l’Euro en France, je n’avais plus envie de me relancer dans un processus pour la Coupe du Monde (sur 2 ans). Je m’en suis expliqué avec Clément, qui a compris ma décision. » L'enchaînement incessant des stages, des tests physiques rigoureux et des compétitions internationales avaient eu un impact significatif. Frédéric Cano explique que « Mon corps et ma tête m’ont rappelé que j’étais sur le pont depuis 2007. Tous les ans, il y avait un objectif majeur à l’international, et puis je voulais finir major chaque saison, donc il fallait sans cesse être au top ! » Il met en perspective la charge de travail des arbitres internationaux par rapport à ceux officiant uniquement en Ligue 1 : « Sans dénigrer la L1, ce n’est tout de même pas pareil quand tu ne fais qu’un match par week-end, alors que nous, nous étions obligés d’enchaîner un match de Champions League le mercredi, et bien souvent le 21 h du dimanche soir. »
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En prenant cette décision, Frédéric Cano a cédé sa place à Cyril Gringore, estimant qu'il « méritait de faire une grosse compétition. » Gringore a ainsi rejoint le trio composé de Ruddy Buquet et Guillaume Debart. Pour sa part, Frédéric Cano a continué à officier un temps, et même ses dernières années, qu'il pensait plus tranquilles, ont été riches : « Je pensais être tranquille mais mes deux dernières saisons ont été riches aussi. » Il avait déjà eu l'occasion de collaborer avec l'arbitre amiénois Ruddy Buquet par le passé, notamment lors de l'Euro 2012, où Buquet était l'un des arbitres additionnels de Stéphane Lannoy. Il ne tarit pas d'éloges sur son collègue : « Il n’a pas la carrière internationale qu’il mériterait. Un type extra qui laisse vivre son équipe (je pense bien évidemment aussi à Guillaume Debart). Un bon vivant (les deux d’ailleurs). On se connaît depuis nos premiers matchs avec Stéphane Lannoy, où il était additionnel. » Une carrière internationale qui aura duré neuf ans et a été ponctuée de rencontres exaltantes et de collaborations fructueuses.
Le Côté Humain de l'Arbitrage : Pressions, Soulagement et Rencontres
La carrière d'un arbitre, surtout au niveau international, est une immersion constante dans l'intensité, la pression et l'exigence. Frédéric Cano en a fait l'expérience pendant plus d'une décennie. Il a côtoyé les plus grands stades et les joueurs les plus talentueux de la planète, naviguant entre la ferveur des classiques français et l'atmosphère unique des compétitions internationales. En France, il évoque des matchs emblématiques tels que le Classico, le derby entre Saint-Étienne et Lyon, ou encore les confrontations animées entre Marseille et Monaco. Il garde également des souvenirs très précis de ses venues au Stade Saint-Symphorien à Metz, où il a connu des expériences contrastées, entre « du chaud et du froid ! » Il se remémore notamment un moment particulier lors de son deuxième match en Ligue 1 : « Pour mon deuxième match en Ligue 1, j’étais désigné à Metz. C’était la canicule ! J’avais eu une première mi-temps de dingue. Au moins une quinzaine de situations de hors-jeu. À la mi-temps, dans le vestiaire, je me suis allongé en croix sur le carrelage, pour faire redescendre la température de mon corps… Mes collègues étaient très inquiets (rires). » Cette anecdote illustre les conditions parfois extrêmes et la charge mentale associée à sa fonction.
Son dernier match de Ligue 1 s'est déroulé le samedi 19 mai 2018 au Stade de la Beaujoire à Nantes. Ce n'était pas tout à fait la fin de carrière qu'il avait envisagée : « Finir à Nantes, ce n'était pas tout à fait ce que je souhaitais ayant étant présent lors de Nantes/PSG qui a signé la fin de carrière de Tony Chapron. Sur le coup je n’ai pas sauté de joie en ayant la désignation. » Cependant, cette dernière rencontre fut un moment riche en émotions personnelles : « Malgré tout, je retiendrai la présence de mes amis et de ma famille qui étaient là pour ma dernière. Tous les messages que j’ai reçu et ceux que je n’ai pas reçu aussi… Ça permet de faire le tri parmi les connaissances. » Le coup de sifflet final de Ruddy Buquet a marqué un tournant, apportant un sentiment de libération : « Et puis, au coup de sifflet final de Ruddy, j’ai senti comme un soulagement. Libéré du stress que génère l’obligation de résultat, de toujours prendre la bonne décision. Surtout quand on est souvent, voire très souvent exposé sur les gros matches. Ça use ! »
Quant à la question de savoir si l'arbitrage lui manque aujourd'hui, sa réponse est sans équivoque : « Non ! J’ai vécu des moments très forts, très intenses. J’ai été acteur du football mondial, c’est une satisfaction unique que peu de personnes peuvent comprendre. » Il exprime une profonde gratitude pour ce que l'arbitrage lui a apporté : « J’ai été gâté par l’arbitrage, j’ai rencontré des personnes fantastiques, en France comme à l’étranger. » La richesse de ces rencontres perdure, avec des liens toujours actifs : « C’est génial de continuer à s’envoyer des messages avec des arbitres étrangers ! » S'il ne pourra jamais oublier cette période, il a tourné la page avec facilité : « Du coup, je ne pourrai jamais oublier, mais tourner la page oui, facilement, car maintenant j’ai une vie sociale, je peux aller voir ma fille jouer au hand, partir en week-end. »
Réflexions sur l'Arbitrage Français et l'Après-Carrière
Fort de son expérience internationale et de sa connaissance approfondie des rouages de l'arbitrage, Frédéric Cano porte un regard critique mais constructif sur la gestion et la reconnaissance de la fonction d'arbitre, notamment en France. Il met en avant l'importance de la stature internationale pour les dirigeants de l'arbitrage français. Selon lui, pour diriger efficacement l'arbitrage en France, « il faut déjà une reconnaissance à l'international. Car, quand il faut défendre les intérêts français, il faut pouvoir peser, surtout quand il s’agit de le faire en Anglais. » Il utilise une analogie parlante pour illustrer son propos : « Prenez un entraîneur, s’il n’a pas de palmarès, les top joueurs ne l’écouteront pas. » Cette observation souligne la nécessité d'une légitimité acquise sur la scène mondiale pour influencer et défendre les positions nationales.
Frédéric Cano cite également des figures inspirantes qui ont marqué sa carrière et dont l'arbitrage français pourrait s'inspirer. Parmi eux, l'Italien Roberto Rosetti, actuel chef du département arbitrage de l'UEFA, est reconnu « pour sa proximité avec les arbitres et sa science de la fonction. » David Elleray, directeur technique de l'IFAB et membre de la commission d'arbitrage de l'UEFA, est également mentionné : « On le surnommait "The Teacher". Froid, comme un anglais, mais tellement pro, brillant et sympa quand on le connaît. À chaque fois, il vous apporte un truc pour vous améliorer. » Ces profils et ces compétences, enviés par beaucoup, constituent des modèles pour l'évolution de l'arbitrage.
Après avoir quitté ses fonctions de conseiller technique en arbitrage à la Ligue Nouvelle-Aquitaine, Frédéric Cano n'occupe aucune fonction à ce jour dans les instances dirigeantes de l'arbitrage. Cette situation est le résultat d'un choix personnel et d'un constat. Il explique d'abord sa propre réticence : « Premièrement je ne pouvais pas concevoir de repartir tous les week-ends alors que c'est une des raisons qui ont fait que je mette un terme à ma carrière. » Mais il pointe également un manque de considération perçu de la part des dirigeants : « Et puis je n’ai pas senti une volonté de la part des dirigeants (ici je ne parle pas des techniciens). » Il déplore un certain manque de dimension humaine dans la gestion des anciens arbitres : « Quand on voit (alors que c’était une tradition), que les nouveaux retraités n’ont même pas été invités au stage de début de saison à Clairefontaine. C’est dommage, j’aurais aimé revoir les collègues et les encourager avant le début de la saison. » Il illustre ce qu'il perçoit comme un certain désintérêt par une anecdote personnelle : « Juste pour info, c’est un arbitre Fédéral 4 qui m’a remis mon fanion de la FFF. Un fanion qu’on lui a donné entre deux portes lors d’un stage… » Il réitère sa perplexité : « Je reste perplexe quand la notion de dimension humaine est employée par certains. »
Son parcours aurait pourtant dû susciter l'intérêt de la Direction Technique de l'Arbitrage (DTA), qui manque cruellement d'arbitres assistants ayant contribué au rayonnement de l'arbitrage français dans le Monde. La question se pose alors : la fonction d'arbitre assistant est-elle déconsidérée en France ? Frédéric Cano nuance cette idée : « Ce sentiment dépend de chacun et de ce que chaque arbitre assistant est capable d’accepter ou de tolérer. » Pour sa part, il a toujours combattu cette perception : « Moi, je me suis toujours battu contre cette idée. Et ceux, avec qui je faisais équipe, savent de quoi je parle (rires). » Il conclut avec une note d'humour et de fierté : « Si certains considèrent encore les arbitres assistants, comme des demis arbitres. Ça tombe bien, si on regarde mon palmarès j’ai tout fait par deux. »
Après une carrière si intense, Frédéric Cano ne manque pas de projets. Il met l'accent sur un nouvel équilibre de vie : « Je prends du temps pour moi. Le plaisir d’aller chercher ma fille à l’école, de jouer au golf avec des amis, voyager, etc… » L'idée d'une reconversion est présente, mais il laisse mûrir ses réflexions : « J’ai une petite idée de reconversion mais je laisse tout ça grandir dans mon esprit. » Il n'abandonne cependant pas l'idée d'un retour dans le milieu du football et de l'arbitrage un jour, une porte qu'il laisse ouverte pour l'avenir.