Vendée Globe Virtuel : Plongée au Cœur d'une Compétition Numérique d'Envergure

Le Vendée Globe, course mythique autour du monde en solitaire et sans escale, a depuis plusieurs éditions sa contrepartie numérique, captivant des centaines de milliers de joueurs à travers le monde. Cette version virtuelle, proposée par la plateforme Virtual Regatta, transcende la simple simulation pour devenir un véritable phénomène de société et une aventure collective, où stratégie, précision et engagement sont les clés du succès. C'est dans ce contexte que se déroule une compétition haletante, révélant des talents exceptionnels d'e-Sailors.

Un Triomphe Virtuel : L'Épopée de SkipperGilou

Le premier skipper virtuel de ce Vendée Globe est connu. Il aura fallu 75 jours, 14 heures, 41 minutes et 57 secondes pour connaître enfin le nom du vainqueur de ce Vendée Globe virtuel. Et c’est « SkipperGilou », de son vrai nom Gilles Boulard, qui se classe premier devant 830 000 joueurs sur Virtual Regatta. Une fierté pour cet homme de 39 ans, originaire de la région lyonnaise. Gilles Boulard, 39 ans, s’est offert une belle victoire sur ce Vendée Globe, après avoir passé près de 75 jours sur le jeu Virtual Regatta. Gilles Boulard, 39 ans, s’est offert une belle victoire sur ce Vendée Globe, après avoir passé près de 75 jours sur le jeu Virtual Regatta.

Domicilié à Meyzieu (Isère), en région lyonnaise, Gilles Boulard devient le cinquième joueur à inscrire son nom au palmarès de Virtual Regatta. Après 75 jours, 14 heures et 41 minutes, Gilles Boulard alias SkipperGilou a franchi la ligne d’arrivée en tête du Vendée Globe Virtuel, s’imposant au terme d’une compétition haletante. Ce samedi à 3h43, Skipper Gilou a coupé la ligne d’arrivée du Vendée Globe virtuel en première position. Après 75 jours, 14 heures et 41 minutes de course, Gilles Boulard succède à Jean-Claude "tigrou26120" Goudon, vainqueur de l’édition 2020. Dans une lutte acharnée jusqu’à la dernière ligne droite, ElDoubleVe-Decathlon et CocoForMorgan-Decathlon complètent ce podium d’exception. Laurent Wurmster, « Ed Double Ve-Decathlon », qui réside à Frickingen, en Allemagne, monte quant à lui sur la 2e marche du podium après avoir franchi la ligne d’arrivée 1 h, 46 minutes et 22 secondes plus tard.

Le Lyonnais de 39 ans, qui aura quarante ans dans trois jours, travaille dans l’informatique comme développeur web. Il est le père de deux enfants de 8 et 12 ans. Sans jamais avoir mis les pieds sur un voilier, Gilles Boulard, alias SkipperGilou, a remporté le Vendée Globe virtuel. Il n’a jamais mis les pieds sur un voilier. Son premier Vendée Globe virtuel remonte à 2020, lorsqu’il décide de s’inscrire avec ses cousins pendant le confinement. Il a découvert Virtual Regatta lors du Vendée Globe 2020, pendant le confinement. Il s’était alors pris au jeu, puis a fait une grosse pause. Il a repris pour cette édition du Vendée Globe. Sans expérience, il termine pourtant 1 800ᵉ sur 1 million de participants lors de sa première participation, un résultat encourageant. Cette année, il se relance dans l’aventure, toujours avec ses proches, mais avec un objectif clair : faire mieux, beaucoup mieux.

Sa performance est le fruit d’heures de concentration, d’analyse et d’adaptation aux caprices du temps, même au chaud depuis son ordinateur ou sa tablette. Sa stratégie a été jugée impeccable et sa navigation méthodique. Gilles s’est imposé comme le maître des océans virtuels cette année. « Le Vendée Globe virtuel de cette année a été vraiment intense avec une difficulté tous les 3-5 jours, et une flotte qui se dispersait dans tous les sens à chaque fois… Il fallait donc avoir les nerfs solides et se remotiver, océans après dépressions après passages sans vent », confie Gilles Boulard.

Lire aussi: Aperçu de Skipper Transit à La Voulte

Un exploit construit sur une discipline de fer : pendant deux mois et demi, il s’est réveillé à 4h45 chaque matin pour optimiser son cap dès la première mise à jour de la journée, et a ajusté sa trajectoire toutes les six heures. Une rigueur presque militaire, récompensée par la victoire finale. Concrètement, il effectuait ses derniers réglages vers minuit, puis se réveillait à 4h30. Il ne fait pas du tout de bateau, et n’a pas de lien avec la voile. C’est Virtual Regatta qui l’a amené à suivre le Vendée Globe. Il aime le côté aventure de cette course, trouvant incroyable ce que les marins réels font. Il suivait la course et surtout les bateaux qui étaient proches de lui sur le parcours. Il s'est lancé sans vraiment savoir ce qui allait arriver, et n'avait pas d'organisation précise au départ. Il y a beaucoup d’échanges dans la communauté de joueurs, et il a tout appris au fur et à mesure. Quand il se lance dans quelque chose, il s’investit pleinement.

C’est début janvier, lorsqu'il s’est retrouvé aux avant-postes et que l’arrivée approchait, qu'il a pris conscience qu’il y avait peut-être un coup à jouer. À partir de là, il n’a plus manqué une seule mise à jour. « Tout s’est joué à Rio » selon France 3, car le moment clé de cette édition s’est produit au large de Rio de Janeiro, lors de la remontée de l’Atlantique. Une mise à jour météo piégeuse a causé un véritable coup de théâtre : une trentaine de bateaux a misé sur une route nord-ouest, suivant les prévisions du modèle européen. Gilles Boulard, alors troisième, en profite pour prendre la tête. Dès lors, il gère parfaitement son avance et ne lâche plus rien jusqu’à l’arrivée. Trois jours avant de couper la ligne, il savait qu’il allait gagner. Restait à tenir mentalement.

Après cet exploit, Gilles et ses cousins ne comptent pas s’arrêter là. Ils prévoient déjà de remettre leur titre en jeu en 2028 et de s’attaquer à d’autres courses virtuelles. Mais toujours sans toucher un vrai voilier. Seule exception : la semaine prochaine, Gilles assistera à l’arrivée de Romain Attanasio aux Sables-d’Olonne. Un premier pas dans le monde réel de la voile… à condition de ne pas souffrir du mal de mer. C'était très sympa à vivre, d'être au milieu de la fête comme ça, c'était une belle expérience.

Virtual Regatta : Une Plateforme d'Immersion et de Stratégie

Virtual Regatta, plateforme fondée en 2006 par l’ex-skipper Philippe Guigné, est aujourd’hui une référence du jeu de simulation de course au large. Découvrez Virtual Regatta Offshore, le jeu de simulation de régates au large qui vous permet de participer aux plus grandes courses de voiles de la planète en temps réel depuis chez vous. Affrontez des centaines de milliers de concurrents et mesurez-vous aux meilleurs skippers du monde depuis votre ordinateur, smartphone ou tablette.

Virtual Regatta Offshore vous offre une immersion totale dans l'univers de la course au large avec des fonctionnalités innovantes, comme la gestion de l'énergie, qui vous demandera de devenir un véritable stratège pour gérer votre fatigue et optimiser au mieux vos manœuvres. Avec plus de 10 voiliers disponibles, prenez la barre de votre propre bateau et vivez des sensations de navigation uniques. Que vous soyez novice ou expérimenté, Virtual Regatta Offshore est accessible à tous. Pour ces virtuoses, ce Vendée Globe est bien plus qu’un jeu : c’est une démonstration de stratégie, de précision, mais aussi d’engagement.

Lire aussi: Exploits pionniers des marins chinois

L’arrivée des premiers e-skippers sur ce Vendée Globe met en lumière le talent exceptionnel de ces e-Sailors, qui brillent par leur stratégie impeccable dans les choix de route et leur interprétation fine des données météo. Stratégie, patience et précision : trois qualités essentielles pour s’imposer sur Virtual Regatta, où chaque mise à jour météo peut bouleverser le classement. Pour optimiser ses chances, il suit scrupuleusement chaque point météo, ajuste ses voiles et affine ses décisions en fonction des modèles numériques. Le jeu devient une obsession, la victoire un objectif.

Ce n’est qu’un début : l’ambition est de continuer à réinventer la manière dont on vit, partage et célèbre cette passion, en offrant aux e-Skippers une plateforme toujours plus immersive pour exprimer leur talent et leur passion de la course au large. Plongez dans des régates courtes et intenses avec Virtual Regatta Inshore. Vivez l’aventure ultime de la voile avec Virtual Regatta Offshore. Prenez part aux plus grandes courses au large en temps réel, naviguez aux côtés des skippers de renommée mondiale, et affrontez les éléments pour mener votre bateau à la victoire. Plongez dans l’univers de Virtual Regatta et vivez la compétition au plus près du réel. Gagnez des crédits, grimpez les classements, et connectez-vous avec des passionnés de voile du monde entier. Participez aux grandes courses du circuit de la course au large, comme le Vendée Globe, la Route du Rhum, et la Transat Jacques Vabre, ainsi qu’à des courses spécialement conçues pour nos e-skippers. Découvrez nos solutions personnalisées pour répondre aux besoins spécifiques de votre entreprise. Choisissez votre bateau et boostez votre style avec notre collection de skins en constante évolution. Découvrez les dernières évolutions du jeu et restez à la pointe de l’actualité Virtual Regatta. Optimisez vos performances en mer avec nos Full Packs disponibles dans la boutique. Découvrez encore plus de conseils et d’actualités. Conformément au règlement (UE) n° 2016/679, dit règlement général sur la protection des données (RGPD), Virtual Regatta rappelle que les utilisateurs bénéficient d'un droit d'accès, de rectification, d'opposition, de suppression, de portabilité, de limitation des traitements et de définition de directives post mortem des informations les concernant.

Le Débat Réel vs. Virtuel : Performances et Simulations

Si Charlie Dalin a établi un temps record dans le Vendée Globe réel, la version virtuelle s’est jouée sous des conditions bien différentes. Des vents faibles et de longues périodes de pétole ont ralenti les flottes, forçant les joueurs à s’adapter constamment. Si 36 skippers sont encore en course sur le Vendée Globe, plus de 700 000 joueurs participent au tour du monde virtuel, dont des skippers professionnels, barrant aussi bien un Figaro, un Ultim ou un Imoca. Les premiers e-skippers devraient, de leur côté, arriver en même temps que le groupe de poursuivants, entre le 25 et le 26 janvier.

Contrairement à l'édition précédente en 2021, les meilleurs marins du Vendée Globe devraient arriver largement avant les joueurs de Virtual Regatta aux Sables-d'Olonne. Un écart entre le supersonique duo Dalin-Richomme et les navigateurs virtuels qui a pu soulever des interrogations chez certains joueurs. Le duel entre Charlie Dalin et Yoann Richomme donne lieu à une intense bataille à suspense en tête du Vendée Globe. Qui du skipper de Macif Santé Prévoyance ou de celui de Paprec Arkea arrivera en tête aux Sables-d’Olonne? Une chose semble certaine: sauf incroyable galère dans la remontée de l’Atlantique, le vainqueur de cette dixième édition du Vendée Globe explosera le record établi en 2017 par Armel Le Cléac'h (74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes). Le chrono du marin breton devrait même être pulvérisé par celui qui sortira gagnant de cet affrontement entre Charlie Dalin et Yoann Richomme.

Charlie Dalin, Yoann Richomme et Sébastien Simon ont terminé leur tour du monde la semaine dernière, pulvérisant au passage le record de l'épreuve. Les trois skippers ont donc mis une belle distance entre eux et les skippers virtuels mais aussi avec le reste de la flotte. Jérémie Beyou, 4e, devrait arriver le vendredi 24 janvier, après 75 jours en mer environ (soit 10 jours après le grand vainqueur). Si le jeu Virtual Regatta permet à des centaines de milliers de joueurs de vivre l’aventure du Vendée Globe depuis leur écran, les skippers virtuels n'ont pas réussi à rattraper les marins professionnels lors de cette édition, et ce malgré la sophistication de la simulation.

Lire aussi: L'excellence en course au large : analyse IMOCA et Route du Rhum

Mais du côté de la plateforme, on regrette un peu ce procès d’intention fait au jeu qui séduit encore plus de 820 000 participants. "En fait je pense, sincèrement, qu’il s’agit d’un faux problème", se défend Thomas Gauthier, directeur général de Virtual Regatta, auprès de RMC Sport. "Les conditions, d’un Vendée Globe à l’autre, peuvent être très différentes. Sur le dernier Vendée Globe, il y a un trou qui s’était fait entre la tête de course virtuelle et la tête de course réelle et où chacun était rentré dans un système météo pas vraiment au même moment. Et cet écart-là n’avait jamais pu être rattrapé par les bateaux réels. Là, c’est un petit peu l’inverse qui se passe."

Des records en pagaille ont surpris, et pas que chez Virtual Regatta. Thomas Gauthier, utilisant volontiers son exemple personnel et sa 4440e place au classement général sur Virtual Regatta, rappelle aussi que malgré les critiques de certains joueurs qui ont pu être relayées sur les réseaux sociaux ou dans la presse, les tous meilleurs de Virtual Regatta continuent d’être au coude à coude avec de nombreux marins du Vendée Globe. Le problème éventuel vient de l’écart avec le trio Dalin-Richomme-Simon en tête de course. A la fois pour les utilisateurs du jeu en ligne que pour les skippers réels puisque le quatrième du classement général, Sam Goodchild, accuse 2370 miles de retard sur le leader.

"Le trio de tête est sur un bateau de toute dernière génération et il n’y a pas que chez Virtual Regatta qu’on a été étonné de leurs performances exceptionnelles", glisse encore Thomas Gauthier. "En tout cas sur la descente de l’Atlantique, là où ils ont principalement creusé l’écart, il faut savoir que le record mondial de vitesse absolue à la voile sur 24h a été battu coup sur coup cinq ou six fois." Sans oublier des conditions météo idéales qui ont aidé les participants du Vendée Globe à rapidement prendre une belle avance, du moins les tous meilleurs. Ce sont des navigateurs hors-norme.

"Il faut voir qu’on est sur des marins exceptionnels. Pour avoir navigué à plusieurs reprises avec Yoann Richomme, c’est vraiment un marin, un tacticien et un météorologue d’exception. Et ils sont sur des bateaux extrêmement bien préparés, extrêmement bien pensés et designés aussi", enchaîne le patron de Virtual Regatta. "On est quand même sur un Vendée Globe vraiment particulier. Il y a très peu d’abandons par rapport à d’habitude, quasiment pas de casse et de naufrage. Et à côté de ça, oui je peux comprendre que ça soit moins marrant pour nos skippers d’élite de ne pas naviguer au contact de ces skippers d’exception."

Une autre raison expliquant les disparités dans le classement, et dans le rythme de la course : les différences technologiques ! Même si Virtual Regatta offre une simulation qui intègre des données météo en temps réel et des algorithmes de routage, ces outils restent bien éloignés des technologies embarquées sur les bateaux du Vendée Globe. Par conséquent, les skippers virtuels, bien qu’ayant parfois des compétences de navigation impressionnantes, ne disposent pas de la même précision dans leurs calculs ni des bateaux avec les mêmes capacités, ce qui peut ralentir leur progression par rapport aux marins professionnels. Un exemple concret, c'est celui des vitesses maximales. Alors que les navigateurs ont atteint plus de 29 nœuds, les joueurs ne pouvaient jamais dépasser les 22/23 nœuds !

Certains joueurs de Virtual Regatta, frustrés de ne pas pouvoir lutter avec les tous meilleurs marins du Vendée Globe, ont accusé le développement technique de la simulation. Et notamment à cause de la vitesse maximale des voiliers sur le jeu. Si certains marins du Vendée Globe peuvent voguer à près de 40 nœuds dans des conditions idéales, ceux de Virtual Regatta sont limités à 22,7 nœuds. "Nos Imocas virtuels ont les polaires de 2016", se plaignait même dès le mois de novembre un internaute sur le forum de Virtual Regatta. Des critiques compliquées à entendre pour Thomas Gauthier. À ses yeux, il est difficile d’anticiper un tel fossé au niveau des vitesses de pointe compte tenu des courses récentes antérieures au Vendée Globe.

"Ah non, non, non… Les polaires (les données graphiques qui permettent d’anticiper la vitesse potentielle d'un voilier en fonction du vent) ont été revues quasiment chaque année. Alors, effectivement, pas forcément de manière aussi importante que ça avait été le cas en 2016 car il y avait eu une grosse évolution en termes de vitesse cette année-là quand on avait mis pour la première fois des foils sur le bateau", décrypte encore Thomas Gauthier pour RMC Sport. "Si on prend, parce que nous on fait des courses en Imoca toute l’année, des différentiels de vitesse aussi importants, on n’en a pas remarqué ni sur la Transat Jacques Vabre ni sur la Route du Rhum ni sur les dernières New York-Vendée. […] On ne retrouvait pas d’écarts aussi flagrants qui nous auraient mis la puce à l’oreille pour complètement changer les polaires."

Et de préciser que les équipes de Virtual Regatta demeurent à l’affût d’innovations techniques pour améliorer, sinon ces fameuses polaires, d’autres éléments du jeu. "Les sujets sur lesquels on a travaillé principalement ce sont plutôt la fatigue du skipper ou les temps de manœuvres, qui sont complètement à la marge par rapport aux performances globale du bateau."

Le début de frustration que certains joueurs de Virtual Regatta ont pu ressentir s’explique surtout par le différentiel avec la précédente édition du Vendée Globe. Si en 2020-2021, un marin virtuel avait devancé Yannick Bestaven et Charlie Dalin aux Sables-d’Olonne, c’est le sentiment de ne pas lutter à armes égales avec les cadors de cette année qui pose problème. Une déception un peu hors de propos pour Thomas Gauthier. "De ce que j’ai pu lire, certains joueurs avant se pavanaient, même si ce n’est pas forcément le bon terme. Ils étaient très heureux d’être devant la flotte réelle, ce qui dans l’absolu n’a pas vraiment de sens parce qu’entre nous. On ne vit pas la même chose derrière nos ordinateurs que les skippers qui sont actuellement sur le Vendée Globe", dénonce le DG de Virtual Regatta. Si on regarde la flotte, les premiers se battent au contact de la zone interdite au large du Brésil. Ils sont juste derrière des bateaux comme celui de Justine Mettraux et du groupe où il y a Boris Hermann, Thomas Ruyant et Jérémie Beyou… qui sont quand même des skippers qui ne sont pas n’importe qui. La flotte (de Virtual Regatta) est plus ou moins au contact de cette partie de la flotte."J’ai un groupe à l’est qui est un petit peu derrière Biotherm et Holcim qui sont là des bateaux récents et de dernière génération. Holcim c’est un Imoca de dernière génération, le bateau de Nicolas Lunven, et il a lui-même battu un record de vitesse sur 24h en début de course."

Afin de faire taire les critiques éventuelles des joueurs, les équipes de Virtual Regatta peuvent-elles corriger immédiatement le tir et modifier les polaires ou d’autres éléments? Pas si sûr. Difficile, par exemple, d’imaginer les développeurs travailler main dans la main avec des skippers au moment de la conception de leurs propres outils. Si techniquement c’est de l’ordre du possible, et cela avait été brillamment fait avec le trimaran Banque Populaire pour un relais de la flamme olympique, c’est en réalité plus compliqué car Virtual Regatta reste dépendant des données que les équipes veulent bien leur fournir sur les polaires des skippers. Et dans un sport aussi compétitif que la voile, l’idée de garder un avantage technologique peut avoir une vraie importance.

Le patron de Virtual Regatta insiste également sur les limites techniques de la simulation vis-à-vis des skippers réels. "Ils ont battu des records donc ça veut dire qu’ils étaient au-delà de leurs polaires à eux. Nous, comme on n’a pas tous ces éléments-là, une fois qu’on est en butée sur la polaire, on est dans un coin du tableau en ligne et colonne donc on ne peut pas aller plus loin. Finalement ce ne sont que des maths en fait. L’exception du réel est très compliquée à simuler."

Parmi les centaines de milliers d’anonymes jouant au Vendée Globe virtuel sur Virtual Regatta se cachent quelques marins aguerris, comme Alexia Barrier, finisheuse du Vendée Globe 2020, Yves Le Blevec, team manager d’Actual en Ultim, ou Basile Bourgnon, futur skipper en Ocean Fifty avec Edenred. Avoir une telle expérience du large les aide-t-il à exceller sur Virtual Regatta ? Ancien skipper d’Actual Ultim 3, Yves Le Blevec n’en est pas si sûr. « Les règles de navigation de la vraie vie ne sont pas les plus adaptées au jeu en ligne » nous assure-t-il, en nous avouant être preneur d’astuces de la part des meilleurs joueurs de Virtual Regatta. Même son de cloche chez Alexia Barrier. Sa stratégie est-elle radicalement différente d’il y a quatre ans, quand elle était en course ? « Je prends des options que je ne considérerais jamais dans la vraie vie, nous répond Alexia Barrier, 14 455e du Vendée Globe virtuel au 11 décembre. » Yves Le Blevec ne passe « pas beaucoup de temps sur Virtual Regatta - et ça se voit dans le classement ! », nous assure-t-il, comme le confirment les photos d’archive d’Yves Le Blevec.

Pour le moment, seul Bernard Poiteau (qui a réalisé son Vendée Globe à bord d’un bateau dans son jardin à l'instar de Jean-Paul Rouve dans le film La vallée des fous), a conclu son aventure. Mais ce dernier n'a pas véritablement terminé le parcours, il a en effet annoncé qu'il arrêterait au moment de l’arrivée du grand vainqueur de cette 10e édition, en la personne de Charlie Dalin. Et pour tous les autres, l'aventure virtuelle continue ! Comme dans la vraie vie, la flotte virtuelle s'étire donc exposée sur une très longue distance. Bien que les joueurs de Virtual Regatta restent en retrait par rapport aux skippers du Vendée Globe, il est important de noter que leur performance demeure impressionnante. Ces passionnés de voile, bien que distancés en termes de progression, parviennent à créer une émulation rare ainsi qu'une véritable compétition, en se mesurant aux conditions du Vendée Globe à leur manière. Pour les meilleurs, il ne reste que quelques centaines de miles nautiques à parcourir au moment d'écrire ces mots.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *