La mer, vaste et impétueuse, forge des destins d'exception, faits de rêves audacieux, de résilience inébranlable et parfois de tragédies poignantes. Au cœur de ces récits, se distinguent des figures de skippers français dont le parcours est marqué par des épreuves physiques extrêmes, transformant leur aventure en mer en une véritable quête de dépassement. Parmi eux, Fabrice Payen incarne cette force de caractère, ayant transformé la perte d'une jambe en un puissant moteur pour concrétiser son rêve de Route du Rhum et sensibiliser à la question du handicap.
Fabrice Payen : Le marin réinventé face au grand large
Le skipper malouin réalise son rêve en s’alignant au départ de la Route du Rhum à Saint-Malo. Amputé de la jambe droite, il sera le seul à courir le Rhum avec une prothèse. Fabrice Payen, amputé de la jambe droite, sera le seul skipper équipé d’une prothèse pendant la Route du Rhum à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Participer à la Route du Rhum, c’était son rêve de gosse. Dit comme cela, l’aventure du skipper malouin Fabrice Payen pourrait presque sembler banale. À un détail près, et de taille. Il sera le seul, et le premier, à courir le Rhum avec une prothèse. Amputé de la jambe droite, il fait partie des deux concurrents handicapés de cette édition avec Damien Seguin, né sans main gauche.
L'accident tragique en Inde et le cheminement vers l'amputation
L’histoire de cette « transformation » commence en 2012, lors d’un voyage à moto en Asie du Sud-est. Alors qu’ils terminent leur épopée en Inde, Fabrice et son épouse sont percutés par une voiture. Fabrice est grièvement blessé et passe un an à l’hôpital. Un mois en Inde à la suite d'une infection, puis en France, à Toulon où il habitait alors. À sa sortie, ses ennuis ne sont pas finis. Sa jambe droite reste raide, impossible de la plier. Malgré les multiples opérations, son genou n'est plus mobile. Il est resté quatre ans avec une jambe totalement raide.
Pendant quelques temps, il tente de vivre avec, « comme un pirate avec sa jambe de bois, ça faisait presque couleur locale », raconte celui qui a grandi dans la cité corsaire. Mais cela le prive surtout du monde de la mer qu’il côtoie depuis l’enfance. Ce handicap était synonyme de perte d'emploi pour celui qui était capitaine de marine marchande. Il fallait se reconstruire personnellement et professionnellement. Une période de sa vie très difficile qui l'a amené à prendre une décision radicale.
L'amputation : une "libération mentale" et une nouvelle mobilité
Finalement, Fabrice prend une décision radicale. En 2016, il choisit l’amputation. À sa demande, Fabrice Payen a été amputé il y a un peu plus d'un an, le 4 juillet 2016. Un choix - difficile - qu’il considère comme « une libération mentale. Je me suis rendu compte que tout le reste du corps et mon esprit étaient épuisés par le membre impotent ». Les craintes de son entourage n'ont pas pesé lourd à côté de la souffrance, le cheminement médical et la volonté de Fabrice. « Ça a été mon « Independance Day » à moi. Je savais que je pourrais retrouver une mobilité avec une prothèse. »
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Évidemment, il s’était renseigné sur les prothèses qu’il pourrait porter. Il s’équipe d’un genou « électronique », et d’une jambe artificielle, et retrouve la mobilité de son membre. Le sportif retrouve alors une nouvelle mobilité pour sa plus grande joie. Il raconte : « C’était génial, je pouvais faire des choses qui m’étaient devenues impossible, comme du vélo. » Cette nouvelle mobilité lui redonne aussi des ailes moralement. Et l’envie de monter des projets. Mais tout n’est pas rose… Il se souvient : « Je me suis rendu compte que ce n’était pas si facile de retrouver du travail. C’est à ce moment qu’on prend la mesure du handicap, du regard des autres et de la société… »
Du défi personnel à la sensibilisation au handicap : le projet Route du Rhum
Paradoxalement, c’est de ces difficultés que va naître son projet Route du Rhum. Après un projet avorté en 1998, le Malouin, qui partage sa vie entre la Bretagne et Paris, s'est inscrit pour la prochaine Route du Rhum. « Participer à cette course était un rêve. Jamais je n'aurai pu imaginer réaliser ce rêve grâce à mon handicap. » Grâce à sa « différence », Fabrice peut aussi attirer plus facilement les médias. Il monte donc un projet professionnel, qui va lui donner l’occasion de sensibiliser l’opinion à propos du handicap. Avec son équipe Team Vent debout, il a réussi à convaincre des sponsors du sens de son aventure.
Il explique : « J’avais tellement de bonheur à retrouver ma mobilité, que je me suis dit qu’il fallait que je partage cette expérience, notamment pour donner de l’espoir à une personne qui est dans la même situation ou qui s’y retrouverait un jour… » Premier skipper amputé d'une jambe à tenter cette aventure, Fabrice Payen s'engage pour délivrer un message d'espoir. « Je veux montrer qu'on peut retrouver une activité personnelle et professionnelle avec un handicap. J'ai la chance d'avoir fait le choix d'être amputé. Mais les personnes qui subissent cette opération, doivent savoir qu'il existe de multiples possibilités après. » Un message similaire à celui que veut porter le festival Regards croisés.
Entre autres, il souhaite expliquer ce dont est capable son nouveau genou. Un outil de haute technologie, bourré de capteurs et d’électronique et qui coûte le prix de son bateau, soit environ 100 000 euros. Pour le skipper, « démocratiser ce genre d’équipement pourrait permettre à des personnes de retrouver un métier », car il veut aussi capter l’attention du monde professionnel, et dans son cas, de la marine marchande. Son objectif ? Redemander l’aptitude à travailler après le Rhum pour que cela serve à d’autres marins qui se trouveraient en situation de handicap.
Préparation et participations à la Route du Rhum
La quarantième Route du Rhum s’élancera de Saint-Malo le 4 novembre prochain. Fabrice Payen, un skipper handicapé, disputera l’épreuve. Dimanche 4 novembre prochain, 122 voiliers s’élanceront depuis Saint-Malo pour la quarantième Route du Rhum. Parmi les navigateurs, Fabrice Payen, un skipper malouin, amputé de la jambe droite. Cette Route du Rhum est un véritable défi.
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Préparer son bateau et sa jambe pour une telle traversée n'est pas si simple. Fabrice a opté pour un bateau large, un trimaran, l’ancien Laiterie de Saint-Malo. Construit il y a 30 ans, il a été plusieurs fois modifié. Au-delà de la préparation de son bateau, Fabrice doit aussi composer avec celle de son genou. Il a dû partir une semaine à Grenoble fin septembre, chez son prothésiste, pour une dernière mise au point et refaire l’emboîture en carbone. À ses partenaires, il a confié : « Je ne vous promets pas de podium, mais que des victoires ! » Celle d’être au départ pour commencer.
Il a été le 1er skipper équipé d'un genou prothétique sur la Route du Rhum en 2018. Le 6 novembre 2022, Fabrice Payen s'élancera avec son multicoque depuis Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) sur la Route du Rhum aux côtés de 137 autres participants. Sa différence ? Il a été le premier skippeur appareillé d'un genou prothétique en carbone lors de la onzième Route du Rhum en 2018. Capitaine de marine marchande de profession, il entreprend en 2012 un virage professionnel à la suite de son accident de moto qui lui coûte une jambe. Amputé en 2016, il figure deux ans plus tard au départ de la mythique transatlantique, qu'il ne terminera pas. Bien décidé à franchir la ligne d'arrivée cette année, le Malouin reprend la route de la Guadeloupe, avec le soutien de l'Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) et de Pôle et Cap emploi.
L'objectif est clair : « Montrer que les valeurs du sport sont un formidable vecteur d'insertion professionnelle », souligne Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi. De son côté, Fabrice Payen s'est dit « ravi de ce nouveau soutien », en adéquation avec son projet « Cap vers l'inclusion ». C'est l'occasion de « mettre en avant les actions de ces acteurs du public », a déclaré le sportif à la tête de l'association « Team vent debout », qui promeut notamment la pratique de la handivoile depuis 2020. La mission de sensibilisation du skipper se déploiera en mer mais aussi sur terre. Du 25 octobre au 6 novembre 2022, Pôle emploi et Cheops*, le réseau des Cap emploi, et l'Agefiph seront présents en point d'accueil au village de la Route du Rhum 2022. L'objectif est de « Sensibiliser le grand public aux valeurs communes entre sport et emploi, à l'insertion par le sport, aux métiers de l'économie bleue et aux nouvelles méthodes de recrutement », précisent les deux partenaires. Fabrice Payen y présentera un court métrage qui raconte son histoire et sa nouvelle aventure sur Tribulations. Le festival Regards croisés s'installe au Palais du grand large de Saint-Malo à partir d'aujourd'hui, jusqu'à samedi. Cette compétition de courts métrages sur le thème « Métiers et handicap » a pour objectif de promouvoir l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.
Défis physiques et accidents en mer : Au-delà de l'amputation
Le monde maritime, qu'il soit professionnel ou de loisir, est le théâtre d'événements imprévus et parfois dramatiques, où la confrontation avec les éléments peut laisser des séquelles profondes. Si Fabrice Payen a fait face à un accident terrestre, d'autres incidents en mer ont également conduit à des blessures graves, y compris des amputations, soulignant la fragilité du corps humain face à la puissance de l'océan et aux dangers des activités nautiques.
L'incident du jeu télévisé en mer : Stavros Floros
Le tournage de la version grecque de Survivor a viré au drame. Un candidat de l’émission a dû être partiellement amputé d’une jambe après avoir été percuté par un bateau alors qu’il se trouvait en mer, rapporte Le Parisien ce vendredi 16 mai. La victime s’appelle Stavros Floros. Âgé de 21 ans, le jeune homme participait au célèbre programme de survie tourné en République dominicaine, équivalent grec de Koh-Lanta, lorsque l’accident s’est produit. Selon Le Parisien, au moment des faits le candidat pratiquait la pêche sous-marine, lorsqu’il a été violemment heurté par une embarcation. D’après les autorités et la société de production, le candidat « plongeait sans balise de surface dans une zone fréquentée par des bateaux de touristes ». Gravement blessé à cause des hélices du moteur, il a été rapidement pris en charge avant d’être transporté à l’hôpital.
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Malgré l’intervention des secours, les blessures subies à la jambe étaient trop importantes. Les médecins ont finalement dû procéder à une amputation partielle de la jambe gauche. Il souffrait également d’un important traumatisme à la cheville droite. L’état de santé du jeune homme est désormais stable. Après l’accident, la production de l’émission a décidé de suspendre le tournage de Survivor. Une enquête a également été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du drame et établir les responsabilités éventuelles. Le programme est l’un des formats de téléréalité les plus populaires en Grèce. À l’image de Koh-Lanta en France, il met en scène des candidats soumis à des épreuves physiques dans un environnement isolé.
Franck Cammas : Une blessure grave lors d'un entraînement
L'accident dont a été victime le navigateur Franck Cammas, lundi 30 novembre au large de Quiberon (Morbihan), rappelle la constante vigilance requise en mer, même pour les skippers les plus expérimentés. Lundi après-midi, le skipper Franck Cammas s'est grièvement blessé alors qu'il participait au large de Quiberon (Morbihan) à une régate d'entraînement pour la Coupe de l'Amérique 2017. Tombé à l'eau, il a eu le pied droit en partie sectionné par un safran. Il a été aussitôt transporté par hélicoptère au CHU de Nantes où il est toujours en soins. Ce type d'incident souligne la brutalité avec laquelle les machines nautiques peuvent causer des dommages irréparables, même dans des contextes d'entraînement ou de manœuvres a priori maîtrisées.
Alain Colas : Le pied invalide et l'énigme de Manureva
L'histoire des skippers français regorge également de récits où le corps, déjà éprouvé, est confronté à des défis colossaux. Le 13 juin 1975, le navigateur Alain Colas qui travaille depuis plusieurs mois sur un projet de grand bateau, un quatre mâts de 71 mètres de long, prend du bon temps en baie de Quiberon à bord de son trimaran Manureva. Le marin aguerri qui a fait ses armes avec le Nantais Éric Tabarly arrive dans la rivière de La Trinité-sur-Mer à bord de son voilier quand il se blesse grièvement à la jambe droite. Cette blessure, un "pied invalide" selon les récits, objet au bas mot d'une vingtaine d'interventions chirurgicales, a lourdement pesé sur son état physique et psychologique avant sa dernière course fatale. Elle préfigure les difficultés que peut rencontrer un skipper, même parmi les plus illustres, lorsque son intégrité physique est compromise, ajoutant une couche de complexité à la préparation et à l'exécution d'exploits maritimes.
L'appel du large et ses sacrifices : Légendes et tragédies de la course au large
La course au large est faite de légendes. De grandes courses ont été marquées par des événements incroyables comme la première Route du Rhum, le Vendée Globe, la Sydney Hobart ou encore la Fastnet, et notamment celle de 1979. Mais c’est bien des skippers de légende qui restent dans la mémoire du grand public. D’Eric Tabarly à Florence Arthaud, ces grands navigateurs sont restés dans tous les esprits et dans l’histoire de la voile. Aujourd’hui, nous revenons sur des skippers, disparus en mer, qui ont marqué l’histoire de la voile et de la course au large à travers leurs exploits, leur passion pour la mer et leur esprit d’aventure. S’ils ont tous perdu la vie en faisant ce qu’ils aimaient le plus : naviguer et vivre avec la mer, nul doute que leurs vies inspirent encore de nombreux plaisanciers et skippers professionnels. Retour sur ces navigateurs de légende disparus trop tôt, qui continuent à inspirer les générations futures.
Alain Colas : Un destin entre gloire et mystère
Au sommet des hit-parades en 1979, Alain Chamfort s’interrogeait sur un bateau perdu et son capitaine guère mieux loti, l’ébouriffant Alain Colas, évaporé au matin du douzième jour de la Route du Rhum, inédite course transatlantique organisée en ce mois de novembre 1978 entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. L’événement - soudain et inexplicable - affola l’opinion. D’autant que le naufragé, ou supposé tel, rassemblait et divisait depuis de nombreuses années déjà. Ce défi de plus, il l’avait envisagé de mauvaise grâce. À la barre d’un engin passé de mode - l’ancien Pen Duick IV d’Éric Tabarly -, dans des dispositions psychiques précaires et une condition physique encore plus aléatoire, avec un pied invalide de surcroît. Depuis quelques mois, le fisc le harcelait. À force d’erreurs et de contre-performances, son étoile déclinait. Aux yeux de certains, c’est acculé qu’il avait choisi de relever le défi.
Né en 1943 à Clamecy, Alain Colas se fait connaître dans les années 70 grâce à ses performances lors de courses en solitaire. Il remporte notamment la Transat anglaise en solitaire en 1972 et réalise un tour du monde en solitaire record en 1974 à bord de son trimaran Manureva, parcourant les océans en seulement 169 jours. Au mitan des années 1970, le « marin turbo » tient une place à part au panthéon des figures exemplaires. Parce qu’il rompt avec les habitudes et incarne le progrès. Depuis dix ans déjà, il n’a cessé de passer outre. Un esprit de contestation que l’époque appelle et que la jeunesse réclame. Colas est né dans une famille de faïenciers à Clamecy (Nièvre), loin, très loin, du littoral. La mer, il ne l’a découverte qu’à 22 ans, au gré d’une cascade de hasards inattendus : un voyage en Australie, un boulot de dilettante, quelques sorties en mer et une décisive rencontre avec Éric Tabarly.
Impossible de comprendre le destin d’Alain Colas, si on néglige ce choc frontal déterminant. Dans un premier temps, l’impétrant observe et obtempère. Du côté de Hobart, Tahiti ou Nouméa, il est au mieux matelot, au pire cuistot. Mais, en même temps qu’il file doux, l’ex-étudiant en Sorbonne séduit. Son modèle est lui-même à la croisée des chemins. Couvert de lauriers mais aussi amoureux d’une jolie Néo-Calédonienne. La course n’est plus sa priorité. Son bateau - Pen Duick IV - lui donne du fil à retordre. Démotivé, Tabarly consent à s’en séparer avant même d’en avoir tiré avantage. Colas n’en espérait pas tant. Le voilà qui achète le prototype inespéré, accélère sa prise en main et boucle une magnifique navigation solitaire pour rejoindre la France juste avant de prendre le départ de la Transat anglaise (en 1972), elle-même remportée haut la main ! Les aficionados jubilent. Opposition de styles, croisement de trajectoires : comment imaginer scénario plus enlevé ? D’autant que Colas en rajoute. Le public, versatile par essence, a choisi : va pour l’iconoclaste et le mégalo !
Ses plans sur la comète et sa nouvelle folie : un paquebot de 72 mètres de longueur et de 243 tonnes de déplacement ! « Une caricature de bateau », selon le prince Éric, qui - on n’ignore rien de la légende - mâtera ce fameux Club-Méditerranée dès la transat suivante. Sans doute son ex-élève a-t-il dépassé les bornes. Voilà que certains l’accusent même de tricherie ! La dégringolade est douloureuse. Faute de mieux, son paquebot déchu est proposé aux touristes et Manureva contraint de reprendre du service. Jusqu’à disparaître pour toujours.
Le 16 novembre 1978, Alain Colas disparaît avec son trimaran Manureva lors de la première édition de la Route du Rhum, course transatlantique en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. En ces temps reculés, ce sont les concurrents eux-mêmes qui établissaient les classements quotidiens en restituant leurs polaires à heure fixe grâce à leur radio de bord. Pas de balises Argos indiscutables, ni de repères GPS incontestables, mais des approximations, voire des dissimulations souvent trompeuses. Ce 16 novembre, veille de la définitive perte de contact, Colas martèle son avantage : il est en tête, cela va de soi ! Un avion de reconnaissance relativise cette position et rapporte des mouvements désordonnés, pour ne pas dire davantage. 16 heures : la vacation [la tranche horaire pendant laquelle un utilisateur peut émettre, ndlr] est inaudible. 17 heures : Colas parvient, via Saint-Lys Radio, à joindre Teura, son épouse. Ses mots sont définitifs : « Je suis au cœur du typhon. Il n’y a plus de ciel, il n’y a plus de mer… » Les proches battent le rappel, des concurrents se déroutent. Gaston Defferre, maire de Marseille et ami de Colas, réclame des recherches plus intenses. François Mitterrand, député de la Nièvre, port d’attache du disparu, insiste à la tribune de l’Assemblée nationale. Désintégration, collision, perte de contrôle, noyade : toutes les hypothèses sont envisagées. Les radiesthésistes agitent leurs pendules et les devins consultent leurs boules de cristal. 36° 5’ de longitude O, 35° 51’ de latitude S : le dernier relevé place Manureva proche des Açores. L’opinion garde espoir.
Éric Tabarly : L'icône intemporelle de la voile française
Éric Tabarly est sans conteste l’un des navigateurs français les plus célèbres et les plus talentueux. Né en 1931 à Nantes, il se passionne très tôt pour la voile et participe à de nombreuses compétitions. Ses victoires les plus notables sont notamment la Transat anglaise en solitaire en 1964 et en 1976, une étape sur la Course autour du monde (Whitbread) en équipage en 1973-1974 et la Transat Jacques Vabre, en 1997, avec Yves Parlier. Symbole de l'excellence et de l'innovation dans le domaine de la voile, son influence sur la course au large française et internationale est immense. Le 12 juin 1998, Éric Tabarly disparaît en mer lors d’une traversée entre l’Irlande et l’Écosse à bord de son voilier Pen Duick. Âgé de 66 ans, il aurait été éjecté dans les eaux froides de la mer d’Irlande alors qu’il effectuait une manœuvre sur le pont. Sa disparition, comme celle de Colas, a laissé un vide immense dans le cœur des passionnés de voile, marquant la fin d'une ère tout en consolidant son statut de légende impérissable.
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