L'Épopée du Vendée Globe 2004-2005 : Un Duel Légendaire et des Défis Océaniques

Le Vendée Globe, souvent surnommé « l'Everest des mers » pour sa difficulté, incarne l'essence même de la course au large. Cette épreuve exigeante, solitaire, sans escale et sans assistance, oppose des voiliers monocoques de la classe 60 pieds IMOCA à la fureur des océans. Son histoire puise ses racines dans les exploits des pionniers du tour du monde en solitaire. Le premier tour du monde en voilier en solitaire fut réalisé par l'Américain Joshua Slocum, qui boucla son périple en 1898 après trois ans de circumnavigation sur son Spray. L'exploit fut reproduit plus tard par son compatriote Harry Pidgeon, puis par le Français Alain Gerbault et l'Argentin Vito Dumas, et enfin l'Australien Bill Nance. En 1967, le Britannique Francis Chichester se lança sur les flots dans l'intention de réaliser un record et son défi eut pour la première fois un retentissement médiatique. Le journal britannique The Sunday Times organisa en 1968 le Golden Globe Challenge, première course autour du monde en solitaire sans escale. Neuf concurrents relevèrent le défi, mais seul l'Anglais Robin Knox-Johnston boucla le parcours en 313 jours avec son Suhaili.

Fin juin 1979, à Newport (États-Unis), fut défini le concept d'une course autour du monde en solitaire avec escales, le BOC Challenge. Plusieurs des participants français du BOC Challenge, dont Jean-Yves Terlain, Titouan Lamazou et Jean-François Coste, se concertèrent pour lancer un projet de course en solitaire et sans escale afin de limiter les budgets et de rendre la course plus extrême. Cependant, c'est Philippe Jeantot, seul, qui annonça l'organisation de la course lors d'une conférence de presse le 28 janvier 1988 à Paris, affirmant que le départ de son « Globe Challenge » serait donné le 26 novembre 1989 aux Sables-d’Olonne. Malgré les difficultés à trouver des sponsors, le budget fut finalement bouclé, majoritairement pris en charge par le département de la Vendée, la ville des Sables-d'Olonne, le Crédit Agricole et la société vendéenne Fleury Michon. À la demande des sponsors, la course fut renommée « Vendée Globe Challenge », puis le Vendée Globe Les Sables-d'Olonne lors des éditions suivantes.

La course doit se disputer à bord de bateaux dont la longueur maximale est fixée à 60 pieds (18,28 mètres). À compter de 1991, des contraintes supplémentaires furent ajoutées, définissant la classe des 60 pieds IMOCA. L'architecture des voiliers 60 pieds IMOCA, qui sont par ailleurs engagés sur d'autres courses océaniques, évolue rapidement en tirant des leçons des résultats de chaque édition. Pour améliorer leurs performances, les architectes introduisent successivement les carènes en forme de luge, la quille pendulaire, le cockpit ouvert dans lequel toutes les manœuvres sont ramenées, les dérives latérales qui sont progressivement remplacées dans les éditions suivantes par les foils.

Le départ et l'arrivée ont lieu aux Sables-d'Olonne, qui a aménagé son port de plaisance pour accueillir les bateaux des concurrents. La date de départ retenue se situe au mois de novembre pour bénéficier de conditions météorologiques clémentes dans l'hémisphère sud, et un dimanche pour profiter d'une bonne couverture médiatique. Le Vendée Globe est ainsi très populaire en France et véhicule des valeurs jugées positives. Il est suivi par des milliers de journalistes, et donne lieu en France à des centaines d'heures de télévision et radio, et des milliers d'articles dans la presse.

L'édition 2004-2005, la cinquième du nom, marqua un tournant dans l'organisation de l'événement. Fin 2002, la société organisatrice Sail Com de Philippe Jeantot fut placée en liquidation judiciaire, menaçant le Vendée Globe. Les Vendéens, emmenés par Philippe de Villiers, se battirent pour sa survie et parvinrent à éviter la disparition de la course. Depuis, la course est gérée par la SAEM Vendée, dont le capital est contrôlé majoritairement par le secteur public. À partir de cette 5e édition et de la prise en main de la course par la SAEM Vendée, la mention des Sables-d'Olonne fut réduite dans le visuel et un bandeau dans le bas du logo mentionna le nom des trois partenaires principaux : le département de la Vendée, la ville des Sables-d'Olonne et l'entreprise vendéenne Sodebo. Cette édition restera comme une course superbe, avec la victoire de Vincent « Le Terrible » Riou devant un Jean Le Cam à qui la victoire était pourtant promise.

Lire aussi: Aperçu de Skipper Transit à La Voulte

Le Cinquième Départ : Une Flotte Prête à En Découdre

Le 7 novembre 2004, à 13h02 précises, vingt marins prirent le départ du cinquième Vendée Globe, par une faible brise et devant plus de 300 000 personnes massées aux Sables-d’Olonne. La foule des grands jours était présente sur les quais de La Chaume et de Port Olona. Le sport avait repris ses droits, et la course s'annonçait intense. Parmi ces concurrents figuraient la fine fleur de la course au large française et sept étrangers venus du Royaume Uni, des États-Unis, d’Australie, de Suisse et d’Autriche. Comme souvent, le plateau était composé d’un bon tiers de marins venus pour gagner, d’autres qui prétendaient à une place honorable, et enfin d’une bonne dose d’aventuriers pour qui boucler la boucle serait une grande réussite.

Michel Desjoyeaux avait cédé la barre de son PRB à Vincent Riou, un bizuth alors inconnu du grand public, et c’est ce même bateau qui coupa d’ailleurs en premier la ligne de départ. Les quatre bateaux neufs de cette édition, à savoir Bonduelle de Jean Le Cam, Ecover de l’Anglais Mike Golding, Sill et Véolia de Roland Jourdain et Virbac Paprec de Jean-Pierre Dick occupèrent rapidement le top cinq, en compagnie du vieux PRB, remarquablement mené par Vincent Riou. Deux femmes étaient engagées dans cette aventure planétaire : Anne Liardet et Karen Leibovici. Toutes deux allaient faire partie des treize marins classés à l’arrivée, démontrant une formidable ténacité. Bruce Schwab sur Ocean Planet et Dominique Wavre sur Temenos faisaient également partie de la flotte, parmi d'autres navigateurs déterminés.

L'Atlantique : Sprint et Formation du Groupe de Tête

Pour une fois, la météo fut relativement bonne fille au départ, offrant du portant dans le golfe de Gascogne. Seule une petite dépression sur le cap Finisterre vint pimenter ce début de course, qui s’apparenta très vite à un sprint. Le vent fut de la partie, permettant aux skippers de ne pas rester calmes. L'alizé portugais étant bien installé, c'est à grande vitesse que débuta ce Vendée Globe. La preuve en fut donnée par l'archipel des Canaries, doublé au bout de quatre jours de mer pour les six bateaux des avant-postes. Ces derniers coupèrent l’équateur en dix jours seulement. Ce premier groupe de tête, où l’on trouvait déjà Vincent Riou (PRB), Jean Le Cam (Bonduelle) et Mike Golding (Ecover), parvint à s’extirper des affres du Pot au noir bien mieux que les deux autres tiers de la flotte. Les écarts se creusaient déjà entre les concurrents.

Le passage de l'équateur et du terrible Pot au noir derrière ne fut qu'une première étape. Plus au sud, les marins retrouvèrent une région plus ventée mais devaient éviter l'anticyclone de Sainte-Hélène, une zone de vent faible qui s'étale largement entre l'Amérique du Sud et l'Afrique. Le contournement de cet anticyclone allait faire son œuvre également dans l’Atlantique Sud, au bénéfice de deux des grands favoris de la course. Au cap de Bonne Espérance, à la pointe de l’Afrique du Sud, Vincent Riou et Jean Le Cam s'étaient déjà constitués un capital intéressant. Le 18 novembre, Jean Le Cam, auréolé de son titre de gloire le « roi Jean », passa l’équateur en premier. Il relata l'événement : « Voilà on est passé Sud… Une bonne chose de faite. Voilà deux semaines maintenant que la régate a commencé. Car c’est une vraie régate, intense, indécise. »

À ce petit jeu tactique, Vincent Riou et Jean Le Cam furent les grands bénéficiaires. Les deux marins qui se livraient un duel acharné en tête s’échappèrent. Le passage à niveau météorologique s'était refermé derrière eux, bloquant le reste de la flotte. Riou et Le Cam avaient pris la poudre d’escampette ! Alors qu’ils naviguaient à vue, quasiment bord à bord après 6000 milles parcourus, Riou et Le Cam réussirent à engranger 300 milles d’avance sur un duo composé de Sébastien Josse (VMI) et Roland Jourdain (Sill et Véolia). Le Britannique Mike Golding (Ecover) émargeait, lui, en cinquième position à plus d’une journée et demie de mer. Le 26 novembre, alors qu’ils naviguaient au Sud de l’Atlantique Sud, PRB et Bonduelle étaient tellement proches que Riou et Le Cam se virent et échangèrent par radio VHF. Vincent Riou demandait : « Ouais Jean, ça gaze ? », ce à quoi Jean Le Cam répondit en se marrant : « Écoute, c’est incroyable cette histoire quand même ! ». Ce fut le début d'un duel qui allait passionner les observateurs. Vincent Riou, alors inconnu du grand public, gagnait le Vendée Globe 2004-2005 à bord du même bateau que Michel Desjoyeaux quatre ans plus tôt. Il hériterait du surnom de "Vincent Le Terrible", inventé par son dauphin : un certain Jean Le Cam, surnommé quant à lui "Le Roi Jean".

Lire aussi: Exploits pionniers des marins chinois

La Dure Réalité des Mers du Sud : Avaries et Abandons

La partie la plus difficile de la course débute lorsque les voiliers atteignent la latitude des quarantièmes rugissants puis celle des cinquantièmes hurlants. Ces régions sont balayées en permanence par des dépressions très creuses qui lèvent des mers particulièrement fortes car aucune terre ne bloque les vagues. Le courant des Aiguilles, au niveau de la pointe sud de l'Afrique, vient accroître la dangerosité de la mer en accentuant la hauteur des vagues. Facteur aggravant en cas de naufrage ou d'accident grave, la zone traversée est très éloignée des terres habitées et il n'y passe pratiquement aucun trafic maritime. Les voiliers en course sont hors de portée de secours héliportés. Lorsqu'ils sont aux latitudes les plus au sud, les coureurs peuvent choisir, pour gagner du temps, de s'approcher de l'Antarctique, mais ils prennent alors le risque d'une collision avec les nombreux icebergs ou growlers (petits morceaux d'iceberg à peine visibles) qui se détachent de la banquise. Le radar ne permet pas toujours de les détecter et une veille visuelle permanente est impossible en solitaire.

Dès le début, l'accent avait été mis sur la fiabilité des bateaux. Pourtant, la litanie des avaries est longue à bord des voiliers. Les marins réparent, s’accrochent, font le dos rond, mais globalement ils tiennent le coup. Il fallut attendre le 4 décembre, presque un mois après le départ, pour que survienne le premier abandon. Il fut le fait du malheureux Hervé Laurent (Hervé Laurent), qui, depuis le départ, se battait avec des soucis. Il abandonna sur avarie de safran. Patrice Carpentier dut lui aussi s’arrêter pour réparer la bôme brisée de son bateau et bouclerait la boucle hors course.

Dans les Quarantièmes rugissants, la bagarre faisait rage à chaque hauteur du classement. Le bateau du Britannique Alex Thomson en fit les frais, avec une fixation de bôme arrachée et un trou dans le pont. Le skipper anglais se déruta et abandonna. Ce fut une désillusion également pour l’Autrichien Norbert Sedlacek : la fixation de quille de son bateau avait rendu l’âme. L’océan Indien vit le duel Riou-Le Cam en tête se poursuivre à grande vitesse, mais d’autres avaries fatales vinrent perturber le match des chasseurs. Ainsi, la fixation de quille de Sill et Véolia, le bateau de Roland Jourdain, fut fendue et menaçait de laisser couler son lest par le fond. La mort dans l’âme, Jourdain se déruta vers la Tasmanie, alors que la Nouvelle-Zélande voyait également l’abandon de Marc Thiercelin. Roland Jourdain fit route vers Hobbart en Tasmanie, et son bateau (Sill) fut arrêté en Tasmanie. Un septième skipper allait devoir jeter l’éponge, beaucoup plus tard dans l’Atlantique Sud : Skandia, le bateau de l’Australien Nick Moloney, allait subir hélas la même avarie de quille. Il parviendrait à rejoindre le Brésil, après avoir perdu sa quille et fait route vers Rio. Conrad Humphreys (Hellomoto) fut confronté à un grave problème de quille.

Mike Golding (Ecover) fut encore deuxième, à 13,7 milles du leader, tandis que Conrad Humphreys (Hellomoto) et UUDS se battaient. Bruce Schwab (Ocean Planet) et Temenos de Dominique Wavre étaient positionnés derrière les leaders, mais Riou et Le Vert pointaient à l’horizon, à moins de 180 milles de son étrave. Brother, le bateau de Norbert Sedlacek, accusait maintenant plus de 1800 miles de retard. Dans cette course impitoyable, la recherche de meilleur temps pour finir le diagnostic était constante face aux dégâts causés aux bateaux dans la tempête. Laurent (UUDS) qui avait perdu son safran gauche, se rendit dans la région de Cape Town pour le changer par ses propres moyens.

Le Pacifique et les Caps Mythiques : Entre Lutte et Stratégie

Revenons dans le Pacifique, où le Britannique Mike Golding (Ecover) signa un joli retour sur le jeune Sébastien Josse (VMI). Ce dernier se fit une belle frayeur en percutant un growler par 53°46´S 176°52´E. La collision brisa net le bout-dehors de VMI, mais le monocoque ne fit pas d’eau. Josse poursuivit sa route, mais il n’avait plus toutes les armes pour se battre et sa vitesse en pâtit. Il lui faudrait d’ailleurs beaucoup de tempérament pour parvenir à glaner une belle cinquième place à l’arrivée aux Sables d’Olonne, malgré ce handicap. Les leaders, eux, continuaient d'aligner les milles sur la route, profitant des vents d’ouest/sud-ouest.

Lire aussi: L'excellence en course au large : analyse IMOCA et Route du Rhum

À l’avant, le duel était toujours aussi serré entre Vincent Riou et Jean Le Cam, qui avait eu le temps d’inventer des surnoms restés célèbres pour ses deux plus proches adversaires : « Goldfinger » pour Mike Golding et « Vincent Le Terrible » pour qui l’on sait. La course planétaire continuait, avec le fameux Cap Horn en ligne de mire. Les skippers se préparaient au scénario de son passage. Le 15 décembre au matin, Vincent Riou (PRB) affichait 103,7 milles d’avance sur Jean Le Cam (Bonduelle). Le Cam, lui, était resté en tête pendant plus de 25 jours cumulés, contre 18 jours pour le nouveau leader, Riou. Les deux hommes s'étaient disputé la première place, sans jamais laisser l'autre au second plan, tant le risque était important. Ils se trouvaient alors sur l’antéméridien, aux antipodes de la France. Riou et Le Cam avaient opté pour des routes différentes, l’un par le nord, l’autre par le sud.

Jean Le Cam (Bonduelle) passa le cap Horn en tête le jeudi 23 décembre vers 8h00 du matin, en heure locale. C’est très souvent signe de victoire finale sur le Vendée Globe, mais pas cette fois. Philippe Parnaudeau (Max Havelaar) vint de passer l'Horn. Anne Liardet (Roxy) passa le Cap Horn dans l'après-midi. Karen Leibovici (Benefic) alignait de belles journées en direction du Cap Horn, parcourant près de 250 milles par 24 heures. Elle espérait passer le fameux rocher le dimanche suivant. Raphaël Dinelli (Akena Vérandas) passa également le Cap Horn. Il confia : « Je dois dire que j’ai savouré cette journée. » Pour lui, c’était une énorme émotion, un rêve depuis l’âge de 15 ans. Il n'y eut aucun changement dans le classement pendant plusieurs jours pour certains, preuve de la stabilité de la tête de flotte, tandis que d'autres s'échappaient.

Les skippers du Vendée Globe font le tour de la Terre d'ouest en est. Ils doivent laisser sur bâbord (à gauche) les trois caps que sont le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn. La cordillère des Andes contribue à creuser les dépressions dans la région du cap Horn, rendant son passage particulièrement redoutable. Les conditions étaient musclées avec des vents de 50 nœuds. La mer devenait de plus en plus salée pour les poursuivants du tandem Le Cam/Riou.

Le Final Atlantique : Le Chassé-Croisé vers les Sables d'Olonne

Après avoir franchi le cap Horn, les voiliers entament la remontée de l'océan Atlantique en coupant leur trajectoire aller avant de retrouver l'hémisphère nord. Ils rencontrent à nouveau tous les obstacles météorologiques qu'ils ont connus durant la descente. La remontée de l’Atlantique Sud s’avéra cruelle pour « Le Roi Jean », pris dans la nasse de l’anticyclone, et Mike Golding était encore bien revenu. Cela faisait deux adversaires à surveiller dans le rétroviseur pour Vincent Riou, qui avait donc pris les commandes avec autorité. Les écarts se réduisaient comme peau de chagrin. Mike Golding avait repris 172 milles en 24 heures, et Vincent Riou 153 milles. Jean Le Cam ne s’attendait pas à une telle transition météo, permettant à ses poursuivants immédiats de réduire leur retard. Le Cam (Bonduelle) était en passe de perdre une nouvelle fois son leadership.

Le duo Riou (PRB)-Golding (Ecover) revenait à toute allure sur Jean Le Cam. Les écarts étaient de nouveau serrés, une bataille à couteaux tirés pour le podium. Le final allait être marqué par deux événements majeurs. D’une part, Ecover, le bateau de Mike Golding, perdit sa quille, mais le Britannique n’abandonna pas et poursuivit sa route « en dériveur », vers une troisième place plus que méritée. Mike Golding (Ecover) alerta son équipe à terre de la perte de la quille de son Ecover. Il avait rempli ses ballasts et affalé sa grand-voile pour assurer la stabilité du bateau, sa quille s’étant définitivement brisée quelques heures plus tard. Ce fut la cinquième avarie de quille dans ce Vendée Globe, après Nick Moloney (Skandia) qui avait également perdu sa quille et fait route vers Rio de Janeiro, situé à 120 milles dans son nord.

D’autre part, le grand public imagina que Jean Le Cam allait pouvoir venir chiper la victoire sur le fil à Vincent Riou, parce que celui-ci était obligé de faire une route météo très nord avant de redescendre vers le chenal des Sables d’Olonne. Mais ce n’était qu’un effet d’optique. « Je ne suis pas inquiet, je fais ma route météo même si je sais que celle-ci n’est pas la plus courte » expliqua très calmement Vincent Riou. Il y eut une accélération dans le nord-est, vers la Nouvelle-Zélande. Mais à l’approche de l’arrivée, l’anticyclone des Açores joua aussi des tours.

Les skippers en queue de peloton continuaient de lutter. Karen Leibovici (Benefic) vivait des moments douloureux. Elle raconta : « J’ai eu une « baston » de 70 nœuds. J’étais sur le pont, le bateau s'est couché, le pilote a décroché, l'hydro générateur qui s'est arraché avec la vitesse du bateau. C’est épouvantable. » Elle se trouvait rapidement à court d’énergie. Elle était aux prises avec des lignes de grains orageux et cherchait à s’échapper vers l’est. Le bateau était fatigué et tapait beaucoup. Elle dut prendre des ris. La situation était perturbée. Elle tira des bords toute la nuit, avouant être « vannée ». Elle manquait cruellement de volume et ses mains étaient particulièrement douloureuses. Elle espérait trouver une fenêtre pour dormir. À 250 milles de l’arrivée, elle avait encore de nombreuses avaries à réparer.

Philippe Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western) à 70 milles de Recife (Brésil). Ils auraient presque pu sentir les effluves du carnaval ! Bruce Schwab (Ocean Planet) terminait son tour du monde par du cabotage, naviguant avec des gyrophares et des feux de pont pour éclairer le travail des marins-pêcheurs. Il avait même eu de la neige sur le pont de son monocoque 60 pieds ! Il progressait lentement vers Les Sables, à 3,8 nœuds de vitesse de rapprochement.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *