Sur la plage d'Iwasawa, au coucher du soleil, l'immense cheminée de la centrale d'Hirono projette une ombre inquiétante. Le spectacle est à la fois sublime et empreint d'une mélancolie profonde. L'océan Pacifique est calme, ses vagues se brisant doucement sur le rivage. Au loin, sur les vaguelettes, un surfeur esseulé s'escrime à profiter des derniers rayons du jour sur l'écume des flots bleu nuit. Cette image, anodine en apparence, est chargée de l'histoire et des défis d'une région transformée. Kentaro Yoshida, jeune trentenaire local, observe la scène avec une connaissance intime des lieux et de leurs habitants. La main en visière sur le front, il lâche une observation qui en dit long sur la nouvelle réalité de Fukushima : « C'est un travailleur des centrales… » La question se pose alors de savoir s'il a dit cela parce qu'il n'a pas reconnu en lui l'un des derniers gars du coin à venir encore ici planche en mains, ou bien s'il l'a reconnu, justement, comme un symbole de ce nouveau quotidien. Kentaro précise sans équivoque : « Il n'y a plus qu'eux qui surfent ici, le matin, tôt, avant d'aller bosser, ou le soir, après le boulot. »
La Nouvelle Vague Économique : Entre Ouvriers du Nucléaire et « Touristes de l'Atome »
Kentaro en sait quelque chose sur cette population particulière. Le jeune trentenaire a construit un hôtel tout près de là, l'Iwasawa Beach, un établissement simple et moderne, qui tourne à plein grâce à ces travailleurs des centrales nucléaires ou thermiques qui parsèment la côte de la préfecture de Fukushima. Ces hommes viennent pour des missions précises et souvent de courte durée. « Ils viennent pour des contrats d'un ou trois mois, maximum un an, très bien payés, notamment pour nettoyer la zone, et retournent chez eux », raconte l'hôtelier. Leur présence est une manne économique pour une région en convalescence. Cependant, au-delà de leur travail exigeant, ces employés temporaires cherchent également des échappatoires. « Il n'y a pas grand-chose pour s'occuper, alors ils surfent », explique Kentaro. Une autre particularité de ces travailleurs est leur réticence à s'enraciner dans la région. « Et ils préfèrent loger à l'hôtel car aucun ne veut s'installer définitivement. »
À côté de cette population de travailleurs, une nouvelle forme de tourisme émerge, reflétant l'attrait singulier de la zone. Quant aux rares visiteurs étrangers, on les appelle « les touristes du nucléaire », un marché bourgeonnant que certains voudraient développer. Cette ambition se manifeste notamment en organisant des visites des centrales nucléaires à l'arrêt, une démarche qui souligne la tentative de transformer la tragédie en une forme de curiosité éducative ou mémorielle. Kentaro, lui, s'inscrit dans une tradition familiale d'hospitalité, cherchant à soutenir la reconstruction à sa manière. On lui a fait remarquer que la situation actuelle était bonne pour son business, à quoi il a acquiescé dans un sourire gêné puis a désamorcé la remarque en expliquant : « Mes parents étaient déjà hôteliers, je ne fais que poursuivre une tradition familiale en participant à l'effort de reconstruction de la région. »
Un Paysage Marqué par le Passé : Infrastructures et Désolation Démographique
La tournée des environs avec Kentaro au volant de sa camionnette révèle les cicatrices et les efforts de reconstruction. Il montre la grande digue de béton érigée face à la mer, une construction massive dont on ne sait très bien à quoi elle servirait si la catastrophe se reproduisait. C'est un témoignage visible des mesures de protection, mais aussi des interrogations persistantes quant à leur efficacité future. Le trajet longe également un vaste terrain où s'entassent des quantités de sacs poubelle noirs remplis de terre contaminée, l'un des grands défis sans réponse de la région. Ces sacs sont une matérialisation du problème de la décontamination, une tâche colossale et à long terme.
Plus loin, Kentaro pointe du doigt un lotissement tout neuf, mais presque inhabité. Cette image frappante illustre le dilemme démographique de Fukushima. « Ceux d'ici qui sont partis après la catastrophe ne sont pas revenus », dit-il. Malgré les investissements significatifs, la peur reste un facteur prédominant. « Le gouvernement central et les collectivités locales ont injecté beaucoup d'argent, mais les gens ont peur des radiations. » Avant la catastrophe, Hirono comptait 5500 habitants. « Il y avait 5500 habitants à Hirono avant la catastrophe. Il n'y en a plus que 3000 », déplore Kentaro. Ce chiffre inclut les milliers de travailleurs des centrales qui, comme mentionné précédemment, ne s'installent pas de manière permanente. La diminution de la population permanente a des répercussions profondes sur le tissu social et économique. L'économie locale, y compris les services publics, tourne au ralenti. De nombreuses écoles menacent de fermer, une perspective qui inquiète profondément Kentaro et sa femme, qui viennent d'avoir leur premier enfant. La survie des services essentiels et la pérennité des communautés sont des enjeux majeurs.
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La Tragédie du 11 Mars 2011 : Une Marque Indélébile
Le 11 mars 2011, à 14h46 heure locale, un séisme de magnitude 9, le plus fort jamais enregistré au Japon, frappe violemment la côte de Fukushima. Quarante-cinq minutes plus tard, une vague de 15 mètres de haut s'abat sur la région, emportant tout sur son passage. Ce double cataclysme entraîne une catastrophe nucléaire du même degré de gravité que celle de Tchernobyl, marquant à jamais l'histoire du pays. À l'époque, Kentaro était étudiant à Irvine, dans les environs de Los Angeles, loin du drame qui se jouait dans son pays natal. Il se souvient de ces moments d'angoisse : « Je voyais les images du tsunami sur mon village à la télé et il m'a fallu vingt-quatre heures avant de pouvoir joindre mes parents. Leur maison avait été détruite, mais ils étaient en vie. »
Le bilan officiel de cette catastrophe est effroyable : 20000 morts et 2500 disparus. Au total, 500000 habitants de la préfecture ont été déplacés, laissant derrière eux leurs maisons et leurs vies. Les habitants d'Hirono, à moins de 20 km à vol d'hirondelle de la centrale de Fukushima Daiichi et de son réacteur nucléaire entré en fusion, ont été autorisés à revenir un an après le drame. Cependant, ce retour n'a pas été universel. Ce que les plus jeunes ont majoritairement refusé, préférant s'établir ailleurs et construire leur vie loin des répercussions persistantes de la catastrophe. Cette réticence des jeunes générations à revenir complique la revitalisation de la région et le maintien de son dynamisme.
Les Vagues de la Contamination : Peur Invisible et Retour à la Mer
Malgré la présence persistante de l'immense cheminée de la centrale d'Hirono, le souvenir du séisme et du tsunami, et les innombrables sacs poubelle noirs remplis de terre contaminée, la mer exerce un appel irrésistible pour certains. Kentaro, par exemple, pour aller surfer en solo, se gare sur la colline surplombant l'océan, l'accès au parking de la plage étant toujours interdit. Il enfile sa combinaison, prêt à défier les vagues, un rituel qui persiste malgré les craintes et les avertissements.
La question de la contamination est au cœur des préoccupations et des débats. Certaines études indépendantes affirment que nombre de spots de surf du coin sont victimes de remontées d'eau souterraines extrêmement radioactives. En réponse à ces préoccupations, les surfeurs aiment dire, en haussant les épaules, qu'ils ont de la crème contre les rayons du soleil, mais pas contre les radiations nucléaires, et qu'ils en mesureront les réelles conséquences dans de nombreuses années. L'appel de la mer reste le plus fort, transcendant la peur de l'invisible. Kentaro se remémore ses débuts : « J'ai découvert le surf quand j'avais 12 ans sur cette plage d'Iwazawa », raconte-t-il. Pour les jeunes de cette région, le surf était quasiment le seul loisir. Aujourd'hui encore, Kentaro minimise les risques, affirmant : « Pour moi, aujourd'hui, il n'y a pas plus de risque à surfer ici qu'à Tokyo. Le taux de radiation est le même. »
De fait, la science tente d'apporter des réponses. Au bout de la plage, un dosimètre indique 0,149 µSv/h (microsieverts/heure). C'est environ trois fois la radiation que l'on peut subir à Paris, mais elle est vingt-cinq fois inférieure à la limite (3,8 µSv/h) que les autorités ont fixée avant un retour de la population. Cependant, la confiance est fragile. Les habitants n'accordant qu'une confiance très limitée aux déclarations rassurantes du gouvernement et de Tepco, la société gérant les centrales, ils gardent les yeux rivés sur ces compteurs Geiger, les seuls à même de repérer « le tueur invisible », les radiations.
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La volonté des politiques de retirer 80% des 3000 dosimètres installés dans la préfecture pour ne garder que ceux des douze communes les plus proches de la centrale a été vécue comme une trahison. Cette décision a ravivé le sentiment de méfiance envers les autorités. De même, la nouvelle loi énergie, adoptée le 3 juillet par le gouvernement de Shinzo Abe, qui prône un retour de la part du nucléaire à 20-22% d'ici à 2030, a suscité des réactions contrastées. Le drame de Fukushima avait débouché, en 2014, sur un plan de sortie du nucléaire de l'archipel d'ici à 2039, et cette nouvelle orientation politique semble aller à contre-courant des attentes post-catastrophe. En 2011, 54 réacteurs dans 17 centrales produisaient 30% de l'électricité du pays. Aujourd'hui, seuls 9 réacteurs ont été réactivés, marquant un changement significatif dans le paysage énergétique japonais.
Les Pionniers du Surf à Fukushima : Entre Passion et Résilience Historique
Le surf à Fukushima n'est pas une simple activité post-catastrophe ; il a des racines profondes dans la région. Au début des années 1970, quand la préfecture de Fukushima s'est lancée dans le nucléaire pour générer de l'emploi et sortir de sa ruralité, Suzuki Takashi sortait de l'adolescence. C'est à cette époque qu'il s'est lancé sur un surf qu'avait rapporté d'Hawaii un ancien d'Iwaki, la grande ville située à une quarantaine de kilomètres au sud d'Hirono. Ce fut une véritable révélation pour lui. « Quand j'étais jeune, peu de gens surfaient à Iwaki », raconte-t-il, soulignant le caractère naissant de cette discipline dans la région. Les soldats américains avaient juste commencé à importer la discipline dans les années 1960 à Chiba, près de Tokyo, contribuant à sa lente diffusion.
Takashi avait « l'idée d'amener la culture américaine à Iwaki », une vision qui allait au-delà du simple sport. « J'écoutais du rock, Jimmy Hendricks, Eric Clapton, Led Zeppelin… Bon, je sais que Led Zeppelin est un groupe anglais, mais, au Japon, on disait que c'était de la musique américaine », dit-il en riant, évoquant l'effervescence culturelle de l'époque. Cette passion pour le surf et la culture qu'il véhiculait a fédéré une petite communauté. « On était peut-être une dizaine à surfer et on a créé le Seven Beach Surfing Club, qui existe toujours et dont on a fêté le 40e anniversaire en 2014. » Ce club est un témoignage de la persistance de cette passion à travers les décennies et les épreuves.
Takashi, aujourd'hui âgé de 64 ans, est considéré comme la figure tutélaire des surfeurs d'ici. « Une légende », dit même Kentaro, reconnaissant son influence majeure. « C'est lui qui a ouvert le premier surf shop d'Iwaki ! » rectifie l'intéressé avec un sourire, précisant : « Le deuxième. » Son lien profond avec la mer ne s'est jamais démenti : « Mon père était pêcheur, j'avais donc un lien fort à la mer. » Pour lui, le surf est une quête de l'idéal : « Pour moi, La Mecque du surf, c'est Hawaii ou Bali, en Indonésie. Mais, au Japon, les meilleurs spots sont à Iwaki. » Ce constat, cependant, est teinté de la réalité post-catastrophe : « Malheureusement, à cause des radiations, il n'y a plus de surfeurs ici, la pratique a été complètement détruite. »
La Rupture de 2011 et la Lente Reconquête des Vagues
Le séisme et le tsunami de 2011 ont brutalement interrompu cette tradition et cette passion. Sept ans après l'accident, la reprise est difficile. « Peu de jeunes sont revenus, et donc peu de surfeurs », constate Takashi. Avant 2011, le surf était quasiment le seul loisir à Hirono. Plus de sept ans après, le village peine à se reconstruire, et l'impact s'est fait sentir même auprès des surfeurs venus d'autres régions. « Beaucoup venaient aussi de Tokyo pour surfer. Au printemps et en été, ils passaient une nuit ici pour en profiter. Mais les hôtels ont été détruits… » Les Tokyoïtes préfèrent désormais rester chez eux, notamment sur la plage de Kamakura, leur spot préféré, ou aller à Chiba, à peine plus loin, évitant ainsi les zones autrefois prisées de Fukushima.
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Dans le magasin de Takashi, où les surfs sont alignés le long des murs, un objet attire l'attention : une petite photo dans un cadre de bois posé sur le comptoir, montrant un tas de ruines. Le vieux surfeur s'en saisit, et ses yeux s'embuent : « C'était ma maison… » Immédiatement après le tsunami, sa résilience l'a poussé à agir. « Tout de suite après le tsunami, j'en ai reconstruit une, ainsi qu'un nouveau magasin, évidemment plus petit que le précédent, car le marché s'est effondré. » La vie de Takashi est aussi indissociable de la mer à travers la pêche. En regagnant le centre d'Iwaki pour dîner, on a longé l'océan et Takashi a pointé du doigt une colline déserte : « Ma maison était là. » À table, on n'a pas osé demander si les sushis et autres sashimis étaient du coin, mais il a spontanément abordé le sujet : « Je n'ai jamais cessé de pêcher. Pendant un an, le taux de radiation est resté élevé dans les poissons, mais il a ensuite beaucoup plus baissé qu'on ne le dit. » En mai dernier, les pêcheurs de Fukushima ont revendu leurs produits à l'étranger pour la première fois depuis sept ans, un signe encourageant de retour à une certaine normalité. Takashi résume sa philosophie de vie face à l'adversité : « On pourrait dire que le tsunami, c'est un mal que nous a fait l'océan. Mais moi, je n'ai jamais envisagé de m'en éloigner. J'ai vite recommencé à surfer, trois, quatre fois par semaine au moins. Ça fait plutôt mal aux reins, mais je continue. »
Shinegori, un autre surfeur de la région, partage une trajectoire similaire. Il surfe depuis qu'il va au lycée. Propriétaire d'un surf shop, il a dû fermer ce dernier après le tsunami car plus personne n'allait dans l'océan. Devenu chauffeur routier, Shinegori a œuvré pour reconstruire ce qu'il avait perdu, loin du surf. Plus de 7 ans après le drame, la vie reprend désormais ses droits. Le surf aussi.
La Contamination de l'Eau : Un Débat Persistant et la Force de la Science
La persistance des préoccupations autour de la contamination de l'eau est un sujet brûlant. L'eau contaminée rejetée dans le Pacifique continue d'alimenter les discussions et les craintes. Les surfeurs n'ont pourtant pas attendu la réouverture d'un commerce de planches pour se remettre à profiter des vagues de la région. Mais leur retour a souvent été jugé trop rapide par les autorités ou les familles des personnes noyées dans la catastrophe. D'autant que la question de la contamination de l'eau fait encore polémique. En 2017, la société Tepco, exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima, a reconnu que l'eau stockée dans la centrale était encore contaminée au tritium, un élément radioactif. Et l'Agence internationale de l'énergie atomique pousse Tepco à rejeter cette eau… dans le Pacifique, une perspective qui soulève de vives inquiétudes et de fortes oppositions.
Cependant, cela ne semble pas inquiéter les surfeurs locaux outre mesure. Hideki Okumoto, professeur à l'université de Fukushima et amateur de bonnes vagues, apporte un éclairage différent. « La municipalité teste le sable et l'eau tous les mois, et nous menons nos propres vérifications », avance-t-il. Il assure au « Guardian » que le niveau de radiation est revenu « depuis des années » à celui d'avant la catastrophe. Pour lui, la confiance réside dans les données scientifiques. « Mais je comprends pourquoi certains n'ont pas envie de venir surfer à Fukushima. Nous préférons croire la science. Que pouvons-nous faire d'autre ? » Son approche reflète une volonté de se fier aux faits et aux mesures plutôt qu'aux rumeurs ou aux peurs infondées. Selon les experts et scientifiques, le niveau de radiation a retrouvé un niveau acceptable, ce qui renforce l'optimisme de ces surfeurs résilients.
L'Olympisme Manqué et la Renaissance par le Sport et le Tourisme
L'année 2020 devait marquer un tournant pour le surf au Japon. Le surf fera son apparition au programme olympique lors des JO de Tokyo. Le site retenu pour les compétitions est à Chiba, sur la plage d'Ichinomiya, à 90 kilomètres à l'est de la capitale. Tant pis pour Iwaki, qui abritait pourtant certains des meilleurs spots du Japon. Nul doute que sans ce dramatique accident, Fukushima aurait sans aucun doute été l’endroit sélectionné pour accueillir les épreuves de surf aux Jeux Olympiques, comme le soulignent les connaisseurs. Hideki Okumoto était certain qu'avant le séisme, Fukushima comptait parmi les endroits susceptibles d'être sélectionnés en vue des Jeux olympiques de Tokyo. Comble de l'ironie, les jeux de 2020 sont les premiers à proposer une épreuve de surf, mais elle ne se déroulera finalement pas à Fukushima.
La préfecture de Fukushima abritera juste quelques matches de baseball et, maigre compensation toute symbolique, annoncée il y a deux semaines, le départ du parcours de la flamme olympique sur l'archipel. Takashi n'est pas amer pour autant. « Le surf n'est pas très populaire au Japon, peut-être parce que la mer n'y offre pas les vagues d'Hawaii », résume-t-il, avec une perspective pragmatique. Pourtant, les meilleurs spots se trouvent à Iwaki, mais ils n’ont pas été choisis pour accueillir les épreuves.
Malgré cette déception olympique, la volonté de faire revivre le Fukushima cher aux surfeurs est palpable. Les amateurs de tout le Japon ont décidé de s'organiser pour promouvoir la région. Cet été, la plage de Kitaizumi, longtemps désertée par les touristes, accueillera un tournoi de surf et des activités pour les enfants. L'objectif est clair : attirer les surfeurs du monde entier à travers une campagne de tourisme ciblée. Et peu à peu, faire profiter les enfants nés après la catastrophe de cette mer dans laquelle ils n'ont jamais pu se baigner, leur offrant ainsi une chance de se reconnecter avec leur patrimoine naturel.
À 20 km de la centrale nucléaire, la plage d'Iwasawa était autrefois, l'un des spots de surf les plus prisés. Les surfeurs locaux participent activement au nettoyage et à la restauration de la plage. Ils espèrent un meilleur avenir pour leur spot préféré et un retour en grâce de leur sport. Kentaro Yoshida, l'hôtelier et surfeur, exprime ce désir de reconstruction culturelle : « J'aimerais recréer la Coupe de la municipalité de Naraha, une compétition de surf qui s'est déroulée pendant 25 ans jusqu'au tremblement de terre. » Cette ambition va au-delà de la simple pratique sportive ; elle vise à restaurer le lien social et l'identité locale.