Maîtrise de la remontée assistée et contrôle du gilet en plongée

La pratique de la plongée sous-marine requiert une compréhension fine de la physique des gaz et des mécanismes de flottabilité. Parmi les compétences essentielles, la remontée assistée d'un équipier représente un moment crucial. Qu’il s’agisse d’une assistance liée à un problème physiologique ou matériel, la réussite de l'exercice repose autant sur une rigueur technique que sur une approche psychologique apaisée.

Fondamentaux de la gestion de la flottabilité et du poumon-ballast

La base de tout contrôle en immersion réside dans l'utilisation optimale du gilet stabilisateur (stab) et du poumon-ballast. Le poumon-ballast sert à la fois d'accélérateur et de frein. Pour décoller du fond, prenez une grande inspiration, tout en vous assurant que votre équilibre est correct. Si nécessaire, gonflez votre gilet pour ajuster votre flottabilité ou donnez quelques coups de palmes pour amorcer la remontée. En cours de chemin vers la surface, contrôlez votre vitesse en modulant votre souffle.

Il est primordial de comprendre que le gilet n'intervient que lorsque les poumons ne peuvent plus rien faire. Lors d'une remontée, on commence d'abord par souffler pour diminuer sa flottabilité. Si cela ne suffit pas à ralentir, alors seulement on purgera. Il est fortement conseillé d'éviter de nager, car vous êtes déjà poussé vers la surface par la poussée d'Archimède ; sans maîtrise, la puissance est inutile. La gestion de l'inertie est capitale : lors d'une remontée, on anticipe les variations de volume pour ne pas se laisser embarquer.

Techniques d'assistance : tracter ou être tracté

Une question revient souvent dans le cursus des plongeurs : faut-il gonfler son propre gilet pour tracter, ou celui de l'assisté pour être tracté ? La deuxième solution est en effet nettement préférable, car cela permet au plongeur en difficulté de remonter malgré tout, même si son compagnon vient à le lâcher. Cependant, l'idéal technique, bien que plus exigeant, est de savoir gérer les deux gilets simultanément.

L’utilisation des deux bouées supprime la nécessité d'un blocage avec les jambes, les deux plongeurs étant toujours à la même hauteur. L'assistant reste à hauteur de l'assisté sans faire d'effort. Il est impératif de ne pas lâcher l'assisté sous aucun prétexte, jusqu'à la fin de l'assistance. En arrivant auprès de l'assisté, on effectue une petite manœuvre de mise en verticalité, en agrippant le gilet par la bretelle. La prise doit être efficace et confortable, tout en permettant de garder un œil sur ses instruments.

Lire aussi: Plongée sous-marine : la sécurité d'abord

Communication et aspect psychologique

L’un des principaux devoirs d’un plongeur au sein de sa palanquée est d’être capable de porter assistance à un coéquipier. Si le plongeur est conscient et respire, il est capable de tenir son embout. Il est crucial d'éviter de lui retirer l'embout, ce qui ne ferait qu’augmenter son stress.

Le meilleur réconfort psychologique reste le regard. J'apprécie de plonger mon regard dans celui de mon partenaire pour lui faire comprendre « pas de souci, tout va bien, je m’occupe de toi ». Avec cette technique, votre binôme « s’abandonnera » totalement à vous et vous laissera gérer l’ensemble. Un clignement des yeux régulier permettra de le rassurer. Le calme de l'assistant réduit le champ visuel de l'assisté, recentrant son attention sur une figure sécurisante.

Repères visuels et gestion de la vitesse

Beaucoup de plongeurs ont du mal à percevoir la bonne vitesse de remontée. Les ordinateurs de plongée ne donnent souvent qu'une indication différée de quelques secondes. Il est beaucoup plus efficient d'être attentif à son environnement pour garder une vitesse constante.

La technique des « smarties » est particulièrement efficace : les bulles qui font la taille de ces friandises sont très faciles à repérer. Il suffit de s’efforcer à garder ces bulles à une distance de 1,50 à 2 mètres au-dessus des deux plongeurs. Les plus petites bulles, comparables à celles du champagne, montent à environ 15 mètres/min. Si vous remontez sans les dépasser, votre vitesse est adéquate. Par ailleurs, laissez vos sens s’exprimer : l'air injecté dans l'oreille moyenne se dilate, provoquant un léger crissement normal ; si vos oreilles sifflent, vous pouvez remonter trop vite.

Lire aussi: En savoir plus sur l'aventure de Fourdraine

Lire aussi: Optimisation de la remontée en catamaran

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *