Plongée Sous-Marine : Risques d'une Remontée Rapide et Prévention

La plongée sous-marine est une activité passionnante qui offre des expériences uniques. Cependant, elle comporte des risques, notamment ceux liés à une remontée trop rapide. Cet article détaille les dangers d'une remontée rapide, les procédures de prévention et les mesures à prendre en cas d'urgence.

Importance de la Vitesse de Remontée

Une vitesse de remontée lente est essentielle pour prévenir les accidents de désaturation (ADD). La vitesse recommandée est de 10 m/min, avec une marge de 9 à 12 m/min. Cette vitesse permet au corps d'éliminer progressivement l'azote accumulé pendant la plongée, réduisant ainsi le risque de formation de bulles.

Depuis le workshop Biomechanics of Safe Ascents de 1990, la question ne fait plus débat : la vitesse théorique de 10 m/min (9 à 12 m/min en pratique) est reconnue comme la bonne vitesse de remontée en plongée de loisir. Les tables US-Navy sont passées à cette vitesse dès 1993 (révision 3). En 1908, J.-S. Haldane, qui crée les premières tables de plongée, préconise une vitesse d’environ 10 m/min avec une zone acceptable entre 3 et 10 m/min.

Historique des Vitesse de Remontée

A partir de 1958, une controverse apparaît entre les hommes-grenouilles de l’US-Navy (Cdr. Francis Douglas Fane) et les plongeurs pieds lourds. Les premiers demandent une vitesse de 30 m/min tandis que les seconds restent campés sur une vitesse de remontée de 3 à 6 m/min. Les âpres discussions débouchent sur un compromis purement empirique. Il est décidé de définir une valeur médiane : (30 + 6) / 2 = 18. C’est la vitesse de remontée des tables US-Navy, en vigueur de 1958 à 1993.

En plongée de loisir, il est important de ne pas avoir une vision trop stricte de la vitesse de remontée. Une bonne vitesse se situe entre 9 et 12 m/min.

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Risques d'une Remontée Rapide

Lors d’une plongée, le corps absorbe des gaz sous l’effet de la pression accrue. Si la vitesse de remontée est trop rapide, ces gaz peuvent former des bulles dans le corps, entraînant des symptômes graves. Une remontée trop rapide augmente les risques d’accidents de décompression. Les modèles de désaturation tels que les tables MN90 et Bühlmann ne prennent pas en compte les remontées rapides, ce qui rend leur gestion impossible.

Les accidents lors de la remontée, avec l'accident de décompression, sont parmi les plus graves en plongée. Ils surviennent notamment quand un plongeur remonte trop vite en bloquant sa respiration. Lorsque le plongeur se rapproche de la surface, la pression diminue et les gaz présents dans ses poumons augmentent de volume, pouvant endommager les poumons.

Les poumons ne sont pas les seuls à souffrir lors d’une remontée trop rapide. La dilatation brutale des gaz peut également se produire à l'intérieur des cavités dentaires (caries, dents dévitalisées), provoquant des maux de dents ; ou dans les intestins, provoquant ainsi des ballonnements douloureux.

En plongée, du fait de la forte pression, les gaz respirés (et en particulier l'azote) se dissolvent dans l'organisme en quantité supérieure à celle observée à la surface. Lors d'une remontée trop rapide, la pression diminue et les gaz dissous ont tendance à redevenir gazeux. Lorsqu'un plongeur remonte trop vite, les gaz dissous n'ont pas le temps d'être éliminés par les poumons et des bulles se forment. Selon leur taille et leur localisation, elles peuvent provoquer des dégâts plus ou moins importants.

La moitié des accidents de décompression commence dans les trente minutes qui suivent la plongée et la quasi-totalité dans les six heures. Les symptômes sont variables :

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  • Les "puces", démangeaisons de la peau localisées ou généralisées, et les "moutons", marbrures douloureuses ou petites boursouflures, sont bénins mais peuvent annoncer un accident de décompression plus grave.
  • Les "bends" sont des douleurs des articulations de plus en plus intenses, siégeant au niveau de l'épaule, du coude, du genou ou de la hanche.
  • Les vertiges, nausées et troubles de l'audition sont dus aux accidents de l'oreille interne.
  • Les accidents médullaires (des bulles endommagent la moelle épinière) qui peuvent provoquer une paralysie (paraplégie du plongeur, le plus typique des ADD).
  • Les accidents neurologiques (des bulles endommagent le cerveau) qui provoquent des troubles sensoriels, des crises d'épilepsie et des paralysies diverses.

Si des symptômes tels que vertiges, essoufflement ou douleur articulaire apparaissent rapidement, il est impératif de se ré-immerger à demi-profondeur pour permettre une désaturation progressive. Ces signes sont des alertes sérieuses que le corps a besoin d’un rééquilibrage de pression.

Procédures de Rattrapage

En cas de remontée trop rapide, il existe des procédures de rattrapage pour minimiser les risques. Ces procédures diffèrent et se font à l’initiative du directeur de plongée (DP), basée sur son expérience. En l’absence de suspicion d’accident, elles tiennent compte :

  • d’une appréciation du risque de survenue d’un ADD.
  • de la profondeur.
  • du temps d’immersion.
  • des conditions de plongée.
  • du comportement et de l’état de santé du plongeur.
  • et/ou du type du non-respect de la procédure rencontré.

Ainsi, le rattrapage oscillera entre simple surveillance, procédure de réimmersion et évacuation de principe avec oxygénothérapie.

Plus précisément, celles ayant trait aux procédures de rattrapage dans les trois situations problématiques évoquées (remontée trop rapide, multiples yoyos, interruption de palier), intégrant l’utilisation de l’ordinateur de plongée lors d'une immersion à l’air ou au nitrox.

Procédure en cas de vitesse de remontée trop rapide :

  • En cas d’ascension trop rapide entre 30 m et la surface sur un delta d'au moins 10 m (de 30 à 20, 20 à 10, etc.) redescendre en moins de 3 min à mi-profondeur au moins.
  • Puis faire au moins un palier de 1 min à - 6 m et 5 min à - 3 m, ou la durée des paliers indiquée par votre moyen de désaturation si supérieure à ce minimum.
  • Si la réimmersion est impossible, alors mise sous oxygène et évacuation.

Procédure d’adaptation multi yoyos :

  • Elles doivent dans la mesure du possible ne pas dépasser le seuil des - 6 m.

Palier obligatoire interrompu :

  • Cas d’une réimmersion réalisable : redescendre en moins de 3 min, poursuivre le palier en ajoutant 3 min à - 3 m.
  • Si la réimmersion n’est pas envisageable en cas de signe(s) d’un possible ADD ou si plus de 3 min de paliers non réalisées : déclenchement des secours.
  • Si la réimmersion n’est pas réalisable mais sans signe d’accident et si erreur maximale de 3 min de palier non fait, place à une période d’observation de 3 h et interdiction des nouvelles plongées pendant 24 h.

Le nombre maximum de remontées recommandé par la CTN est toujours de :

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  • quatre depuis - 20 m
  • trois depuis - 30 m
  • deux de - 40 m

Si votre ordinateur indique le pourcentage de la vitesse de remontée comme c’est souvent le cas, il convient de ne pas dépasser 150 % de la vitesse conseillée sur plus de 10 mètres. La vitesse de remontée entre - 6 m et la surface doit être très lente, prenant au minimum 1 minute.

Prévention des Risques

La prévention des risques liés à une remontée rapide passe par plusieurs étapes :

Formation et Préparation

La préparation d’une plongée en toute sécurité commence par une bonne formation. Il est essentiel de maîtriser les procédures de décompression et de connaître les conditions de plongée. Cela inclut la vérification de l’équipement et la planification de la profondeur et du temps de plongée. Il est de plus important de s’informer sur l’environnement de plongée, notamment les courants et la visibilité.

Apprendre la plongée avec un moniteur est indispensable : ne plongez jamais sans avoir pris des cours. Si vous n'avez pas fait de sortie depuis un moment, n'hésitez pas à prendre un cours de remise à niveau.

La visite médicale obligatoire pour pouvoir passer un brevet de plongée se fait chez un généraliste pour le passage du 1er niveau, et chez un médecin spécialisé pour les niveaux supérieurs. Elle est à renouveler chaque année. Les clubs de plongée exigent généralement un certificat médical d'aptitude et une licence en cours de validité pour participer à une excursion.

Respect des Paliers et de la Vitesse de Remontée

Il est fondamental de respecter une vitesse de remontée sécuritaire, généralement fixée à 10 mètres par minute. Pour prévenir ce type d’accidents, il est conseillé de suivre une formation adéquate et de respecter les paliers de décompression. Un palier de 1 minute à 6 mètres et 5 minutes à 3 mètres est généralement recommandé pour garantir une bonne saturation et éviter les symptômes de décompression.

Pour prévenir les accidents de décompression, respectez la vitesse de remontée (15 m par minute, soit un mètre toutes les quatre secondes, soit la vitesse de remontée des petites bulles) sans retenir votre respiration et en observant éventuellement des paliers de décompression qui permettent à l'organisme de se débarrasser de l'azote dissous.

Utilisation d'un Ordinateur de Plongée

Pour minimiser les risques lors de la remontée, l’utilisation d’un ordinateur de plongée est fortement recommandée. Cet outil permet de suivre en temps réel la profondeur et la vitesse de remontée. Il est conseillé de programmer l’ordinateur pour qu’il déclenche une alarme en cas de remontée trop rapide. Cela garantit une sécurité accrue en évitant les accidents liés à une mauvaise désaturation.

Si l'ordinateur indique le pourcentage de la vitesse de remontée comme souvent, ne pas dépasser 150 % de la vitesse sur plus de 10 m.

Technique de Remontée en Escalier

Une autre pratique consiste à utiliser la technique de la remontée en escalier. Cette méthode implique des pauses régulières à différentes profondeurs, permettant au corps de s’adapter progressivement à la diminution de pression. Ces pauses aident à réduire la formation de bulles et à améliorer la saturation des tissus. La prévention passe par une attention constante à la vitesse et au respect des paliers.

Maîtrise de la Flottabilité

Maîtriser la flottabilité passe par l’ajustement précis de son gilet stabilisateur et une respiration contrôlée. Une inspiration lente augmente la flottabilité, tandis qu’une expiration permet de descendre en douceur. Cette technique assure une plongée stable et confortable, réduisant les risques de fatigue et d’accidents.

Conditions Environnementales

Les conditions environnementales, telles que la température de l’eau et la visibilité, ont un impact direct sur la plongée. Une eau froide peut augmenter la consommation d’air et affecter la désaturation. De même, une faible visibilité peut compliquer la navigation et la gestion de la profondeur. Il est déterminant de s’adapter à ces conditions pour garantir une plongée en toute sécurité.

Hydratation et Repos

Après une plongée, il est fondamental de prendre certaines précautions pour éviter les accidents de décompression. Il est conseillé d’éviter les efforts physiques intenses et de ne pas voyager en avion dans les 12 heures suivant une plongée. Il est de plus conseillé de bien s’hydrater et de se reposer après une plongée. Cela aide le corps à éliminer l’azote accumulé pendant la plongée et à réduire les risques de décompression.

L’hydratation est un facteur clé pour assurer une bonne désaturation. Boire suffisamment d’eau avant et après la plongée aide à éliminer l’azote accumulé et à réduire les risques de formation de bulles. Une bonne hydratation contribue à une meilleure santé et à une plongée plus sûre.

Surveillance des Symptômes

Surveiller les symptômes après une plongée est essentiel pour détecter rapidement les complications potentielles. Des douleurs articulaires, des vertiges ou une douleur thoracique peuvent être des signes d’alerte. En cas de doute, consulter un professionnel de santé est impératif. Une intervention rapide permet de prévenir des accidents graves et de maintenir une bonne santé.

Autres Recommandations

  • Ne plongez pas si vous ne vous sentez pas bien, si vous êtes enrhumé ou tout simplement si vous n'en avez pas envie.
  • N'utilisez surtout pas de bouchons d'oreille car ils empêchent l'équilibrage des pressions de part et d'autre du tympan.
  • Avoir une bonne forme physique permet de faire face plus facilement au stress que connaît le corps dans un environnement qui n'est pas le sien. Pratiquez un sport, notamment d'endurance, en complément de la plongée. La natation est, bien sûr, particulièrement indiquée.
  • Le froid est vite handicapant sous l'eau et peut devenir source de problèmes. Portez des vêtements de protection et signalez-vous au chef de palanquée dès que vous avez froid à l'aide des signes conventionnels.
  • Si vous ressentez une douleur à l'oreille malgré les mesures préventives, remontez tout de suite de un ou deux mètres et recommencez la descente. Au bout de trois tentatives, et si la douleur persiste, regagnez la surface et renoncez à plonger. Si les symptômes durent plus de trois jours, consultez un médecin ORL.

Accidents Courants en Plongée

Outre les accidents de décompression liés à une remontée rapide, d'autres incidents peuvent survenir pendant la plongée.

Accidents Lors de la Descente

Les oreilles, les sinus et les poumons peuvent être affectés lors de la descente. D'une manière générale, il faut respecter strictement les règles de descente et notamment la manoeuvre d'équilibrage de pression dans les oreilles en particulier dans au cours des dix premiers mètres de profondeur (manoeuvre de Valsalva). Si cette mesure préventive n'est pas respectée, des douleurs de plus en plus violentes se font sentir au fur et à mesure de la descente. Dans les cas extrêmes, les tympans peuvent se rompre sous la pression de l'eau. La rupture du tympan est ressentie comme un coup de poignard. L'irruption de l'eau froide dans l'oreille interne peut entraîner des vertiges qui empêchent de distinguer le fond de la surface. Le risque de noyade est réel.

Accidents Pendant la Plongée

Il s'agit surtout d'intoxications dues aux gaz contenus dans l'air comprimé des bouteilles. L'azote va provoquer, au-delà de 40 mètres de profondeur, la célèbre ivresse (ou narcose) des profondeurs avec des difficultés à se concentrer, une euphorie et des comportements aberrants. Le dioxyde de carbone est responsable de troubles du rythme respiratoire, de maux de tête, de vertiges, de vomissements, de bourdonnements d'oreille, etc. Enfin, l'oxygène (surtout lors de plongée avec un mélange enrichi en oxygène, comme le Nitrox) peut causer des troubles de la vue, de l'audition et de la respiration, des nausées, des vertiges, des crises épileptiformes, etc. Pour éviter ce genre d'accident, il faut respecter les règles de sécurité et remonter lentement dès l'apparition de ces signaux d'alerte.

Des problèmes de peau peuvent également être observés en plongée. Les plus fréquents sont dus à l'environnement : rochers acérés ou organismes marins irritants (poissons venimeux, méduses, anémones de mer, etc.). Évitez tout contact avec les rochers et les coraux.

Contre-Indications à la Plongée

Toute maladie qui peut être à l'origine d'un malaise : diabète, maladies du coeur ou des vaisseaux, maladies ORL, épilepsie et autres troubles neurologiques.Autres maladies : asthme, ulcère gastroduodénal, décollement de la rétine, glaucome, splénomégalie (grosse rate), etc.Grossesse.Rhume, sinusite et autres infections du nez et de la gorge, infections des oreilles (otites) ou des dents (caries).

Statistiques et Prévention des Accidents

Chaque année, en début de saison, avril-mai, il y a un pic d’accidents de plongée, plutôt chez les plongeurs confirmés et sur des immersions profondes. La reprise en début de saison, même avec un bon niveau technique, ne cadre pas toujours avec une bonne forme physique du moment. N’oubliez pas votre contrôle médical annuel.

En moyenne, on a 320 accidents de plongée par an avec hospitalisation. Un chiffre qui reste assez stable sur 15 ans. Il faut déplorer 15 à 20 décès par an, dont une partie en apnée. Pour environ 3 millions de plongées organisées sur un marché de 400 000 à 500 000 plongeurs. Le risque d’accident grave est de 1 pour 10 000 plongées, davantage si vous plongez en espace lointain. La majorité des accidents survient sur la côte méditerranéenne, principalement l’été, avec un pic avec les grands week-ends d’avant saison.

La panne d’air est un des principaux facteurs accidentogènes, c’est assez paradoxal, car cela ne devrait jamais arriver. Elle est responsable de rupture de palier, remontée rapide, problème en surface. Nous parlons ici surtout de la mauvaise évaluation du stock d’air personnel, de la mauvaise gestion par rapport au profil de la plongée et aux conditions de plongée. Des conditions qui peuvent changer, du tout au tout, la programmation de votre parcours.

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