La remise en cause des trimarans Ultimes : Entre innovation technologique et intégrité réglementaire

Les ULTIM sont les bateaux de course au large les plus rapides du monde, capables de voler au-dessus de l'eau grâce à leurs foils. En équipage, en double ou en solitaire, ils atteignent des vitesses de 100 km/h, bien au-delà de la vitesse du vent. Leur design innovant réduit la traînée, offrant des performances exceptionnelles et marquant une nouvelle ère dans la course au large. Ces imposants trimarans représentent l'apogée de la technologie et de la performance dans le monde de la course au large. Destinés à pulvériser les records, ils subjuguent tous ceux qui ont la chance de les contempler en action. Il s'agit d'une catégorie spécifique de bateaux de course, principalement composés de gigantesques trimarans ultraperformants. Les voiliers de la classe Ultim comptent parmi les plus rapides au monde en course au large. Grâce à leurs foils, ils peuvent s’élever au-dessus de l’eau et limiter fortement la résistance.

L'écosystème de la classe Ultim : Acteurs et armements

Actual group, 5ᵉ acteur du marché du travail et de l’emploi en France, est engagé depuis plus de 20 ans dans la course au large, un partenariat fondé sur des valeurs de performance, de persévérance et de collectif. Depuis 2001, Actual compte parmi les partenaires historiques de cette discipline exigeante. En janvier 2023, Anthony Marchand devient le skipper d’Actual Ultim 3, le plus jeune skipper de la classe ULTIM. En janvier 2025, Actual group franchit une nouvelle étape avec le rachat de Gitana 17, le Maxi Trimaran Edmond de Rothschild.

Depuis plus de 35 ans, Banque Populaire s’est affirmée comme un acteur majeur de la course au large. Toujours à la pointe en matière d’innovation, d’audace et de performance, le Team Banque Populaire s’emploie saison après saison à être au rendez-vous des compétitions les plus prestigieuses de la course au large. À travers ses bateaux - concentrés de technologie et d’innovation - l’équipe s’attache à valoriser les entreprises et les artisans qui en font une filière de pointe et d’excellence. Mis à l’eau en 2021, le Maxi Banque Populaire XI a déjà parcouru l’équivalent de cinq tours du monde (125 000 milles).

Depuis 150 ans, la famille d’Ariane de Rothschild nourrit une passion singulière pour la navigation à travers les Gitana. Cette saga maritime unique au monde, l’une des plus longues et des plus iconiques dans le domaine de la course à voile, représente à merveille la culture d’Edmond de Rothschild : celle de la quête inlassable du progrès, du soutien aux audacieux qui font bouger les lignes, et de la haute exigence que la famille cultive de génération en génération. En 2017, portée par ses armateurs, l’équipe change de dimension et lance Gitana 17, le premier maxi-trimaran de course au large imaginé puis conçu pour voler en haute mer. Ce projet mêlant innovation et performance est un succès.

Mis à l’eau en mars 2019, le Sodebo Ultim 3, ce cinquième et dernier bateau de la famille Sodebo, est un concentré de technologie. Volant sur l’eau à des vitesses avoisinant les 50 nœuds (92 km/h) dans certaines conditions, il fait partie, comme les autres bateaux engagés, de la Classe ULTIM, de vraies Formule 1 des mers. Innovant avec un cockpit placé à l’avant du mât (spécificité unique à Sodebo Ultim 3), le trimaran géant n’a cessé d’être développé au fil des années par son équipe. Mené par Thomas Coville, Sodebo Ultim 3 est taillé pour les défis les plus extrêmes.

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Sorti en 2021, le trimaran SVR-LAZARTIGUE est une illustration où performance et esthétisme ne sont pas des notions incompatibles. Dès sa conception, le trimaran SVR-LAZARTIGUE a nécessité l'incorporation de nombreuses innovations au service de la performance. Doté d'outils informatiques et électroniques à la pointe de la technologie, ce géant des mers aux lignes épurées offre un design futuriste et une capacité à naviguer en vol haute vitesse.

Les risques inhérents à la navigation sur les géants des mers

Le milieu maritime reste hostile malgré la haute technicité des navires. L'expérience du trimaran Ultim’Emotion, l’ancien Gitana 11, illustre la fragilité de ces machines. Ils sont cinq marins à bord pour un convoyage entre Lorient et la Méditerranée. Survient une panne électrique suivie d’un dysfonctionnement du pilote, et le trimaran passe cul par-dessus tête ! L’équipage, dont certains membres sont blessés, est hélitreuillé. Nouvelle vie. Après une carrière en course, le trimaran Gitana 11 a permis à des novices de découvrir la navigation à haute vitesse. Rebaptisé Ultim’Emotion, il chavire le 2 septembre 2019.

Le témoignage d'un marin sur cette avarie est édifiant : la nuit est agitée au large du Portugal. Les alizés portugais sont installés depuis plusieurs jours, Nord-Nord-Est 25 nœuds. La houle longue pousse les trois coques du trimaran Ultim’Emotion, ex-Gitana 11, qui glisse sans heurt à une allure de sénateur, 20 à 25 nœuds au portant à 140 degrés du vent. Nous sommes en équipage plutôt réduit, cinq marins. Soudainement, une panne électrique survient. Les deux hommes de quart se retrouvent dans le noir complet, mais ne paniquent pas. Le pilote réagit bizarrement et applique un angle de 30 degrés de plus que l’ordre de base. Le grand trimaran passe d’une allure confortable de grand largue, au reaching ! L’allure la plus dangereuse avec ce type de bateau. La vitesse passe de 20 à 30 nœuds en un éclair.

Sur ce type de bateau il ne suffit pas de bien savoir naviguer, il est également nécessaire de maîtriser sa monture. Chaque bateau de course a ses propres particularités et il est important d’en devenir rapidement très familier. Un premier ennemi nous guette : la routine. Avec un angle au vent réel de 145 degrés et un vent réel à 20 nœuds, un bateau aussi performant décélère rapidement et devient « mou ». Notre vigilance suit rapidement le même chemin.

Contentieux et débats sur la conformité architecturale

La conformité de son trimaran toujours remise en cause par ses adversaires, François Gabart et son armateur, s'en remettent à la justice civile pour espérer participer aux compétitions majeures. Le différent est très exacerbé, via leurs armateurs, entre François Gabart (Lazartigue) et ses meilleurs adversaires, en tête de proue, Thomas Coville (Sodebo), Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) et Charles Caudrelier (Gitana) réunis au sein de la Classe Ultime.

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Le trimaran bleu à quinze millions d'euros est estimé par certains comme non-conforme au règlement. "Le Rhum n'aurait pas la même saveur s'il (François) n'est pas là, admet Charles Caudrelier, formé à la marine marchande. Il aurait aussi un goût amer s'il gagnait." Bref, quel que soit la porte de sas que pourrait offrir la justice, les dégâts médiatiques et personnels sont irrémediables dans un sport qui gonfle ses voiles avec ses valeurs.

Depuis un an, et les doutes levés par Thomas Coville autour de l'antédiluvienne règle 3-11 qui institue que les winchs ne peuvent pas être positionnés sous le pont, les rapports sont tendus comme des cordages sous tempête. Dans un sport qui n'est pas régi par une véritable autorité identifiée, reste à savoir qui va in fine trancher la controverse de Concarneau et définir si le cockpit futuriste dessiné par Gabart et ses archis doit être considéré comme intégré au plan de pont.

À quelques jours de la clôture des inscriptions de la Route du Rhum, le Trimaran SVR-Lazartigue n'a toujours pas obtenu son homologation pour courir dans la classe Ultim 32/23. Cette dernière remet en cause la non-conformité du bateau par rapport à la Offshore Spécial Regulations 3.11. Il y a une règle fondamentale dans la marine que tout marin doit respecter : tu dois être en capacité d'assurer une veille visuelle depuis la passerelle ou le pont de travail. C'est une règle de base qui vaut aussi bien dans la Marine Marchande, dans la pêche et naturellement dans la course au large. Le concept architectural choisi par François et SVR pose problème quant à cette règle fondamentale de sécurité qui est occultée dans un but de performance aérodynamique. Quand François est à l'intérieur de son bateau, il ne voit rien. François n'a une vision directe de son pont que lorsqu'il est à la barre. Seulement, nous le savons tous, en solitaire, nous sommes 90 % du temps sous pilote automatique, assis dans le cockpit près des winchs et donc pas à la barre. Dans ce cas, le marin se réfère uniquement à des caméras et à des systèmes, que nous avons tous, mais nous savons aussi d'expérience que rien ne vaut l'œil humain.

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