Le kitefoil, ce sport de glisse très spectaculaire, apparu dans les années 2000, s'apprête à faire une entrée remarquée sur la scène internationale. Il va faire son entrée dans la cour des très grands l'an prochain, étant pour la première fois inscrit au programme des Jeux olympiques de Paris. Cette discipline est le fruit d'une volonté de renouvellement et surtout d'un désir de rajeunir les disciplines de la grand-messe olympique, comme l'a annoncé le Comité international olympique (CIO) en 2021. Le kitefoil, également connu sous les appellations de kite foiling, formula kite, hydrofoil kiteboarding ou encore foil kitesurfing, incarne une fusion de technologies et une quête de performance pure.
Le Kitefoil : Une Discipline Révolutionnaire de la Glisse
Au cœur de cette discipline réside une innovation majeure : le foil. Le kitefoil est tout simplement un kitesurf auquel on a ajouté un hydrofoil sous la planche. Cette configuration combine deux technologies principales : un kite de traction, qui est un cerf-volant relié au pilote par des lignes et une barre, et une planche spécifiquement équipée d’un foil sous sa coque. Le principe fondamental du kite foil repose sur l'interaction d'une aile immergée, l'hydrofoil, qui génère une portance dès qu’elle prend de la vitesse. Le fonctionnement du foil peut être comparé à celui d’une aile d’avion. À une certaine vitesse, il exerce une poussée qui va permettre au rider de décoller, c'est-à-dire de s'élever au-dessus de l'eau. Lorsque la planche ne touche plus l'eau, elle apporte moins de résistance, ce qui se traduit par une vitesse accrue et une sensation de glisse unique.
La planche elle-même est composée de plusieurs éléments essentiels : la planche, le mât, le fuselage, l’aile avant et l’aile arrière, aussi appelée stabilisateur. La clé du kite foil repose entièrement sur son foil. Dans cette configuration, l'aile avant est l'élément qui génère la portance et permet à la planche de décoller. Plus cette aile est large, plus le décollage est facilité et rapide. Le stabilisateur, quant à lui, assure la stabilité indispensable durant le vol, permettant au rider de maintenir une assiette équilibrée au-dessus de la surface. Le rider décolle alors au-dessus des flots, glissant dans un silence marin impressionnant. Le kite foil offre une sensation de légèreté, de vitesse fluide et un contrôle précis, ce qui en fait une discipline très appréciée des amateurs de glisse technique recherchant une navigation plus fine, plus aérienne et plus rapide.
Les Avantages du Foil : Vitesse, Glisse Silencieuse et Navigation par Vent Léger
Le kite foil se distingue par des avantages considérables qui ont contribué à sa popularité croissante et à son acceptation dans le monde de la compétition. Il est reconnu comme la discipline foil la plus rapide et techniquement la plus aboutie au plus haut niveau. Propulsé par un kite de traction, un pratiquant peut naviguer sur une planche à foil à des vitesses dépassant régulièrement les 30 nœuds, soit environ 55 km/h, avec des pointes allant au-delà de 40 nœuds, ou 75 km/h, pour les meilleurs pilotes. Cette vitesse pure procure une sensation grisante de performance.
Un des plus grands atouts du kite foil est sa capacité à naviguer lorsque le vent est faible. Tandis que le kitesurf classique requiert généralement entre 18 et 20 nœuds pour être pleinement apprécié, le kite foil permet de démarrer dès 8 à 10 nœuds de vent, à condition d'avoir un foil adapté. Cela a pour conséquence de doubler, voire tripler, le nombre de jours "kitables" dans une saison, ouvrant de nouvelles opportunités aux passionnés de glisse. Le kite foil permet ainsi de filer sur l'eau comme un marin sur un voilier parfaitement réglé.
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Au-delà de la vitesse et de la polyvalence face au vent, le kitefoil offre une expérience de glisse incomparable. La glisse est fluide, rapide et remarquablement silencieuse. Grâce au foil, il n'y a plus de claquage de la planche sur l’eau, mais seulement le sifflement discret du foil fendant les flots. Cette absence de chocs dus au clapot rend la navigation douce et agréable, idéale pour les longues distances et les sorties en mer. Le pratiquant traverse la mer comme sur un coussin d’air, l’aile de kite tirant avec une douceur étonnante.
Le Matériel Spécifique : Choix et Adaptations
Le matériel de kitefoil est composé d'une planche avec foil et d'un kite de traction classique. Toutefois, le choix de l'aile peut varier : elle peut être sous-taillée pour le vent fort ou de taille normale pour le vent faible. Lauriane Nolot, numéro 1 française, illustre bien cette adaptation : « Plus le vent est fort, moins notre voile est grande parce qu’on n’a pas envie de se faire arracher. Là par exemple, c’est une 21 m² parce que le vent n’est pas énorme. C’est ma plus grosse voile et c’est avec elle que j’ai gagné il y a quelques jours. » Pour le foil light wind, il est recommandé de viser des ailes de 12 à 17 m² qui décollent dans les petits airs, tandis que pour le vent moyen, des ailes de 8 à 12 m² sont appropriées. En règle générale, en kite foil, on utilise souvent un kite léger, stable et puissant dans le vent léger. Les ailes à caissons, en particulier, sont très populaires car elles permettent de voler avec le moindre souffle d’air.
La planche utilisée en kite foil est généralement compacte et rigide, dotée d’un système de fixation pour accueillir le mât du foil. Pour les pratiquants confirmés, les planches sont petites et peu volumineuses, avec un volume de 30 à 50 litres et une longueur de 130 à 150 cm. Pour les débutants, il est conseillé de choisir une planche plus volumineuse, de 60 à 80 litres et de 150 à 160 cm, souvent équipée de straps pour les pieds, afin d'offrir plus de tolérance et de faciliter l'apprentissage.
Le foil lui-même est un élément crucial. L'aile avant est l'un des composants déterminants. Pour débuter, une aile avant de 1200 à 1800 cm² est recommandée, car plus elle est grande, plus le décollage est rapide et facile. Le mât est également une pièce essentielle : pour éviter de rapidement atteindre les limites, il est conseillé d'opter pour un mât de 80 à 90 cm dès le départ, plutôt qu'un mât de 60 cm, pour une progression plus évolutive. Pour les sessions de light wind, un mât long (90-100 cm) est préférable pour gérer les vagues et la marche d’approche.
L'Avènement Olympique du Kitefoil
L'année prochaine marque un tournant historique pour le kitefoil. Ce sport de glisse, dont l'apparition remonte aux années 2000, va faire son entrée dans la cour des très grands en étant pour la première fois inscrit au programme des Jeux olympiques de Paris. Le Comité international olympique (CIO) a annoncé l'intégration du kitefoil en 2021, motivé par une volonté de renouvellement et un désir manifeste de rajeunir les disciplines de la grand-messe olympique. Cette échéance olympique est destinée à amplifier le mouvement de popularisation du sport.
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L'intégration olympique sous le format Formula Kite, tant pour les hommes que pour les femmes, est une reconnaissance majeure. Comme le souligne François Bovis, conseiller technique national à la fédération en charge du kite, « La volonté était d’accompagner les athlètes depuis le début pour ne pas être à la traîne. Le fait que ça devienne olympique va donner un coup d’accélérateur à la pratique. Ça permet d’être déjà au plus niveau et d’y rester. La médaille olympique est un graal à aller chercher et ça permet de structurer et renforcer une pratique. On l’a vu sur le kite où les athlètes sont devenus professionnels et engagés à plein temps dans leur pratique. » Les épreuves olympiques se dérouleront au large de Marseille, un spot idéal pour les conditions de vent.
Le Format des Compétitions Olympiques
Aux Jeux olympiques, les compétitions de kitefoil se déroulent sur cinq jours, avec des épreuves distinctes pour les hommes et les femmes. Les phases de qualifications, réparties sur trois jours, voient les athlètes s'affronter sur un parcours délimité par des bouées, dont chaque course dure en moyenne 15 minutes. Au terme de ces qualifications, les quatorze premiers du classement général sont qualifiés pour la finale, qui se déroule selon un format similaire.
Cependant, le chemin vers la finale est nuancé. Le leader du classement général et le deuxième accèdent directement à la finale, avec respectivement deux et un point d'avance, un avantage stratégique crucial. Les concurrents classés de la troisième à la quatorzième place sont répartis en deux groupes de six pour des demi-finales. Chaque groupe dispute deux courses, et les vainqueurs de ces deux demi-finales rejoignent la finale avec un score vierge, ajoutant une couche d'intensité à la compétition. Une règle essentielle pour la participation nationale est que chaque pays ne pourra qualifier au maximum qu'un représentant par sexe, soit un total de deux athlètes par nation.
Les Enjeux et Perspectives pour la France
Pour la France, pays hôte des Jeux, les enjeux sont particulièrement élevés. À Marseille, les athlètes français ne viseront rien d’autre qu’une médaille. L'équipe de France bénéficie d'un avantage non négligeable : en tant que pays hôte, les deux séries, masculine et féminine, sont qualifiées d'office, à condition toutefois de participer à l'une des épreuves de qualification inscrites au calendrier. Cependant, les places au sein de l'équipe nationale seront âprement disputées. Lauriane Nolot, vice-championne du monde et championne d'Europe l'an passé, le reconnaît : « Les places vont être chères. »
La France se positionne comme l'une des meilleures nations mondiales dans ce sport. Cette excellence est le fruit d'un investissement collectif significatif. Lauriane Nolot souligne cet aspect : « Il y a vraiment un énorme collectif autour de ce sport dans le haut niveau. Chez les garçons, ils sont quatre ou cinq à être dans le Top 10 mondial et chez les filles, on est trois avec deux entraîneurs. On a un suivi qui est exceptionnel. On attend beaucoup le kitefoil sur les Jeux olympiques. J’espère qu’on va ramener des médailles grâce au kite. » La voile française, qui avait déjà ramené trois médailles (deux en argent et une en bronze) à Tokyo en 2021, compte bien voir le kitefoil gonfler ce bilan dans le vent de Marseille.
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L'Apprentissage du Kitefoil : Maîtrise et Sécurité
L'apprentissage du kitefoil est une étape cruciale pour quiconque souhaite explorer cette discipline fascinante. Le kite foil suppose un prérequis important : maîtriser le kitesurf classique. Tenter de cumuler les deux apprentissages simultanément (le kite et le foil) est très exigeant et potentiellement frustrant, voire dangereux, car cela double la durée et triple le risque d’accident. C'est pourquoi le kitefoil est plus accessible aux kiteurs confirmés. Pour un kiteur déjà autonome, l'apprentissage peut prendre de 5 à 10 sessions sans stage, ou seulement 1 à 3 sessions avec un stage spécifique. Pour un débutant complet, il faut compter entre 20 et 30 sessions pour atteindre un niveau comparable.
Le kite foil demande un apprentissage progressif. Le contrôle du kite doit être solide avant de commencer le foil. Les premières sessions, typiquement 1 à 2, sont dédiées à la prise en main du matériel à terre et aux premiers nautiques en gardant la planche sur l’eau, sans chercher à décoller. Cette phase permet de s’habituer à l’instabilité inhérente au foil. Pour commencer, il faut décoller son aile, aller jusqu'au foil, piloter l'aile d'une main et prendre le foil de l'autre. Il est essentiel de se rendre dans l'eau où l'on n'a plus pied, avec au moins 2 mètres de fond, afin d'éviter de toucher le fond avec le foil.
Ensuite, le processus de départ implique de mettre l'aile au zénith, d'insérer un pied dans le strap avant, puis l'autre pied dans le strap arrière. Il faut lancer l'aile doucement pour se lever comme en twintip, mais, contrairement au twintip, il faut partir à plat et ne pas essayer de remonter au vent immédiatement. Le rider doit ensuite s'entraîner sur plusieurs bords à naviguer avec le surf sans chercher à le faire voler.
Ce n’est que lorsque la prise en main est complète que l'on peut commencer à chercher le vol. Les sessions 3 à 5 sont consacrées aux premiers décollages courts, où l'on cherche le point où le foil commence à porter. Il est normal de faire beaucoup de chutes à ce stade. Pour faire décoller le foil, une fois debout, il ne faut surtout pas essayer de le faire en se penchant en arrière. Au contraire, il faut bien appuyer sur le pied avant tout en faisant doucement reculer son bassin vers l’arrière. Ce n’est que lorsque le foil commence à décoller, et l’on sentira alors que la planche tape de moins en moins sur l’eau, que l'on pourra donner un petit mouvement de bassin vers l’avant pour affiner l'assiette. La position du pied arrière est très importante ; en principe, il se trouve au-dessus du pied de mât du foil.
Lorsque cette étape est maîtrisée, le pratiquant peut commencer à se lever de 10 à 20 centimètres en mettant son poids sur l'arrière de la planche, à lever, stabiliser, puis retomber doucement sur l'eau. Une fois cet exercice correctement exécuté, il est possible d'augmenter progressivement la hauteur de vol jusqu'à 30 à 40 centimètres. Les sessions 5 à 10 sont généralement celles où l'on arrive à tenir un vol sur 50 à 200 mètres et à effectuer des virages au près. Un stage spécifique de kite foil (3-5 jours) peut accélérer considérablement ce démarrage.
Le kite foil demande un pilotage précis : le rider gère la puissance de son kite tout en ajustant la pression sur ses pieds pour maintenir l’assiette du foil. Un léger appui sur le pied avant permet de stabiliser la hauteur, tandis qu’un appui sur le pied arrière fait monter le foil.
Conseils pour Débuter et Équipement Adapté
Pour les premières sorties en kitefoil, il est primordial de choisir les bonnes conditions météo. Concernant le type de spot, un lac peut offrir un plan d'eau plat idéal, mais sa contrepartie est l'irrégularité du vent. Il faut privilégier un plan d'eau dégagé, sans obstacles, avec un vent régulier side-shore et une mer peu formée ou légèrement clapoteuse.
Au niveau de l'équipement, plusieurs adaptations sont recommandées pour les débutants. Premièrement, il est conseillé de ne pas utiliser de strap à l'arrière de la planche dans un premier temps. Pour le matériel en lui-même, il faut une aile avant qui porte à basse vitesse et qui est tolérante dans ses réactions. Pour le mât, il est préférable d'éviter de prendre une taille trop petite, comme 60 cm, car les limites seront vite atteintes. Il vaut mieux se diriger vers un mât de 80 à 90 cm, ce qui sera beaucoup plus évolutif et permettra une progression plus aisée. Pour les débutants, une planche plus volumineuse (60-80 L, 150-160 cm) avec des straps est plus tolérante, tandis que l'aile avant du foil devrait être de 1200 à 1800 cm² pour faciliter le décollage.
La Sécurité : Éléments Indispensables et Bonnes Pratiques
La sécurité est une priorité absolue dans la pratique du kitefoil, un sport qui cumule les risques du kite (lignes, kite déroulé sur la plage, vitesse élevée) et du foil (aile sous l’eau, chute haute). Il est impératif d'utiliser un casque et un gilet de protection. Le casque et le gilet d'impact sont obligatoires en apprentissage et fortement recommandés même à un niveau confirmé. Un gilet d’impact, un leash d’aile, un casque et, parfois, une combinaison intégrale sont des équipements indispensables. Une combinaison renforcée ou un lycra épais peuvent limiter les coupures avec le foil en cas de contact.
Il est crucial de pratiquer dans une zone large et peu fréquentée. Il ne faut surtout pas pratiquer sur un spot de kite classique surchargé, car les autres kiteurs pourraient ne pas voir venir un foil qui décolle silencieusement. La maîtrise du kite est indispensable avant d’ajouter le foil. En cas d’urgence ou de détresse, un rider en difficulté doit être considéré comme priorité absolue. Il est important de porter assistance dans la mesure du possible, sans se mettre soi-même en danger. Il faut également connaître les signaux de détresse, tels que les bras en croix ou l'aile retournée sur le dos, et prévenir les CROSS (en appelant le 196) si un rider ou du matériel dérive, surtout si l'on a identifié qu’il n’y a plus personne attaché. Ces gestes simples peuvent sauver une vie et éviter une mobilisation inutile des secours.
Il existe des erreurs fréquentes à éviter et des "légendes urbaines" qui circulent sur les spots. Par exemple, l'idée que l'on a toujours la priorité en tribord amure est fausse si l'on est l'embarcation la plus manœuvrante. Un débutant n'est pas prioritaire, mais le bon sens veut qu'on lui laisse de l’espace. Il est également faux de penser que l'on peut sauter n’importe où, car la zone de sécurité est obligatoire. Enfin, l'idée de lâcher son aile pour être tranquille est dangereuse, car le matériel devient alors un danger flottant. Appliquer les règles de navigation en kite, wing et planche, c’est plus qu’une question de réglementation ; c’est une question de respect, d’anticipation et de partage.
La Compétition en Kitefoil : Évolution et Réglementation
L'intégration du foil dans la compétition n'a pas été sans heurts. Historiquement, le sport a été développé par des Français au milieu des années 1980, et la Fédération française de voile a très vite accompagné sa croissance. Cependant, l'apparition du foil a généré une certaine résistance. Laurent Ness se souvient des plaintes de coureurs locaux qui craignaient d'être dépassés par les foils, décrivant une attitude qui "ne le grandit pas". Il raille la tentative de "vouloir arrêter une jauge à 80 cm" pour des ailerons, alors que les foils démontraient une performance supérieure. Pour lui, "si le foil est plus performant dans ces conditions, c'est la vie les gars, c'est juste le sens que prend l'histoire." Il compare cette situation à l'époque du début du freestyle en kite, où "les mecs en directionnelle avaient tenté d'empêcher les twintips de participer", alors qu'ils ont finalement "choisi de naviguer en TT".
Pamic, un autre pratiquant, reconnaît que "avec nos escabeaux, on fout un peu la merde c'est vrai. Y'a plein de choses qui vont changer dans le règlement." Cette dynamique a effectivement conduit à des ajustements réglementaires. La donne a changé en cours de saison, obligeant les directeurs de course à déroger à certains articles du règlement de classe expérimentale de l'IKA/ISAF (International Kiteboarding Association / International Sailing Federation), notamment l'article C.1.2 pour les lignes et C.6.1 pour l’aileron, montrant l'adaptation des instances dirigeantes face à cette évolution technologique rapide.
Règles Générales de Navigation et Priorités en Compétition
Les règles de navigation, qu'elles soient en compétition ou en pratique libre, sont fondamentales pour la sécurité et l'équité. Naviguer en kitesurf, wingfoil, windsurf ou surf est une source de liberté et d’adrénaline, mais cette liberté implique aussi des responsabilités : partager l’espace nautique en respectant les règles de navigation. Ces règles ne sont pas arbitraires ; elles sont issues du Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer (RIPAM), qui encadre la navigation maritime mondiale, et adaptées par des fédérations comme la FFVL (Fédération Française de Vol Libre) pour les sports de glisse.
Le RIPAM établit un principe fondamental : c’est toujours l’embarcation la plus manœuvrante qui doit céder la priorité. Ce principe s'applique aux croisements, qui sont la situation la plus fréquente et la plus accidentogène. En matière d'interactions avec les autres usagers de la mer, les bateaux à moteur ont généralement la priorité, car un kite ou un wing est considéré comme un navire à voile. Cependant, les bateaux doivent également respecter la règle d’évitement en cas de danger immédiat. Les voiliers sont soumis à une priorité identique aux riders (navires à voile) : le plus manœuvrant cède au moins manœuvrant. Les kayaks, SUP et nageurs sont les moins manœuvrants et sont donc toujours prioritaires. Il est crucial de redoubler d’attention en approchant des zones côtières.
Au-delà des règles strictes, les bonnes pratiques de sécurité et d’étiquette sur le spot sont des alliés précieux. Il est recommandé de toujours marquer son matériel (aile, planche, foil) avec ses coordonnées pour faciliter l'identification en cas de perte.
L'Excellence Française dans le Kitefoil
La France a joué un rôle déterminant dans le développement du kitefoil et continue d'être une nation leader dans cette discipline. Le kite, en tant que sport, a été développé par des Français au milieu des années 1980. Cette antériorité a permis à la Fédération française de voile d'accompagner très tôt la croissance du sport. La France part avec un avantage certain : celui d'avoir toutes les dernières technologies à portée de main. Théo de Ramecourt, champion du monde, souligne cette chance : « On a la chance d’être un pays dans lequel l’industrie pour les sports nautiques et la voile légère est conséquente. Il y a pas mal d’équipementiers et de marques qui se creusent la cervelle pour comprendre le pourquoi du comment et comment faire en sorte de repousser les limites. » Cette stratégie s'est avérée payante, plaçant la France parmi les meilleures nations mondiales dans ce sport.
Pionniers et Champions Nationaux
Plusieurs Français se sont déjà distingués sur la scène internationale et devraient faire leur apparition au large de Marseille. Nicolas Parlier est l’un des pionniers du kitefoil en France et un multiple champion du monde (2017, 2018, 2019). Théo de Ramecourt, qui a découvert le kite en 2009, est devenu champion du monde il y a deux ans, après avoir remporté le Trofeo Princesa Sofia aux Baléares, une compétition de début de saison. Théo de Ramecourt se dit accro à ce sport : « Si je suis accro à ce sport, c’est que je me rends compte de tous ses avantages : sur la logistique, l’attraction du public et le format de nos compétitions. Le monde de l’olymisme en voile était assez conservateur et introduire un sport relativement jeune, je n’ai pas été surpris. » Axel Mazella a été sacré champion d’Europe à trois reprises, vice-champion du monde en 2021 et 3e en 2022, démontrant une constance au plus haut niveau. Du côté des dames, Lauriane Nolot est la numéro 1 française, et Alexia Fancelli, troisième des championnats du monde en 2017 et 2018, et deuxième en 2021, espère se qualifier pour les Jeux. Lauriane Nolot aura fort à faire pour se qualifier pour les Jeux, car l'équipe de France féminine est très dense.
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