Une grand-voile bien réglée est essentielle pour assurer à l'équipement de planche à voile de bonnes performances en navigation, pas seulement en termes de puissance, mais, surtout, en termes d’équilibre. En bref, nous parlons d’une série de réglages qui permettent une assiette correcte en fonction de toutes les variables : intensité du vent, allure, conditions de la mer. Préparer correctement son matériel de windsurf, c'est-à-dire la voile, le mât et le wishbone (wish), est une étape essentielle pour bien profiter de votre session sur l'eau. Il est impératif de préparer correctement votre voile. Gréer et dégréer correctement votre voile de windsurf vous assure des performances optimales et une plus longue durée de vie de votre matériel de windsurf.
Deux choses sont strictement nécessaires afin de réaliser ce projet si ambitieux : donner à la grand-voile une position, et donc le bon angle de la voile par rapport au vent, et une forme. Les deux objectifs peuvent être réalisés à travers une série d’instruments très hétérogènes. Pour le windsurf, cela inclut la tension du guindant (amure), le wishbone et l'écoute. La plupart des plaisanciers n’utilise que l’écoute pour régler tant la forme que la position de la grand-voile, en la bordant ou lâchant selon leur allure, mais une approche globale de tous les réglages disponibles est nécessaire pour une optimisation complète.
Les Fondamentaux du Gréement : Choisir et Préparer son Matériel
Tout d’abord, occupons-nous de la forme de la grand-voile en effectuant la première manœuvre, c’est-à-dire la hisser. Pour faire de la planche à voile, il est impératif de préparer correctement votre voile. Il est important que votre équipement soit prêt lorsque vous vous préparez. Il est ennuyeux de devoir faire des allers-retours jusqu'à sa voiture, son chariot de surf ou sa remorque pendant que l'on s'équipe ou que l'on se déséquipe. De plus, votre équipement de surf peut être emporté par le vent. Veillez à ce que les éléments suivants soient prêts : voile, mât, bôme, rallonge et éventuellement une aide au réglage. Par vent fort, le gréement devient plus difficile et vous devez alors choisir avec soin l'endroit où vous vous asseyez sur la plage ou sur l'herbe. Le sable, quant à lui, est nocif pour votre matériel de planche à voile ; essayez donc de gréer votre matériel sur l'herbe si possible. Veillez toujours à avoir suffisamment d'espace autour de vous.
Le Choix du Mât et de la Rallonge
En planche à voile, on parle de guindant : il s'agit de la longueur du tronc du mât. C'est l'espace dans lequel le mât s'insère. La longueur du mât est indiquée par le guindant. Les mâts sont de taille standard : 340, 370, 400, 430, 460, 490. Le mât doit être adapté à la taille de la voile. La rallonge permet d'ajuster la longueur du mât. Le mât peut être allongé à la bonne taille grâce à l'extenseur de mât. Par exemple : vous avez une voile avec un guindant de 445 cm et un mât de 430. Cela signifie que 445 - 430 = 15 centimètres. Dans ce cas, vous avez donc besoin d'un prolongateur de mât de 15 centimètres.
Certaines voiles sont dotées d'un variotop. Cela signifie que vous pouvez allonger la longueur du guindant de votre voile en haut, ce qui vous permet d'utiliser un mât plus long que celui spécifié. Par exemple, un guindant de 445 cm, avec variotop, peut être gréé avec un mât de 460 cm et le variotop rallongé de 15 cm. Il est important de noter que presque aucun prolongateur ne peut être réglé à 0 cm, le réglage le plus petit est généralement de 6 cm. Veillez à ajouter ces 6 cm à l'extension du variotop.
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Si vous utilisez un mât RDM, il est normal que votre voile plie pas mal même si elle est faite pour ces mâts-là. À priori, votre voile demande un 460, donc si vous utilisez un 430 + rallonge, vous aurez un gréement qui dégueule plus en tête et qui est moins tonique. Le coup de la rallonge avec un 430 ne choque pas du tout. Pour mon pote qui avait un 460, le problème venait du mât trop long et trop rigide : faute de mieux, il a coupé 20 cms d'embase (rigidité perdue au milieu du mât et récupérée en bas du mât avec la rallonge). Le guindant de 461 est un peu bâtard, à mon avis il faut bien un mât de 430. Pour une voile sans creux important, il est indispensable d'avoir le bon mât si vous voulez avoir de bonnes sensations en navigation, et souvent des mâts un peu moins rigides que préconisés sont parfaits.
L'Assemblage et la Mise en Place
Pour le gréement des voiles de planche à voile, nous avons rédigé 7 étapes. Si votre mât est en deux parties, assemblez-les en veillant à ce que les deux parties soient bien emboîtées. Insérez doucement le mât par l'ouverture située en bas de la voile (le fourreau), en veillant à ne pas accrocher les lattes. Il est important de faire passer le mât au-dessus des lattes ou des cambers. Faites-le glisser jusqu'à ce que le mât atteigne la tête de la voile. Insérez le mât dans le coffre à mât et tirez la voile sur le mât aussi loin que possible. Cette dernière partie est souvent difficile. Placez-vous ensuite à l'ouverture de la bôme et poussez le mât plus loin dans l'oreille de mât à partir de là. Insérez maintenant le prolongateur de mât dans le mât.
La Tension du Guindant et de l'Amure : Le Point de Départ
Une fois le mât en place, occupons-nous de la drisse, qui, dans le contexte de la planche à voile, correspond à la tension de l'amure au pied de mât. Cette tension doit être proportionnée à l’intensité du vent. Passez le bout dans les poulies situées en bas de la voile (tack) et sur la rallonge de mât. Tirez fermement sur le bout pour appliquer la tension au bas de la voile. Le mât se courbe et le profil de la voile prend forme.
Plis et Tension de l'Amure
Si la tension de la drisse est trop tendue, la grand-voile montrera des plis verticaux. De même, pour la tension de la base qui, si excessive, peut causer des plis horizontales. Vous devez tendre suffisamment pour que les plis disparaissent. À partir de là, j'affine au millimètre pour la tension unique d'amure. Les plis en dynamique sont que le gréement travaille, c'est normal ! Après, si ça vous dérange, vous pouvez essayer un mât plus raide ou un SDM si vous utilisez un RDM. Quand vous hissez vos voiles, observez le tissu le long du guindant. Tendez la drisse jusqu’à effacer les plis horizontaux dans la voile.
Si sur la photo où l'on voit votre main, la voile est étarquée au point d'amure, le fourreau est trop grand et dans ce cas il vous faut un "tronc d'arbre". Sérieusement, si c'est le cas, renvoyez votre voile pour défaut de fabrication. Il ne faut surtout pas forcer plus pour étarquer à l'amure, vous allez détruire votre voile ! La sangle en haut de la voile qui tient la tétine peut se détendre une fois gréée.
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Le "Loose Leach" et le Cunningham
Tendez maintenant la corde de l'extenseur de mât à 100 %. Prêtez attention au vent ; par vent fort (force 4 à 5), vous pouvez tendre votre voile de façon à ce que le Loose Leach soit créé en haut. Le fait que la chute dégueule est normal (chute = haut de la voile à l'opposé du mât). Si votre bateau est équipé d’un cunningham, veuillez l’utiliser au lieu de border la drisse. Le cunningham est utilisé pour avancer le creux. Une autre possibilité est de reprendre de la drisse ou du cunningham, toujours pour avancer le creux.
Le Réglage du Wishbone et de l'Écoute : Modeler la Puissance et le Vrillage
Après avoir correctement tendu le guindant, il est temps de placer le wishbone et d'ajuster l'écoute. La bôme est appelée boom en anglais. Tout comme le mât, vous pouvez régler la bôme pour qu'elle s'adapte à la voile. Les bômes sont également disponibles en taille standard, mais vous pouvez les ajuster à la bonne taille à l'arrière (le point d'écoute). Ce réglage s'effectue en poussant les pinces vers le haut, en faisant glisser la bôme jusqu'à la longueur recommandée et en repoussant les pinces vers le bas. Dans la plupart des cas, vous pouvez laisser la bôme dans cette position. Veillez à ce qu'il n'y ait pas de saleté ou de sable entre les pièces extensibles, car elles pourraient se coincer. Nettoyez la rampe à l'eau claire ou, si nécessaire, à l'eau savonneuse.
Positionnement du Wishbone
Relevez la valeur "boom" inscrite sur votre voile. Ouvrez la poignée du wishbone et placez la mâchoire autour du mât. Serrez ensuite le point d'écoute / l'élévateur. Fixez le wishbone sur le mât à l'aide de la mâchoire (utilisez le bout pour avoir un serrage optimal sans être excessif). Positionnez la bôme à la bonne hauteur (hauteur des épaules). Ensuite, il faut que le wishbone soit collé à l'œillet d'écoute de votre voile. N'hésitez pas à bien réduire votre wish.
Tension de l'Écoute et Effets sur la Forme
Une fois la voile hissée et sa tension bien réglée, l’écoute a besoin de prendre une forme correcte. Utilisez le bout situé en queue de wish pour tendre l'écoute. Passez-le dans l'œillet ou dans la poulie situé sur l'arrière de la voile. Il faut que je la tende moins. Hier, je l'ai essayée à la Ramée avec une rallonge de 20cm réglée à 15, c'est encore trop long et j'avais trop tiré ! La voile n'a pas besoin d'être trop tendue car elle a besoin d'être gonflée. Si vous tirez trop sur l'outrigger, votre voile deviendra trop plate. Un minimum de tension efface complètement le creux de la voile qui, à l'origine, n'est déjà pas très prononcé. J'attache donc plus la voile pour la maintenir en place qu'autre chose ! C'est pourquoi j'ai tendu les lattes, pourtant, mais justement, peut-être trop, ce qui détendrait le panneau de monofilm. À mon avis, votre voile est trop tendue. Lâchez du boom et donnez un peu plus de creux à votre voile pour qu'elle prenne sa vraie forme.
Une écoute bordée se traduit par un bôme plus bas et donc un gauchissement moins accentué de la partie supérieure de la voile. Vice versa, une écoute lâchée comporte un bôme plus soulevé et un gauchissement plus accentué. En général, sauf si la voile est si usée qu’elle semble un sac sans forme, la partie supérieure de la voile doit être parallèle au bôme afin d’obtenir le correct gauchissement de la grand-voile. La tension de l’écoute n’affecte pas seulement la forme de la grand-voile, mais elle comporte aussi un déplacement latéral du bôme.
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Les Lattes : Stabiliser et Optimiser le Profil
Les lattes sont les barres horizontales qui rigidifient la voile. Vérifiez chaque latte et ajustez leur tension en utilisant les vis ou les cordes situées à leurs extrémités. Les lattes doivent être suffisamment tendues pour éviter que la voile ne claque, mais pas trop pour ne pas déformer le profil. Les lattes vous feront juste partir les plis que vous avez en statique et que vous ne devez pas avoir logiquement sur une voile de vague en statique.
Réglage Initial des Lattes
Notez que lors de la première utilisation de la voile, il est nécessaire de tendre les lattes. Celles-ci sont serrées à l'aide d'un tendeur de lattes, qui est fourni avec votre nouvelle voile et se trouve souvent dans la partie supérieure de votre sac à voile. Des indications sur la voile indiquent dans quel sens il faut tourner les lattes. Vous tournez les lattes jusqu'à ce que tous les plis autour de la latte soient éliminés. Vous ne devez serrer les lattes que la première fois que vous surfez. En annulant toutes tensions sur les lattes, sauf les 2 et 3, les cambers ne tournaient pas. Il faut donc tout reprendre depuis le début en vérifiant la bordure de la voile, qui ne formait pas non plus une belle courbe harmonieuse. Une latte plus haute, l'autre plus basse, trop de tension ou pas assez, bref, il faut s'appliquer.
La Courbe et la Rotation des Lattes
Pour régler les lattes, il faut d'abord annuler toute tension dans les lattes, avec plis le long du gousset. Blinder au maxi les 2 lattes autour du wish. Mettez la voile dans le vent et faites tourner le profil, à ce stade, ça ne devrait pas tourner car les 2 lattes autour du wish sont blindées à fond. Détendez ces 2 lattes progressivement pour trouver un passage pas trop facile à tourner et pas impossible à tourner ; il faut que ça tourne dans le vent, en faisant plusieurs essais/erreurs, vous devriez trouver la bonne pression sur ces 2 lattes. Ces 2 lattes doivent tourner parfaitement ensemble à la même vitesse et sur le même rythme. Le faire sans vent ne vous servira à rien.
Tendez les lattes 1 et 4 pour effacer les plis. Refaites tourner pour voir si le tempo est toujours bon, ajustez pour que ça soit parfait ! Tendez les lattes du haut de manière décroissante, en général les 2 lattes du haut n'ont pas de tension. Il faut que lorsque vous soulevez votre voile depuis le point d'écoute, vos lattes forment une ligne oblique dégressive vers la dernière latte. Une latte trop tendue sera plus haute que les autres lattes, et une latte pas assez tendue sera plus basse que les autres (faites l'essai pour s'en rendre compte, serrez fortement une pour vous rendre compte que sur la chute ce bout de cette latte devient plus haut que les autres). Vérifiez que le tempo de passage est bien, un peu ferme mais pas trop facile.
Il faut que sur l'eau, quand vous jibez au planing, vous n'ayez pas à faire claquer le profil ; le passage doit être un peu ferme mais automatique quand vous passez sur l'autre amure, de sorte que vous n'ayez juste qu'à vous raccrocher et vite les straps pour rester sur la glisse et renvoyer les watts direct. C'est du matos de course, c'est comme ça que c'est créé pour être utilisé. À ce stade, une grosse partie du tuning d'ensemble est fait. Cela prend vraiment du temps de bien faire ça, surtout quand on ne l'a jamais fait, car on n'a pas encore de repères, on tâtonne pour trouver.
Lattes et Cambers
Les cambers dans une voile de windsurf créent un renflement supplémentaire dans la voile de windsurf, ce qui vous permet de planer sur l'eau encore plus rapidement. Le profil de la voile est plus aérodynamique et plus serré, ce qui vous permet de planer plus longtemps. Si vous êtes un windsurfeur débutant, nous vous conseillons de ne pas acheter de voile à cambrure. Mais comment gréer une voile de planche à voile à cambrure ? Notre conseil est le suivant : réglez votre voile de windsurf camber comme expliqué ci-dessus. Ensuite, appuyez sur la voile jusqu'à ce que vous entendiez le filage de la voile. Après tout, c'est ce que nous voulons entendre !
Comprendre la Dynamique du Vent et l'Équilibre de la Voile
Le correct gauchissement de la voile est un aspect très important parce que l’intensité du vent varie selon la hauteur. Le vent réel qu’on perçoit dans le cockpit ou, mieux, au niveau du bôme est moins puissant que celui qu’on perçoit sur le mât. Selon l’intensité du vent, pour un mât de 10-15 mètres de hauteur, la différence peut atteindre même 20-25%. Évidemment, la différence de vitesse du vent réel affecte celle du vent apparent et sa direction qui, à mesure que la hauteur progresse, s’éloigne de l’axe du bateau. D’où la nécessité d’avoir une grand-voile bien réglée dont toutes les parties soient bien orientées selon les différentes directions du vent et la hauteur.
Quand le bateau se déplace, il crée un vent qui est égal à sa vitesse. Ce vent vitesse s’additionne au vent réel pour créer un vent que l’on nomme vent apparent. C’est le vent apparent qui souffle sur votre visage, et sur votre girouette quand vous êtes à bord. Sur un schéma approprié, le triangle des forces permet de calculer le vent apparent. En conséquence, du travers au près, le vent apparent est moins favorable au voilier et plus fort que le vent réel.
Force Aérodynamique et Creux de Voile
Quand le vent rencontre la voile, il se sépare en deux filets d’air qui longent chacun la face externe (l’extrados) et interne (l’intrados) de la voile. Ce phénomène crée une différence de pression entre les deux côtés de la voile. Sous le vent, l’air dévié par la voile accélère, créant une dépression. Au vent, l’air s’étale dans le creux et ralentit. L’air qui circule dans l’intrados exerce tout de même une pression sur la voile, mais celle-ci est deux fois moins forte que la dépression sous le vent. Ce phénomène fonctionne pour tous les fluides circulant sur une surface convexe. Or plus les filets d’airs sont déviés de leur direction initiale, plus cette force augmente.
Quand on creuse une voile, la force aérodynamique augmente, mais elle change légèrement de direction. Elle tire un peu moins vers l’avant. Si vous voulez naviguer au près, vous ferez donc moins de cap. Tout ce que vous venez de lire ci-dessous n’est valable que lorsque l’écoulement du vent est laminaire. Sur un voilier de croisière, les filets d’airs commencent à décrocher à partir du travers. Ensuite plus vous abattez, plus la pression directe du vent dans l’intrados prend le dessus. Au vent arrière, la force aérodynamique devient proportionnelle à la poussée du vent apparent dans vos voiles.
La profondeur du creux est plus délicate à régler. Plus haut, nous avons vu qu’elle détermine la puissance de la voile, mais qu’elle peut engendrer un décrochage de l’écoulement de l’air. Le creux d’une voile est calculé dès sa conception pour se situer à un peu plus du tiers de son bord d’attaque. Une fois qu’il est correctement étarqué et bordé à la limite du fasseyement, vous pouvez observer le creux. Si on fait du près, la fonction du hale-bas de bôme sur un bateau de croisière conventionnel est presque sans importance. Au contraire, dans les allures un peu plus "larges", le hale-bas de bôme devient indispensable pour régler la forme de la grand-voile. En le lâchant, le gauchissement de la voile est plus accentué ; inversement, en le bordant, le gauchissement se réduit tandis que l’écoute reprend sa fonction d’orientation. Cela illustre des principes de gestion du vrillage qui s'appliquent aussi en planche à voile par la combinaison des réglages d'amure et d'écoute.
Ajustements en Navigation : Trouver l'Équilibre Idéal
Pour obtenir les meilleurs réglages de voile, nous allons observer attentivement les indicateurs dont nous disposons. Si vous voulez vraiment progresser, oubliez un instant vos girouettes et autres lochs électroniques. Le secret d’un bon réglage de voile passe d’abord par l’observation des voiles elles-mêmes. Sachez d’abord que bien étarquer les voiles ne veut absolument pas dire qu’il faut souquer tous les bouts. Surtout pas ! Ce serait le meilleur moyen de les déformer rapidement.
Réglage du Pied de Mât et de la Position sur la Planche
À partir de là, je pars sur un réglage de base de l'ensemble. Je mets mon wish au milieu de la fenêtre et l'écoute est négative au palan et je vais à l'eau, les straps étant réglés de base (le bord externe du pied arrière à l'aplomb du bord d'attaque de l'aileron et je mets un stance de 40/42cm entre la vis avant du strap arrière et la vis arrière du strap avant). Le pied de mât (PDM) étant au milieu du rail. Seulement maintenant, vous êtes autorisé à aller à l'eau ! Il faut se mettre à l'eau avec une planche qui correspond à la voile gréée et pas de combo farfelu : 8.6 sur une 85 de large | 7.8 sur une 80 75cm de large | 7.0 sur une 70 65cm | 6.3 sur une 61 58 de large etc., avec une taille d'aileron adaptée évidemment et le vent adapté pour le combo. Par exemple, une 7.0, c'est 25 nœuds en moyenne où ça s'exprime le mieux. Sans cela, vous ne sentirez rien dans vos réglages si vous n'utilisez pas le matos prévu pour la plage de vent du spot, et surtout vous prendrez moins de plaisir sur l'eau si vous n'avez pas le matos adapté aux conditions.
Le premier bord vous sert à ajuster la tension d'écoute et à régler les bouts de harnais. Ensuite, vous pouvez monter ou descendre un peu le wish si la voile surborde ou tombe sur l'arrière, ou marche par à-coups (cas 1 : détendre amure). Si la voile fait ballon, elle tracte mais sans se transformer en vitesse (cas 2 : retendre amure). Si la planche colle trop à l'eau, reculez un peu le PDM. Si la planche est cabrée ou très ardente, avancez un peu le PDM. Il faut que l'attaque de la planche soit à plat pour lisser les filets d'eau, mais assez haute pour ne pas buter et freiner dans le clapot.
L'Importance du Gauchissement et du Vrillage
Il en résulte que, si la partie supérieure est au vent, cela signifie que la voile a peu de gauchissement et elle est donc trop fermée ; si, au contraire, la même section est orientée sous le vent, le gauchissement est maximal et donc la voile trop ouverte. Le meilleur réglage serait de conserver une chute droite plutôt que vrillée. C’est simple : au fur et à mesure que vous choquez l’écoute, il vous suffit de déplacer le chariot d’écoute de la grand-voile sous le vent. Ainsi vous alignerez le haut et le bas de la voile : la chute se tendra. En planche à voile, cette gestion est assurée par la combinaison de la tension d'amure, la hauteur du wishbone et la tension d'écoute. Le principe est de contrôler l'orientation de la voile à différentes hauteurs pour s'adapter au vent apparent.
Les penons, ce sont ces petits brins de laine fixés à la voile en trois étages le long du guindant. Le long de la chute, vous pouvez également placer des petits rubans de nylon en toile à spi. Quand l’écoulement est laminaire, ils sont à peu près horizontaux, parallèles entre eux. Au près, si le penon au vent décroche, l’écoulement est perturbé. Pour recoller le vent à la voile, il faut soit border le foc, soit abattre. Votre voile toujours bordée à la limite du fasseyement, vos penons peuvent dévier. Vous devez alors régler l’incidence de la voile avec le vent apparent pour retrouver un écoulement laminaire.
Quand vous abattez, vous pouvez creuser la voile en avançant le chariot d’écoute de génois. Pour cela, choquez suffisamment d’écoute, déplacez le chariot et bordez à nouveau. Si vous voulez lui donner de la puissance, augmentez le creux en relâchant de la bordure. Cependant, là aussi, quel que soit votre réglage de creux, les penons et les faveurs du haut de la voile risquent de décrocher quand vous abattez vers le bon plein et le travers. Cela vous indique que le haut de votre voile déverse. Votre grand-voile présente un vrillage et perd de la puissance en laissant s’échapper l’air dans les hauts. Mais si ce n’est pas le cas, vous perdez inutilement de la vitesse.
Réglages Dynamiques pour Différentes Conditions
Une fois la grand-voile a gagné une forme et une position correcte, on peut continuer à déplacer le chariot d’écoute selon l’intensité du vent. Dans le contexte de la planche à voile, cela se traduit par des ajustements de l'amure et de l'écoute. Si le vent se calme, on peut relâcher ces tensions, ce qui, en coopération avec une base et une drisse bien lâchées, permettra un bon ris de fond (un profil plus creux et puissant). Vice versa, si le vent forcit, il faut augmenter les tensions. De cette façon, la pression du vent sur la partie supérieure de la voile sera considérablement réduite. Parallèlement, on doit border la drisse et la base pour réduire le ris de fond.
Le réglage du wishbone dépend de la force du vent. Il faut monter et descendre un peu le wish si la voile surborde ou tombe sur l'arrière, marche par à-coups. L'écoute peut être ajustée jusqu'à ce qu'un clic en trop vous mette dans le cas 1, ou que vous enleviez un clic et soyez dans le cas 2. La latte 4, si vous la tendez trop, ainsi que les lattes du haut, vous pouvez vous faire soulever vers le haut par la voile ; à défaut, pas assez tendue, vous avez le cul qui traîne dans l'eau. Mais quand vous prenez votre voile à terre au niveau du wish, la chute doit être harmonieuse. La latte 1 doit avoir un beau creux régulier, harmonieux, sans trop de tension dedans et sans qu'elle ne gêne la rotation.
Posture et Sensation
Pensez aussi, entre autres, à bosser le gainage. Montez le bassin pour que la jambe avant et le tronc forment une seule ligne oblique du chiffre 7 et vos bras bien loin devant vous pour la barre du haut du chiffre 7. Ne serrez pas fort le wishbone, tout doux dans les mains, pour que cela ne perturbe pas l'écoulement de l'air dans la voile et pour vous mettre plus sur l'arrière du flotteur, ce qui décuple la vitesse. Une fois seulement cet équilibre d'ensemble trouvé (ce qui peut prendre beaucoup de sessions selon sa fréquence de navigation et la fréquence de sortie du combo), vous pourrez vous amuser à trouver le meilleur aileron pour votre planche. Et alors, vous aurez vos 2 pieds équilibrés, voire un pied arrière tout léger et un pied avant super bien calé, ce qui vous permettra de bien déboîter sur l'eau les copains.
Le principe du réglage de voile est simple : du près au travers, l’écoulement de l’air doit être le plus laminaire possible. Le reste est une question de confort et de sensation, et de contrôle à haute vitesse. Pour le départ au planing et le près, il faut que l'aileron soit aussi petit que possible pour une utilisation slalom. Un aileron court (23 cm) permet de minimiser la pression sur les rails et d'équilibrer le gréement.