Le recycleur est une machine dont la technologie a radicalement transformé la pratique de la plongée sous-marine, offrant une autonomie et une approche de la décompression inédites. Au cœur de cette révolution technique, les systèmes développés par AP Diving s'imposent comme des références mondiales grâce à une gestion électronique précise de la respiration. Contrairement à un circuit ouvert traditionnel, où la composition du mélange respiré reste fixe quel que soit l'environnement, le recycleur à circuit fermé (CCR) maintient en permanence une pression partielle d'oxygène (PO2) constante au sein de la boucle respiratoire.
Le principe fondamental de la pression partielle d'oxygène
Le fonctionnement d'un recycleur AP repose sur le maintien d'une PO2 constante, fixée par un paramètre appelé « setpoint », durant toute la plongée. Typiquement, cette valeur est réglée à 0,7 bar à la surface et pendant la descente, puis à 1,3 bar pour le reste de l'immersion. Le contrôleur injecte des giclées d'oxygène dès que la PO2 chute sous la valeur de consigne, que ce soit à cause de la consommation métabolique de l'organisme ou lors de la remontée.
Ce mécanisme induit une variation constante de la fraction d'oxygène (FO2) en fonction de la profondeur. Imaginons un plongeur remontant de 50 mètres, où la pression ambiante est de 6 bars. Avec un setpoint de 1,3 bar, la fraction d'oxygène dans la boucle est d'environ 21 %. Lors de la remontée, la pression ambiante diminue ; pour maintenir la PO2 constante, le contrôleur injecte de l'oxygène, augmentant ainsi la proportion d'O2 dans le mélange. Dans la zone de décompression, ce mélange devient particulièrement riche, atteignant 80 % à 100 % d'oxygène à 3 mètres, ce qui accélère considérablement l'élimination des gaz inertes.
La sécurité : Comprendre le rôle de la PO2
La toxicité à l'oxygène est une donnée cruciale pour tout plongeur. Il est impératif de distinguer la PO2 de la FO2. La plage de pressions partielles viables pour l'être humain se situe entre 0,16 bar et 1,6 bar. Au-delà de 1,6 bar, le plongeur risque une crise hyperoxique. À l'inverse, si la PO2 descend sous 0,16 bar, le mélange devient hypoxique, ce qui est tout aussi dangereux.
L'enseignement fondamental lors d'une formation recycleur est donc : « Toujours connaître sa PO2 ! ». Contrairement au circuit ouvert, où la priorité est de connaître la quantité de gaz restant, la plongée en circuit fermé impose une vigilance constante sur la composition du mélange que l'on respire. Le recycleur Inspiration, par exemple, permet de régler deux valeurs de consigne (« High Setpoint » et « Low Setpoint »). Le passage entre ces deux valeurs peut être manuel ou automatique, permettant de s'adapter aux différentes phases de la plongée, comme la gestion de la descente ou de la décompression.
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Technologie et interface utilisateur : La console Vision
La technologie d'affichage des recycleurs AP Diving, notamment avec l'interface LCD IPS (In-Plane Switching), garantit une lisibilité optimale. Ces consoles haute résolution affichent en temps réel les informations vitales : setpoint choisi, état des batteries, profondeur, temps de plongée et, le cas échéant, le profil de décompression calculé selon l'algorithme Bühlmann ZHL16.
La communication avec le plongeur est intuitive : des codes couleurs permettent d'identifier instantanément si « tout va bien ». Les alarmes sont claires et renforcées par des signaux auditifs et visuels, ainsi que par un HUD (Head-Up Display) positionné devant les yeux du plongeur. Le système est paramétrable avec différents thèmes pour s'adapter aux préférences personnelles de chacun.
La gestion du dioxyde de carbone et de la cartouche épuratrice
Un recycleur fonctionne en recyclant le gaz expiré dont le dioxyde de carbone (CO2) est extrait par une cartouche épuratrice (ou « scrubber ») contenant de la chaux sodée. La durée de vie de cette cartouche est influencée par la profondeur, le travail respiratoire et la température de l'eau. Pour sécuriser cette étape, AP Diving propose le « Tempstick », un capteur de température interne qui affiche l'usure de la chaux en temps réel, offrant une alternative intelligente aux simples calculs de temps d'immersion. Pour les plongeurs souhaitant une sécurité accrue, un capteur de CO2 peut être ajouté pour prévenir l'approche de niveaux critiques.
Rigueur opérationnelle : Maintenance et protocoles
La possession d'un recycleur exige une discipline de fer. Avant chaque plongée, une série de vérifications est indispensable :
- Contrôle de la chaux : S'assurer que le temps d'utilisation total est inférieur aux recommandations du fabricant.
- Étanchéité : Réaliser des tests en pression et en dépression du circuit pour détecter toute fuite potentielle.
- Calibration : Calibrer les cellules à oxygène quotidiennement.
- Gestion des gaz : Vérifier les pressions des blocs d'oxygène et de diluant.
La conception des recycleurs AP Diving, avec 95 % des pièces fabriquées en interne, facilite la maintenance et le remplacement rapide des composants. Cette maîtrise de la chaîne de production permet une standardisation exemplaire, garantissant que chaque élément, du bloc à l'électronique, répond aux exigences de fiabilité les plus strictes.
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