Que Signifie Porter le Voile Islamique ?

Dans la société française contemporaine, le voile est communément perçu comme un attribut de la femme musulmane. Toutefois, la signification et la portée de ce vêtement sont vastes et souvent mal comprises. Cet article vise à explorer en profondeur les diverses dimensions du port du voile islamique, en s'appuyant sur des sources coraniques, des analyses théologiques et des témoignages de femmes qui le portent.

Le Voile dans la Perspective Islamique

Définition et Terminologie

Le terme "voile" dans le contexte islamique fait référence à une pièce d’étoffe que les femmes musulmanes portent en public. Cette étoffe a pour but de cacher le bas du visage à partir des yeux, ou de recouvrir la chevelure. Le foulard est souvent perçu comme une obligation fondamentale inscrite dans le Coran, bien que cette interprétation soit sujette à débat parmi les théologiens.

Versets Coraniques et Interprétations

Plusieurs versets du Coran sont invoqués pour justifier le port du voile.

  • Sourate 24, verset 31: Ce verset enjoint aux croyantes de baisser les yeux, d’être chastes, de ne montrer de leurs atours que ce qui est visible et de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines.

Le théologien français Dr. Al Jami, spécialiste d’exégèse coranique, propose diverses lectures possibles de ce verset, prônant un islam réformiste.

Le "Hijab" : Une Définition Précise

Le mot "hijab" vient de la racine arabe "hajaba", qui signifie dissimuler ou couvrir. Il désigne l’exigence de couvrir tout le corps à l’exception du visage et des mains. Les racines culturelles et linguistiques du hijab sont intrinsèquement liées à la culture islamique et arabe. "Hijab" se traduit par couvrir, envelopper, rideau, voile, écran, cloison. Le même mot est utilisé pour désigner les amulettes portées pour se protéger du mal, en particulier chez les enfants ou les personnes vulnérables.

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Les Différentes Formes du Voile

Il existe différentes formes de voile islamique, chacune ayant ses spécificités culturelles et régionales :

  • Le Hidjab: Ce voile cache les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant voir que l’ovale du visage. Il est souvent promu par la confrérie islamiste des Frères musulmans et complété par une tunique ou un imperméable.

  • Le Tchador: Traditionnellement porté en Iran, ce vêtement est une grande pièce de tissu posée sur la tête, laissant apparaître l’ovale du visage et tenue fermée à l’aide des mains.

  • La Burqa: À l’origine un vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan, la burqa est un long voile bleu ou marron qui couvre complètement la tête et le corps, avec un grillage dissimulant les yeux. Elle est devenue un symbole du régime des talibans.

  • Le Niqab: Porté dans les pays arabes, le niqab est un voile intégral complété par une étoffe ne laissant apparaître qu’une fente pour les yeux. Il s’est répandu sous l’influence de l’islam wahhabite.

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  • Le Sitar: Parfois ajouté au niqab, le sitar est un tissu plus fin qui recouvre même les yeux.

Les Raisons du Port du Voile

Obéissance à Allah

Pour de nombreuses femmes musulmanes, porter le voile est avant tout un acte d’obéissance à Allah. Elles considèrent que ce vêtement couvrant la tête représente un acte de foi et un moyen de plaire à leur créateur.

Dignité et Respect de Soi

Le hijab accorde aux femmes la dignité et le respect de soi en les protégeant des jugements basés sur leur apparence. Dans les sociétés où les valeurs féminines sont souvent réduites à l’apparence extérieure, le hijab valorise la beauté intérieure et le caractère.

Protection

Le voile est perçu comme une protection contre les avances non désirées, les tentations, les agressions sexuelles et les regards pervers. Il permet aux femmes de minimiser l’attrait sexuel et la dégradation morale dans la société.

Identité Religieuse et Expression Personnelle

Pour de nombreuses femmes, en particulier les filles d’immigrants musulmans en Occident, le voile symbolise la dévotion, la piété, l’identité religieuse et l’expression personnelle. Il représente un choix personnel de suivre les valeurs religieuses.

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Le Voile : Plus Qu'un Simple Vêtement

Si le hijab est le symbole de la grâce, de l’obéissance, de la dignité et de la modestie éternelles, il est bien plus que cela. Le terme "Hijab" tel qu’il s’écrit est apparu dans le Coran à maintes reprises et dans de différents contextes.

Les Recommandations à Suivre

Il y a un certain nombre de recommandations à suivre quant au port du hijab et aux vêtements que doit porter la femme musulmane afin que son hijab soit validé.

Le Voile et les Hommes

Très souvent, quand on aborde le sujet du hijab, on pense directement aux femmes ; ce qu’elles doivent porter, comment elles doivent se comporter, ce qu’elles doivent éviter, alors que l’Islam est une religion d’équité, et comme il impose aux femmes un certain nombre de règles à suivre, il en est de même avec les hommes. Les hommes, eux aussi, ont une ‘awra ; on parle, à cet égard, de la partie entre le nombril et les genoux. Ainsi, il leur est interdit de porter quelque chose en or ou bien fabriquée de soie, et à l’instar des femmes, les hommes ne doivent pas porter des habits excessivement ostentatoires ayant pour but d’attirer et de séduire les femmes. De même, il leur est imposé de baisser le regard «غضّ البصر ; ghaddo al bassar ».

La Perception Négative du Port du Voile : Un Fait Historique

Plusieurs faits de l’histoire et des débats ont façonné les générations pour détester le voile, notamment les débats médiatiques hostiles au port du voile car représentant un signe religieux en raison de la séparation des pouvoirs entre la religion et l’État.

Le Voile "Dit" Islamique : Une Relecture des Concepts

La Question du « Hijab » ou « Voile »

La question du « Hijab » ou « voile » est actuellement l’une des questions les plus controversées aussi bien en terres d’islam qu’en Occident où cette question connaît des paroxysmes d’hystérie collective récurrents. La thématique du « voile » s’avère être sans conteste le noyau central d’une problématique assez complexe où s’imbriquent d’une façon assez confuse, des notions aussi diverses que la tradition, la modernité, la liberté, le corps des femmes, les tragédies identitaires et le défi du vivre ensemble des sociétés multiculturelles.

Il reste évident que tous les débats sur ce sujet ont au moins eu le mérite de « dévoiler » deux grandes problématiques contemporaines. La première en Occident, en rapport avec la visibilité de plus en plus importante des musulmans et de là, de la place de l’Islam dans ces sociétés, qui sont elles mêmes, en phase de restructuration identitaire. La seconde, en terres d’islam, où la problématique du « voile » n’a fait que confirmer l’existence d’une profonde et grave crise identitaire, illustrée par l’intensité de la « charge passionnelle » édifiée autour de ce signe, lequel a finit par symboliser à lui seul, l’essentiel de l’identité musulmane.

Mais au delà de la problématique en elle - même, du droit de le porter ou non et de sa légitimité religieuse ou non, il faudrait revenir dans un premier temps à la source coranique afin de voir comment le texte sacré aborde ce sujet. Revoir la véritable terminologie utilisée par le message spirituel et son rapport à l’éthique vestimentaire des femmes.

De prime abord, il serait important de souligner d’emblée ici que le terme de « Hijab » usuellement utilisé ne correspond absolument pas à ce qu’il est sensé désigné, à savoir, le foulard, qui recouvre les cheveux des femmes musulmanes. Nulle part dans le texte coranique le terme de Hijab ne traduit cette signification et dans la réalité coranique le terme de Hijab dans son interprétation aussi bien sémantique que conceptuelle incarne plutôt l’opposé de ce qu’il est sensé désigné dans la réalité.

Le Terme « HIJAB » dans le Coran

Le terme Hijab revient sept fois dans le texte coranique et traduit à chaque fois exactement la même signification et ce à la différence d’autres mots utilisés par le texte sacré et qui des fois peuvent être polysémiques.

Hijab désigne en arabe rideau, séparation, cloison, autrement dit, tout ce qui cache et dissimule quelque chose. Cela correspond en français au terme de « Voile » qui voile, autrement dit, masque et protège quelque chose. Le synonyme de Hijab en arabe c’est « Satr » et correspond à toute chose qui sépare comme un mur, un paravent ou tout autre séparation virtuelle.

On retrouve le sens de ce terme dans les versets coraniques suivants : « Quand tu récites le Coran, Nous plaçons un rideau invisible (Hijab) entre toi et ceux qui ne croient pas à la vie future » Coran 17 ;45. « Il n’est pas donné à un homme, que Dieu lui parle directement, si ce n’est pas inspiration ou derrière un voile (Hijab) ou par l’envoi d’un messager qui lui révèle, par Sa permission, ce qu’il veut. » Coran 42 ; 51.

Le Verset le Plus Souvent Utilisé

Mais le verset qui a été le plus souvent utilisé pour prouver « l’obligation » de voiler les femmes et dans lequel on retrouve encore un fois le terme de Hijab est celui qui affirme : « Ô croyants n’entrez dans les demeures du prophète que si vous êtes invités….Quand vous demandez quelque chose aux épouses du Prophète, faites-le derrière un voile (Hijab)… » Coran 33 ;53. Ce verset a été révélé lors du mariage du prophète avec Zeynab Bint Jahch. En effet, le prophète en cette occasion a tenu a invité un grand nombre de personnes pour un repas de fête organisé dans sa petite demeure. La tradition raconte qu’après le repas, trois hommes sont restés à discuter entre eux très tard dans la nuit alors qu’il ne restait plus dans la pièce que le prophète accompagné de la mariée. Le prophète connu pour son extrême courtoisie n’a pas pu s’excuser auprès de ces derniers invités et s’étant retrouvé très gêné par cette situation, c’est la Révélation de ce verset qui est venue en quelque sorte le délivrer…

D’autres versions reprennent la même explication des causes de la révélation et s’accordent sur le fait que ce verset fut énoncé afin d’éduquer les croyants de l’époque à respecter l’intimité du prophète en particulier et des gens en général et de savoir, lors d’une invitation, prendre congé au moment opportun, des hôtes de la maison. D’autres commentateurs signalent le fait que lors de cette cérémonie, étaient présentes les autres épouses du prophète dont Aicha et la nouvelle mariée qui mangeaient à la même table que les autres invités, ce qui a finit par exaspérer le compagnon du prophète Omar Ibn al Khattab connu pour sa rigueur et son conservatisme. A plusieurs occasions, ce dernier avait réitéré au prophète la nécessité de dresser un Hijab ou rideau entre les hommes étrangers qui rentraient dans la demeure du prophète et ses épouses dans le but de leur préserver le respect qui leur est due.

Donc il est évident ici que ce verset a été révélé dans un but pédagogique, celui de respecter l’intimité d’abord du prophète qui du fait de son statut spécifique de Messager avait droit à un respect particulier lui et ses épouses. Cet événement a définitivement permit aux épouses du prophète d’accéder au statut particulier de « Mère des Croyants » et d’être respectés et honorées par tous les membres de la communauté.

Le Hijab - en tant que devanture et non pas en tant qu’habit - qui a été instauré ici et dont il s’agit, concerne uniquement les épouses du prophète et répond à une nécessité conjoncturelle de l’époque où il fallait préserver l’intimité du prophète et sa vie privée. Cela ne correspond donc en aucun cas à un modèle de vêtement ou de comportement vestimentaire particulier. L’esprit de cette prescription était surtout d’éduquer les arabes de l’époque à respecter l’intimité des gens et à les initier aux bonnes manières.

Il faudrait aussi noter que le Hijab, tel qu’il fût décrété à cette période, ne consistait pas du tout à « cloitrer » les épouses du prophète dans un espace reclus et à les isoler de leur environnement. Les épouses du prophète, elles mêmes, ne l’ont pas comprit ainsi puisqu’elles pouvaient sortir et vaquer à leurs occupations comme elle le voulaient et cela n’a pas empêcher Aicha, de voyager, d’accomplir le pèlerinage et de continuer à recevoir dans sa propre demeure, même après la mort du prophète, de nombreux compagnons mais aussi les savants de contrée lointaine qui venaient chez elle en quête de son immense savoir dans les sciences religieuses.

Il est donc tout a fait clair que le terme de Hijab ne correspond absolument pas à la signification qu’on lui donne actuellement et qui est celle du foulard recouvrant la tête et qui est, dans la même logique, incorrectement traduite en français par l’expression Voile. Le Hijab n’a absolument rien à voir avec une quelconque tenue islamique des femmes, il s’agit comme on l’a vu, d’un symbole de séparation, entre la vie publique et la vie privé du temps du prophète et qui a eu pour but la consécration des épouses du prophète en Mères des croyants.

Le Foulard Dont Parle le Coran…

C’est dans un autre verset coranique que l’on retrouve le terme qui correspond dans sa signification exacte à un foulard ou écharpe. Ce verset énonce ce qui suit : « …Dis également aux croyantes de ne laisser paraître de leurs beauté (zinatouhouna) que ce qui en parat et de rabattre leurs écharpes (khoumourihina) sur leur poitrine (jouyoubihina) et à ne montrer leurs atours qu’à leurs époux, leurs pères, leurs beaux pères, leurs fils, leurs frères, leurs neveux…. » Coran 24 ;31

C’est donc ce verset coranique - et non celui qui parle de Hijab - qui précise certains « aspects » du comportement vestimentaire des femmes croyantes dont notamment celui du foulard. Le terme de khoumourihina pluriel de khimar évoqué dans ce verset désigne le foulard ou écharpe que portaient en ce temps là les femmes dans la péninsule arabique mais aussi dans toutes les autres civilisations de l’époque.

Le Coran invite les croyantes à rabattre les pans de leurs écharpes ou khimar sur leur poitrine (jouyoubihina) afin de dissimuler la partie haute de leurs bustes et ce, quand elles doivent sortir dans l’espace public.

En effet, les commentaires classiques, rapportent que les femmes arabes de la Mecque avaient l’habitude pour sortir de porter leurs foulards (khimar) en rabattant ses pans derrière leur cou, autrement dit, en laissant la gorge et le haut de la poitrine découverts, d’où l’injonction coranique qui invitait les femmes croyantes à rabattre leurs pans de khimar sur leurs bustes. Le Coran précise aussi aux croyantes de ne laisser paraître de leurs « attraits », traduit par « zinatouhouna » que ce qui normalement reste apparent ou selon le Coran « ce qui en paraît ». Concernant l’expression « ce qui en paraît », Ibn Abass l’explique comme étant « le visage et les mains ». C’est ce à quoi la majorité des exégètes et savants musulmans vont conclure concernant ce verset, autrement dit, que les croyantes doivent couvrir leurs cheveux par un khimar et ne laisser paraître que leur visage et leurs mains. Le verset semble aussi assez explicite, puisqu’il prescrit que les femmes ne devraient montrer leurs atours qu’en présence d’hommes qui n’ont pas de rapport de parenté direct avec elles. En effet, le reste du verset, cite de manière assez exhaustive la liste des hommes auprès desquels les femmes peuvent laisser paraître leurs attraits comme, leurs pères, leurs beaux pères, leurs frères, leurs neveux ect…

Une minorité des savants appartenant à l’école Hanbalite préconise que les femmes doivent se couvrir entièrement et que même les mains et le visage doivent être dissimulés, car faisant partie de ces « atours » décrits par le Coran. C’est cette même école qui prescrit donc le Niquab ou la Burqua et qui considère que tout le corps des femmes est « illicite » à voir. Leur argumentaire ne provient pas du Coran où le verset sur le khimar est clair et ne donne pas plus de détails sur le comportement vestimentaire. Leur justificatif est essentiellement culturel et relève des traditions de certaines régions de l’Arabie qui sont restés très à cheval sur leurs coutumes vestimentaires ancestrales. Il est à rappeler que couvrir la face des femmes reviendrait a annuler une prescription coranique à savoir celle du « ghad el bassar » et donc il n’y aurait aucun sens à recommander le respect de cette éthique du regard comme le préconise le Coran.

Une autre preuve vient conforter l’idée que le Niquab n’a aucune origine coranique est la présence d’une tradition du prophète qui rapporte l’interdiction de ce voile du visage Niquab lors du pèlerinage et dans l’enceinte de la Kaaba. Ce qui confirme l’origine culturelle de ce vêtement connue dans la tradition antéislamique mais, fait plus important, que le visage découvert était une obligation au sein de l’endroit le plus sacré en Islam, à savoir l’enceinte sacrée de la Kaaba, ce qui contredit fortement l’argumentaire des adeptes de ce vêtement intégral.

Entre Hijab et Khimar : Un Glissement Sémantique Fortuit ?

Ayant fait cette distinction importante entre Hijab et Khimar, on serait en droit ici de se demander pourquoi remarquons nous cette persistance linguistique à utiliser le terme de Hijab pour ce qui a été désigné par le texte coranique comme étant un Khimar ou foulard ? L’on constate avec étonnement comment cette confusion sémantique a fini par être généralisée et intériorisée et ce dans toutes les sociétés et communautés musulmanes, qui depuis l’élite savante, en passant par les académiciens, jusqu’au commun des mortels, tous sans exception, utilisent de façon erroné le terme de Hijab pour désigner ce qui étymologiquement a pour dénomination Khimar. Il va sans dire qu’actuellement, l’erreur sémantique, s’étant tellement répandue et sa reproduction inconsciente s’étant à ce point systématisée, il est devenu presque impossible de tenter de la rectifier de façon rationnelle.

Il est assez surprenant aussi de voir comment au niveau académique et à l’échelle des institutions religieuses et malgré la confusion régnante, aucune tentative de rectification n’a été pensée encore moins amorcée. D’aucuns affirmeront que cette erreur sémantique est de l’ordre du négligeable et qu’il serait absurde de rectifier cette mégarde linguistique alors que son usage a été généralisé et accepté selon un consensus tacite.

Mais, il convient de constater, que devant l’étendue des dégâts provoquée par les débats stériles sur la thématique du dit « Hijab » et devant la confusion qui règne dans les esprits quant à son instrumentalisation religieuse, il est devenu urgent d’attirer l’attention sur cette problématique qui ne pourra, d’ailleurs, être résolue, que si l’on déconstruit toute la littérature conceptuelle qui l’a fondé.

Certes, actuellement cette erreur n’est pas induite volontairement et elle reste dans la majorité des cas reproduite inconsciemment mais force est de constater que l’origine de ce glissement sémantique à travers l’histoire de la production intellectuelle islamique, n’est, par contre, pas innocent et n’a pas été fortuit.

Les glissements sémantiques, justement sont généralement le produit d’interprétations et de traductions incorrectes et obéissent à des impératifs d’ordre socioculturel, qui à un moment donné de l’histoire tentent de forger des concepts « sur mesure » en relation avec l’ordre politique établi.

Et c’est bien ce qui s’est passé avec ce Hijab forcé que l’on a voulu à tout prix imposer aux femmes musulmanes en le transposant volontairement dans le registre de l’éthique corporelle en islam. Quand on revient à l’origine du terme Hijab, et qui comme on l’a déjà vu, signifie « cacher » ou « séparer » et qu’on constate le processus de transformation qu’il a subit pour devenir « foulard », on est en droit de nous demander si ce concept n’a pas été finalement utilisé justement dans ce double sens afin de justifier religieusement parlant l’enfermement des femmes musulmanes.

On a imposé le « Hijab » aux femmes musulmanes dans son sens de « séparation » afin de bien indiquer à ces dernières où est leur place dans la société, autrement dit afin de les cantonner, au nom de l’islam, dans la relégation et l’ombre, loin de la sphère sociopolitique.

Remplacer ainsi le Khimar par le Hijab c’est intervertir des champs sémantiques et conceptuels différents voire opposés afin de cautionner, au nom de l’islam, l’enfermement des femmes derrière un rideau et de les exclure de l’espace sociopolitique !

En effet, substituer le Khimar par le Hijab c’est confondre deux registres très différents l’un de l’autre. Alors que le Khimar reste, selon la vision coranique, incontestablement un signe de visibilité sociale de la femme, voire de participation sociale active, le Hijab, est quant à lui, un signe de rupture et de séparation.

L'Évolution de la Mode et le Hijab

Aujourd’hui, les femmes musulmanes portant le voile ont trouvé les moyens de se différencier en choisissant différents styles et combinaisons. Les marques proposent ce vêtement traditionnel en différentes couleurs et tissus, avec des coupes facilitant le port du hijab. L’industrie de la mode et les grands créateurs misent sur l’équilibre du style "fashion modest". Des marques comme Nike, Adidas, Decathlon et Dolce Gabbana ont créé des stylismes exceptionnels. La forme que prend le voile est influencée par la culture, allant des châles longs aux bonnets et turbans plus courts. Certaines superposent différentes écharpes et ajoutent des accessoires comme des broches, des épingles, des strass et des rubans pailletés.

Accessoires pour Hijab

Pour bien maintenir son hijab et personnaliser son style, il existe une multitude d’accessoires comme les pinces, les broches et les épingles.

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